Archives de Catégorie: Jeunesse albums

Zoom sur les éditions Le Genévrier !

La maison d’édition Le Genévrier est destinée à la jeunesse et à la curiosité. Nous allons voir qu’ils publient des contes classiques mais pas seulement…
Leur réputation est surtout dû à leur collection Caldecott ! Qu’est-ce que la collection Caldecott ? Nul ne vous l’expliquerait mieux qu’eux, alors voilà :

« Décernée chaque année depuis 1938 par l’Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse, la Caldecott Medal « honore l’artiste qui a créé l’album pour enfant le plus remarquable » publié au cours des douze mois précédents […] L’objet de la présente collection, fruit d’une rigoureuse sélection limitant l’ensemble à quelque 50 albums, est de constituer une anthologie patrimoniale de la production de livres d’images venus d’Outre-Atlantique. Le tout, hommage graphique oblige, dans le respect le plus rigoureux de la pagination, du format, de la reliure et de la jaquette de l’édition originale. »

genevrier

Et nous commençons la présentation avec une nouveauté toute fraîche venue tout droit du Japon !
Le texte a été adapté par Margaret HODGES et illustré par Blair LENT. Adaptation de l’américain par Catherine BONHOMME.

La grande vague (cet album fait parti de la collection Caldecott)

Ojiisan vit avec son petit fils, Tada, au sommet d’une île qui compte environ quatre cents âmes. Le grand-père a vocation de sage et vit de sa rentre de riz, tout comme l’ensemble du village. Il est respecté, tant par ses pairs que par son descendant, et ce conte court va nous prouver toute sa bravoure et sa connaissance du monde.

Alors que la journée est étrangement calme, l’homme sent venir un tremblement de terre. Petite secousse, pas de quoi s’affoler, au Japon, nous y sommes habitués. Cependant cette fois, la mer qui borde l’île se retire de quelques mètres, laissant béat tous les habitants qui se ruent sur la plage mouillée et salie. Ojiisan se souvient alors d’une histoire que son propre grand-père lui avait raconté. Il n’avait encore jamais vécu aussi grosse catastrophe que le tsunami qui se prépare, mais sa rapidité d’esprit va lui permettre de sauver son village, ou du moins ceux qui y vivent.

Malgré la tension palpable dans ce conte, l’auteur a réussi à le tendre vers une ambiance de sécurité et de calme. Le sage semble veiller sur tout ce qui l’entoure, coûte que coûte, et à ses côtés nous nous sentons comme un enfant dans les bras de sa mère.
Une exquise douceur qui n’est pas liée à celle de l’océan nous envahi pour donner une leçon d’humilité et de vie. Alors que tout le monde le croit fou à lier, le vieux Ojiisan est seul à savoir qu’il fait une bonne action, mais pas pour longtemps, car le lecteur est rapidement mit dans la confidence.
Il y a dans ces quelques lignes l’histoire de l’humanité et surtout la philosophie qu’on doit au bouddhistes.
Les illustrations qui accompagnent ce texte, par leurs contrastes et leurs mouvements, semblent peser sur nos épaules. L’eau y est représentée avec des couleurs froides contraires à celles de la terre, plus ocre. L’illustrateur s’est d’ailleurs vu décerné un prix pour son travail remarquable.

la grande vague

Allez, nous continuons notre petite présentation par un grand classique que vous connaissez tous : Blanche Neige !

Le texte est celui des frères Grimm (oublions Disney cinq minutes !), et les illustrations, nous les devons à Sara qui a une technique toute particulière…

Blancheneige (en un seul mot)

Vous le savez, Blancheneige est la plus belle du royaume, et sa tante, jalouse, décide de la faire tuer. Pour cela elle demande au chasseur d’aller la meurtrir dans la forêt et de ramener, en preuve de sa mort, son coeur. Le chasseur n’arrivant pas à passer à l’acte décide de lui laisser la vie sauve et va tuer un porc pour lui prendre son coeur et le donner à la reine. Mais c’est sans compter le miroir, mon beau miroir, qui continue de lui dire que la plus belle reste Blancheneige.
C’est alors que la reine décide d’utiliser tous les stratagèmes les plus farfelus pour tuer la beauté incarnée. Elle va alors incarner une sorcière et lui lacer ses chaussure tellement fort que la pauvre Blancheneige va étouffer et mourir jusqu’à l’arrivée de ses fidèles nains chez qui elle a élue domicile, mais la sorcière a plus d’un tour dans son sac ! Et avant d’arriver à la célèbre pomme, elle va lui confectionner un peigne empoisonné.
Mais comme vous le savez, il n’y a pas de secrets, Blancheneige finira par succomber à la friandise et en mourra. Seulement dans le conte des frères Grimm, même si c’est un prince qui la réveille, il n’y va pas d’un simple baiser. La chute est bien plus réfléchie et malicieuse, et si vous souhaitez la découvrir, jetez-vous sur ce conte.

