Archives de Catégorie: Jeunesse albums

Zoom sur les éditions Le Genévrier !

La maison d’édition Le Genévrier est destinée à la jeunesse et à la curiosité. Nous allons voir qu’ils publient des contes classiques mais pas seulement…
Leur réputation est surtout dû à leur collection Caldecott ! Qu’est-ce que la collection Caldecott ? Nul ne vous l’expliquerait mieux qu’eux, alors voilà :

« Décernée chaque année depuis 1938 par l’Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse, la Caldecott Medal « honore l’artiste qui a créé l’album pour enfant le plus remarquable » publié au cours des douze mois précédents […] L’objet de la présente collection, fruit d’une rigoureuse sélection limitant l’ensemble à quelque 50 albums, est de constituer une anthologie patrimoniale de la production de livres d’images venus d’Outre-Atlantique. Le tout, hommage graphique oblige, dans le respect le plus rigoureux de la pagination, du format, de la reliure et de la jaquette de l’édition originale. »

genevrier

Et nous commençons la présentation avec une nouveauté toute fraîche venue tout droit du Japon !
Le texte a été adapté par Margaret HODGES et illustré par Blair LENT. Adaptation de l’américain par Catherine BONHOMME.

La grande vague (cet album fait parti de la collection Caldecott)

Ojiisan vit avec son petit fils, Tada, au sommet d’une île qui compte environ quatre cents âmes. Le grand-père a vocation de sage et vit de sa rentre de riz, tout comme l’ensemble du village. Il est respecté, tant par ses pairs que par son descendant, et ce conte court va nous prouver toute sa bravoure et sa connaissance du monde.

Alors que la journée est étrangement calme, l’homme sent venir un tremblement de terre. Petite secousse, pas de quoi s’affoler, au Japon, nous y sommes habitués. Cependant cette fois, la mer qui borde l’île se retire de quelques mètres, laissant béat tous les habitants qui se ruent sur la plage mouillée et salie. Ojiisan se souvient alors d’une histoire que son propre grand-père lui avait raconté. Il n’avait encore jamais vécu aussi grosse catastrophe que le tsunami qui se prépare, mais sa rapidité d’esprit va lui permettre de sauver son village, ou du moins ceux qui y vivent.

Malgré la tension palpable dans ce conte, l’auteur a réussi à le tendre vers une ambiance de sécurité et de calme. Le sage semble veiller sur tout ce qui l’entoure, coûte que coûte, et à ses côtés nous nous sentons comme un enfant dans les bras de sa mère.
Une exquise douceur qui n’est pas liée à celle de l’océan nous envahi pour donner une leçon d’humilité et de vie. Alors que tout le monde le croit fou à lier, le vieux Ojiisan est seul à savoir qu’il fait une bonne action, mais pas pour longtemps, car le lecteur est rapidement mit dans la confidence.
Il y a dans ces quelques lignes l’histoire de l’humanité et surtout la philosophie qu’on doit au bouddhistes.
Les illustrations qui accompagnent ce texte, par leurs contrastes et leurs mouvements, semblent peser sur nos épaules. L’eau y est représentée avec des couleurs froides contraires à celles de la terre, plus ocre. L’illustrateur s’est d’ailleurs vu décerné un prix pour son travail remarquable.

la grande vague

Allez, nous continuons notre petite présentation par un grand classique que vous connaissez tous : Blanche Neige !

Le texte est celui des frères Grimm (oublions Disney cinq minutes !), et les illustrations, nous les devons à Sara qui a une technique toute particulière…

Blancheneige (en un seul mot)

Vous le savez, Blancheneige est la plus belle du royaume, et sa tante, jalouse, décide de la faire tuer. Pour cela elle demande au chasseur d’aller la meurtrir dans la forêt et de ramener, en preuve de sa mort, son coeur. Le chasseur n’arrivant pas à passer à l’acte décide de lui laisser la vie sauve et va tuer un porc pour lui prendre son coeur et le donner à la reine. Mais c’est sans compter le miroir, mon beau miroir, qui continue de lui dire que la plus belle reste Blancheneige.
C’est alors que la reine décide d’utiliser tous les stratagèmes les plus farfelus pour tuer la beauté incarnée. Elle va alors incarner une sorcière et lui lacer ses chaussure tellement fort que la pauvre Blancheneige va étouffer et mourir jusqu’à l’arrivée de ses fidèles nains chez qui elle a élue domicile, mais la sorcière a plus d’un tour dans son sac ! Et avant d’arriver à la célèbre pomme, elle va lui confectionner un peigne empoisonné.
Mais comme vous le savez, il n’y a pas de secrets, Blancheneige finira par succomber à la friandise et en mourra. Seulement dans le conte des frères Grimm, même si c’est un prince qui la réveille, il n’y va pas d’un simple baiser. La chute est bien plus réfléchie et malicieuse, et si vous souhaitez la découvrir, jetez-vous sur ce conte.

Et je vous conseille en particulier ce conte aux éditions du Genévrier. Pourquoi ? Pour les magnifiques illustrations en papiers découpés de Sara. Blancheneige n’a jamais été si blanche, la reine n’a jamais été si belle, et les nains n’ont jamais été si petits, puisqu’on ne fait que les imaginer par de simples rappels de la part de l’illustratrice. Des chaises par-ci, des lits par-là… Tout n’est que déduction et imagination. On entre de plein fouet dans un conte vieux de plusieurs siècles comme s’il avait été écrit hier, et on en redemande !

blancheneige

Allez, continuons maintenant avec une nouvelle nouveauté ! Amateurs de légumes qui rendent aimables, méfiez vous…Aaron REYNOLDS et Peter BROWN vont vous faire faire des cauchemars dans le remarquable…

Menace orange (fait parti de la collection Caldecott) L’ouvrage est adapté de l’américain par Gaël RENAN.

Rien de tel pour un lapin (ici Jasper) que de manger des carottes! Alors quand en plus elles sont gratuites et que c’est les meilleures de la contrée… C’est absolument royal !
Grosses et croquantes, les carottes du Champ des Sauterelles sont vraiment un régal.
Cependant voilà, les carottes n’aimaient pas beaucoup être dérangées et un jour, alors que Jasper rentrait chez lui repu, elles décidèrent de le suivre… Puis Jasper s’en rendit compte. Alors il fut impossible de dormir, elles hantaient ses rêves et il était sûr de les voir avant d’aller se coucher. Même la raison de sa mère et les vérifications de son père (sous le lit, dans le placard, dans le tiroir) n’y changèrent rien. Jasper était persécutait. Du moins le pensait-il.
Et à travers ce cauchemar, notre bon petit héros à oreilles longues, va permettre à vos enfants de limiter leurs terreurs nocturnes, voir d’en rire. Jasper va trouver une magnifique façon bien à lui de se débarrasser de ses cauchemars, et il n’hésite pas à nous la livrer. C’est alors qu’une chute inattendue et drolatique ravira vos zygomatiques.

