Archives de Catégorie: Mes déconseils…

Une histoire d’hommes, ZEP

Attention, ZEP change radicalement de style… Doit-on appeler ça une maturité ou simplement un coup d’état ?

« Je veux que tu vives, Yvan ! Tu ne voies jamais personne. Tu t’en fous de ton boulot – comme du reste. Tu te fous de tout, Yvan. Tu ne t’engages jamais à rien. Casse-toi. Va à ton week-end en Angleterre avec tes copains. Ca me fera du bien d’être seule… De réfléchir. Casse-toi Yvan, s’il te plait. »

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Vous l’aurez compris, l’histoire commence comme ça. On ne sait pa grand chose de cet Yvan, si ce n’est qu’il a jadis joué dans un groupe de rock’n’roll, qu’il était guitariste et que ça fait dix huit ans qu’il n’a pas retouché sa gratte… Ou écrit un texte.

Sa vie lui paraît monotone, longue, sans saveur. Toujours tête baissée, mal rasé, petits yeux. Il prend du Xanax pour voyager entre deux aéroports… Autant dire qu’il a tout de l’angoissé dépressif qui se cherche et se complait dans son mal-être.

Pourtant il va suivre les conseils de sa douce ; il va partir pour l’Angleterre avec ses potes. Ceux-la même qui formaient le groupe dans lequel il était il y a presque vingt ans. Ensemble ils partent chez Sandro, le seul qui a percé dans le monde du show-biz et qui n’a pas peur de dire que Madonna fait de super turluttes. Son point noir c’est la perte de son fils dans un accident de moto, pour nous rappeler que tout ne peut pas être parfait.

Pendant ce séjour beaucoup de choses vont changer. Beaucoup de dossiers oubliés vont resurgir, mais aussi beaucoup de délires entre potes. Quelques rires, une explication sur l’anéantissement du groupe qui était obligé de contenir un junkie. Toute la clique y est. Il ne manque que quelques cheveux à certains pour reformer un groupe de rock tout à fait stéréotypé par n’importe quel enfant.

Les destins se croisent, les langues se délient. Plus personne n’a de secrets pour personne. Et le fil directeur de cette B.D. est la dépression, et ce jeune garçon mort en moto.

Les ingrédients y sont. L’histoire pourrait être belle. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas décoller l’image de Titeuf à ZEP. Ce genre de B.D. ne manque pas, et d’autre ont réussi a me faire ressentir beaucoup de choses. Je pense notamment à « Un week end avec préméditation » qui nous plonge dans le même univers un peu morose par ses couleurs. Pourtant, les auteurs ne se sont pas senti obligés d’inclure des personnages longilignes qui ne sont pas sans rappeler ceux d’un dessin animé tragique à la Burton.

C’est ce qu’il y a en trop chez ZEP. Le grand chauve qui fait des vannes pourries, le mec barbu avec les cheveux qui lui barrent les yeux pour le dépressif, le beau gosse comme rock star et le p’tit binoclard qui est là sans vraiment savoir pourquoi, le tout saupoudré d’une gente féminine à la limite de l’hystérie freudienne.

Et puis, pour tout vous dire, j’ai entendu quelqu’un en parler au bistrot tout à l’heure, et il en disait « on voit arrivé à dix mille ce qui va se passer. Tout est calculé mais on se sent presque roulé qu’il n’y ait pas une chute plus implicite ou qui chamboulerait carrément tout. »

Je suis tout à fait d’accord.

B.D. disponible aux éditions Rue de Sevres depuis le 11 Septembre 2013.


Ecoute la pluie, Michèle LESBRE

Albert CAMUS disait dans Le Mythe de Sisyphe que la seule réelle question philosophique est celle du suicide. Michèle LESBRE décide cette année de nous en parler.

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Dans Ecoute la pluie, la narratrice s’adresse directement à son ami qu’elle devait rejoindre à Nantes en train. Seulement voilà, comme d’habitude, elle sera en retard. Et pour cause.

Alors qu’elle partait à la gare, elle a vécu une étrange sensation dans le métro. Alors que les murs vibraient, que les gens commençaient à s’exciter, à se regrouper sur le quai, à se replonger dans leur voyage, un homme se tourne vers elle. Un léger sourire lui parcourt le visage et il saute. Il passe sous les roues.

Le conducteur du métro descend alors qu’on entend encore le bruit des freins et court haleter contre le mur.

Après cette première partie qui constitue le premier chapitre du livre, plutôt prometteur, la narratrice décide d’aller se promener dans les rues de Paris. Une lente course vers le passé la rattrape, les souvenirs remontent à la surface et tous les signes sont bons pour se rappeler cet homme au sourire envoûtant qui ne la quitte plus.