Et je vous conseille en particulier ce conte aux éditions du Genévrier. Pourquoi ? Pour les magnifiques illustrations en papiers découpés de Sara. Blancheneige n’a jamais été si blanche, la reine n’a jamais été si belle, et les nains n’ont jamais été si petits, puisqu’on ne fait que les imaginer par de simples rappels de la part de l’illustratrice. Des chaises par-ci, des lits par-là… Tout n’est que déduction et imagination. On entre de plein fouet dans un conte vieux de plusieurs siècles comme s’il avait été écrit hier, et on en redemande !

blancheneige

Allez, continuons maintenant avec une nouvelle nouveauté ! Amateurs de légumes qui rendent aimables, méfiez vous…Aaron REYNOLDS et Peter BROWN vont vous faire faire des cauchemars dans le remarquable…

Menace orange (fait parti de la collection Caldecott) L’ouvrage est adapté de l’américain par Gaël RENAN.

Rien de tel pour un lapin (ici Jasper) que de manger des carottes! Alors quand en plus elles sont gratuites et que c’est les meilleures de la contrée… C’est absolument royal !
Grosses et croquantes, les carottes du Champ des Sauterelles sont vraiment un régal.
Cependant voilà, les carottes n’aimaient pas beaucoup être dérangées et un jour, alors que Jasper rentrait chez lui repu, elles décidèrent de le suivre… Puis Jasper s’en rendit compte. Alors il fut impossible de dormir, elles hantaient ses rêves et il était sûr de les voir avant d’aller se coucher. Même la raison de sa mère et les vérifications de son père (sous le lit, dans le placard, dans le tiroir) n’y changèrent rien. Jasper était persécutait. Du moins le pensait-il.
Et à travers ce cauchemar, notre bon petit héros à oreilles longues, va permettre à vos enfants de limiter leurs terreurs nocturnes, voir d’en rire. Jasper va trouver une magnifique façon bien à lui de se débarrasser de ses cauchemars, et il n’hésite pas à nous la livrer. C’est alors qu’une chute inattendue et drolatique ravira vos zygomatiques.

Un texte prenant, une illustration moderne et originale bien qu’un peu sombres. On se croirait par moments dans un vieux Sin City où seule la couleur (orange ici) apparaît pour angoisser le lecteur et surtout le personnage. Mais ces petits détails qui passent volontiers de carotte à tronçonneuse où à canette de soda, ou bien même qui se transforment en rideaux sont là pour nous enchanter et nous envoyer tout droit dans le monde enfantin du rêve et de l’imagination.

Alors, êtes-vous prêt à embarquer pour un retour en enfance ? Vous ne regretterez pas le voyage !

menace orange

Continuons notre voyage au coeur des éditions du Genévrier avec un peu de poésie. Embarquons ensemble au fin fond des vers de Blaise CENDRARS illustrés par Marcia BROWN pour un voyage dans l’univers des ombres et des chamans.

La féticheuse (fait parti de la collection Caldecott)

Voici l’histoire de l’ombre. L’ombre qui hante les forêts et n’hésite pas à se placer dans le dos des conteurs, autour des feux de joies, pour leur rappeler qu’ils ne sont que matière. L’ombre, qui sera là tant que le feu brûlera, ondulera sur l’herbe et les sols piétinés. Celle-ci même qui nous constitue et nous accompagne tous, celle-ci même qui s’agrandit quand le soleil décline pour s’endormir lorsqu’il disparaît et nous laisser seuls, face à nous même.

C’est de cette ombre que nous parle Blaise CENDRARS avec ses quelques vers illustrés avec la force colorée de Marcia BROWN. Nous nous retrouvons dans une Afrique où le chamanisme a élu domicile, où l’incantation est quotidienne, et où l’ombre pose beaucoup de questions.