Un texte prenant, une illustration moderne et originale bien qu’un peu sombres. On se croirait par moments dans un vieux Sin City où seule la couleur (orange ici) apparaît pour angoisser le lecteur et surtout le personnage. Mais ces petits détails qui passent volontiers de carotte à tronçonneuse où à canette de soda, ou bien même qui se transforment en rideaux sont là pour nous enchanter et nous envoyer tout droit dans le monde enfantin du rêve et de l’imagination.

Alors, êtes-vous prêt à embarquer pour un retour en enfance ? Vous ne regretterez pas le voyage !

menace orange

Continuons notre voyage au coeur des éditions du Genévrier avec un peu de poésie. Embarquons ensemble au fin fond des vers de Blaise CENDRARS illustrés par Marcia BROWN pour un voyage dans l’univers des ombres et des chamans.

La féticheuse (fait parti de la collection Caldecott)

Voici l’histoire de l’ombre. L’ombre qui hante les forêts et n’hésite pas à se placer dans le dos des conteurs, autour des feux de joies, pour leur rappeler qu’ils ne sont que matière. L’ombre, qui sera là tant que le feu brûlera, ondulera sur l’herbe et les sols piétinés. Celle-ci même qui nous constitue et nous accompagne tous, celle-ci même qui s’agrandit quand le soleil décline pour s’endormir lorsqu’il disparaît et nous laisser seuls, face à nous même.

C’est de cette ombre que nous parle Blaise CENDRARS avec ses quelques vers illustrés avec la force colorée de Marcia BROWN. Nous nous retrouvons dans une Afrique où le chamanisme a élu domicile, où l’incantation est quotidienne, et où l’ombre pose beaucoup de questions.

Que dire e plus, si ce n’est que ce texte est sûrement l’un des plus réussi de Blaise CENDRARS et que c’est un réel plaisir que de l’avoir en jeunesse sous ce format là ?

la feticheuse

Notre petite promenade au coeur des éditions Le Genévrier s’achéve ici. Vous pouvez cependant toujours vous rendre sur leur site fort intéressant, y retrouver le catalogue, les nouveautés, les collections, et quelques petits bonus, comme par exemple la démonstration d’une illustration en live… ! C’est par ici : http://genevrier.fr/index.asp


Zoom sur… L’illustrateur Martin JARRIE

« Peintre et illustrateur, Martin JARRIE vit et travaille à Paris depuis 1981. Après un passage par le dessin documentaire, voir hyperréaliste, il a changé de style pour une expression plus libre, plus picturale, influencée à la fois par le surréalisme, les primitifs italiens, l’art brut et l’art contemporain. Il travaille pour la presse, l’édition et la publicité en France et aux Etats-Unis. Dans la presse française on peut voir ses travaux dans Télérama, Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, La Vie, et dans la presse américaine, Le New Yorker, Bloomberg Magazine, entre autres… Les ouvrages qu’il a illustrés ont été couronnés par de nombreux prix. Deux de ses derniers livres ont reçu la Mention spéciale à la Foire internationale du livre jeunesse de Bologne : Hyacinthe et Rose en 2011 (éditions Thierry Magnier) et Rêveur de cartes en 2013 (éditions Gallimard jeunesse). » nous disent les éditions Bayard.

 

J’ai pour ma part décider de vous parler de Martin JARRIE suite à la découverte de son travail pour le livre CD Pierre et le loup et le jazz où la musique, fidèle à celle de Prokofiev, vient du groupe The Amazing Keystone Big Band.

L’eau à la bouche, je me suis intéressé de prés à son travail encore disponible et souhaite aujourd’hui vous parler, si vous avez un peu de temps, de cinq de ses ouvrages. Et nous commençons immédiatement avec le conte si connu que je n’en citerai aucune phrase…

Pierre et le loup et le jazz. 

Nous avons tous en tête cette magnifique musique classique qui siffle quand nous pensons à Pierre et le loup. Prokofiev a achevé un chef-d-oeuvre musical et littéraire en mettant le point final, en 1936, au célèbre conte Russe.

pierre loup
Aujourd’hui, The Amazing Keystone Big Band, chouette groupe de jazz à l’énergie débordante, choisit de reprendre cet intouchable à sa sauce. Et quelle sauce !
Nous retrouvons ainsi un Pierre qui n’est plus représenté par le quatuor à cordes mais par la section de cordes (piano, contrebasse, guitare), un oiseau qui qui garde sa flûte traversière mais est complété par les trompettes, un canard qui devient saxophone soprano au lieu de hautbois, un loup qui passe des cors aux trombones…
Bref, un Pierre et le loup avec les instruments du groupe. Les instruments du jazz. L’esprit du jazz, et la musique du compositeur Russe.

Tout cela a pour but de remplir un objectif : faire découvrir aux enfants et aux novices le jazz à travers un conte qu’on connait tous. La découverte des instruments, la puissance de la musique et des sonorités… Et nous pouvons dire que la mission est accomplie !

Ce CD est accompagné d’un livre qui reprend le conte de façon écrite et adaptée pour les enfants. Les illustrations sortent tout droit de l’imagination de Martin JARRIE et proposent une version colorée et crayonnée du conte où la forme géométrique fait penser au cubisme.

Un album aux éditions Chants du Monde à ne louper sous aucun prétexte pour les amoureux du graphisme et du jazz !

 

Mais il est temps de continuer notre présentation…

Fables de La Fontaine.

Et pour continuer, je vais m’intéresser à la toute dernière parution signée Martin JARRIE !
Est sortie il y a quelques jours sa version des Fables de La Fontaine ! Il n’a absolument pas touché au texte, mais comme tout bon illustrateur, il se doit d’illustrer ces courts récits que nous avons tous en tête.
Et nous pouvons le dire : enfin une illustration originale pour ces fables ! Nous sommes dans le contemporain, dans le code barre, dans l’ustensile, dans l’humour.
fablesC’est ainsi que nous pouvons croiser une mouche avec son mode d’emploi de conduite (Le coche et la mouche), un poisson dans une poêle à frire (Le petit poisson et le pêcheur), un lion qui fait de la peinture (Le lion abattu par l’homme), une grenouille gonflée à l’hélium (La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf) ou bien encore un geai avec une crête très colorée (Le geai paré des plumes du paon).