Une errance poétique et lente à la deuxième personne du singulier nous immisce dans la vie de ces deux personnages que tout relie mais qui sont pourtant si loin l’un de l’autre. L’avis masculin ne surgit jamais, seule la pensée froide et sans grande émotion de la narratrice nous guide dans le dédale de ce qu’Albert CAMUS appelait la grande interrogation philosophique.

La philosophie, c’est peut-être justement ce qui manque à ce roman pour le rendre un tantinet intéressant et agréable à la lecture.

L’écriture à la seconde personne est ici un peu casse gueule, le lecteur se sent exclu de l’ouvrage qui relie la vie de ces deux personnes qui n’arrivent pas à nous intéresser outre mesure. Le fond est plutôt prometteur, comme je le disais au début, et la déception est d’autant plus grande. Beaucoup de livres ont été écrit sur le thème du suicide, et je n’en ai encore jamais lu de si bon que celui d’Edouard LEVE. Peut-être parce qu’il était un peu moins pudique qu’ici.

A ne pas vouloir heurté les âmes pour plaire au plus grand monde ne finit-on pas par se retrouver seul avec son écriture ?

Dommage pour cette fois, je ne suis pas emballé.

Ouvrage disponible aux néanmoins très bonnes éditions Sabine WESPIESER depuis Février 2013.


Lunerr, Frdéric FARAGORN

Bon, comme vous l’avez sans doute déjà constaté, la SF n’est pas mon fort. Et pourtant, j’ai lu cet ouvrage…

 

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Lunerr c’est un jeune petit bonhomme qui vit sur une île (Kérael, la cité des anges) entourée du désert avec sa famille, ses amis, et toutce qui l’entoure.

Seulement voilà, cette île représente le monde. Los Angeles a bien changé. La sécheresse fait des dégâts, il est difficile de boireà sa guise, et il est certains mots interdit de prononcer (Voldemort ne fait pas parti de cette liste. Nous n’en connaissons d’ailleurs qu’un).

Au milieu de ce désert, ce sont les drouiz (les religieux) qui ménent la barque. Et autant dire qu’ils ne sont pas commodes !!! Ils lancent des incantations à l’attention des aëls afin que ceux=ci protégent la cité.

Mais voilà, comme toute bonne histoire, il nous faut un point de départ. Et il ne tarde pas à arriver ! Notre cher Lunerr, né un soir de pleine lune (d’où son nom), va prononcer le mot Ailleurs en pleine face de son prof. Quelles ne seront pas les réprimandes… Le voilà banni de l’école, il est montré du doigt, chatié, et sa mére perd son emploi ainsi que ses amies. Mais comment revenir en arrière et tout effacer ? C’est absolument me direz vous ! Et vous aurez raison. L’auteur a choisi un angle un peu plus particulier !

Alors qu’ils sont montr du doigt, Lunerr et sa mère vont faire une rencontre qui va changer leur destin. Le plus vieux habitant, qui est à Kerael depuis maintenant environ 300 ans, et qui est ausi le plus riche, va faire appel à la petite famille pour remplir des tâches ménagéres chez lui. Mais voilà, il a une idée derrière la tête…

C’est ici un roman qui se lit assez simplement malgré quelques faiblesses sur certains passages au niveau du style et du vocabulaire. L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard, comme on dit, et ne vaut pas forcèment le détour.

Malgré un début un peu mou et peu prometteur, le romancier sait nous tenir un peu plus en haleine à partir du milieu du livre. Et ça fait du bien, on se sent un peu moins berné  !

Les personnages ne sont pas forcèment attachants, malgré la possibilité d’un attachement tellement leurs vies peuvent ressembler à la notres où en tous cas à l’imagination des enfants.

C’est là que se trouve la clé du problème : cet ouvrage marcherait au top pour des jeunes enfants, mais il est destiné aux pré-ados / ados, et face à la multitude de bonnes lectures, il leur sera difficile d’aller vers ce genre d’ouvrage, malgré des thèmes variés qui pourraient les toucher comme l’indépendance, la révolution ou simplement la rebellion.

Alors que faire ? Que dire ? Ne subissez pas la morale dictatorielle de la religion ! Aha, c’est bien faible comme fin de chronique. Mais il faudra vous en contenter.

Lunerr est né aux éditions de l’Ecole des Loisirs en Septembre 2012.


Barbe bleue, Amélie NOTHOMB

C’est un roman très étrange que celui d’Amélie NOTHOMB cette année.
Voilà plusieurs années que ne l’avais pas lu, je le conçois, et je me souviens aussi pourquoi.

