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Zoom sur les éditions Le Genévrier !

La maison d’édition Le Genévrier est destinée à la jeunesse et à la curiosité. Nous allons voir qu’ils publient des contes classiques mais pas seulement…
Leur réputation est surtout dû à leur collection Caldecott ! Qu’est-ce que la collection Caldecott ? Nul ne vous l’expliquerait mieux qu’eux, alors voilà :

« Décernée chaque année depuis 1938 par l’Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse, la Caldecott Medal « honore l’artiste qui a créé l’album pour enfant le plus remarquable » publié au cours des douze mois précédents […] L’objet de la présente collection, fruit d’une rigoureuse sélection limitant l’ensemble à quelque 50 albums, est de constituer une anthologie patrimoniale de la production de livres d’images venus d’Outre-Atlantique. Le tout, hommage graphique oblige, dans le respect le plus rigoureux de la pagination, du format, de la reliure et de la jaquette de l’édition originale. »

genevrier

Et nous commençons la présentation avec une nouveauté toute fraîche venue tout droit du Japon !
Le texte a été adapté par Margaret HODGES et illustré par Blair LENT. Adaptation de l’américain par Catherine BONHOMME.

La grande vague (cet album fait parti de la collection Caldecott)

Ojiisan vit avec son petit fils, Tada, au sommet d’une île qui compte environ quatre cents âmes. Le grand-père a vocation de sage et vit de sa rentre de riz, tout comme l’ensemble du village. Il est respecté, tant par ses pairs que par son descendant, et ce conte court va nous prouver toute sa bravoure et sa connaissance du monde.

Alors que la journée est étrangement calme, l’homme sent venir un tremblement de terre. Petite secousse, pas de quoi s’affoler, au Japon, nous y sommes habitués. Cependant cette fois, la mer qui borde l’île se retire de quelques mètres, laissant béat tous les habitants qui se ruent sur la plage mouillée et salie. Ojiisan se souvient alors d’une histoire que son propre grand-père lui avait raconté. Il n’avait encore jamais vécu aussi grosse catastrophe que le tsunami qui se prépare, mais sa rapidité d’esprit va lui permettre de sauver son village, ou du moins ceux qui y vivent.

Malgré la tension palpable dans ce conte, l’auteur a réussi à le tendre vers une ambiance de sécurité et de calme. Le sage semble veiller sur tout ce qui l’entoure, coûte que coûte, et à ses côtés nous nous sentons comme un enfant dans les bras de sa mère.
Une exquise douceur qui n’est pas liée à celle de l’océan nous envahi pour donner une leçon d’humilité et de vie. Alors que tout le monde le croit fou à lier, le vieux Ojiisan est seul à savoir qu’il fait une bonne action, mais pas pour longtemps, car le lecteur est rapidement mit dans la confidence.
Il y a dans ces quelques lignes l’histoire de l’humanité et surtout la philosophie qu’on doit au bouddhistes.
Les illustrations qui accompagnent ce texte, par leurs contrastes et leurs mouvements, semblent peser sur nos épaules. L’eau y est représentée avec des couleurs froides contraires à celles de la terre, plus ocre. L’illustrateur s’est d’ailleurs vu décerné un prix pour son travail remarquable.

la grande vague

Allez, nous continuons notre petite présentation par un grand classique que vous connaissez tous : Blanche Neige !

Le texte est celui des frères Grimm (oublions Disney cinq minutes !), et les illustrations, nous les devons à Sara qui a une technique toute particulière…

Blancheneige (en un seul mot)

Vous le savez, Blancheneige est la plus belle du royaume, et sa tante, jalouse, décide de la faire tuer. Pour cela elle demande au chasseur d’aller la meurtrir dans la forêt et de ramener, en preuve de sa mort, son coeur. Le chasseur n’arrivant pas à passer à l’acte décide de lui laisser la vie sauve et va tuer un porc pour lui prendre son coeur et le donner à la reine. Mais c’est sans compter le miroir, mon beau miroir, qui continue de lui dire que la plus belle reste Blancheneige.
C’est alors que la reine décide d’utiliser tous les stratagèmes les plus farfelus pour tuer la beauté incarnée. Elle va alors incarner une sorcière et lui lacer ses chaussure tellement fort que la pauvre Blancheneige va étouffer et mourir jusqu’à l’arrivée de ses fidèles nains chez qui elle a élue domicile, mais la sorcière a plus d’un tour dans son sac ! Et avant d’arriver à la célèbre pomme, elle va lui confectionner un peigne empoisonné.
Mais comme vous le savez, il n’y a pas de secrets, Blancheneige finira par succomber à la friandise et en mourra. Seulement dans le conte des frères Grimm, même si c’est un prince qui la réveille, il n’y va pas d’un simple baiser. La chute est bien plus réfléchie et malicieuse, et si vous souhaitez la découvrir, jetez-vous sur ce conte.

Et je vous conseille en particulier ce conte aux éditions du Genévrier. Pourquoi ? Pour les magnifiques illustrations en papiers découpés de Sara. Blancheneige n’a jamais été si blanche, la reine n’a jamais été si belle, et les nains n’ont jamais été si petits, puisqu’on ne fait que les imaginer par de simples rappels de la part de l’illustratrice. Des chaises par-ci, des lits par-là… Tout n’est que déduction et imagination. On entre de plein fouet dans un conte vieux de plusieurs siècles comme s’il avait été écrit hier, et on en redemande !

blancheneige

Allez, continuons maintenant avec une nouvelle nouveauté ! Amateurs de légumes qui rendent aimables, méfiez vous…Aaron REYNOLDS et Peter BROWN vont vous faire faire des cauchemars dans le remarquable…

Menace orange (fait parti de la collection Caldecott) L’ouvrage est adapté de l’américain par Gaël RENAN.