Un livre très réussi qui est fait dans un respect absolu et manifestement une humilité exemplaire. Nous retrouvons à la fin de l’ouvrage une biographie qui ressemble à un hymne de Jean de La Fontaine et celle qui ouvre cet article pour Martin JARRIE.
Une autre grande force de cette version, c’est qu’elle propose un glossaire complet, efficace, pratique et simple des mots compliqués du siècle fabuleux…

Il est l’heure de revoir vos classiques avec des étoiles dans les yeux !  Et nous remercions les éditions Bayard Jeunesse et Benoît MARCHON qui propose cette anthologie de textes.

 

Partons vers de nouvelles contrées et rendez-vous dans vos rêves les plus fous, les plus beaux, et qui semblent les plus lointains Rendez-vous dans…

 

Au bout du compte.

Entre rêve et féerie, entre science et fantaisie, nous retrouvons le monde de Régis LEJONC illustré par Martin JARRIE.
Nous retrouvons dans cet album un personnage touchant, troublant, qui nous propose une aventure un peu folle mais sincère. Bienvenue dans un monde où nous pouvons modeler les nuages, un monde où les corbeaux sont presque humains, un monde où un arbre n’est que le résultat d’une graine, un monde où deux mâles se disputent une femelle…au bout du compte

C’est le dur retour à la réalité auquel il faut échapper. Il finira par arriver, il finit toujours par arriver. Mais peut-être existes-t-il une solution pour y accéder encore, et encore, et encore ?

Avec un texte court mais à la poésie foudroyante, un accompagnement illustré tel que celui de Martin JARRIE est le bienvenu.
Nous sommes ici plus dans un mouvement surréaliste, voir ubuesque. Des personnages qui semblent perdus, des corbeaux qui coassent, des flocons à l’allure d’une fête triste…
Une sensation de solitude heureuse se manifeste, de nostalgie, de désir de liberté. Le texte et l’illustration s’accouplent à merveille, et pourtant à eux seuls ils représentent une poésie. C’est un coup de maître pour ces deux professionnels, et il a lieu aux éditions du Rouergue ! Courez, sautez, partez. La lune ne bougera pas, et il sera toujours aussi difficile de l’attraper. A moins que… ?

 

Retournons vers des contrées plus terre à terre avec…

 

L’alphabet fabuleux de Martin JARRIE.

Un livre qu’il a écrit seul. De A à Z. Un abécédaire simple et drôle aux allures de blagues.
Un mot, une définition. Nous retrouvons ici son côté documentariste qui l’a quitté depuis quelques temps. Mais aussi son côté pinçant-rire qui n’a de cesse de nous émoustiller.
alphabet fabuleuxNous retrouvons donc une double page par lettre. La page de gauche sert à
la définition d’un mot alors que celle de droite est consacrée à l’illustration de ce dernier.
Vous me suivez ?
Nous avons par exemple pour commencer la lettre A qui représente un arbre (à droite) et donne la définition suivante : « grand végétal ligneux dont la tige ne porte de branches qu’à partir d’une certaine hauteur au-dessus du sol. » à gauche.
Et nous retrouvons ainsi quelques informations pratique, comme le fait qu’une bicyclette n’ait qu’une roue motrice derrière, que l’écumoire sert à écumer, la fabrique à fabriquer, le jardin à jardiner, où même qu’une ligne est une figure dont un fil très fin donne l’image. Nous allons évidement jusqu’au Zeppelin qui est ce ballon volant à la carcasse métallique en passant par le Serpent qui est un reptile sans pied.

Et vous savez ce qui est vraiment génial ? C’est que ces définitions viennent de dictionnaires de renom tel que le Robert, le Larousse, et le Littré.

De plus, chaque illustration est différente et représente  parfaitement l’objet défini. Nous sommes ainsi souvent dans le second degré, comme avec l’Hélice ou les Yeux.

Un ouvrage merveilleux à ne pas louper ! Et il est aux éditions Gallimard jeunesse !

 

Allez, terminons en beauté avec le grand Hyacinthe et Rose dont la réputation n’est plus à faire.

 

Hyacinthe et Rose.

L’histoire est celle d’un adulte qui raconte comment il percevait sa famille, et particulièrement ses grands-parents lorsqu’il était enfant. Pour cet album, Martin JARRIE a illustré le texte splendide de François MOREL.

Hyacinthe et Rose se sont aimé un jour. Le petit garçon en est sûr. Sinon ils hyacinthe et rosen’auraient pas eu tant d’enfants, qui eux-même avaient eu des enfants. Seulement aujourd’hui tout semble les séparés. L’un est coco et ne veut pas entendre parler de religion tandis que l’autre est proche du curé qui ne cesse de la complimenter. Tout les éloigne, hormis les fleurs.
Et les fleurs, c’est ce dont se souvient le plus leur petit fils. C’est d’elles que tout a démarrer. Et la vie de ses grands-parents pourraient être contée à travers les fleurs, leurs senteurs, et leur tendresse.

C’est ainsi qu’on accède à un texte bouleversant où l’émotion a une place importante. Nous voyageons à travers le jardin visuel et secret de Hyacinthe et Rose. Nous entrons dans leur intimité, dans leurs fêlures, dans leurs pensées.
Et nous apprenons ainsi à reconnaître les bienfaits des fleurs, mais aussi leurs revers, les poisons à éviter. Nous découvrons les peurs et tracas d’un jeune garçon qui voit le visage de son grand-père disparaître derrière un bouquet de marguerite, les blessures causées par la maladresse d’une grand-mère qui ne connaît que trop bien les différentes variétés.
Nous nous promenons, au grès des mots, au grès des couleurs, des senteurs. Nous ressentons les souffrances et les joies, et nous admirons les fleurs grâce à la qualité de reproduction de l’illustrateur.
Des tulipes, des pavots, des Dahlias, des Crocus, des Oeillets… Toutes sont présentes, parsemées de ci de là de quelques fleurs imaginaires.

Un voyage en pleine nature vous est proposé par les auteurs et les éditions Thierry Magnier. J’espère que vous saurez y répondre favorablement.