Que dire e plus, si ce n’est que ce texte est sûrement l’un des plus réussi de Blaise CENDRARS et que c’est un réel plaisir que de l’avoir en jeunesse sous ce format là ?

la feticheuse

Notre petite promenade au coeur des éditions Le Genévrier s’achéve ici. Vous pouvez cependant toujours vous rendre sur leur site fort intéressant, y retrouver le catalogue, les nouveautés, les collections, et quelques petits bonus, comme par exemple la démonstration d’une illustration en live… ! C’est par ici : http://genevrier.fr/index.asp

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Zoom sur… L’illustrateur Martin JARRIE

« Peintre et illustrateur, Martin JARRIE vit et travaille à Paris depuis 1981. Après un passage par le dessin documentaire, voir hyperréaliste, il a changé de style pour une expression plus libre, plus picturale, influencée à la fois par le surréalisme, les primitifs italiens, l’art brut et l’art contemporain. Il travaille pour la presse, l’édition et la publicité en France et aux Etats-Unis. Dans la presse française on peut voir ses travaux dans Télérama, Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, La Vie, et dans la presse américaine, Le New Yorker, Bloomberg Magazine, entre autres… Les ouvrages qu’il a illustrés ont été couronnés par de nombreux prix. Deux de ses derniers livres ont reçu la Mention spéciale à la Foire internationale du livre jeunesse de Bologne : Hyacinthe et Rose en 2011 (éditions Thierry Magnier) et Rêveur de cartes en 2013 (éditions Gallimard jeunesse). » nous disent les éditions Bayard.

 

J’ai pour ma part décider de vous parler de Martin JARRIE suite à la découverte de son travail pour le livre CD Pierre et le loup et le jazz où la musique, fidèle à celle de Prokofiev, vient du groupe The Amazing Keystone Big Band.

L’eau à la bouche, je me suis intéressé de prés à son travail encore disponible et souhaite aujourd’hui vous parler, si vous avez un peu de temps, de cinq de ses ouvrages. Et nous commençons immédiatement avec le conte si connu que je n’en citerai aucune phrase…

Pierre et le loup et le jazz. 

Nous avons tous en tête cette magnifique musique classique qui siffle quand nous pensons à Pierre et le loup. Prokofiev a achevé un chef-d-oeuvre musical et littéraire en mettant le point final, en 1936, au célèbre conte Russe.

pierre loup
Aujourd’hui, The Amazing Keystone Big Band, chouette groupe de jazz à l’énergie débordante, choisit de reprendre cet intouchable à sa sauce. Et quelle sauce !
Nous retrouvons ainsi un Pierre qui n’est plus représenté par le quatuor à cordes mais par la section de cordes (piano, contrebasse, guitare), un oiseau qui qui garde sa flûte traversière mais est complété par les trompettes, un canard qui devient saxophone soprano au lieu de hautbois, un loup qui passe des cors aux trombones…
Bref, un Pierre et le loup avec les instruments du groupe. Les instruments du jazz. L’esprit du jazz, et la musique du compositeur Russe.

Tout cela a pour but de remplir un objectif : faire découvrir aux enfants et aux novices le jazz à travers un conte qu’on connait tous. La découverte des instruments, la puissance de la musique et des sonorités… Et nous pouvons dire que la mission est accomplie !

Ce CD est accompagné d’un livre qui reprend le conte de façon écrite et adaptée pour les enfants. Les illustrations sortent tout droit de l’imagination de Martin JARRIE et proposent une version colorée et crayonnée du conte où la forme géométrique fait penser au cubisme.

Un album aux éditions Chants du Monde à ne louper sous aucun prétexte pour les amoureux du graphisme et du jazz !

 

Mais il est temps de continuer notre présentation…

Fables de La Fontaine.

Et pour continuer, je vais m’intéresser à la toute dernière parution signée Martin JARRIE !
Est sortie il y a quelques jours sa version des Fables de La Fontaine ! Il n’a absolument pas touché au texte, mais comme tout bon illustrateur, il se doit d’illustrer ces courts récits que nous avons tous en tête.
Et nous pouvons le dire : enfin une illustration originale pour ces fables ! Nous sommes dans le contemporain, dans le code barre, dans l’ustensile, dans l’humour.
fablesC’est ainsi que nous pouvons croiser une mouche avec son mode d’emploi de conduite (Le coche et la mouche), un poisson dans une poêle à frire (Le petit poisson et le pêcheur), un lion qui fait de la peinture (Le lion abattu par l’homme), une grenouille gonflée à l’hélium (La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf) ou bien encore un geai avec une crête très colorée (Le geai paré des plumes du paon).