Rien de tel pour un lapin (ici Jasper) que de manger des carottes! Alors quand en plus elles sont gratuites et que c’est les meilleures de la contrée… C’est absolument royal !
Grosses et croquantes, les carottes du Champ des Sauterelles sont vraiment un régal.
Cependant voilà, les carottes n’aimaient pas beaucoup être dérangées et un jour, alors que Jasper rentrait chez lui repu, elles décidèrent de le suivre… Puis Jasper s’en rendit compte. Alors il fut impossible de dormir, elles hantaient ses rêves et il était sûr de les voir avant d’aller se coucher. Même la raison de sa mère et les vérifications de son père (sous le lit, dans le placard, dans le tiroir) n’y changèrent rien. Jasper était persécutait. Du moins le pensait-il.
Et à travers ce cauchemar, notre bon petit héros à oreilles longues, va permettre à vos enfants de limiter leurs terreurs nocturnes, voir d’en rire. Jasper va trouver une magnifique façon bien à lui de se débarrasser de ses cauchemars, et il n’hésite pas à nous la livrer. C’est alors qu’une chute inattendue et drolatique ravira vos zygomatiques.

Un texte prenant, une illustration moderne et originale bien qu’un peu sombres. On se croirait par moments dans un vieux Sin City où seule la couleur (orange ici) apparaît pour angoisser le lecteur et surtout le personnage. Mais ces petits détails qui passent volontiers de carotte à tronçonneuse où à canette de soda, ou bien même qui se transforment en rideaux sont là pour nous enchanter et nous envoyer tout droit dans le monde enfantin du rêve et de l’imagination.

Alors, êtes-vous prêt à embarquer pour un retour en enfance ? Vous ne regretterez pas le voyage !

menace orange

Continuons notre voyage au coeur des éditions du Genévrier avec un peu de poésie. Embarquons ensemble au fin fond des vers de Blaise CENDRARS illustrés par Marcia BROWN pour un voyage dans l’univers des ombres et des chamans.

La féticheuse (fait parti de la collection Caldecott)

Voici l’histoire de l’ombre. L’ombre qui hante les forêts et n’hésite pas à se placer dans le dos des conteurs, autour des feux de joies, pour leur rappeler qu’ils ne sont que matière. L’ombre, qui sera là tant que le feu brûlera, ondulera sur l’herbe et les sols piétinés. Celle-ci même qui nous constitue et nous accompagne tous, celle-ci même qui s’agrandit quand le soleil décline pour s’endormir lorsqu’il disparaît et nous laisser seuls, face à nous même.

C’est de cette ombre que nous parle Blaise CENDRARS avec ses quelques vers illustrés avec la force colorée de Marcia BROWN. Nous nous retrouvons dans une Afrique où le chamanisme a élu domicile, où l’incantation est quotidienne, et où l’ombre pose beaucoup de questions.

Que dire e plus, si ce n’est que ce texte est sûrement l’un des plus réussi de Blaise CENDRARS et que c’est un réel plaisir que de l’avoir en jeunesse sous ce format là ?

la feticheuse

Notre petite promenade au coeur des éditions Le Genévrier s’achéve ici. Vous pouvez cependant toujours vous rendre sur leur site fort intéressant, y retrouver le catalogue, les nouveautés, les collections, et quelques petits bonus, comme par exemple la démonstration d’une illustration en live… ! C’est par ici : http://genevrier.fr/index.asp


Zoom sur… La collection Pépix aux éditions Sarbacane !

L’ogre au pull vert moutarde, Marion BRUNET

« – L’AVENIR !
– Hein ? a fait Yoan.
– C’est l’avenir qui donne un si joli goût à la chair des enfants. Ça pétille sur la langue, vous voyez ? Comme une glace à la fraise pour vous. »

9782848656830FS

Nous voilà immergé dans une nouvelle collection qui apparaît aux éditions Sarbacane. Et quelle collection ! Nous nous retrouvons face à des textes qui pourraient être publiés dans la collection Witty d’Albin Michel (avec des auteurs comme David WALLIAMS, par exemple). Le seul vrai problème, c’est qu’ils ont des auteurs Français. En soi, je n’ai rien contre. J’aime la littérature de mon pays. Mais pour ce qui est de l’humour, parfois… Ça passe ou ça casse… Et là, j’ai le regret de dire que je n’ai pas été si emballé que je l’aurais voulu.

Certes, ce roman s’adresse à des enfants d’école élémentaire. Certes, j’ai toujours eu un humour plus que douteux pour ne pas dire ringard… Et je dois l’avouer, j’ai ris aux éclats lors d’une réplique de ce livre. Mais ça ne fait pas tout.

La force d’auteurs comme David WALLIAMS est leur manque considérable de sérieux. Un humour bien british qui n’est pas sans rappeler les Monty Python, qui frôle l’absurde et qui propose des réflexions si on creuse un peu. Ici le texte est relativement plat, l’humour forcé, et il y en a parfois une couche de trop…

Je me suis lancé corps et âme dans ce roman, déjà convaincu par la veine Sarbacane, et je suis tombé de haut. Au bout de quelques pages j’ai failli le retourner. Mais quelle erreur c’aurait été ! Il faut savoir patienter, car comme on dit, « tout arrive à point à qui sait attendre », et un peu avant la moitié du livre on se retrouve pris dans l’élan de l’histoire qui peine à démarrer.

