Archives de Catégorie: Sciences humaines

Sélection sciences-humaines – été 2013

La sélection des sciences-humaines est arrivée ! Et elle vous propose un large choix d’ouvrages tous différents dont le sens ne manquera pas de résonner dans votre esprit. Que vous aimiez l’écologie, la philo, la distribution ou les grands de l’Histoire, vous serez servi !

Alors n’hésitez plus une seconde, enfilez vos pompes et courrez dans la librairie indépendante la plus proche de votre pallier !

 

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Un million de révolutions tranquilles, Bénédicte MANIER, Editions Les liens qui libèrent,

La journaliste Bénédicte Manier a décidé d’aller à la rencontre, à travers le monde, d’hommes et de femmes, anonymes, qui œuvrent pour l’amélioration de leur environnement, qui cherchent des alternatives pour changer leur quotidien. Ces initiatives sont nombreuses et touchent tous les domaines.

Ensemble, ils essayent de construire un monde plus juste, plus humain. Un bel exemple de solidarité et d’innovation. Un livre radicalement positif, qui fait du bien et qui prouve que le changement est possible. Et si on relevait nos manches ! Indispensable !

L’utilité de l’inutile, Nuccio ORDINE, Editions Les Belles Lettres

 

Un formidable plaidoyer en faveur de toutes les connaissances jugées « inutiles » car n’ayant aucun intérêt économique.

S’appuyant sur les réflexions de philosophes et d’écrivains, il tend à prouver l’intérêt de ces disciplines et met en garde contre l’obsession de l’utilité dans notre société marchande. Passionnant !

 

 

 

On ne meurt qu’une seule fois et c’est pour longtemps, Patrick PELLOUX, Editions Robert Laffont

 

Patrick Pelloux, médecin urgentiste s’intéresse à la fin de vie de personnages illustres. Il nous parle de leur agonie à une époque où les lavements et les saignements étaient monnaie courante pour tenter de soulager tous les maux. Sur un ton léger et plein d’humour, il nous en dit beaucoup sur l’histoire de la médecine. Il nous montre son inefficacité et ses ratés.

C’est donc à une véritable promenade médicale et historique que nous convie l’auteur. Un ouvrage teinté d’anecdotes historiques et d’ironie.

 

 

En Amazonie, infiltré dans le meilleur des mondes, Jean-Baptiste MALET, Editions Fayard

 

Pendant les fêtes de fin d’année 2012, le journaliste Jean-Baptiste Malet a décidé de s’infiltrer dans un des entrepôts logistiques du géant de la vente en ligne, Amazon, implanté en France. Il va pour cela devenir pickeur et travailler toutes les nuits dans l’entrepôt de Montélimar dans la Drôme.

Découvrez l’envers du décor, ce qu’il se passe une fois votre commande validée. Une entreprise avec un fonctionnement à l’américaine qui pratique un contrôle excessif sur ses employés, qui incite à la délation, à la course à la performance et qui ne tolère aucun fléchissement.

 

Pour plus d’informations, rendez-vous chez Lucioles !

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En Amazonie, infiltré dans le « meilleur des mondes », Jean-Baptiste MALET

« En choisissant d’acheter ses livres chez Amazon, le lecteur fait le choix, conscient ou inconscient, de tirer un trait sur le rôle précieux que joue la librairie (indépendante) comme lieu de convivialité, de partage, de découverte, de mixité et de rencontre. Mais aussi sur les emplois de libraires qualifiés que généré cette activité commerciale de proximité. »

Un livre qui créé bien des débats, un journaliste qui ne va pas assez loin pour certains, trop pour d’autres. Un sujet très actuel qui fâche beaucoup, des thèmes récurrents et dévastateurs. C’est ce qui est ici proposé.

Une immersion totale dans le monde de l’usine et de l’Amérique. Après Florence AUBENAS, Jean-Baptise MALET va aussi faire parler de lui. Il n’y a pas de raisons.

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Vous l’aurez compris, Jean-Baptise MALET et les éditions Fayard ont frappé un gros coup !

L’auteur journaliste a réussi à s’infiltrer dans les locaux d’Amazon à Montélimar (26) en tant qu’intérimaire et ne se prive pas de nous raconter les dessous du « have fun », et ce malgré l’épée de Damoclès qui lui pend sur la tête.