 

 

Vous l’aurez compris, Martin JARRIE touche à différents mouvements littéraires, picturaux, et culturels. Tous les ouvrages qu’il a illustré, même l’abécédaire, sont accessible autant aux enfants qu’aux adultes ou aux ados.
Pourtant, quand vous croisez une illustration de Martin JARRIE, vous savez que c’est lui. Sa signature est sa patte, et rien que pour ce travail formidable, il a le mérite d’être connu.

 
Si vous n’en aviez encore jamais entendu parler, découvrez-le, ainsi que les auteurs, artistes, musiciens qui l’accompagnent et qui lui ont fait confiance. Ça vaut le détour.

 


Le vieil homme et la perle, Florence NOIVILLE et Philippe DUMAS

« Il n’était pas riche, Lucien, pas riche du tout. Sa maison était comme un mouchoir de poche. Et il aimait en sortir pour aller à Mouff’ acheter trois oranges et deux poireaux, ou voir s’il n’y avait pas un chou-fleur ou une salade encore bonne à récupérer dans un cageot.

Mais sa destination favorite, c’était la place, SA place. »

perle

Si vous êtes comme moi et que vous raffolez des contes de Noël, vous allez être servi. Le grand jour arrive doucement, et oui, on commence déjà à y penser en librairie ! et les éditeurs nous offrent de petites perles…

Ici nous retrouvons ce bon vieux Lucien. Nom qui déjà pèse son poids de nostalgie et de tendresse, qu’on retrouve dans plusieurs chansons comme un homme pauvre, ou un pauvre homme, et qui met la larme à l’œil à ceux qui essaient de le comprendre.

Ici, l’histoire est basée sur une histoire réelle rapportée dans Le Parisien par Caroline GIRARDON en 2009.

Lucien est seul. Affreusement seul. Depuis qu’il a perdu sa voix, la scène l’a quitté. Sa femme l’a quitté. Ses enfants sont maintenant loin. Et il erre, de banc en banc dans les rues de Paris. Il se ballade entre le Panthéon et l’Eglise Ste Geneviève dans le quartier Latin. Il connait la rue Mouffetard comme personne et il n’a pour seul compagnie que cet être qui parait invisible aux yeux de tous. Il l’appelle La Voix. Cet homme lui ressemble étrangement mais dans une version plus grave, plus abîmée par la vie, plus ridée par le temps.

Cet homme bouleverse sa vie depuis quelques temps en empêchant ce brave Lucien d’aller voir Madeleine; une femme pour qui il craque littéralement depuis qu’il l’a croisé. Une femme dont la voix n’est pas soprano mais douce, une femme dont les robes sont toujours impeccablement portées, une femme qui fait vibrer sa poitrine, du côté gauche, contre son cœur.

La neige tombe, les étoiles scintillent. Nous sommes le 24 Décembre, et comme tout le monde le sait, le 24 Décembre… Tout est possible.

Un conte magnifiquement lu par Frédéric Van Den Driessche, tendrement illustré par Philippe Dumas, justement mit en musique par Louis Dounoyer de Segonzac et délicatement mis en page par Florence Noiville.

Les éditions Gallimard vous propose un conte tout en douceur, où la neige n’est pas si fraîche et où la richesse vient du cœur. Un conte de Noël qui ne laissera pas de marbre les plus sensibles, qui ne manquera pas de vous rappeler le pauvre employé du Chant de Noël de Dickens.

N’oubliez pas, à Noël la tradition veut qu’on mette une assiette de plus à table. On ne sait jamais qui pourrait frapper à la porte… Et je doute qu’il soit aux couleurs de la marque de soda.

Découvrez sans plus attendre le tendre conte de Florence Noiville qui se passe au cœur de Paris qui prend ici une dimension tout à fait différente de celle de notre imaginaire.

Ouvrage disponible aux éditions Gallimard jeunesse (musique) depuis Octobre 2013.


La chèvre de M. Seguin, récité par Jacques BONNAFFE

« Il y a quelques années, jeune compositeur et tout nouvel enseignant auprès des enfants, j’ai redécouvert l’un des plus beaux contes d’Alphonse Daudet : La chèvre de M. Seguin. »

chevre

Aujourd’hui, ce fut à mon tour de le redécouvrir avec Jacques BONNAFFE. Fidèle au texte qui l’a tant touché, il nous propose une lecture donnant vie aux personnages. Sa voix chaude et envoûtante transporte celui qui l’écoute dans le conte d’Alphonse DAUDET. Une large place est laissée à la musique, qui est la plus grande des voix et meilleure illustratrice du conte. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser entraîner dans les flots de violons, de flûtes ou de basses. Un tourbillon qui envoûte littéralement jusqu’au frisson sur la peau.

Tout est réfléchis, le ton y est. Chaque personnage se voit attribué une famille d’instrument suivant son caractère. C’est ainsi qu’on en vient à donner à Blanquette, la chèvre, les bois pour sa bravoure. Le bon M. Seguin qui fait de son mieux pour satisfaire Blanquette se voit attribué les cordes qui oscillent entre mélancolie et tendresse et le loup aux crocs aiguisés a droit aux cuivres, féroces et froids.

Plus loin que de simples symboles, les instruments ont aussi et surtout pour but de rendre ces personnages attachants, de les reconnaître dans un souffle, de les différencier. Le tout est fait d’un pèle-mêle musical allant de la symphonie à la musique de chambre avec quelques influences jazz.

Le conte d’Alphonse DAUDET évolue en des parties si distinctes que Jacques BONNAFFE nous confie l’avoir tranché en quatre parties pour ses musiciens et auditeurs. Quatre parties distinctes qui permettent de découper et étudier le texte à travers une écoute ludique et agréable, et des illustrations d’Eric BATTUT tout aussi significatives. Le code couleur ayant son importance tant dans la musicalité écrite qu’orale ou instrumentale, l’illustrateur a su s’emparer de la compréhension collective pour créer, suivant la musique et le texte, des nuances de rouges, oranges pour des moments haletants, ou bleus et verts pour des moments plus calme.

Un petit rappel de l’histoire d’Alphonse DAUDET :

M. Seguin voit ses six chèvres s’enfuir de leur enclos les unes après les autres. Elles semblent s’ennuyer terriblement. Il décide cependant d’en acheter une septième, plus jeune, pour l’habituer à la vie à la maison. Mais lorsqu’elle grandira, celle-ci aussi rêvera de dévaler les montagnes en courant, de brouter l’herbe sauvage et de sentir la liberté l’envahir. Seulement elle sait que le loup n’est jamais bien loin…

Quittera-t-elle son nid douillet pour la liberté ? Elle qui n’en peut plus d’être attaché à un poteau toute la journée et rêve d’évasion, sera-t-elle capable d’affronter le loup ? Se verra-t-elle subir le même sort que ses cousines éloignées ?