Oui, me direz-vous, mais ce livre alors, de quoi traite-t-il ?
Je vous propose un petit topo rapide :

Abdou (le narrateur) et Yoan (son pote, son frère comme il l’appelle), sont placé en foyer d’accueil. Non pas qu’ils l’aient mérité, on ne mérite jamais ce genre de chose, comme le rappelle l’auteur, mais parce que leurs parents ne savaient plus s’occuper d’eux correctement.
Ils rêvent ensemble d’un avenir meilleur. D’un avenir où l’un serait boxeur, l’autre réalisateur.
Mais pour le moment, ils sont plutôt adeptes des petites conneries comme savent les faire les enfants. Et la première, évidement, est de défier l’autorité qui les enferme. Oui, parce qu’autant qu’on se le dise tout de suite, le dirlo, dans cet établissement, est un brave con.
Surgit alors le nouveau veilleur de nuit. Un grand bonhomme, très fort, qui ressemble à une armoire. Il est laid, a des pustules plein la tronche, un tout petit nez, et il n’a pas mangé depuis trois mois. Vous l’aurez compris, ce veilleur de nuit n’est pas comme les autres.
Alors que nos deux complices quittent leur chambrée dans le but d’aller tester les limites du p’tit nouveau, ils se retrouvent confronté à un problème de taille : le veilleur se fait menaçant et idiot. Il leur apprend qu’il est un ogre…
La fuite paraît alors impossible. Courir, c’est même pas la peine d’y penser. Ils vont alors monter un stratagème pour gagner du temps jusqu’au petit matin : ils vont faire parler le vieux monstre. Et nous ne tardons pas à nous rendre compte que sous la plus vilaine carapace peut se cacher quelqu’un de doux.
Mais attention, un ventre qui crie famine, chez un ogre, ça relève de l’impossible… Jusqu’où ira la maîtrise de l’ogre, et le plan de nos deux amis ?
Nos inséparables se verront alors affublé d’un super pouvoir, appelé « La Boule ». Mais qui est-elle vraiment ?

« D’abord, un ogre est affreux. Il a la figure cramoisie, parsemée de petites pustules (à l’adolescence, c’est pire). Et il en est FIER. »

Le roman est entrecoupé de séquences apprentissage. Tel un aparté au théâtre, l’un des personnages prend un rôle tout à fait didactique. Évidement, on reste dans l’humour et la dérision. Nous avons par exemple Abdou qui nous apprend à traduire le langage des adultes, ou bien même la recette de l’ogre pour rendre un vieux (entendons ici personne âgée) mangeable.
Ces apartés sont construits de façons simple : plusieurs paragraphe avec un point soulevé à chaque fois.

Et je crois que je viens de mettre le doigt sur le problème principal du livre. Parce que ça pourrait être drôle et perspicace, mais le format qui est choisi, est, à mon avis, à revoir. C’est à travers ces apartés que l’humour s’alourdit pour devenir à la limite du pathétique.

Allez, je m’arrête là avant qu’on appelle ça de l’acharnement. Surtout que, très honnêtement, je suis allé au bout sans réelle difficulté et je suis persuadé que c’est le genre d’ouvrages qui marchera avec les p’tits jeunes qui entrent dans la lecture plaisir après avoir fait quelques années d’apprentissage. Le thème choisi est délicat mais bien traité. On y retrouve des éléments clés et surtout des stéréotypes dénoncés. L’auteur dit ce qu’il y a à dire. Le seul hic, finalement, c’est que nous n’avons pas le même humour. Mais je reste persuadé qu’on peut rire de tout, ne vous inquiétez pas.

PS : un deuxième ouvrage dans la collection Pépix est paru en même temps… Je le lirai tout de même très bientôt !

Ouvrage disponible aux éditions Sarbacane dans la collection Pépix depuis Mars 2014.

 

Sacrée souris, Raphaële MOUSSAFIR

« Quitte à être trop petite, autant ne jamais grandir. »

sacree souris

Comme promis je me suis lancé dans le second ouvrage publié dans la collection Pépix ! Je partais, vous l’imaginez, plutôt négatif même si je sais que l’habit ne fait pas le moine (dites ça à François PERRIN tiens !).
Et bien figurez-vous que j’ai été plus emballé. L’histoire est plus fluide. On sent un peu moins que l’auteur veut en rajouter des caisses, et malgré un côté un peu plus moralisateur (bien manger, bien se laver les dents…) on arrive à sourire. Tout est pris au second voir au troisième degrés pour notre plus grande joie.
L’histoire en deux mots ? C’est parti !

Et bien figurez-vous que ce livre va vous apprendre un mystère qui demeure depuis bien trop longtemps. Il s’agit en fait de la vie de la petite souris. Si, si, celle qui vous file de la thune sous le coussin la nuit contre une petite dent ! Elle se livre et nous raconte tout ! Avis aux fanatiques de témoignages, la Petite Souris sort de son trou !!!
Et alors attention, elle n’a pas sa langue dans sa poche ! Elle a plein de choses à nous raconter, et on finit même par se demander si tout ça est bien vrai !
M’enfin, quoi qu’il en soit, elle va vous apprendre en exclusivité chez Sarbacane pourquoi elle a besoin de petites quenottes… Et oui, vous vous figuriez tout de même pas qu’elle vous filer un peu d’argent juste pour le plaisir ?! Elle en fait quelque chose de ces dents… Et même s’il a été difficile de communiquer avec les petits êtres humains comme vous – et comme moi – elle y est parvenue ! Ce n’est pas dénué d’aventures, de suspens, et de moments de doutes. Le tout saupoudré d’une bonne tranche de rigolade !