Tout le monde connait Amazon comme site numéro un des ventes en ligne. Amazon, cette entreprise bien américaine qui a fait ses preuves dans différents pays. Qui a fait disparaître la culture ouverte, large et pleine de bon sens dans certaines régions. Qui lobotomise un esprit en lui proposant des ventes en masse.

Et bien oubliez tout. Et apprêtez-vous à avoir bien plus peur encore.

Amazon a une devise. Et pas des moindres. « WORK HARD, HAVE FUN, MAKE HISTORY ». C’est avec ces trois vers très poétiques que l’auteur journaliste va monter son récit.

Work hard

Il commence, comme le veut la devise, par le dur travail réalisé par les employés. Avec des locaux atteignant facilement 40 000 m², certains employés font plus de vingt kilomètres à pieds (en courant, donc) en sept heures de travail (et 20 minutes de pause); ce sont les pickeurs.

Pendant ce temps, les autres réceptionnent les articles et les emballent dans des cartons afin de les expédiés. Le rendement se doit d’être large et respecté. On les appelles les packeurs.

Les deux groupes ont pour devoir de se surpasser tout le temps. On n’atteint jamais ses limites. On peut toujours aller plus loin. Même si on doit souffrir pour cela.

Les pickeurs ont pour objectif en arrivant dans l’entreprise de récupérer entre 50 et 60 articles en une heures dans la superficie complète de l’entrepôt.  Inutile de dire que la maniaquerie n’est pas au rendez-vous. Amazon est américain même en France. C’est pourquoi le système américain est mis en oeuvre, à savoir : on range là ou il y a de la place. Et c’est pas grave si la pléiade de Verlaine se retrouve à côté d’une boite de slip.

Avec des petites machines électroniques qui permettent de zipper les codes barres, les employés se promènent et reçoivent dans le plus grand silence leurs ordres. C’est donc plus un grand parcours de santé embûché de manager et de leaders qu’une petite promenade du dimanche. Ces machines ne servent pas qu’a reconnaître les articles, mais aussi à fliquer les employés. Grâce à celle-ci les hauts placés savent où l’employé se trouve, quel article il cherche, ce qu’il fait et le temps d’arrêt effectué. Quand c’est trop long, le pickeur reçoit un petit rappel écrit sur sa machine.

Alors, toujours pas convaincu par le boulot à fournir ? Et bien regardez un peu ce qu’on retrouve dans certaines archives américaines : « Pendant les vagues de chaleur de l’été, Amazon s’arrange pour avoir des ambulanciers garés à proximité, prêt à prendre en charge un employé déshydraté ou souffrant de la chaleur ».

On pousse les employés au bout de leurs limites. Des gréves sont obligatoires afin d’avoir ne serait-ce qu’un peu de chauffage l’hiver. Et ils sont obligés de rester. On leur fait miroité des CDI, des promesses d’embauches, un avenir tout tracé avec possibilité d’achat de maison et crédits sur 20 ans. On donne la carotte à notre petit ouvrier qui se prend au jeu et se fait plaisir à rêvé. Puis y a pas à dire, Amazon, même si c’est complètement dégueulasse comme usine et comme boulot, c’est plutôt fun. Et nous voilà rendu au second point.

Have fun

Le have fun, chez Amazon, c’est une institution. C’est proposer à l’employé des petits déjeuners, des chasses aux œufs sur le parking le jour de Pâques avant de prendre son poste, ou même des boissons chaudes gratuites à la sortie du boulot.

C’est concurrencer directement le comité d’entreprise pour montrer que votre patron est bien plus génial que votre collègue qu’on vous oblige à tutoyer pour créé des liens agréables et se sentir à son aise.

C’est finalement le vice poussé à son extrême. C’est proposer à son employé la douceur de celui qui ne réfléchis plus et est prêt à trouver du bonheur dans une chasse à l’œuf.