« – Comme on doit être bien là-haut !

Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !… 

C’est bon pour l’âne ou le bœuf de brouter dans un clos !… »

Si vous ne lisez pas le texte, au moins écoutez et faites écouter ce bel hommage de la part du conteur compositeur Jacques BONNAFFE.

Livre-CD disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Mars 2008.


L’odyssée d’Outis, Jean LECOINTRE

« Insensible à ses charmes, Outis ne pense, lui, qu’à rejoindre au plus vite la gare de Lyon. Il implore alors les dieux pour que la nymphe le laisse partir. »

outis

Redécouvrez la mythologie Grecque dans un conte très contemporain !

Toutes les grandes figures y sont, Héraclès, le Cyclope, le Centaure, le Styx, Cerbère, Hadès… Et j’en passe, et des meilleurs ! Ensemble, ils sont prêt à tout pour faire perdurer la terrible réputation de retardataire d’Outis.

Outis est cet homme ordinaire qui n’a pas de visage, qui vit le visage caché et qu’on ne saurait reconnaître. Il porte un casque qu’il n’a pas pris le temps d’enlever alors que son aventure rocambolesque a commencé.

Mais quand a-t-elle commencé ? Et bien juste après un coup de fil de sa femme, évidement. Elle et son fils arrivent en Gare de Lyon. Et aujourd’hui, ils aimeraient ne pas l’attendre trop longtemps sur le quai… Alors tout est fait pour qu’il soit à l’heure ! On le prévient, on lui remonte les bretelles et sa moto fonctionne ! Seulement le pauvre Outis qui part même un peu en avance ne s’attendait pas à ce que les Dieux se déchaînent contre lui.

Sera t-il à l’heure à son rendez-vous ?

« Bien décidé à mettre fin à sa réputation d’éternel retardataire et afin d’éviter tout contretemps, Outis a préparé minutieusement son itinéraire. Le cœur léger, il part très en avance pour la gare […] Mais son insouciance est de courte durée. »

Redécouvrez donc en plein cœur d’un Paris moderne la vie trépidante des héros Grecs. Ne vous fiez à personne, ne vous arrêtez pas.

Avec un texte qui ne laisse place à aucun répit, l’auteur nous entraîne dans cette folle aventure qui prête à rire, à sourire, parfois même à se retrouver à tourner les pages de manière totalement hystérique. Une aventure courte mais  efficace, accompagnée d’illustrations aux collages et aux montages dignes des grands livre d’art contemporains où on retrouve un Outis tantôt grand tantôt petit face à des monstrueux Dieux qui représentent volontiers les peurs enfantines et certains monstres cachés dans les placards. Du chien à trois têtes au squelette à faire pâlir nous nous retrouvons face à des angoisses toujours plus touchantes, toujours plus fortes. Et cette même pensée, cette même peur qui dirige l’album comme le fil d’Ariane : « il faut être à l’heure ».

L’espace-temps sort totalement de notre esprit, l’auteur réussit à nous perdre dans nos propres pensées et à nous faire intégrer un monde proposant une expérience très personnelle suivant notre personnalité. Cette expérience est la votre. Êtes vous prêt à regarder le Cyclope dans l’œil ? A ne pas frémir devant l’imposant Minotaure bien grassouillet qu’on rencontre dans un hypermarché ? Êtes vous prêt pour un super barbecue qui ressemble à la scène du chapelier fou ?

Serez-vous assez fort face au chant des sirène ? Poséidon prendra-t-il pitié de vous ? Résisterez-vous au charme des déesses ?

Embarquez pour une aventure sans pareils. Vous pouvez emmenez avec vous vos enfants, même les plus jeunes, qui rêvent d’aventures avant même de sommeiller.

« Dans le hall d’entrée, Outis est confronté au sphinx qui lui ronronne : << Si tu désires aller plus loin et retrouver les tiens, apporte-moi un poulet rôti>> « .

Ouvrage disponible aux éditions Thierry Magnier depuis Octobre 2013.


Le Lac des Cygnes, Elodie FONDACCI et Régis LEJONC

« Là où autrefois il y avait eu un florissant royaume,

il n’y eu plus désormais qu’un grand lac immobile et silencieux

entouré de roseaux, que l’on appela le lac des Cygnes. »

 

CYGNES

 

On connait maintenant presque tous l’histoire du lac des Cygnes. Pour ce conte célèbre et célébré au cinéma, mais aussi sur scène, les adaptations ne manquent pas !

Et c’est ici une adaptation de Elodie FONDACCI, illustrée par Régis LEJONC sur fond musical de Tchaïkovski que je vous propose.

 

Rappelons l’histoire du lac des Cygnes : Une jeune princesse refuse de se marier avec un homme qui la fait pâlir de terreur. Celui-ci s’avère être un sorcier et va la condamner à devenir un cygne la journée pour redevenir humaine à la nuit tombée. La tristesse de ses parents et leurs larmes vont faire monter l’eau du lac jusqu’à engloutir tout leur royaume.

Quelques années après, une reine cherche une femme pour son jeune fils, prince qui manque un peu de plomb dans la cervelle. Il va évidement tombé sur ce lac qui cache bien des mystères, et s’il découvre la princesse, il apprendra bien vite que le sorcier et sa jalousie ne sont jamais bien loin et il ne manque pas de stratagèmes…

 

Ici, l’adaptation est bonne. Elle est simple, concise, et raconte le texte de façon claire et complète. La musique qui l’accompagne est évidement magnifique. Ces airs classiques qui changent selon les personnages, les scènes, et bien sûr les émotions sont les bienvenus pour donner un peu de ton à la voix qui, pour sa part, manque un peu de dynamisme et de naturel.

J’ai pour ma part mis un certain temps avant d’entrer dans le texte à cause de la voix qui parfois semble nous chuchoter quelque chose à l’oreille, parfois s’emballe sans vraiment de raisons, et parfois a des intonations caucasses. Et il est, vous l’imaginez, difficile de faire abstraction malgré la lecture du texte en parallèle.

Les illustrations sont classiques mais à saluer parce que Régis LEJONC a, selon moi, réussit a attraper la scène à chaque fois la plus parlante et la mettre en image. Même s’il manque la princesse Russe sur l’illustration de l’arrivée des princesses. au château du prince.

Colorées sans être dans l’excès et sombre quand il le faut, l’illustrateur a su se retrouver dans cette adaptation. Son coup de crayon pour dessiner l’expression des visages est à faire froid dans le dos, notamment sur la page de transformation des cygnes.