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C’est l’histoire d’un aristocrate Espagnol, don Elemirio, qui vit seul depuis 20 ans et ne sort plus de chez lui. Pour satisfaire son besoin de contact féminin, il organise des « rencontres » afin de choisir celle qui sera sa colocataire.
Huit sont passées par là, nous suivons l’histoire de la neuvième.
Il y a cependant un mystère qui court autour de cet homme, et c’est pour cela qu’il est très convoité; les huit femmes précédentes sont portées disparues. Où ont-elles bien pu passer? Que leur est-il arrivé, si tant est qu’il leur soit arrivé quelque chose ?
Saturnine, la nouvelle colocataire, va apprendre à se méfier de l’homme qui a une pièce noire dans son hôtel particulier. Cette pièce noire est ouverte, mais si elle y accède, elle sera réprimandé. Que sous-entend-il par là ?
LA femme va alors usé de différents stratèges pour découvrir certains secret et ne surtout pas tombée amoureuse du gentleman Espagnol qui est fou d’elle dés le premier regard.

C’est une écriture redondante que nous propose ici Amélie NOTHOMB. Quel dommage ! Le roman commence plutôt bien. Saturnine fait la queue et attend de rencontrer l’espagnol pour savoir si elle aura ou non cet appartement de 40m carrés qui s’élève à une somme modique en plein Paris. On découvre alors l’existence de Corinne, son amie, avec qui elle partageait un petit studio jusque là.
Corinne apparait à plusieurs reprise et redonne un souffle au roman qui est lent et répétitif.
L’amour, l’art, la religion… Tant de thème lus et relus, sous mille facettes, qui sont traités ici de manières stéréotypés et sans réelle profondeur.

L’auteur essaiera pourtant de noyer le poisson derrière quelques phrases bien construites, par ci par là, qui redonne un peu d’espoir.

Le sujet pourrait valoir le coup, il aurait peut-être fallu retarder un peu la sortie du livre dans les librairies pour que ce soit meilleurs.
Quoi qu’il en soit, c’est un livre lu rapidement, simple, avec tout de même une enquête parfois intéressante par de petites reflexions, mais bien loin d’un roman noir ou policier.

 

Disponible chez Albin Michel en version papier ou audio (Audiolib).


Les lisières, Olivier ADAM

Olivier ADAM ou le buzz de la rentrée littéraire de cette année…
Que penser de ce livre que je n’arrive pas à finir, ni même à réouvrir une fois fermé ?
On va dire que j’ai un esprit de contradiction, que je ne suis jamais l’idée du panel, mais peu importe.

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L’écriture est bonne (un bon point), les clichés récurrents (un bon point mort). L’idée n’est pas très innovante et à la moitié du livre je me crois dans le livre de Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit; mais mal écrit.
Delphine de VIGAN nous contait, dans son autofiction, la vie de sa mère malade. Olivier ADAM semble nous conter la vie de son père qui vote à droite, de son frère qui vote à droite et de tout le monde qui le pense « bobo » et chômeur alors qu’il travail dur à l’écriture.

L’autofiction est un genre à part entière, on a l’impression que l’auteur a ici voulu jouer avec ce style… et qu’à force de jouer il s’est cassé la gueule. Est-ce de lui dont il parle ? Ou est-ce réellement de ce Paul, son personnage ? Le suspens est à son comble mais au final… On s’en fout légérement. Que les choses soient claires ou non, peu importe, tant que le style est là, que l’ouvrage nous emporte.

On nous a beaucoup parlé d’autofiction l’année derniére (Fête du livre de Bron, rappelez-vous, c’était le théme !!!), et il semblerait qu’Olivier ADAM a, en fait, un an de retard. Loin de la poèsie de Delphine de VIGAN, mais aussi de la cruauté voyeuriste de Régis JAUFFRET, l’auteur n’a pas su m’emporter dans son monde imparfait et qui se veut lent.

Entre politique, persécution et sentiments qui lui sont personnels, Olivier ADAM ne nous offre donc rien de bien nouveau. Le tout est agrémenté d’une écriture lente, propre à l’auteur, qui nous laisse dans un état béat, déprimé et surtout composé de fatigue.
Où est passé le temps de la nana qui cherchait son jumeau partout en France ? Je vous le demande !!!

Peut-être ne suis-je pas tant fan que ça d’Olivier ADAM ?
Je lui souhaite tout de même les rumeurs qu’on entend à propos du nouveau Goncourt, vu le succès qu’il a l’air d’avoir par ici !

 

 

Disponible chez Flammarion en version papier.