Amazon c’est trois équipes par jours qui se relaient, en comptant l’équipe de nuit. L’équipe de nuit travail de 21h30 à 4h50 le matin. L’employé se lève bien souvent vers 16h après une pareille nuit. Il faut qu’il soit prêt à reprendre son poste à 21h30 et n’a donc aucune envie de réflexion.  Amazon lobotomise finalement ses employés avec une certaines douceur et une certaine courtoisie, mais pas seulement ! Aussi par des petits cadeaux à gagner après des quizz divertissants. Selon l’auteur les cadeaux ne sont pas seulement des présents mais aussi et surtout une simplicité d’esprit. On leur offre des films qui ne font pas réfléchir  ils ne voient que les block buster, ils ne travaillent que pour gagner une place convenable dans la société.

Quand on lit ce livre, on a l’impression de vivre dans un monde complètement irréel où tout le monde est sous prozac pour tenir moralement et sous cocaïne pour tenir physiquement. Et autant vous dire que le mélange n’est pas des meilleurs.

Alors, le have fun vous enchante ? C’est que vous n’avez pas encore goûté à l’avenir.

Make history

Faire l’histoire. C’est si simple. Et pourtant si compliqué. On a le droit dans cette grande firme de faire l’histoire mais l’interdiction absolue d’en parler. Pas même à sa famille. Encore moins aux journalistes.

L’histoire c’est les attachés de presse qui l’écrivent. Et ce avec l’accord du grand patron s’il daigne vouloir le donner. Tout est contrôlé, jusqu’à ce que vous direz à votre famille. Et s’il y a une bavure, vous vous risquez à une plainte contre vous avec licenciement à la clé. Alors, qui voudrait s’y risquer ?

Pour conclure, je dirai qu’Amazon est vraiment comparé à un lieu sectaire et militarisé dans lequel on va pour pouvoir manger à la fin du mois. Tout le monde sait que c’est un boulot pourri. Mais personne n’a le droit de se plaindre. Sinon il va falloir retourner chercher du travail, et inutile de dire qu’aujourd’hui c’est pas simple.

Amazon a su surfé sur la vague du chômage en proposant énormément d’emplois. Mais des emplois factices. Ils emploient sur deux structures seulement 1 100 personnes en CDI à temps complet contre 250 000 et quelques intérimaires. La librairie indépendante continue d’embaucher et est aujourd’hui à plus de 10 000 emplois en CDI en France.

Amazon vend de l’illusion à ses employés, à ses clients et à un avenir qu’ils voudraient à leur image : réglé comme une marche militaire.

Maintenant vous avez les cartes entre les mains. A vous de choisir entre une vie simple dans un village ou une ville qui propose un commerce de proximité où une commande sur internet qui coupe à la fois du lien social et du lien direct avec sa ville et la diversité culturelle.

Amazon mérite t’il réellement l’argent que vous vous cassez le cul à gagner tous les jours ? Ce n’est pas parce que certains politique « comme Arnaud de Montebourg » (dont on parle beaucoup dans le livre) en font l’apologie que c’est bien. Le système capitaliste américain (et pas seulement) a pour seul but de faire du profit en prenant non pas une partie, mais tout votre argent. Vous n’avez pas de conseil et aucune ligne directrice. Vous vous retrouvez seul face à votre écran, froid et inanimé. Vous vous coupez de tout lien social dans le seul but d’être rentable à une entreprise et à des politiques. Et vous vous laissez faire.

Dernière petite anecdote…

« Le camp de Dachau est l’un des quatre-vingts camps construits par le régime hitlérien après l’incendie du Reichstag en 1933. Opposants politiques, Juifs, Roms, homosexuels, handicapés, prisonnier de guerre… Plus de 200 000 personnes y ont été emprisonnées et 43 000 y sont mortes. Amazon a eu le bon goût de commercialiser un puzzle de 252 pièces qui le figure. Ce produit, qui était référencé comme un « jouet à partir de 8 ans » et vendu 24.99 dollars, a défrayé la chronique en Allemagne et fait l’objet de nombreux articles de presse ».

Ça fait réfléchir…

Certes, le monde du travail n’est pas le pays des bisounours. Certes, d’autres enseignes telle qu’Amazon propose la même difficulté de travail… Mais le problème amazonien est bien au-delà. Le problème amazonien est la création d’une communauté avec des croyances, des illusions, semblable à une secte militarisée. Amazon créé une idéologie envers employés et clients.

Ouvrage disponible aux éditions Fayard et dans toutes les librairies depuis Mai 2013.

 

Quand le livre n’est plus qu’un produit.

 

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La procrastination – L’art de reporter au lendemain, John PERRY

« Pourquoi traverse-t-on en dehors des passages piétons ? Pourquoi aucun des invités n’arrive avant 20h alors qu’ils étaient convoqués à 19h ? Pourquoi la plupart des automobilistes ne respectent-ils pas les limitations de vitesse ? Comment expliquer que les filles disent préférer les gentils garçons mais ne sortent jamais avec eux ? Pourquoi les gens disent-ils une chose et en font-ils une autre ? Pourquoi est-on incapable de s’en tenir aux règles ordinaires ?

Laisse tomber. Tout ça sera bientôt fini. Explosion du système solaire. »

 

 

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Cette citation n’est pas directement celle de l’auteur, mais il l’emploie. C’est un mail qui lui a été envoyé suite à un commentaire sur ses écrits.

Et cette phrase résume plutôt bien le sens du livre.

 

Qu’est-ce que la procrastination ? L’art de reporter au lendemain ce qu’on aurait pu faire aujourd’hui me direz vous à juste titre. Mais qui est le procrastinateur ? C’est la question à laquelle semble chercher l’auteur, lui-même membre de cette association hors norme.

Enfin, hors-norme… Pas plus qu’un gaucher. Les procrastinateur sont simplement mit de côté, comme les « enfants du diable » qui ne peuvent pas écrire correctement sur les bancs de la faculté à cause des tables qui proposent une plus grande aisance aux droitiers.

Mais alors, qu’est-ce qui qualifie un procrastinateur ? Qu’il ne fait rien ?

Non, détrompez vous. Il y a plusieurs formes de procrastination et on s’intéresse ici à une en particulier : la procrastination structurée.

C’est tout un programme que de nombreux philosophes ont essayé de résoudre. Mais comme tout bon sujet de philosophie, on peut aller encore plus loin. Toujours plus loin.

Le prcrastinateur structuré ne fait pas rien. Au contraire. Il en fait énormément. Il ne fait pas juste les choses importantes. La solution est alors de faire une liste hiérarchique en mettant en haut de celle-ci les choses les plus importantes. Il s’agit ensuite de rayer les faits. Et ce serait super chouette si le clairon sonnait à chaque rayure. Parce que oui, le procrastinateur a besoin d’être reconnu par lui-même. Il a besoin de s’auto congratuler et de jouir de ses performances.

 

John PERRY prend ici des exemples qui nous parlent à tous. Je vais vous donner le plus récurrent qui est celui d’aller naviguer sur le web. Lire un article, puis en lire un autre, et encore un autre… On a l’impression de travailler même si ça reste en surface. Mais alors le sentiment de culpabilité de reporter les choses importantes s’évapore.

Parce que oui, le procrastinateur structuré culpabilise de retarder son travail. Il culpabilise aussi de faire souffrir ses proches à cause de cette philosophie. Mais il n’y peut pas grand chose finalement, c’est une sorte de névrose qui l’accapare et ne le quitte pas.

 

Son problème majeur, finalement, est qu’il est perfectionniste. Remettre les choses importantes à faire au dernier moment force à presser le travail. Le procrastinateur peut alors se soulager l’esprit, souffler un coup. Parce qu’un travail rapide ne peut pas être parfait, quoi qu’on y fasse. Se rassurer est donc l’activité première de notre névrosé. L’auto congratulation est la seconde, lorsqu’il accomplit un travail, comme répondr eà un mail assez rapidement. Il peut cependant être très rapidement ramené à la réalité. Pour cela, il suffit qu’un non-procrastinateur, à savoir ici celui a qui est adressé le mail, réponde rapidement à son tour. Face à ces réalités, le procrastinateur structuré préfére souvent remettre au lendemain la réponse.

 

Est-ce finalement un esprit rebel ? Loin des conformités et de l’ordre bien connu de tous ? Il semblerait que non, que ce soit un mal bien plus profond.

 

Revenons à mon introduction qui est celle d’un blogeur en réponse à John PERRY. « L’explosion du système solaire ». Pour donne rune image à cette simple syntaxe, l’auteur propose celle de Melancholia, le film de Lars Von TRIER. Dans celui-ci une jeune femme n’angoisse aucunement face à la fin du monde. John PERRY nous dit sûrement que c’est parce qu’elle est procrastinatrice et donc qu’elle se réjouit de toutes ces choses si futiles qu’elle n’a pas faites pour profiter d’autre chose.