 

Pour résumer ? Je dirais simplement que l’idée est bonne, le texte est chouette, mais il manque vraiment d’attractivité et d’échanges lorsqu’il est lu.

De plus, j’aurais aimé qu’il y ait un côté un peu plus documenté à la fin ou au début du livre, avec pourquoi pas quelques partitions, ou photographies de représentations passées. Le livre paraît ici fermé sur lui-même et seul à vivre son expérience, ce qui le rend un peu froid et peu ludique.

 

Ouvrage disponible aux éditions Gautier Languereau depuis Octobre 2012.


Le carnaval des animaux, Camille SAINT-SAËNS

« Aujourd’hui, grand reportage en direct pour un fabuleux événement, une parade…

Que dis-je ? Un récital animalier ! 

Poils, plumes, becs et sabots s’assemblent pour le grand carnaval,

le Carnaval des animaux ! »

9782278061938FS

Vous l’avez compris, ce livre-cd est sous le signe de l’optimisme, de la couleur, de la gaieté et des animaux ! masques et frous-frous seront-ils de la partie ?

Avec un texte écrit et conté à merveille par Pépito MATEO, qui sait trouver le ton juste, l’insinuation dans la voix qui accroche les petits mais aussi les grands, et la musique de Camille SAINT-SAËNS qui se veut classique, avec pour chaque animal un instrument différent qui le représente, on entre dans un univers totalement fou et décalé ou le mot d’ordre est le plaisir des oreilles !

Ajoutez à cela les illustrations pastelles presque cubistes de Vanessa HIE, mélangez le tout, et vous obtenez un album à la portée de tous.

Aujourd’hui c’est carnaval. Les animaux se font beaux, ils galopent sur des musiques rapides ou marchent lentement sur de sons plus épurés. Certains sont aussi très lourds et jouent très bien de la basse.

Mais les hommes dans tout ça, ont-ils leur place ?

Une moralité simple, efficace et qui n’enlève rien à l’ouvrage.

Tout y est, tout le monde y trouve son compte. L’enfant peut profiter des illustrations, du texte lu et des musiques qui ne manquent pas d’éveiller l’écoute active. Les parents pourront profiter des textes dans le silence s’ils en ont marre d’écouter le C.D. en boucle ! Merveilleux, n’est-ce pas ?

Alors, prêts à fêté le carnaval avec tous les animaux dans un monde fabuleux et poétique où la rime et les assonances font la loi ?

« Et maintenant ça y est ! 

Le chorus est réuni.

Le carnaval

démarre en fanfare !

Ah ! Mais que se passe-t-il ? Un mouvement de foule…

Ah, je vous l’avais bien dit, qu’il se tramait quelque chose ! »

Ouvrage disponible au éditions Didier jeunesse depuis Octobre 2011.


La Callas, une invitation à l’opéra, Françoise De GUIBERT et Nathalie NOVI

« <<Quand je prépare un opéra, j’ai besoin d’abord d’apprendre la musique. Et alors, je ne sais pas comment l’expliquer, c’est un monde qui se forme en moi, dans mon âme>>,

dit la chanteuse. »

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Découvrez la magnifique voix de Maria Callas à travers cinq tragédies italiennes qui sont des piliers de l’opéra.

Redécouvrez Verdi, Bellini et Puccini avec La Traviata, Norma, Tosca, Madame Butterfly et La Bohème !

Tant de pièces qui traduisent à leur façon des conditions sociales, et des problèmes liés aux différentes époques. L’éditeur et l’auteur ont ici choisi de ne s’en tenir qu’à des tragédies des années 1950.

Dans toutes ces pièces opéra découvrez des maladies, des amours impossibles ou déchus, des morts à la Roméo et Juliette et imaginez à travers la voix et la puissance instrumentale les costumes et positions. Faites votre petit théâtre avec comme pilier la musique et la soprano Maria CALLAS qui tient une grosse partie du C.D. accompagnée de voix bien différentes les unes des autres.

« Elle vit et respire la musique, chaque note, chaque silence. »

Accompagnée des illustrations pastels de NAthalie NOVI, Françoise de GUIBERT propose un texte pour nous conter l’histoire des opéras que nous écoutons. Un texte romancé avec lesquels il n’est pas difficile de mettre en image quelques paroles soufflées par la puissante voix de Maria CALLAS.

L’illustratrice, quant à elle, sait figer un moment, une émotion. Elle tape toujours dans le mille, et la position d’un personnage peut vous faire réfléchir des heures sur un ressenti particulier.

Bref, voici un livre-cd qui n’a rien à envier aux autres. Voici un livre-cd pour découvrir ou redécouvrir l’opéra, les tragédies italiennes et bien entendu l’histoire de cet art tout particulier qui semble bien loin et inaccessible.

Retrouvez en fin d’ouvrage les paroles des opéras interprétés, mais aussi une petite histoire de la tragédie italienne, une histoire de l’opéra et sa création, et la vie de Maria CALLAS.

Au delà du fait de pouvoir briller en société, vous ne manquerez pas de passer un bon moment et, si comme moi vous êtes novice, de vous découvrir des émotions encore inconnues. Bien plus qu’une simple écoute et lecture, cet ouvrage propose un voyage; il est une expérience.

« Maria CALLAS finit ses jours dans la solitude. Sa voix aussi l’a quittée et la diva s’éteint en 1977, laissant désormais place au mythe. 

Ses cendres furent dispersées au large de la Grèce, en mer Égée. On dit qu’au moment même où elles touchèrent l’eau, la mer a chanté. »

Ouvrage disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Octobre 2007.


Gros plan sur la collection L’heure des histoire, éditions Gallimard

Qu’est-ce que L’heure des histoires ?

« L’heure des histoires, de beaux petits albums à partager, de grands moments à vivre ensemble. 
Au moment de l’heure des histoires, tandis que l’un regarde les images et l’autre lit le texte, une relation s’enrichit, une personnalité se construit, naturellement, durablement.
La lecture partagée est une expérience irremplaçable, un vrai point de rencontre. Parce qu’elle développe chez nos enfants la capacité à être attentif, à écouter, à regarder, à s’exprimer. Elle élargit leur horizon et accroît leur chance de devenir de bons lecteurs. »

nous dit le site Gallimard.

Et maintenant, je vais vous fournir quelques petits exemples plutôt sympatoche de ce que vous pouvez trouver sans difficulté dans cette belle collection au dos orange fluo !

