Archives de Catégorie: Livre – CD

Le vieil homme et la perle, Florence NOIVILLE et Philippe DUMAS

« Il n’était pas riche, Lucien, pas riche du tout. Sa maison était comme un mouchoir de poche. Et il aimait en sortir pour aller à Mouff’ acheter trois oranges et deux poireaux, ou voir s’il n’y avait pas un chou-fleur ou une salade encore bonne à récupérer dans un cageot.

Mais sa destination favorite, c’était la place, SA place. »

perle

Si vous êtes comme moi et que vous raffolez des contes de Noël, vous allez être servi. Le grand jour arrive doucement, et oui, on commence déjà à y penser en librairie ! et les éditeurs nous offrent de petites perles…

Ici nous retrouvons ce bon vieux Lucien. Nom qui déjà pèse son poids de nostalgie et de tendresse, qu’on retrouve dans plusieurs chansons comme un homme pauvre, ou un pauvre homme, et qui met la larme à l’œil à ceux qui essaient de le comprendre.

Ici, l’histoire est basée sur une histoire réelle rapportée dans Le Parisien par Caroline GIRARDON en 2009.

Lucien est seul. Affreusement seul. Depuis qu’il a perdu sa voix, la scène l’a quitté. Sa femme l’a quitté. Ses enfants sont maintenant loin. Et il erre, de banc en banc dans les rues de Paris. Il se ballade entre le Panthéon et l’Eglise Ste Geneviève dans le quartier Latin. Il connait la rue Mouffetard comme personne et il n’a pour seul compagnie que cet être qui parait invisible aux yeux de tous. Il l’appelle La Voix. Cet homme lui ressemble étrangement mais dans une version plus grave, plus abîmée par la vie, plus ridée par le temps.

Cet homme bouleverse sa vie depuis quelques temps en empêchant ce brave Lucien d’aller voir Madeleine; une femme pour qui il craque littéralement depuis qu’il l’a croisé. Une femme dont la voix n’est pas soprano mais douce, une femme dont les robes sont toujours impeccablement portées, une femme qui fait vibrer sa poitrine, du côté gauche, contre son cœur.

La neige tombe, les étoiles scintillent. Nous sommes le 24 Décembre, et comme tout le monde le sait, le 24 Décembre… Tout est possible.

Un conte magnifiquement lu par Frédéric Van Den Driessche, tendrement illustré par Philippe Dumas, justement mit en musique par Louis Dounoyer de Segonzac et délicatement mis en page par Florence Noiville.

Les éditions Gallimard vous propose un conte tout en douceur, où la neige n’est pas si fraîche et où la richesse vient du cœur. Un conte de Noël qui ne laissera pas de marbre les plus sensibles, qui ne manquera pas de vous rappeler le pauvre employé du Chant de Noël de Dickens.

N’oubliez pas, à Noël la tradition veut qu’on mette une assiette de plus à table. On ne sait jamais qui pourrait frapper à la porte… Et je doute qu’il soit aux couleurs de la marque de soda.

Découvrez sans plus attendre le tendre conte de Florence Noiville qui se passe au cœur de Paris qui prend ici une dimension tout à fait différente de celle de notre imaginaire.

Ouvrage disponible aux éditions Gallimard jeunesse (musique) depuis Octobre 2013.

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La chèvre de M. Seguin, récité par Jacques BONNAFFE

« Il y a quelques années, jeune compositeur et tout nouvel enseignant auprès des enfants, j’ai redécouvert l’un des plus beaux contes d’Alphonse Daudet : La chèvre de M. Seguin. »

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Aujourd’hui, ce fut à mon tour de le redécouvrir avec Jacques BONNAFFE. Fidèle au texte qui l’a tant touché, il nous propose une lecture donnant vie aux personnages. Sa voix chaude et envoûtante transporte celui qui l’écoute dans le conte d’Alphonse DAUDET. Une large place est laissée à la musique, qui est la plus grande des voix et meilleure illustratrice du conte. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser entraîner dans les flots de violons, de flûtes ou de basses. Un tourbillon qui envoûte littéralement jusqu’au frisson sur la peau.

Tout est réfléchis, le ton y est. Chaque personnage se voit attribué une famille d’instrument suivant son caractère. C’est ainsi qu’on en vient à donner à Blanquette, la chèvre, les bois pour sa bravoure. Le bon M. Seguin qui fait de son mieux pour satisfaire Blanquette se voit attribué les cordes qui oscillent entre mélancolie et tendresse et le loup aux crocs aiguisés a droit aux cuivres, féroces et froids.

Plus loin que de simples symboles, les instruments ont aussi et surtout pour but de rendre ces personnages attachants, de les reconnaître dans un souffle, de les différencier. Le tout est fait d’un pèle-mêle musical allant de la symphonie à la musique de chambre avec quelques influences jazz.

Le conte d’Alphonse DAUDET évolue en des parties si distinctes que Jacques BONNAFFE nous confie l’avoir tranché en quatre parties pour ses musiciens et auditeurs. Quatre parties distinctes qui permettent de découper et étudier le texte à travers une écoute ludique et agréable, et des illustrations d’Eric BATTUT tout aussi significatives. Le code couleur ayant son importance tant dans la musicalité écrite qu’orale ou instrumentale, l’illustrateur a su s’emparer de la compréhension collective pour créer, suivant la musique et le texte, des nuances de rouges, oranges pour des moments haletants, ou bleus et verts pour des moments plus calme.

Un petit rappel de l’histoire d’Alphonse DAUDET :

M. Seguin voit ses six chèvres s’enfuir de leur enclos les unes après les autres. Elles semblent s’ennuyer terriblement. Il décide cependant d’en acheter une septième, plus jeune, pour l’habituer à la vie à la maison. Mais lorsqu’elle grandira, celle-ci aussi rêvera de dévaler les montagnes en courant, de brouter l’herbe sauvage et de sentir la liberté l’envahir. Seulement elle sait que le loup n’est jamais bien loin…

Quittera-t-elle son nid douillet pour la liberté ? Elle qui n’en peut plus d’être attaché à un poteau toute la journée et rêve d’évasion, sera-t-elle capable d’affronter le loup ? Se verra-t-elle subir le même sort que ses cousines éloignées ?

« – Comme on doit être bien là-haut !

Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !… 

C’est bon pour l’âne ou le bœuf de brouter dans un clos !… »

Si vous ne lisez pas le texte, au moins écoutez et faites écouter ce bel hommage de la part du conteur compositeur Jacques BONNAFFE.

Livre-CD disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Mars 2008.


Le Lac des Cygnes, Elodie FONDACCI et Régis LEJONC

« Là où autrefois il y avait eu un florissant royaume,

il n’y eu plus désormais qu’un grand lac immobile et silencieux

entouré de roseaux, que l’on appela le lac des Cygnes. »

 

CYGNES

 

On connait maintenant presque tous l’histoire du lac des Cygnes. Pour ce conte célèbre et célébré au cinéma, mais aussi sur scène, les adaptations ne manquent pas !

Et c’est ici une adaptation de Elodie FONDACCI, illustrée par Régis LEJONC sur fond musical de Tchaïkovski que je vous propose.

 

Rappelons l’histoire du lac des Cygnes : Une jeune princesse refuse de se marier avec un homme qui la fait pâlir de terreur. Celui-ci s’avère être un sorcier et va la condamner à devenir un cygne la journée pour redevenir humaine à la nuit tombée. La tristesse de ses parents et leurs larmes vont faire monter l’eau du lac jusqu’à engloutir tout leur royaume.

Quelques années après, une reine cherche une femme pour son jeune fils, prince qui manque un peu de plomb dans la cervelle. Il va évidement tombé sur ce lac qui cache bien des mystères, et s’il découvre la princesse, il apprendra bien vite que le sorcier et sa jalousie ne sont jamais bien loin et il ne manque pas de stratagèmes…

 

Ici, l’adaptation est bonne. Elle est simple, concise, et raconte le texte de façon claire et complète. La musique qui l’accompagne est évidement magnifique. Ces airs classiques qui changent selon les personnages, les scènes, et bien sûr les émotions sont les bienvenus pour donner un peu de ton à la voix qui, pour sa part, manque un peu de dynamisme et de naturel.

J’ai pour ma part mis un certain temps avant d’entrer dans le texte à cause de la voix qui parfois semble nous chuchoter quelque chose à l’oreille, parfois s’emballe sans vraiment de raisons, et parfois a des intonations caucasses. Et il est, vous l’imaginez, difficile de faire abstraction malgré la lecture du texte en parallèle.

Les illustrations sont classiques mais à saluer parce que Régis LEJONC a, selon moi, réussit a attraper la scène à chaque fois la plus parlante et la mettre en image. Même s’il manque la princesse Russe sur l’illustration de l’arrivée des princesses. au château du prince.

Colorées sans être dans l’excès et sombre quand il le faut, l’illustrateur a su se retrouver dans cette adaptation. Son coup de crayon pour dessiner l’expression des visages est à faire froid dans le dos, notamment sur la page de transformation des cygnes.

 

Pour résumer ? Je dirais simplement que l’idée est bonne, le texte est chouette, mais il manque vraiment d’attractivité et d’échanges lorsqu’il est lu.

De plus, j’aurais aimé qu’il y ait un côté un peu plus documenté à la fin ou au début du livre, avec pourquoi pas quelques partitions, ou photographies de représentations passées. Le livre paraît ici fermé sur lui-même et seul à vivre son expérience, ce qui le rend un peu froid et peu ludique.

 

Ouvrage disponible aux éditions Gautier Languereau depuis Octobre 2012.


Le carnaval des animaux, Camille SAINT-SAËNS

« Aujourd’hui, grand reportage en direct pour un fabuleux événement, une parade…

Que dis-je ? Un récital animalier ! 