 

Une petite partie sur le temps entre alors en jeu, où John PERRY nous fait rencontrer, ou retrouver, le grand philosophe McTaggart qui pense que le temps n’est qu’une illusion et qu’il est inexistant.

 

Bref, ce livre est plutôt chouette. Il apprend pas mal de choses sur l’art de remettre au lendemain. Il a un beau partage d’idées et malgré un début un peu tumultueux ou je pensais que l’auteur voulait nous faire suivre son idée coûte que coûte j’ai fini par être séduit.

Des débats et des rebondissements ont sans cesse lieu. Parce qu’un sujet en appelle un autre, puis un autre encore, ce livre aurait pu faire le double, le triple, voir le quadruple du nombre de pages qu’il fait. Mais il semble pourtant tout nous dire sans pour autant se prêter à ce jeu du pavé.

C’est une lecture simple et pleine de reflexions qui vous attend si vous ouvrez ce petit livre. Vous irez en Angleterre, en Allemagne et resterez même en France rencontrer plusieurs courants de pensées qui ont tous raison dans leurs torts.Mais lequel suivre ? C’est justement ce libre arbitre que laisse finalement en suspend John PERRY malgré son point de vue très clair. Et ce n’est pas pour déplaire.

 

« Ne jamais remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le surlendemain ». Mark TWAIN

 

 

Ouvrage disponible aux éditions Autrement depuis Septembre 2012

 


Un arrêt sur la collection « Les petites conférences » chez Bayard

Voici une collection toute particulière en philosophie. La maison Bayard n’a plus rien à prouver. Avec un catalogue très riche en jeunesse, sciences humaines et religion, la maison a déjà su nous séduire et ne s’arrête pas en si bon chemin !

 

Cette petite collection est née et prend son nom dans une émission radio qui s’appelait à l’époque Lumières pour enfants. Quand je dis « à l’époque », je parle du début du XXe siècle.

L’emission radio a été lancée par Walter Benjamin en Allemagne et avait pour but d’apporter une culture de la philosophie, des métiers et de la vie à la jeunesse.

Depuis, donc, comme vous le constatez, ce même concept a changé de nom. Et c’est Gilberte Tsaï, multi-linguiste, qui a donner le nom de « petites conférences ».

Ces conférences ont lieu chaque saisons et s’adressent aux enfants à partir de dix ans !

Et si les thèmes n’ont aucune limite, la règle de base est de ne pas oublier qu’on s’adresse à des enfants. Ils ne sont pas bêtes, ils comprennent, mais il faut créer une sympathie naturelle pour les séduire davantage.

 

Vous retrouverez à la fin de chaque ouvrage ce qu’on retrouve à la fin de chaque conférence, à savoir un temps de parole qu’on appelle communément « Questions/réponses » et qui permettent à l’orateur d’approfondir le sujet avec un public réceptif et des demandes toutes particulières.

 

On commence cette petite présentation avec…

 

Le temps (qui passe ?) d’Etienne KLEIN

 

Un petit essai sur le temps pour s’emmêler les pinceaux et se poser des questions existentielles. Et pourquoi pas après tout ?

temps qui passe

Etienne KLEIN pose des questions simples mais fondamentales quand on souhaite s’intéresser au terme du temps.Qu’est-ce que le temps ? Le temps a t-il un début, une fin ? Comment le définir ?

Pour répondre à ces questions, Etienne KLEIN passe par plusieurs métaphores à l’intérieur même d’interrogations simples telles que : « Quel âge a le temps ? », « que montrent les montres ? », « d’où vient que le temps <<passe>> ? Et d’ailleurs passe t’il vraiment ? » et bien d’autres.

On va alors se frotter aux esprit de Bergson, Kant ou même Einstein. C’est dire jusqu’où le vice peut être pousser. Entre science et philosophie on se promènera sur les fleuves et on comprendra alors pourquoi « le temps est un fleuve » est fausse. On comprendra pourquoi l’expression de « passer le temps » peut irriter certaines personnes, même s’ils ne savent pas pourquoi, on se penchera aussi sur cette révolution qu’est la montre, qu’elle soit à gousset ou à poignet, et on nous démontre avec des pincettes que tout ne semble être qu’illusion. A moins que ?