De plus, on trouve dans ce livre seulement quatre petits chapitres consacré à nous donner de bonnes leçons ! Ils sont ni trop court, ni trop long et fait avec goût, dérision et humour.

Alors, régalez-vous bien. Et pensez à vous laver les dents… Déjà qu’elle vous donne une petite pièce… !

Ouvrage disponible toujours aux éditions Sarbacane et toujours dans la collection Pépix depuis Mars 2014.


Zoom sur… Les aventures de Dolorès Wilson !

Panique au mini-market, Mathis (texte) et Aurore PETIT (illustrations)

« – Il y a du grabuge au mini-market. L’armée devait intervenir mais tous les militaires ont la diarrhée. Du coup, j’ai pensé à toi. C’est dans tes cordes, un monstre qui a pété un câble. Je peux compter sur toi, Dodo ?
– C’est comme si c’était fait, mon gros. Tu peux déjà préparer ton virement bancaire.
– T’es la meilleure, Dodo ! Salut ! »

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Dolorès est intérimaire. Et elle a du boulot TOUS les jours. Sauf aujourd’hui, semble-t-il… La journée s’annonce originale et peu commune. Même Doug, le chien, semble ne pas vouloir se frotter à ses mollets lorsqu’elle rentre chez elle…
Pourtant, un monstrueux monstre frappe au mini-market. Et ça tombe plutôt bien, elle avait prévu d’y aller pour chercher des biscuits…
L’aventure commence alors à dos d’escargot géant !

Hypnose au château, Mathis (texte) et Aurore PETIT (illustrations)

« – J’ai une mission pour toi, Dodo. Une livraison… dans la Zone.
Dolorès ne répond pas tout de suite. La Zone est un territoire extrêmement dangereux. S’y aventurer, c’est prendre le risque de se faire voler des organes ou bien dévorer par des joueurs de ping-pong cannibales.
– Très bien, dit-elle. »

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Nous retrouvons notre intérimaire préférée dans une nouvelle aventure. Et pas des moindres ! Toujours accompagnée par son courageux Doug qu’il a fallut appâter avec des biscuits au chocolat, elle va s’aventurer… Dans la Zone. Non pas celle de Stalker, mais dans un endroit pourtant tout aussi surréaliste. Elle devra échapper aux créatures les plus terribles pour livrer cette énorme boite qu’elle promène sur le toit de son van. Mais… Que cache cette boite ? Et qui est ce mystérieux personnage qu’elle doit livrer ?

Vous l’aurez compris, Dolorès n’a pas froid aux yeux ! Mais si elle est si confiante face à toutes les créatures et différents monstres qu’elle rencontre, c’est surtout grâce à un aliment secret. Un aliment qui fait transpirer, qui fait même perdre conscience. Quel est-il ?
Chaque super-héros à ses secrets. Mais ici, ils sont tous livrés.

Au-delà des simples romans en formats courts qualifiables de première lecture, ces ouvrages proposent un réel travail d’écriture et d’illustration. Tous les exercices de lecture y sont, même si on s’amuse avec et qu’on rit aux loufoqueries et jeux de mots. Il y a les nombres parfois en chiffres, parfois en lettres. Il y a des noms scientifiques imprononçables même pour un adulte pour pimenter un peu la lecture des « meilleurs » et leur lancer une sorte de défi.

Ce n’est donc pas sans un certain sens du second degré qu’il faut entrer dans cette petite série que les éditions Les fourmis rouges nous proposent.

Une jeune héroïne qui n’a pas froid aux yeux, qui n’a besoin d’aucun homme, qui vit seule, travaille en intérim… Ce n’est peut-être pas beaucoup pour les jeunes, mais c’est encore un livre qui peut faire parler de lui. Les mauvaises langues s’en régaleront , les esprits ouverts s’en amuseront. Alors dans tous les cas…

A vos lectures !

Ouvrages disponibles aux éditions Les fourmis rouges depuis Février 2014.


Zoom sur… L’auteur Eduardo BERTI

« Eduardo Berti est né à Buenos Aires en 1964 et vit à Madrid. Traducteur, critique littéraire et éditeur, il est l’auteur, chez Actes Sud, de Madame Wakefield (Babel n° 789), La Vie impossible (2003), Tous les Funes (2005),Rétrospective de Bernabé Lofeudo (2007), L’Ombre du boxeur (2009),L’Inoubliable (2011) et Le Pays imaginé (2013).  » nous dit le site des éditions Actes Sud.

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A l’occasion de la semaine Argentine à Vienne et de la venue de l’auteur, j’ai pris soin de m’intéresser d’un peu plus prés à son oeuvre… Et il est difficile de passer à autre chose !

Plus que de simples lectures, les trois ouvrages que je vais vous présenter ont été pour moi une espèce de révélation. Pour tout vous dire, à part Leandro AVALOS BLACHA (Berazachussetts, Côté cour, éditions Asphalte), je ne connaissais pas d’auteurs argentins… Ou en tout cas n’en avais pas lu !