Un livre très réussi qui est fait dans un respect absolu et manifestement une humilité exemplaire. Nous retrouvons à la fin de l’ouvrage une biographie qui ressemble à un hymne de Jean de La Fontaine et celle qui ouvre cet article pour Martin JARRIE.
Une autre grande force de cette version, c’est qu’elle propose un glossaire complet, efficace, pratique et simple des mots compliqués du siècle fabuleux…

Il est l’heure de revoir vos classiques avec des étoiles dans les yeux !  Et nous remercions les éditions Bayard Jeunesse et Benoît MARCHON qui propose cette anthologie de textes.

 

Partons vers de nouvelles contrées et rendez-vous dans vos rêves les plus fous, les plus beaux, et qui semblent les plus lointains Rendez-vous dans…

 

Au bout du compte.

Entre rêve et féerie, entre science et fantaisie, nous retrouvons le monde de Régis LEJONC illustré par Martin JARRIE.
Nous retrouvons dans cet album un personnage touchant, troublant, qui nous propose une aventure un peu folle mais sincère. Bienvenue dans un monde où nous pouvons modeler les nuages, un monde où les corbeaux sont presque humains, un monde où un arbre n’est que le résultat d’une graine, un monde où deux mâles se disputent une femelle…au bout du compte

C’est le dur retour à la réalité auquel il faut échapper. Il finira par arriver, il finit toujours par arriver. Mais peut-être existes-t-il une solution pour y accéder encore, et encore, et encore ?

Avec un texte court mais à la poésie foudroyante, un accompagnement illustré tel que celui de Martin JARRIE est le bienvenu.
Nous sommes ici plus dans un mouvement surréaliste, voir ubuesque. Des personnages qui semblent perdus, des corbeaux qui coassent, des flocons à l’allure d’une fête triste…
Une sensation de solitude heureuse se manifeste, de nostalgie, de désir de liberté. Le texte et l’illustration s’accouplent à merveille, et pourtant à eux seuls ils représentent une poésie. C’est un coup de maître pour ces deux professionnels, et il a lieu aux éditions du Rouergue ! Courez, sautez, partez. La lune ne bougera pas, et il sera toujours aussi difficile de l’attraper. A moins que… ?

 

Retournons vers des contrées plus terre à terre avec…

 

L’alphabet fabuleux de Martin JARRIE.

Un livre qu’il a écrit seul. De A à Z. Un abécédaire simple et drôle aux allures de blagues.
Un mot, une définition. Nous retrouvons ici son côté documentariste qui l’a quitté depuis quelques temps. Mais aussi son côté pinçant-rire qui n’a de cesse de nous émoustiller.
alphabet fabuleuxNous retrouvons donc une double page par lettre. La page de gauche sert à
la définition d’un mot alors que celle de droite est consacrée à l’illustration de ce dernier.
Vous me suivez ?
Nous avons par exemple pour commencer la lettre A qui représente un arbre (à droite) et donne la définition suivante : « grand végétal ligneux dont la tige ne porte de branches qu’à partir d’une certaine hauteur au-dessus du sol. » à gauche.
Et nous retrouvons ainsi quelques informations pratique, comme le fait qu’une bicyclette n’ait qu’une roue motrice derrière, que l’écumoire sert à écumer, la fabrique à fabriquer, le jardin à jardiner, où même qu’une ligne est une figure dont un fil très fin donne l’image. Nous allons évidement jusqu’au Zeppelin qui est ce ballon volant à la carcasse métallique en passant par le Serpent qui est un reptile sans pied.

Et vous savez ce qui est vraiment génial ? C’est que ces définitions viennent de dictionnaires de renom tel que le Robert, le Larousse, et le Littré.

De plus, chaque illustration est différente et représente  parfaitement l’objet défini. Nous sommes ainsi souvent dans le second degré, comme avec l’Hélice ou les Yeux.

Un ouvrage merveilleux à ne pas louper ! Et il est aux éditions Gallimard jeunesse !

 

Allez, terminons en beauté avec le grand Hyacinthe et Rose dont la réputation n’est plus à faire.

 

Hyacinthe et Rose.

L’histoire est celle d’un adulte qui raconte comment il percevait sa famille, et particulièrement ses grands-parents lorsqu’il était enfant. Pour cet album, Martin JARRIE a illustré le texte splendide de François MOREL.