L’écriture est simple, mais on ne peut pas dire vulgarisée. L’auteur ne nous prend pas pour des cons mais nous explique simplement son point de vue au milieu des autres d’une façon très accessible.

Retrouvez un essai qui est en fait une retransmission de conférence qui vous enchantera et vous fera réfléchir.

Vous serez immergé pleinement. Et ca durera le temps qu’il faudra.

De toutes façons, quand on lit le temps s’arrête, non ?!

 

 

 

 

 

Continuons notre voyage au coeur de la philosophie avec une petite conférence sur…

 

Plus d’une langue de Barbara CASSIN

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Barbara CASSIN fait partie de ces oratrices qui séduisent par leur simplicité. Elle a une fluidité dans la parole, où en tout cas dans l’écriture qu’on ne peut pas lui enlever. Elle va au principal sans prendre plusieurs chemins, quitte à rester un peu trop sur le sentier de base et ne pas assez digresser. Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce qui est chouette dans la philosophie, c’est de pouvoir s’égarer un instant du sujet pour une discussion tout autant en rapport mais qui pourrait être un peu plus amusante.

Oui, mais là on s’adresse à des enfants.

Il n’empêche qu’on s’aperçoit bien, au niveau des questions / réponses de la fin, que certains thèmes auraient mérités d’être traités, ou en tout cas ont été traités trop rapidement.

Plus d’une langue. Voilà un titre qui laisse songeur. On se doute un peu de ce qu’on pourra trouver à l’intérieur du discours de l’oratrice mais notre imagination n’en reste pas moins titillée.

Alors de quoi parlons-nous ?

La langue. La langue c’est important. Et il existe plusieurs langues. C’est toujours bon de le rappeler.

Une langue peut être transmise par les parents ou apprise lors de son apprentissage personnel.

Il existe la langue maternelle, ou alors paternelle. Il existe aussi des familles qui parlent et apprennent deux langues à leurs enfants dés leur plus jeune âge.

Mais alors, qu’est-ce qui est bien finalement ? Et à quoi ça sert, de parler une langue ?

Et bien l’auteure va nous répondre avec plusieurs parties distinctes. Elle partira de l’apprentissage basique de la langue et finira au niveau de la traduction. Mais le cheminement entre les deux est long.

Et la principale importance de la langue, comme je le disais précédemment, c’est qu’il en existe plusieurs. Et chaque langue représente un pays, une nation, une culture.

Barbara CASSIN va alors partir de l’étymologie de certains mots pour nous les faire comprendre. On se retrouvera alors en Grèce antique, en Angleterre, ou bien même en France.

Tout le monde connait la célébre histoire de la tour de Babel. Cette tour construite pour atteindre Dieu. Mais Dieu, lorsqu’il s’en aperçoit décide de punir les hommes en leur faisant parler des dialectes tous différents. Et bien pour Barbara CASSIN, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Car avoir plusieurs langues, parler et comprendre le fonctionnement de plusieurs langues, c’est avant tout s’ouvrir au monde.

Elle ne manque pas de nous rappeler que certains mots sont intraduisibles dans d’autres langues. Un dictionnaire de philosophie des mots intraduisibles existe, soit dit en passant, et c’est manifestement plutôt chouette.

Alors, parler une langue, O.K. En parler deux c’est mieux. Mais comment motiver les jeunes à trimer dur pour ça ? Envoyez les à une « petite conférence » !

Allez, on va continuer notre route avec un autre petit essai d’un bonhomme très connu pour sa vulgarisation des sciences. Vous êtes prêt ? Roulement de tambours pour…

L’avenir de la vie sur Terre de Hubert REEVES

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Attention, on sent ici l’orateur formé et habitué qui nos accroche dés les premières lignes avec un humour sans faille en reprenant une réplique de Woody ALLEN.

Et c’est avec cette réplique qui se moque plus ou moins de la philosophie qu’Hubert REEVES décide de faire son plan. Si ça c’est pa culotté… !

Connu pour sa connaissance en sciences, l’auteur ne manquera pas de nous en parler encore un peu dans cet ouvrage qui réunit astronomie et philosophie.