Je partais donc plutôt vierge, quand on connais les penchants littéraires de AVALOS BLACHA et qu’on sait à quel point il est unique, et je me suis laissé porter par la lecture…

Retrospective de Bernabé LOFEUDO (éditions Actes Sud, 2007)…

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Bernabé LOFEUDO est un cinéaste. Et pas n’importe lequel ! Ce réalisateur a beaucoup fait parler de lui au début du XXe siècle pour ses films érotiques… Il partait du principe qu’un homme peut bander si le réalisateur se donne les moyens de le faire.
Il rencontre alors sa muse lors d’un tournage. La belle, fine, discrète Nelly MARCHI. Ils vont vivre l’idylle amoureux. Ils vont tourner ensemble, et ils vont exciter le public. Jusqu’au jour où, évidement… Tout bascule.
Le fils de Bernabé, fils d’un premier amour, raconte tout ça dans ses mémoires. Il nous parle de son père sans aucune gêne et donne même quelques informations qu’il aurait voulu garder secrètes…
Evidement, quand le cinéma au milieu des années 1920 prend un virage important, celui de la parole, Bernabé doit revoir sa façon de travailler.

Alors, vous connaissez Bernabé LOFEUDO ? Non ?
C’est normal, il est inventé, tout comme ses scénarios, de toute pièce par notre cher Eduardo BERTI…

Un roman absolument fascinant où se mêle fiction et réalité historique. Nous nous retrouvons plongé dans un début de siècle qui paraît déjà bien loin. Un début de siècle où les mœurs n’étaient évidement pas les mêmes qu’aujourd’hui…
Plongez dans ce roman qui ne manquera pas de vous donner des frissons, tant par son érotisme que par son ingéniosité.

L’Inoubliable (éditions Actes Sud, 2011)…

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 L’inoubliable, c’est le titre de cette petit nouvelle de Rémy de Gourmont (auteur français du XIXe). Et c’est cette petite nouvelle, ou plutôt des bribes de cette nouvelle, que déclame le dentier de Mme Elvira RIAL lorsqu’elle éteint la lumière pour aller se coucher… Elle a un problème avec les dents. Sa bibliothèque regorge de récit sur les dents, et après L’Inoubliable, le dentier passe volontiers au reste. Mais quand il aura tout lu sur les dents, qu’arrivera-t-il à Mme RIAL ?

L’inoubliable est aussi le nom du livre de Eduardo BERTI. Ce livre regorge de nouvelles, douze au total, toutes plus extravagantes les unes que les autres. Je viens de vous parler de celle qui a donner son nom au livre, mais vous avez aussi la femme lectrice compulsive de journaux qui les reçois tous quotidiennement, vous avez un homme qui porte en lui une guerre passée qui n’a pas cicatriser. Des éclats d’obus sont disséminés dans son corps. Vous avez aussi le petit jeune qui pense que la malformation de son nez dont tout le monde se moque est en fait quelque chose de génétique. Il semblerait même que ses parents aient eu un conflit par rapport à ça… Et l’ultime, dont je suis obligé de vous parler, sur une tradition japonaise qui revient à se raconter entre amis des histoires de fantômes. Chaque fois que quelqu’un a raconté son histoire, il éteint une bougie. Le frisson monte en cadence, mais jusqu’où ira-t-il ?

Un livre de nouvelles absolument fabuleuses. La nouvelle n’étant pas mes lectures de prédilection, je me suis immergé de courage avant d’attaquer, pour finalement, après la première, dévorer le livre. Pour ce qui se posent la question, oui, les nouvelles ont des chutes, et elles ne vous laisseront aucun répit ! Moment agréable assuré, bien que trop court !

La vie impossible (Actes Sud, 2003)…

vie impossible

La vie impossible est un petit ouvrage très particulier puisqu’il recèle non pas d’un roman, ni même d’un récit, pas non plus de nouvelles, mais de très courts paragraphes qui n’ont pas de rapport les uns avec les autres. Ça vous paraît étrange ? Et bien sachez qu’on s’y retrouve parfaitement ! Chaque page pourrait être un début de roman oublié qui passe sous la plume de Eduardo BERTI. La générosité d’un artiste prêt à délaisser ses plus grandes idées au profit de… Rien du tout. Il balance ainsi plusieurs pistes, souvent assez caustiques, voir cyniques.
Il fait même des petits clins d’oeil à d’autres livres, comme par exemple à cette jeune femme, vu ci-dessus, qui lit compulsivement ses journaux. Il en écrit ici l’article.
En une phrase tout commence et tout se termine, la puissance des mots, des idées, et des phrases est spectaculaire.

Un exemple ? « Un autre dinosaure : Quand le dinosaure se réveilla, les dieux étaient encore là, en train d’inventer à toute vitesse le reste du monde. », « Paternité : Tout homme veut redonner naissance à ses parents. C’est de cette initiative manquée que naissent les enfants. ».

Pas encore convaincus ? Lisez donc la petite page appelée « Eduardo BERTI ». Ça finira à vous faire céder !

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Voilà le petit échantillon que je souhaitais vous faire partager pour avoir encore de bonnes lectures ! Quelques liens sont à faire entre les différents bouquins, et des thèmes y sont récurrents. Notamment le thème du cinéma, qui, nous le sentons, fascine l’auteur.

Bonnes lectures !

Tous ces ouvrages sont traduits de l’espagnole (Argentine) par Jean-Marie SAINT-LU.


Zoom sur… La collection Petit poche !

La collection Petit Poche, c’est avant tout proposer aux jeunes lecteurs de petits romans faciles à lire, sans illustrations, qui les font se sentir comme des grands !