Reculer pour mieux sauter, Patrice LECONTE

La rentrée littéraire 2012 est aussi sous le signe cinématographique.
C’est cette année une adaptation du roman de Jean TEULE « Le magasin des suicides » qui attend sa sortie, réalisé par… Patrice LECONTE, co-auteur du présent livre.
Est-ce cette adaptation qui lui a donné envie d’écrire sur le suicide, ou la découverte du fabuleux « Vous descendez ? » de Nick HORNBY ?
Toujours est-il que ce roman qui sort dans deux jours… N’est pas à la hauteur de mes attentes. Je m’en doutais un peu, mais après avoir mis mes préjugés de côté, j’ai décidé de me lancer.

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C’est ici l’histoire incongrue de deux hommes qui se retrouvent dans une même chambre d’hôpital après un suicide raté, l’un en sautant du 4e étage et l’autre en avalant des cachets avec de la vodka.
Norbert, un peu moins amoché est frais après un lavage d’estomac et sort donc de l’hôpital. La trame épistolaire débute alors. Les deux compères vont donc s’écrire de (trop) nombreuses lettres avec le but ultime d’écrire un livre qui relatera des différentes manières farfelues de se suicider.
Les idées sont présentes, mais l’originalité manque. Et Norbert, assidu dans son nouveau travail, ne manquera pas d’en faire part à Paul, son nouvel ami.
Paul fera alors tout pour reconquérir l’amitié et la confiance de Norbert.

Ce roman, bien trop long et redondant à mon goût me laisse complétement béat. Je l’ai trouvé certes mauvais mais l’ai tout de même lu d’une traite, à la recherche de LA perle. Une idée de suicide au Canada a tout de même réussi à me faire sourire, à la fin du roman.
J’ai vu à travers ce livre des références à Jean TEULE, Nick HORNBY mais aussi à Edouard LEVE, qui avait écrit le livre « Suicide » et s’était suicidé en suivant son écriture quelques jours avant la publication du roman. J’ai cependant trouvé que Patrice LECONTE, qui a tout de même su me faire rire avec ses nombreux films (et oui…) n’avait pas la plume bien humoristique pour un roman. A chacun son métier ?
Pour ce qui est de David D’EQUAINVILLE, éditeur et journaliste, il n’a pas su me transcender non plus. On imagine quel auteur écrit quel personnage, avec cependant bien souvent des doutes.
Je finirai en disant que je trouve vraiment dommage le gros manque de contraste entre chaque personnage. Quatre mains, deux plumes, et une écriture. J’espère seulement que Patrice LECONTE ne me décevra pas avec son adaptation du Magasin des Suicides que j’attends impatiemment suite au grand enthousiasme que j’ai pu avoir à la lecture et relecture de ce roman.

 

Disponible chez Flammarion en version papier.


Du côté des abattoirs, Jan THIRION

Un livre ma foi bien décevant !

Quel dommage que la promesse d’écriture, de style et et d’idée principale de l’auteur ne se poursuive pas tout le long de ce court livre…

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C’est l’histoire d’un flic qui a la guigne. Il est à la poursuite infernale d’un « serial killer » qui congèle ses victimes et les exposes dans un ancien abattoir devenu lieu d’art contemporain.
Ce flic a des idées saugrenues et des arrières pensées mal placées lorsqu’il va voir sa belle fille, mineure, dans sa chambre à l’étage pendant que sa femme est a une représentation de danse contemporaine. Il se convainc n’y aller que pour discuter et savoir comment elle va, tout en pensant des choses obscènes qu’il cherche a refouler. Seulement voilà, sa belle fille va apercevoir une horrible araignée, genre mygale, et elle va avoir peur, tomber, puis mourir. C’est alors l’engrenage, tous ceux qui l’entourent vont mourir; même ses voisins qui, les pauvres, n’ont rien à faire dans l’histoire, si ce n’est qu’ils écrivent des polars. Le flic va alors faire appel a ses relations les plus tordues pour faire disparaitre les corps, les preuves…

La narration est alors un peu tirée par les cheveux. Jan THIRION va essayer de nous faire rire et frissonner, mais sans réel succès pour ma part. L’écriture devient longue et on fini par avaler les chapitres pour passer à autre chose.

Là où j’ai été le plus déçu, je pense, c’est que je m’attendais à une réelle réflexion sur l’art et les corps inertes. Un polars à la fois sociologique et philosophique, comme on n’en fait plus. Or, c’est plutôt un polars de vacances (et ce terme n’est pas péjoratif).

Je tiens tout de même à signaler la classification de ce livre. Il est dans « mes des conseils », et je suis pourtant persuadé qu’il peut plaire à beaucoup de monde et qu’il a ses chances en librairie comme dans vos bibliothèques.

 

Disponible chez L’Ecailler en version papier.