Hyacinthe et Rose se sont aimé un jour. Le petit garçon en est sûr. Sinon ils hyacinthe et rosen’auraient pas eu tant d’enfants, qui eux-même avaient eu des enfants. Seulement aujourd’hui tout semble les séparés. L’un est coco et ne veut pas entendre parler de religion tandis que l’autre est proche du curé qui ne cesse de la complimenter. Tout les éloigne, hormis les fleurs.
Et les fleurs, c’est ce dont se souvient le plus leur petit fils. C’est d’elles que tout a démarrer. Et la vie de ses grands-parents pourraient être contée à travers les fleurs, leurs senteurs, et leur tendresse.

C’est ainsi qu’on accède à un texte bouleversant où l’émotion a une place importante. Nous voyageons à travers le jardin visuel et secret de Hyacinthe et Rose. Nous entrons dans leur intimité, dans leurs fêlures, dans leurs pensées.
Et nous apprenons ainsi à reconnaître les bienfaits des fleurs, mais aussi leurs revers, les poisons à éviter. Nous découvrons les peurs et tracas d’un jeune garçon qui voit le visage de son grand-père disparaître derrière un bouquet de marguerite, les blessures causées par la maladresse d’une grand-mère qui ne connaît que trop bien les différentes variétés.
Nous nous promenons, au grès des mots, au grès des couleurs, des senteurs. Nous ressentons les souffrances et les joies, et nous admirons les fleurs grâce à la qualité de reproduction de l’illustrateur.
Des tulipes, des pavots, des Dahlias, des Crocus, des Oeillets… Toutes sont présentes, parsemées de ci de là de quelques fleurs imaginaires.

Un voyage en pleine nature vous est proposé par les auteurs et les éditions Thierry Magnier. J’espère que vous saurez y répondre favorablement.

 

 

Vous l’aurez compris, Martin JARRIE touche à différents mouvements littéraires, picturaux, et culturels. Tous les ouvrages qu’il a illustré, même l’abécédaire, sont accessible autant aux enfants qu’aux adultes ou aux ados.
Pourtant, quand vous croisez une illustration de Martin JARRIE, vous savez que c’est lui. Sa signature est sa patte, et rien que pour ce travail formidable, il a le mérite d’être connu.

 
Si vous n’en aviez encore jamais entendu parler, découvrez-le, ainsi que les auteurs, artistes, musiciens qui l’accompagnent et qui lui ont fait confiance. Ça vaut le détour.

 


Le vieil homme et la perle, Florence NOIVILLE et Philippe DUMAS

« Il n’était pas riche, Lucien, pas riche du tout. Sa maison était comme un mouchoir de poche. Et il aimait en sortir pour aller à Mouff’ acheter trois oranges et deux poireaux, ou voir s’il n’y avait pas un chou-fleur ou une salade encore bonne à récupérer dans un cageot.

Mais sa destination favorite, c’était la place, SA place. »

perle

Si vous êtes comme moi et que vous raffolez des contes de Noël, vous allez être servi. Le grand jour arrive doucement, et oui, on commence déjà à y penser en librairie ! et les éditeurs nous offrent de petites perles…

Ici nous retrouvons ce bon vieux Lucien. Nom qui déjà pèse son poids de nostalgie et de tendresse, qu’on retrouve dans plusieurs chansons comme un homme pauvre, ou un pauvre homme, et qui met la larme à l’œil à ceux qui essaient de le comprendre.

Ici, l’histoire est basée sur une histoire réelle rapportée dans Le Parisien par Caroline GIRARDON en 2009.

Lucien est seul. Affreusement seul. Depuis qu’il a perdu sa voix, la scène l’a quitté. Sa femme l’a quitté. Ses enfants sont maintenant loin. Et il erre, de banc en banc dans les rues de Paris. Il se ballade entre le Panthéon et l’Eglise Ste Geneviève dans le quartier Latin. Il connait la rue Mouffetard comme personne et il n’a pour seul compagnie que cet être qui parait invisible aux yeux de tous. Il l’appelle La Voix. Cet homme lui ressemble étrangement mais dans une version plus grave, plus abîmée par la vie, plus ridée par le temps.

Cet homme bouleverse sa vie depuis quelques temps en empêchant ce brave Lucien d’aller voir Madeleine; une femme pour qui il craque littéralement depuis qu’il l’a croisé. Une femme dont la voix n’est pas soprano mais douce, une femme dont les robes sont toujours impeccablement portées, une femme qui fait vibrer sa poitrine, du côté gauche, contre son cœur.

La neige tombe, les étoiles scintillent. Nous sommes le 24 Décembre, et comme tout le monde le sait, le 24 Décembre… Tout est possible.

Un conte magnifiquement lu par Frédéric Van Den Driessche, tendrement illustré par Philippe Dumas, justement mit en musique par Louis Dounoyer de Segonzac et délicatement mis en page par Florence Noiville.

Les éditions Gallimard vous propose un conte tout en douceur, où la neige n’est pas si fraîche et où la richesse vient du cœur. Un conte de Noël qui ne laissera pas de marbre les plus sensibles, qui ne manquera pas de vous rappeler le pauvre employé du Chant de Noël de Dickens.

N’oubliez pas, à Noël la tradition veut qu’on mette une assiette de plus à table. On ne sait jamais qui pourrait frapper à la porte… Et je doute qu’il soit aux couleurs de la marque de soda.

Découvrez sans plus attendre le tendre conte de Florence Noiville qui se passe au cœur de Paris qui prend ici une dimension tout à fait différente de celle de notre imaginaire.

Ouvrage disponible aux éditions Gallimard jeunesse (musique) depuis Octobre 2013.


La chèvre de M. Seguin, récité par Jacques BONNAFFE

« Il y a quelques années, jeune compositeur et tout nouvel enseignant auprès des enfants, j’ai redécouvert l’un des plus beaux contes d’Alphonse Daudet : La chèvre de M. Seguin. »

chevre

Aujourd’hui, ce fut à mon tour de le redécouvrir avec Jacques BONNAFFE. Fidèle au texte qui l’a tant touché, il nous propose une lecture donnant vie aux personnages. Sa voix chaude et envoûtante transporte celui qui l’écoute dans le conte d’Alphonse DAUDET. Une large place est laissée à la musique, qui est la plus grande des voix et meilleure illustratrice du conte. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser entraîner dans les flots de violons, de flûtes ou de basses. Un tourbillon qui envoûte littéralement jusqu’au frisson sur la peau.

Tout est réfléchis, le ton y est. Chaque personnage se voit attribué une famille d’instrument suivant son caractère. C’est ainsi qu’on en vient à donner à Blanquette, la chèvre, les bois pour sa bravoure. Le bon M. Seguin qui fait de son mieux pour satisfaire Blanquette se voit attribué les cordes qui oscillent entre mélancolie et tendresse et le loup aux crocs aiguisés a droit aux cuivres, féroces et froids.

Plus loin que de simples symboles, les instruments ont aussi et surtout pour but de rendre ces personnages attachants, de les reconnaître dans un souffle, de les différencier. Le tout est fait d’un pèle-mêle musical allant de la symphonie à la musique de chambre avec quelques influences jazz.

Le conte d’Alphonse DAUDET évolue en des parties si distinctes que Jacques BONNAFFE nous confie l’avoir tranché en quatre parties pour ses musiciens et auditeurs. Quatre parties distinctes qui permettent de découper et étudier le texte à travers une écoute ludique et agréable, et des illustrations d’Eric BATTUT tout aussi significatives. Le code couleur ayant son importance tant dans la musicalité écrite qu’orale ou instrumentale, l’illustrateur a su s’emparer de la compréhension collective pour créer, suivant la musique et le texte, des nuances de rouges, oranges pour des moments haletants, ou bleus et verts pour des moments plus calme.

Un petit rappel de l’histoire d’Alphonse DAUDET :

M. Seguin voit ses six chèvres s’enfuir de leur enclos les unes après les autres. Elles semblent s’ennuyer terriblement. Il décide cependant d’en acheter une septième, plus jeune, pour l’habituer à la vie à la maison. Mais lorsqu’elle grandira, celle-ci aussi rêvera de dévaler les montagnes en courant, de brouter l’herbe sauvage et de sentir la liberté l’envahir. Seulement elle sait que le loup n’est jamais bien loin…

Quittera-t-elle son nid douillet pour la liberté ? Elle qui n’en peut plus d’être attaché à un poteau toute la journée et rêve d’évasion, sera-t-elle capable d’affronter le loup ? Se verra-t-elle subir le même sort que ses cousines éloignées ?

« – Comme on doit être bien là-haut !

Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !… 

C’est bon pour l’âne ou le bœuf de brouter dans un clos !… »

Si vous ne lisez pas le texte, au moins écoutez et faites écouter ce bel hommage de la part du conteur compositeur Jacques BONNAFFE.

Livre-CD disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Mars 2008.