On part de la base. La toute base. D’où venons nous et où allons nous ? Evidement les notions de Big bang, de galaxie et d’univers sont prises en compte, on a aussi la vitesse de la lumière t tout ce qui peut remplir un petit cours sympathique de physique. Sauf que ce n’est pas un petit cours ennuyeux puisque ça devient une étude intéressante.

L’homme est une poussière d’étoile. Il est né de l’explosion des étoiles qui ont crées l’hydrogéne, l’azote et autres gaz. Et depuis son arrivée sur notre belle planète, l’Homme ne cesse d’évoluer. Mais vers quoi évolue-t-il ?

C’est la le vice du sujet. Le pétrole se fait de plus en plus rare, la planète se pollue, et cette pollution réchauffe l’atmosphère qui n’est qu’à une centaine de kilomètres au dessus de notre tête.

Vous l’aurez compris, c’est ici un petit conte philosophique sur le thème de la biodiversité et de la biologie que nous propose l’auteur. A-t-on réellement déjà tout dit sur ce sujet ?

C’est à travers ces quelques lignes qu’Hubert REEVES présente à un public d’enfants les enjeux de la planète et la survie de l’espèce. Tout ce qui naît est destiné à mourir nous dit-on. Mais il est possible de décélérer ce destin fatal. Des petites pensées sur la biologie, l’agriculture, la consommation excessive sont de mise.

Avec un vocabulaire simple, une étude vulgarisée mais pa dénué de son intérêt, Hubert REEVES nous transporte bien au delà de petit bout de jardin qu’on peut apercevoir devant sa fenêtre. Un texte agréable à lire, des questions pas dénuées d’intérêt et des réponses qui valent le coup d’oeil. C’est une bonne recette pour tenter une réponse à Woody ALLEN.

Alors on a vu le temps, on a vu la langue, on a vu l’univers. Vers quel autre sujet pourrions nous nous diriger ?

Allez, au hasard celui-ci m’est tombé dans les mains.

Je vais maintenant vous parler, tenez-vous bien, couchez les enfants, d’un thème qui fait tourner le monde et poser de grandes questions…

Vous désirez ? de Jean-Luc NANCY

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Non, je déconne. Réveillez les gosses.

C’est justement ce que nous montre ici l’auteur. Dés qu’on parle de désir on pense à l’amour, à l’amour charnel même.

Mais le mot désir est bien plus profond. Tout comme les mots vouloir, envie, besoin ou souhait. Et c’est avec toutes ces nuances que l’auteur va jouer et embrouiller vos esprits.

Les nuances sont parfois complexes parfois simples. Parfois simples mais dites avec complexité ou égarement. Parfois compliquées mais vulgarisées.

Avec des petites histoires, formes de petits contes, l’auteur va nous faire de bien belles définitions de ces mots plus ou moins intenses. Allez, pour vous mettre l’eau à la bouche je vous propose le verbe vouloir.

Quand on dit « je veux ceci ou cela », c’est très fort. Ca sous-entend que je l’aurais puisque j’ai ce que je désir. Enfin pas ce que je désir, ce que je veux. Parce que désirer est encore un cran au dessus au niveau de la puissance et de la réception de celui qui l’entend.

Vous doutez encore ? Alors si votre enfant vous dit « j’ai envie d’un coca », aurez-vous plus de facilité à lui donner que s’il dit « je veux un coca » ? Le mot magique n’ayant rien à voir dans cet exemple !

C’est à méditer, et les pensées très terre à terre de Jean-Luc NANCY peuvent vous donner quelques directions. Si vous souhaitez cependant lire un essai complet et approfondis, je vous conseil de trouver un autre philosophe auquel vous raccrocher… !

Bon, voilà la petite présentation terminée. C’est l’heure de la bibliographie pour que vous puissiez arriver chez votre libraire avec toutes les informations pour acheter ces petits livres sans qu’il passe trois plombe à les chercher !

Le temps (qui passe ?), un ouvrage de Etienne KLEIN paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Plus d’une langue, un ouvrage de Barbara CASSIN paru aux éditions Bayard en Mars 2012.

L’avenir de la vie sur terre, un ouvrage de Hubert REEVES paru aux éditions Bayard en Septembre 2012.

Vous désirez ? un ouvrage de Jean-Luc NANCY paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Le tout dans la collection des petites conférences !