La tête de mon brochet, Isabelle COLLOMBAT (Octobre 2013)

Lolo, un jeune garçon qui vit chez ses grands-parents, a pour habitude d’aller au bord de l’étang le Dimanche matin, avec papi, pour pêcher le brochet !
Tous les dimanches le rituel est le même. De la lecture du journal à la sieste sur le transat en passant par les discussions sur l’usine juste en face, sur l’autre rive, où papi travaillait à l’époque où il était ouvrier.

la tete de mon brochet

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres pourtant. Aujourd’hui, Lolo en a gros sur la patate et va dire à papi ce qu’il a sur le coeur. Il ne peut plus le garder pour lui. Seulement papi est très préoccupé… Et Lolo va se retrouver confronter à un gros poisson.

Dans un roman où un détail prend de l’importance, où l’effet papillon est de mise, Isabelle COLLOMBAT nous propose un voyage dans la tête d’un petit jeune en conflit générationnel.
Un roman généreux qui traite de l’hypocrisie en la dénonçant. A lire !

 

La caravane, Kochka (Octobre 2013)

Jeanne est une petite fille comme les autres, si ce n’est cette particularité capillaire. Elle a les cheveux dans le vent. Elle a les cheveux libre. Ils refusent toute attache. Elle n’en a jamais vu de pareil… Jusqu’à ce que Jessy, jeune gitane, arrive à l’école pour apprendre à lire. Les deux jeunes filles se lient alors d’amitié et de fraternité jusqu’à ce que la jeune Jessy sache lire. Mais le calme ne peut pas durer toute une vie…

la caravane

Un roman fort sur l’amitié et illettrisme. Des remises en question de peuples, des informations sur certains mode de vie, et un amour qui lie deux jeunes filles par les cheveux, par la liberté, et par le cœur.
Une super petite lecture à proposer dés huit ans pour s’entraîner en apprenant les valeurs humaines.

 

Demain, promis ! Christophe LEON (Janvier 2014)

Zacharie est un jeune homme qui n’a peur de rien ! On va suivre sa petite vie pendant six jours. Entre ses exploits en skate, Yannick NOAH qui envie son jeu au tennis, une gitane qui lit dans la paume de sa main et un vieil homme bien mystérieux, Zacharie va se prêter à rêver. Et les plus grands n’ont qu’à bien se tenir ! Non mais !

demain promis

Christophe LEON nous offre un texte qui peut prêter à sourire. Le jeune Zacharie est comme tous les enfants. Il rêve de demain. Il repense et fabule hier. Mais ce qui compte, c’est l’instant T. Et en ce moment on n’est sur de rien. Mais demain, tout ira mieux, parce qu’il ne peut rien lui arriver, à Zacharie.
Avec une écriture douce et poètique, Christophe L. nous entraîne donc dans un monde pas si loin du nôtre.
Êtes-vous prêt à le suivre ?

 

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Vous l’aurez compris, la collection Petite Poche est pleine de surprises et de bonnes choses. On y retrouve quelques morales humaines, quelques questionnements importants, et on finit par se perdre dans une collection qui inspire et fait rêver.
Vous trouverez cette collection en librairie indépendante pour un total de 5.10€ le livre. 5.10€ le plaisir !

 

La collection Petite poche est aux éditions Thierry MAGNIER.


Zoom sur Edyr AUGUSTO

Allez, c’est parti pour un petit topo sur la littérature Brésilienne, et en particulier celle d’Edyr AUGUSTO qui a, vous le verrez, un penchant fascinant pour la violence, le cul, la came, et l’alcool. Âmes sensibles,  s’abstenir !

En France, il est publié aux éditions Asphalte. Pour vous parler de la maison en deux mots, les éditrices ont pour but de publier des romans, souvent étrangers, dont l’action se déroule sur le bitume. Bien souvent en plein centre ville, voir simplement dans des immeubles, endroits simples qui deviennent rapidement inquiétants. Il existe un catalogue polars, un catalogue littérature et quelques nouvelles policières par pays qui regroupent différents auteurs.
La maison semble s’épanouir dans un monde urbain à faire pâlir les plus optimistes.

La maison nous parle de Edyr AUGUSTO :
« Né en 1954 à Belém, Edyr Augusto est journaliste, poète et dramaturge.Belém, son premier roman, a été publié dans son pays en 1998. D’autres titres ont suivi, dont Moscow (2001), à paraître chez Asphalte en 2014. Très attaché à sa région, l’État de Pará au nord du Brésil, il y ancre tous ses récits. »

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Belém (Octobre 2013)

« Selma attrapa son sac sur la banquette arrère. En tira un jean. Enleva son short. Selma ne portait jamais de petite culotte, sauf une fois par mois. Elle enfila le jean. Passa une main dans ses cheveux. »

belem

Johnny, célébre coiffeur de la jet set Brésilienne est retrouvé mort. Commence alors une course vers la vérité. Est-ce une overdose ? Un suicide ? Un meurtre ? L’enquête peine à avancer mais le commissaire reste optimiste. Lui est persuadé qu’il s’agit là d’un meurtre et fera tout pour le prouver.

Ce coiffeur qui nous semblait si gentil et attachant prend alors des traits de caractères noirs à faire pâlir les plus jeunes. Entre la drogue, l’alcool et le sexe qu’il pousse toujours à l’extrême, nous découvrons un personnage qu’on traiterait volontiers de gros connard.