L’odyssée d’Outis, Jean LECOINTRE

« Insensible à ses charmes, Outis ne pense, lui, qu’à rejoindre au plus vite la gare de Lyon. Il implore alors les dieux pour que la nymphe le laisse partir. »

outis

Redécouvrez la mythologie Grecque dans un conte très contemporain !

Toutes les grandes figures y sont, Héraclès, le Cyclope, le Centaure, le Styx, Cerbère, Hadès… Et j’en passe, et des meilleurs ! Ensemble, ils sont prêt à tout pour faire perdurer la terrible réputation de retardataire d’Outis.

Outis est cet homme ordinaire qui n’a pas de visage, qui vit le visage caché et qu’on ne saurait reconnaître. Il porte un casque qu’il n’a pas pris le temps d’enlever alors que son aventure rocambolesque a commencé.

Mais quand a-t-elle commencé ? Et bien juste après un coup de fil de sa femme, évidement. Elle et son fils arrivent en Gare de Lyon. Et aujourd’hui, ils aimeraient ne pas l’attendre trop longtemps sur le quai… Alors tout est fait pour qu’il soit à l’heure ! On le prévient, on lui remonte les bretelles et sa moto fonctionne ! Seulement le pauvre Outis qui part même un peu en avance ne s’attendait pas à ce que les Dieux se déchaînent contre lui.

Sera t-il à l’heure à son rendez-vous ?

« Bien décidé à mettre fin à sa réputation d’éternel retardataire et afin d’éviter tout contretemps, Outis a préparé minutieusement son itinéraire. Le cœur léger, il part très en avance pour la gare […] Mais son insouciance est de courte durée. »

Redécouvrez donc en plein cœur d’un Paris moderne la vie trépidante des héros Grecs. Ne vous fiez à personne, ne vous arrêtez pas.

Avec un texte qui ne laisse place à aucun répit, l’auteur nous entraîne dans cette folle aventure qui prête à rire, à sourire, parfois même à se retrouver à tourner les pages de manière totalement hystérique. Une aventure courte mais  efficace, accompagnée d’illustrations aux collages et aux montages dignes des grands livre d’art contemporains où on retrouve un Outis tantôt grand tantôt petit face à des monstrueux Dieux qui représentent volontiers les peurs enfantines et certains monstres cachés dans les placards. Du chien à trois têtes au squelette à faire pâlir nous nous retrouvons face à des angoisses toujours plus touchantes, toujours plus fortes. Et cette même pensée, cette même peur qui dirige l’album comme le fil d’Ariane : « il faut être à l’heure ».

L’espace-temps sort totalement de notre esprit, l’auteur réussit à nous perdre dans nos propres pensées et à nous faire intégrer un monde proposant une expérience très personnelle suivant notre personnalité. Cette expérience est la votre. Êtes vous prêt à regarder le Cyclope dans l’œil ? A ne pas frémir devant l’imposant Minotaure bien grassouillet qu’on rencontre dans un hypermarché ? Êtes vous prêt pour un super barbecue qui ressemble à la scène du chapelier fou ?

Serez-vous assez fort face au chant des sirène ? Poséidon prendra-t-il pitié de vous ? Résisterez-vous au charme des déesses ?

Embarquez pour une aventure sans pareils. Vous pouvez emmenez avec vous vos enfants, même les plus jeunes, qui rêvent d’aventures avant même de sommeiller.

« Dans le hall d’entrée, Outis est confronté au sphinx qui lui ronronne : << Si tu désires aller plus loin et retrouver les tiens, apporte-moi un poulet rôti>> « .

Ouvrage disponible aux éditions Thierry Magnier depuis Octobre 2013.


Le Lac des Cygnes, Elodie FONDACCI et Régis LEJONC

« Là où autrefois il y avait eu un florissant royaume,

il n’y eu plus désormais qu’un grand lac immobile et silencieux

entouré de roseaux, que l’on appela le lac des Cygnes. »

 

CYGNES

 

On connait maintenant presque tous l’histoire du lac des Cygnes. Pour ce conte célèbre et célébré au cinéma, mais aussi sur scène, les adaptations ne manquent pas !

Et c’est ici une adaptation de Elodie FONDACCI, illustrée par Régis LEJONC sur fond musical de Tchaïkovski que je vous propose.

 

Rappelons l’histoire du lac des Cygnes : Une jeune princesse refuse de se marier avec un homme qui la fait pâlir de terreur. Celui-ci s’avère être un sorcier et va la condamner à devenir un cygne la journée pour redevenir humaine à la nuit tombée. La tristesse de ses parents et leurs larmes vont faire monter l’eau du lac jusqu’à engloutir tout leur royaume.