 

Aux fous les pompiers ! PEF

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Ce petit album a ce qu’il faut d’énergie. Il est drôle, cynique, et complètement contraire à tout ce qu’on peut lire aux enfants sur le métier de pompier. Tellement à part d’ailleurs que son originalité finie par devenir une critique sociale, et donc, une lecture à double sens.

***

Les pompiers d’un petit village n’ont plus d’argent. Ils ne peuvent pas se payer de téléphone, il faut donc leur écrire lors d’une alerte et attendre quelques jours. Il ne peuvent pas non plus se payer d’essence pour le camion, donc toutes les femmes des pompiers viennent aider à pousser le camion qui lui, ne contient pas vraiment d’eau puisqu’ils n’ont pas les moyens de la payer. Le mieux était donc de ne pas créer d’incendies, et pour ça ils n’hésitaient pas à rôder en ville pour prévenir de tous les dangers. C’est ainsi qu’ils se sont mit à éteindre les clopes des fumeurs.

Heureusement pour remplir la caisse ils pouvaient compter sur les citoyens en fin d’année à qui ils vendaient sans doute des calendrier. Et devinez ce qu’ils faisaient avec l’argent qu’on leur donnait ?

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A lire si on aime le décalé, si on a une pointe d’humour et qu’on est un pompier, un vrai !

 

Les ours de Grand-Mère, Gina WILSON et Paul HOWARD

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Nous passons maintenant à un genre totalement différent, beaucoup plus classique tant dans l’illustration que dans le texte et l’idée qu’on se fait de l’histoire du soir. Celle qui calme et rassure avant de fermer ses petits yeux dans un noir lourd et épais d’ombres et de monstres.

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Le petit Paul allait chez sa grand-mère aujourd’hui, et pas seulement pour goûter ! Celle-ci possède comme animaux de compagnie des ours. Mais pas des petits, attention ! Ce sont de grands ours mal léchés qu’elle arrive, elle, si bien à rendre sage.

Quand Paul les rencontre, c’est un grand choc. C’est la première fois qu’il les voit, et ils sont vraiment grands. Il se voit alors dans le devoir de les faire jouer et de s’amuser avec eux. Ils deviendront alors les meilleurs amis, les plus grands inséparables, et écouteront même l’histoire du soir ensemble ! Même mamie se paye un petit coup de folie en voulant se faire un petit match à la téloch’ !

Seulement voilà, après l’histoire du soir, Paul se retrouve seul dans la chambre. Seul ? N’en soyez pas si sûr… !

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Un petit album avec lequel on n’a pas forcèment de place pour le jeu, mais qui se veut agréable à lire et à partager. C’est un moment cosy, un moment partagé et plein de tendresse que promet cette histoire aux compréhensions une fois de plus différentes suivant les peurs de l’enfant.

Quoi de plus doux qu’un ours ?

 

Le chat ne sachant pas chasser, John YEOMAN et Quentin BLAKE

chat

Oui, le titre de cette histoire est difficile à prononcé ! Et je m’attendais à pas mal de jeux de mots, à quelques difficultés de prononciation… Et rien ! A la place j’ai eu une petite histoire tout à fait délicieuse à la Tom et Jerry.

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Un meunier voit son moulin mourir jour après jour. Des souris l’ont pris en otage et il en sait plus quoi faire. Par défaut il va acheter un chat, se disant qu’il va en faire son quatre heure et que ce sera une histoire lointaine ! Manque de pot, ce chat ne sait pas chasser.

Le meunier va alors l’enguirlander sévérement, jusqu’à ce que les souris le prennent en pitié et lui fasse faire un peu d’exercice. Tout le monde y gagne ! Lui ne se fera plus violenter, et elles pourront bien rigoler ! Le chat prend son nouvel exercice très au sérieux, mais avant qu’il soit prêt à chasser le meunier décide de le noyer dans la rivière.

La suite n’est pas bien difficile à imaginer, mais vous y trouverez tout de même quelques surprises !

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Un texte une fois encore bien classique. Le bien d’un côté, le mal de l’autre. L’illustration aux tons pastel ajoute de la poésie dans cette relation qui s’attache par la violence de la chasse. Beaucoup de sous-entendus pas forcément perceptibles à la première lecture peuvent être dénicher. Plus qu’une lecture agréable, une lecture intelligente !

 

Le chat et le diable, James JOYCE et Roger BLACHON

diable

Restons dans les histoires de chat ! Ici il n’est pas le personnage central mais n’en est pas moins un héros !

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Dans la petite ville de Beaugency, au bord de la Loire, les habitants sont bien embêtés ! Ils n’ont pas les moyens de construire ou de faire construire un pont pour aller d’une côte à l’autre ! Et quel malheur de toujours prendre ce bateau !

Un jour, alors qu’il lit le journal, le diable tombe sur cette triste histoire et prend les habitants en pitié. Il va alors voir le maire et lui propose un marché. S’il accepte, le pont sera construit dans la nuit ! Trop fort le diable, trop facile !

Évidement, le maire accepte, et il a bien une petite idée derrière la tête !

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Tout le monde connait l’histoire de Faust qui vend son âme au diable. Elle est ici simplifiée et mise en scène pour la jeunesse avec une petite dose d’humour et une grosse dose de malice ! Dans un monde qui paraît bien fade et routinier, ce n’est pas n’importe qui qui vient changer les habitudes ! C’est le diable lui-même, tout de même ! A lire avant de se coucher, ou au réveil pour commencer la journée de bonne humeur !

 

Le sac à disparaître, Rosemary WELLS

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Vous voulez que je vous dise quelque chose ? Malgré le grand soleil qui nous réchauffe encore (tout dépend de quand vous lisez ça, évidement), Noël approche à grand pas ! Et ce petit album peut être le cadeau parfait pour le plus petit d’une fratrie pas toujours sympathique !

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Damien est le plus petit. Il n’a donc pas le droit de jouer avec la cross de hockey que son frère Robert a eu pour Noël, ni avec la trousse de maquillage de sa sœur Colette, et encore moins avec la boite du parfait chimiste! Lui il n’a que son ours en peluche et personne veut l’échanger le temps d’un sourire.

Damien va donc partir bouder pendant le dîner, mais voilà qu’il va se rendre compte qu’un paquet est toujours au pied du sapin… Il va s’en emparer, et ce qu’il découvrira changera la donne de cette soirée exceptionnelle. Tout devient possible. Tous veulent sa trouvaille. Acceptera t-il de la partager ?