Johnny a sa réputation et ses ami(e)s l’adorent. Tout le monde le pense gay et il nourrit le mythe tout en déculottant quelques filles de temps en temps. Femmes qu’il trouve souvent chez ses amis. Et il ne s’arrête pas là, il semblerait que Johnny soit plongé jusqu’au cou dans des histoires de pédophilies…

« Il pleuvait toujours. Quand la cloche a retenti pour indiquer l’entrée du cercueil dans le cimetière, la tristesse s’est abattue sur tout le cortège. Ce coup de cloche a toujours le même effet. Je crois que nous ne pensions même plus à Johnny. Nous pensions à nous-mêmes. Quand viendrait notre tour d’entrer ici ? Nous avons suivi le cercueil en silence. Trempés jusqu’aux os. Nous avons empruntés ces petits chemins sinueux, absurdes, portraits fidèles de notre administration. Fini les larges allées, les petits chemins ont tout envahi. »

Un roman brésilien qui va crescendo et est porté par un commissaire tout a fait solitaire, comme on les aimes. Les éditions Asphalte ont pour ligne éditoriale de présenter des romans urbains baignés d’angoisse et de meurtres, et nous trouvons ici un roman policier tout à fait à la hauteur.

A l’heure ou tout le monde prend ses billets pour le Brésil, un petit détour par ce roman noir pourrait pousser à les revendre.

Une enquête menée avec brio par un commissaire alcoolique qui fait cependant quelques écarts au milieu d’un groupuscule qui sombre complètement dans la folie et dans le non-dit. A lire impérativement !

Au delà du simple divertissement, il s’agit ici d’une critique sociale sans égale où les plus riches mangent sur la tête de la petite populasse brésilienne.

 

Moscow (Février 2014)

« Elle est en train de me regarder. Une daronne. Un peu blonde, mais je sais pas si c’est naturel. Elle a un de ces tops en coton noué sur le devant, qui laisse voir le ventre, plus un short. Maintenant, moi aussi je la regarde. Elle va aux toilettes, je crois. Une sacrée bonne femme. Un bon gros cul. Une démarche, putain. Mais j’ose pas attaquer. Je sais pas. Ça m’arrive des fois. »

moscow

Le ton est donné. Le roman commence par un viol. Une jeune fille et son mec, un « fils à papa », se font défroquer et se la font mettre par le narrateur et ses amis, à tour de rôle.
On est dans un roman qualifié de Orange mécanique. Je le trouve plus sale encore, peut-être à cause de la condition sociale qui est différente, de l’amusement qui est présent constamment, mais aussi de la haine que le narrateur et son petit gang n’arrivent pas à quitter. Mais la haine de quoi au juste ?
La haine des bourgeois. La haine des pédés.
Et quel plaisir ?
Le plaisir de la domination et celui, qui va de paire, de la virilité.

Moscow, c’est le surnom de l’île de Mosqueiro. C’est là bas que les habitants de Belém se rendent en vacances afin de décompresser. Une petite île paradisiaque où le soleil chauffe et la plage semble s’étaler à perte de vue. Une petite ville où il fait bon vivre, même si l’arrivée des gangs fait frémir les occupants. Et pour cause.
Dans le groupe de notre narrateur, nous retrouvons un jeune, Brown, qui va finir par tomber en admiration pour une femme macquée, et de surcroît, enceinte. Il va aller la voir quand son mari s’absente pour la violer. Il va la faire crier, il va jouir. Et elle va aimer. Un idylle commence, il tombe dans le piège, il ne pense plus qu’à elle. Seulement son mari fait parti d’un gang. Il va falloir fuir. Tuer ou mourir.

Mais tuer, ce n’est rien. Ils ont l’habitude. Ils laissent un corps, mort, tous les soirs, sur les trottoirs de Moscow. Le sang ne les dérange pas, la violence les fait marrer. Et ça, c’est quand ils n’ont pas encore bu…

Dans cette aventure très noire, notre narrateur, Tinho, semble avoir cependant quelques prises de conscience. Il tombe notamment fou amoureux d’une jeune fille. Tinho Santos cache-t-il en lui quelque chose de vraiment trop noir pour nous laisser un brin d’espoir ?

 

Après avoir lu et écouter Edouard LOUIS (En finir avec Eddy Bellegueule), qui traite justement du sujet de la haine. La haine envers l’homosexualité dans son récit, il semble simple de placer Tinho Santos dans son contexte social. Selon Edouard LOUIS, le milieu social dans lequel nous vivons et grandissons n’est pas une fatalité. Cependant il contribue fortement à un caractère, à un mode de vie. Et vivre dans une campagne profonde ou dans un milieu ouvrier semble propice à la haine de l’autre, de la différence, de l’arabe ou du noir. De la grosse, ou de celle qui pue.
Le deuxième point est celui de la virilité. Être un homme, c’est être viril. C’est picoler jusqu’au coma, c’est ignorer les risques. Rouler les yeux fermer, montrer qu’on a des couilles et ne pas penser aux conséquences.
Si vous lisez les deux livres en parallèles, malgré le monde littéraire qui les sépare, vous y trouverez des résonances.
On ne peut pas pardonner Tinho. On se contente de suivre son aventure. D’avoir qu’une envie : fermer le livre et oublier les horreurs qu’on a lu. Suivie immédiatement de l’envie de le réouvrir et de le dévorer. On se retrouve piégé malgré nous dans un voyeurisme social et inacceptable. Dans des situations grotesques qui font froid dans le dos.
Jusqu’où peut aller l’être humain ?C’est la question que semble poser Edyr AUGUSTO en écrivant Moscow. Un roman fort, puissant, qui ne manquera pas de vous troubler et de vous questionner.