Quelques années après, une reine cherche une femme pour son jeune fils, prince qui manque un peu de plomb dans la cervelle. Il va évidement tombé sur ce lac qui cache bien des mystères, et s’il découvre la princesse, il apprendra bien vite que le sorcier et sa jalousie ne sont jamais bien loin et il ne manque pas de stratagèmes…

 

Ici, l’adaptation est bonne. Elle est simple, concise, et raconte le texte de façon claire et complète. La musique qui l’accompagne est évidement magnifique. Ces airs classiques qui changent selon les personnages, les scènes, et bien sûr les émotions sont les bienvenus pour donner un peu de ton à la voix qui, pour sa part, manque un peu de dynamisme et de naturel.

J’ai pour ma part mis un certain temps avant d’entrer dans le texte à cause de la voix qui parfois semble nous chuchoter quelque chose à l’oreille, parfois s’emballe sans vraiment de raisons, et parfois a des intonations caucasses. Et il est, vous l’imaginez, difficile de faire abstraction malgré la lecture du texte en parallèle.

Les illustrations sont classiques mais à saluer parce que Régis LEJONC a, selon moi, réussit a attraper la scène à chaque fois la plus parlante et la mettre en image. Même s’il manque la princesse Russe sur l’illustration de l’arrivée des princesses. au château du prince.

Colorées sans être dans l’excès et sombre quand il le faut, l’illustrateur a su se retrouver dans cette adaptation. Son coup de crayon pour dessiner l’expression des visages est à faire froid dans le dos, notamment sur la page de transformation des cygnes.

 

Pour résumer ? Je dirais simplement que l’idée est bonne, le texte est chouette, mais il manque vraiment d’attractivité et d’échanges lorsqu’il est lu.

De plus, j’aurais aimé qu’il y ait un côté un peu plus documenté à la fin ou au début du livre, avec pourquoi pas quelques partitions, ou photographies de représentations passées. Le livre paraît ici fermé sur lui-même et seul à vivre son expérience, ce qui le rend un peu froid et peu ludique.

 

Ouvrage disponible aux éditions Gautier Languereau depuis Octobre 2012.


Le carnaval des animaux, Camille SAINT-SAËNS

« Aujourd’hui, grand reportage en direct pour un fabuleux événement, une parade…

Que dis-je ? Un récital animalier ! 

Poils, plumes, becs et sabots s’assemblent pour le grand carnaval,

le Carnaval des animaux ! »

9782278061938FS

Vous l’avez compris, ce livre-cd est sous le signe de l’optimisme, de la couleur, de la gaieté et des animaux ! masques et frous-frous seront-ils de la partie ?

Avec un texte écrit et conté à merveille par Pépito MATEO, qui sait trouver le ton juste, l’insinuation dans la voix qui accroche les petits mais aussi les grands, et la musique de Camille SAINT-SAËNS qui se veut classique, avec pour chaque animal un instrument différent qui le représente, on entre dans un univers totalement fou et décalé ou le mot d’ordre est le plaisir des oreilles !

Ajoutez à cela les illustrations pastelles presque cubistes de Vanessa HIE, mélangez le tout, et vous obtenez un album à la portée de tous.

Aujourd’hui c’est carnaval. Les animaux se font beaux, ils galopent sur des musiques rapides ou marchent lentement sur de sons plus épurés. Certains sont aussi très lourds et jouent très bien de la basse.

Mais les hommes dans tout ça, ont-ils leur place ?

Une moralité simple, efficace et qui n’enlève rien à l’ouvrage.

Tout y est, tout le monde y trouve son compte. L’enfant peut profiter des illustrations, du texte lu et des musiques qui ne manquent pas d’éveiller l’écoute active. Les parents pourront profiter des textes dans le silence s’ils en ont marre d’écouter le C.D. en boucle ! Merveilleux, n’est-ce pas ?

Alors, prêts à fêté le carnaval avec tous les animaux dans un monde fabuleux et poétique où la rime et les assonances font la loi ?

« Et maintenant ça y est ! 

Le chorus est réuni.

Le carnaval

démarre en fanfare !

Ah ! Mais que se passe-t-il ? Un mouvement de foule…

Ah, je vous l’avais bien dit, qu’il se tramait quelque chose ! »

Ouvrage disponible au éditions Didier jeunesse depuis Octobre 2011.