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C’est un petit album qui pourrait rendre nostalgique certains pour qui Noël est un jour différent, pour qui Noël signifie déco, sapin et dinde chaude. Tout rappelle l’époque ou le texte et l’illustration étaient séparés, et parfois ça fait du bien de se replonger dans une nostalgie, même après une bouteille de champagne un soir de réveillon ! Alors n’hésitez pas à offrir ce petit livre et à le lire dans la foulée ! Ça en fera réfléchir certains et en confortera d’autres !

 

J’ai un problème avec ma mère, Babette COLE

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Quand on lit le titre, la première question qui vient à l’esprit est « et qui n’en a pas ? ».

Bon, trêve d’humour ! C’est plus l’heure de se marrer alors qu’on va parler d’un sujet grave, d’un sujet qui fait peur, d’un sujet qui fout la pétoche ! On va parler de monstre !

Enfin pas vraiment en fait, on va parler de la perception des adultes sur les autres adultes, et la frontière impossible à ignorer avec la perception des enfants. On dit d’ailleurs que la vérité sort toujours de leur bouche. Je n’ai jamais vraiment su qu’en penser.

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Ma mère elle est bizarre. Elle s’entend pas trop avec les autres parents d’élèves, mes copains la connaissent pas trop.

Mais ça c’était avant ! Avant le gâteau qu’elle a fait qui a fait marrer tous les potes de la classe ! Depuis ils ne jurent que par elle, ils sont même prêt à venir à la maison ! JE les ai donc invité et ils sont venus malgré les réprimandes de leur parents. Évidement, tout s’est corsé quand leur parents sont venus les chercher.

Et oui, ma mère elle est comme ça. Son plus gros problème en fait, je pense que c’est son chapeau. Il est pointu, une vipère y est accroché avec un pomme bien rouge, comme dans Blanche Neige.

Mon père ? Oh, lui il traîne dans un bocal le temps de son sevrage à l’alcool !

Bref, vous l’aurez compris, l’originalité ne manque pas chez moi !

***

C’est ce qu’aurait pu dire ce jeune homme qui se confie à nous. C’est d’ailleurs un peu ce qu’il dit. Mais en mieux. Alors régalez-vous, rigolez, et surtout, faites parler les images qui donnent un sens complètement différent au texte que le sens initial, renforçant donc l’effet comique. Tiens, et si vous faisiez raconter l’histoire à votre petit qui sait pas encore lire avant même de lui avoir lu une fois ? Vous seriez sûrement surpris(e) !

La belle lisse poire du prince de Motordu, PEF

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Bon, la boucle sera bouclée. On commence avec PEF, on termine avec PEF ! Et pas n’importe lequel ! on parle là de son best-seller, de sa place en littérature jeunesse, tant dans le rayon première lecture que littérature pour plus grands ! On parle là de celui qui cette année a fait un livre avec Motordu pour accompagner les élèves à l’école !

Non, non, franchement, là, on s’attaque à du lourd ! Et puis tout le monde connait déjà le prince de Motordu. En grand, en petit, en pop-up, en tout !

Bon allez, pour ceux qui sont un poil en retard, montez dans le train, et surtout… Éclatez-vous !

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Motordu est une petite bourgade dans laquelle le prince habite. Vous vous en doutez. Il vit seul et joue aux tartes avec ses amis dans la grande salle à danger du chapeau pour s’occuper. Un jour, ses parents lui disent qu’il serait temps qu’il se marie enfin ! Une femme pourrait lui raconter de belles lisses poires et le rendre heureux ! Il n’y avait jamais pensé mais se décide à prendre sa toiture de course pour se mettre illico à la recherche d’une belle princesse. Il va alors tomber en panne et rencontre la princesse Dézécolle. Un simple coïncidence me direz-vous ? Et bien non ! Tout est programmé ! Et la princesse Dézécolle, en bonne maîtresse, va vouloir le faire parler comme tout le monde ! Heureusement, il ne le prend pas mal et elle est plutôt souple et sympathique !

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Vous l’aurez compris, Le prince de Motordu est emblématique non seulement grâce à l’auteur, mais surtout grâce au personnage qui a sa place entière parmi les plus grands de la littérature jeunesse ! Notre cher prince est bien encré dans les esprits depuis les années 1980 et n’est pas prêt de les quitter !

Avide de jeux de mots, de calembourgs et surtout de quiproquos, l’auteur n’a de cesse de faire pouffer ses lecteurs. C’est pas pour rien si on y revient toujours !

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Bon, vous avez maintenant quelques petites pistes pour étudier de plus prêt cette petite collection qui fait marrer, dormir, et qui ne manque pas de réconforter les enfants face à leurs angoisses. Facile à trouver, à lire, et pas très cher, c’est une collection a avoir sous le coude pour son propre plaisir comme pour celui de ceux qui nous rendent visite !


Détective RollMops, Renaud FARACE et Olivier PHILIPPONNEAU

Attention, apprêtez-vous à entrer dans un monde totalement décalé qui laisse des séquelles. L’OuBaPo est de retour et il revient toujours plus fort, même pour les plus jeunes !

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RollMops est un détective qui a un peu de mal à se débrouiller tout seul… Et pour résoudre ses petites enquêtes il va faire appel au lecteur ! Quelle grande idée, et belle occasion de s’amuser tout en lisant de la qualité !

Le lecteur devra parfois mettre le livre bien loin de lui, parfois le rapprocher très prés de son nez, parfois plier quelques pages, ou alors participer à un cherche et trouve ! Il y a même un super jeu de l’oie qui se cache au centre du livre… Que demander de plus ?

Avec l’absurdité des personnages des plus grands auteurs d’OuBaPo et la mise en abîme d’un lecteur qui se voit projeter pleinement dans les pages on ne peut qu’apprécier l’humour qui est proposer.

Vous êtes désormais embauché pour résoudre neuf enquêtes ! Et pas des moindres ! Entre la machine à oublier les cases, l’histoire qui n’a pas de sens, le jeu de miroir, le rock’n’rollmops et les autres, vous serez pas loin de perdre la boule avant même de vous rendre compte que le livre vous accapare au monde !

Si vous avez ce livre entre les mains, sachez qu’il est totalement différent de tout ce que vous avez pu voir jusqu’à présent, il est bien plus grand qu’un format normal.  Et ses personnages sont tous plus fous et monstrueux les uns que les autres. Ca s’annonce plutôt bien, non ?!

Ouvrage disponible aux éditions The Hoochie Coochie depuis Septembre 2013.