Poils, plumes, becs et sabots s’assemblent pour le grand carnaval,

le Carnaval des animaux ! »

9782278061938FS

Vous l’avez compris, ce livre-cd est sous le signe de l’optimisme, de la couleur, de la gaieté et des animaux ! masques et frous-frous seront-ils de la partie ?

Avec un texte écrit et conté à merveille par Pépito MATEO, qui sait trouver le ton juste, l’insinuation dans la voix qui accroche les petits mais aussi les grands, et la musique de Camille SAINT-SAËNS qui se veut classique, avec pour chaque animal un instrument différent qui le représente, on entre dans un univers totalement fou et décalé ou le mot d’ordre est le plaisir des oreilles !

Ajoutez à cela les illustrations pastelles presque cubistes de Vanessa HIE, mélangez le tout, et vous obtenez un album à la portée de tous.

Aujourd’hui c’est carnaval. Les animaux se font beaux, ils galopent sur des musiques rapides ou marchent lentement sur de sons plus épurés. Certains sont aussi très lourds et jouent très bien de la basse.

Mais les hommes dans tout ça, ont-ils leur place ?

Une moralité simple, efficace et qui n’enlève rien à l’ouvrage.

Tout y est, tout le monde y trouve son compte. L’enfant peut profiter des illustrations, du texte lu et des musiques qui ne manquent pas d’éveiller l’écoute active. Les parents pourront profiter des textes dans le silence s’ils en ont marre d’écouter le C.D. en boucle ! Merveilleux, n’est-ce pas ?

Alors, prêts à fêté le carnaval avec tous les animaux dans un monde fabuleux et poétique où la rime et les assonances font la loi ?

« Et maintenant ça y est ! 

Le chorus est réuni.

Le carnaval

démarre en fanfare !

Ah ! Mais que se passe-t-il ? Un mouvement de foule…

Ah, je vous l’avais bien dit, qu’il se tramait quelque chose ! »

Ouvrage disponible au éditions Didier jeunesse depuis Octobre 2011.


La Callas, une invitation à l’opéra, Françoise De GUIBERT et Nathalie NOVI

« <<Quand je prépare un opéra, j’ai besoin d’abord d’apprendre la musique. Et alors, je ne sais pas comment l’expliquer, c’est un monde qui se forme en moi, dans mon âme>>,

dit la chanteuse. »

9782278057009FS

Découvrez la magnifique voix de Maria Callas à travers cinq tragédies italiennes qui sont des piliers de l’opéra.

Redécouvrez Verdi, Bellini et Puccini avec La Traviata, Norma, Tosca, Madame Butterfly et La Bohème !

Tant de pièces qui traduisent à leur façon des conditions sociales, et des problèmes liés aux différentes époques. L’éditeur et l’auteur ont ici choisi de ne s’en tenir qu’à des tragédies des années 1950.

Dans toutes ces pièces opéra découvrez des maladies, des amours impossibles ou déchus, des morts à la Roméo et Juliette et imaginez à travers la voix et la puissance instrumentale les costumes et positions. Faites votre petit théâtre avec comme pilier la musique et la soprano Maria CALLAS qui tient une grosse partie du C.D. accompagnée de voix bien différentes les unes des autres.

« Elle vit et respire la musique, chaque note, chaque silence. »

Accompagnée des illustrations pastels de NAthalie NOVI, Françoise de GUIBERT propose un texte pour nous conter l’histoire des opéras que nous écoutons. Un texte romancé avec lesquels il n’est pas difficile de mettre en image quelques paroles soufflées par la puissante voix de Maria CALLAS.

L’illustratrice, quant à elle, sait figer un moment, une émotion. Elle tape toujours dans le mille, et la position d’un personnage peut vous faire réfléchir des heures sur un ressenti particulier.

Bref, voici un livre-cd qui n’a rien à envier aux autres. Voici un livre-cd pour découvrir ou redécouvrir l’opéra, les tragédies italiennes et bien entendu l’histoire de cet art tout particulier qui semble bien loin et inaccessible.

Retrouvez en fin d’ouvrage les paroles des opéras interprétés, mais aussi une petite histoire de la tragédie italienne, une histoire de l’opéra et sa création, et la vie de Maria CALLAS.

Au delà du fait de pouvoir briller en société, vous ne manquerez pas de passer un bon moment et, si comme moi vous êtes novice, de vous découvrir des émotions encore inconnues. Bien plus qu’une simple écoute et lecture, cet ouvrage propose un voyage; il est une expérience.

« Maria CALLAS finit ses jours dans la solitude. Sa voix aussi l’a quittée et la diva s’éteint en 1977, laissant désormais place au mythe. 

Ses cendres furent dispersées au large de la Grèce, en mer Égée. On dit qu’au moment même où elles touchèrent l’eau, la mer a chanté. »

Ouvrage disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Octobre 2007.