Prêts pour des vacances en enfer ?


Zoom sur… La collection En voiture Simone, éditions Thierry Magnier

Les éditions Thierry Magnier frappent fort une fois encore ! Voilà qu’elles proposent à nos jeunes de 9-12 ans une petite collection de livres drôles, attachants et loufoques pour développer leur imaginaire et leur sens du second degré.

Un petit collection qui fera parler d’elle à long termes et qui a démarrer avec deux ouvrages de Katarina MAZETTI (les cousins Karlsson).

La collection continue sur sa lancée et le succès se fait de plus en plus présent ! Je vais ici vous présenter les deux autres ouvrages actuellement à leur catalogue ! Accrochez-vous, ça secoue !

Le jour des poules, Florence THINARD

« C’est assez drôle, une poule qui court. On dirait une grosse dame qui lève ses jupes pour mieux galoper et fonce à toute berzingue en tortillant du croupion. »

poules

Maryse est mère de famille et femme d’un homme un poil cynique. C’est le premier jour des vacances, et alors que tout le monde se prélasse sur le canapé en ayant comme projet de ne rien faire, voilà que Maryse trouve une idée absolument fantastique dans un journal !

Elle va élever des poules !!!

Oui, oui, vous avez bien lu ! Sur un coup de tête, parce qu’elle en a marre de bouffer de la merde et d’imaginer de pauvres poules maltraitées, elle décide d’en élever elle-même et ainsi offrir à sa famille une nourriture saine !

Évidement, élever des poules n’est pas donner à tout le monde. Et il ne suffit pas d’en avoir pour qu’elles pondent.

Tiens, d’ailleurs, d’après vous, faut-il obligatoirement un coq pour qu’une poule ponde un œuf comestible ?

Retrouvez une aventure délirante qui mêle habilement comédie et burlesque pour le plus grand plaisir de notre moment de lecture. Une détente intelligente qui propose aux enfants comme aux adultes une petite leçon de nature… Qui ne se veut pas moraliste du tout !

Un roman fin, tourné de manière dérisoire, qui permet une certaine distance malgré la réalité forte de cette dénonciation. Une prise de conscience par l’humour et l’amour de la poésie.

Un roman à mettre entre toutes les mains, qu’elles soient parisiennes ou Creusoises.

Pour conclure, je vous dispenserai, tout comme Florence THINARD, de la question qui rend fou : Qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier ?

Ouvrage disponible aux éditions Thierry Magnier dans la collection En voiture Simone ! depuis Septembre 2013.

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Le bus 666, Colin THIBERT

 » – Mais où on est ?

Le chauffeur a sursauté. Moi aussi en découvrant que ce n’était pas le papy bedonnant qui conduit généralement le « 66 », mais un type coiffé d’un bonnet rasta, avec des lunettes miroir larges comme des assiettes à dessert, et d’énormes écouteurs sur les oreilles. »

bus

Frémis, lecteur, car te voilà prêt à entrer dans un roman terrifiant ! Si tu ouvres ce livre, tu vas te retrouver face à des sorcières, des monstres, des vampires, des zombies, et même des fantômes et des vieilles mamies qui offrent des bonbons magiques.

Non non, rien de malsain. Juste un monde parallèle où règne le grand, l’imbattable, le gigantesque… Lucifer. Et voilà notre petite Chloé, jeune fille qui ne demandait ce jour là qu’à aller à l’école, comme tous les jours, embrigadée dans ce monde qui pue la mort.

Chloé est une fille tout à fait ordinaire. Elle a des petites lunettes sur le bout du nez pour y voir correctement mais s’amuse à les enlever pour voir la beauté du monde… Lorsqu’il est flou. Elle fait attention à son style malgré tout et est plutôt timide et introvertie. Tous les matins elle prend le bus 66 en direction du collège. Le bus du bonheur, quoi. Le bus où on côtoie ceux qui puent, ceux qui râlent et ceux qui dorment. Chloé, elle, préfère faire abstraction de ce qui se passe autour. Et ce matin là, ce qui se passe autour d’elle est pourtant bien différent de d’habitude… Le bus prend son envol et est constitué exclusivement de créatures qu’on ne trouve que dans la littérature. Et un peu dans le cinéma, aussi. Quand il adapte les livres !

Notre Chloé se retrouve alors en enfer où elle devra se battre contre les monstres les plus virulents ou les plus fourbes. Un monde qui la fera grandir, qui sera une quête. Un monde où le temps n’est plus le même et où la jeune fille n’a de cesse de s’inquiéter du retard de son retour à la maison. Ses parents doivent être atrocement inquiets…

Un petit roman qui donnera aux plus réfractaires le goût de la lecture. Un roman qui s’avale sans faim, qui se lit sans forcer, qui se prend et ne se lâche plus. On a l’impression de planer au dessus du monde des contes avec comme chauffeur de bus le camé un peu fou des Simpson. On passe sans transition d’une franche rigolade à un sentiment de culpabilité et d’empathie.

C’est, en fait, un roman tout à fait réussi qui sait allier à l’émotion la qualité d’écriture et la qualité scénaristique.

La magnifique couverture rappelle tout à fait le sentiment du lecteur à la fermeture de cet ouvrage. Entre goût acidulé et sens estropiés on se retrouve dans une position inconfortable dans laquelle on se complaît pourtant.

A vous de tenter l’expérience !

Disponible aux éditions Thierry Magnier dans l’excellente collection En voiture Simone ! depuis Septembre 2013.