La chute des princes, Robert GOOLRICK

« Parfois, c’est moi qui ouvre ou ferme la boutique. J’ai les clefs. Je peux entrer quand bon me semble. Certains matins, j’arrive plus tôt pour le seul plaisir de sentir l’odeur de tous ces livres autour de moi. Toutes ces portes offertes. Tous ces mondes. Je recommande des lectures aux clients, ensuite ils reviennent me dire ce qu’ils en ont pensé. Maintenant, dans le quartier, on connait mon nom donc la relation est devenue personnelle. Malgré le carnage causé par le livre électronique, et toutes les menaces qui pèsent sur le métier de libraire, il y a encore des gens pour aimer le poids et le contact d’un vrai livre, des gens qui en empilent à côté de leur lit en attendant de les lire. »

la chute des princes

Il est puissant dans le monde des puissant. Il se sent au-dessus et se trou le cerveau à grande dose d’alcool et de cocaïne. Le pognon lui tombe dans les poches et il le re dépense aussitôt. Restau, fiesta, casino, putes, drogues. Il n’a pas de limites. Il vit dans les années 80 à New-York et il est trader.
On va suivre la vie du narrateur année après année. De sa vie sentimentale à sa vie professionnelle en passant par les inévitables amis de défonce plein aux as. 
On peut rêver en lisant les quelques lignes de la solitude de cet homme qui se construit dans le regard des autres. Dans l’argent des autres. On peut rêver en voyant la simplicité d’une vie faite d’argent, de strass et de paillettes. Une vie où l’amour a sa place, mais n’est pas devant le désir et les pulsions. Une vie où on peut dormir dans un loft au dessus d’un jacuzzi d’un mètre de profondeur.
Seulement la vie d’un trader est stressante. On fait la fête tous les soirs pour décompresser des grosses journée, et le matin à 6h il faut remettre ça. Un bon rail de coc’, une bonne rasade de whisky, et c’est reparti. Mais tout excés à ses conséquences, et notre cher narrateur qu’on suit sans vraiment savoir si on l’aime ou si on a pitié de lui, nous prévient dés le titre de son livre. La chute est là, elle approche, et on la voit, on la sent à travers les crises cardiaques des collègues où la femme retrouvée morte dans son vomi sur ses draps à cause d’un excès d’héroïne. Le stress est plus pesant avec les jours qui passent, et la pression toujours plus forte. 

Robert GOOLRICK nous propose ici un roman fait d’une trame narrative hors paire. Je suis encore aujourd’hui en pleine interrogation quant à mon réel amour pour ce livre. Certains chapitres m’ont paru étrangement longs, alors que d’autres m’ont beaucoup plus intéressés. Le choix du thème n’est pas très original, ni même traité de façon bien différente des autres. Seulement voilà, il y a une façon de conter ce personnage qui fait qu’on a envie de connaître sa chute, et surtout savoir s’il s’en remet ou non. 
On se retrouve submergé d’une espèce d’empathie qui nous dégoûte. Comment être empathique pour un type qui traite les petites gens comme de la merde ? Pour quelqu’un qui nous rappelle qu’on n’aura jamais dans notre porte-feuille la somme qu’il gagne en une journée ? 

Bienvenu dans le monde terrible du trading aux Etats-Unis. Vous entrez dans un monde que vous ne connaissez peut-être pas, et le voyage s’avère être mouvementé. Alors, accrochez-vous.

Roman disponible aux éditions Anne Carrière à partir du 28 Août 2014. Traduit de l’anglais par Marie de PREMONVILLE.

Publicités

À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :