Dieu me déteste, Hollis SEAMON

« Le matin d’Halloween, je me suis réveillé au fond du trou. J’avais fait un rêve – c’était justement le matin d’Halloween, il y a bien longtemps. C’était comme retourner à l’un des plus beaux jours de ma vie, comme s’il était resté planqué sous mes paupières tout ce temps, à attendre que je le revive. Cette période de l’année a toujours été ma préférée : c’est la fête la plus cool au monde, pour un gosse, et elle enchaînait directement sur les préparatifs de mon anniversaire, le 12 Novembre – le paradis sur terre. Dans le rêve, c’était exactement comme autrefois, quand j’avais genre huit ans et que j’étais totalement surexcité par mon costume de loup-garou. C’était à peu près trois ans avant que les vrais monstres fassent leur apparition dans ma vie.Chirurgiens, cancérologues, radiologues, tous ces types armés de couteaux, de poisons et de rayons mortels. C’était au bon vieux temps, quand les monstres, c’était pour de faux. »

dieu me deteste

Le roman incontournable de ce début d’année !

Richard CASEY est atteint d’un mal particulier qu’il nomme le DMD. Le Dieu Me Déteste. Il est à l’aube de ses dix-huit ans et sait qu’il n’arrivera pas à ses dix-neuf, et nous suivons son évolution au sein d’un hôpital, section soins palliatifs.
Richard CASEY n’en reste pas moins un ado. Et comme tous les ados, il aimerait connaître les cuites, les soirées entre amis, et surtout les filles et leur sexe. Il a l’impression d’avoir loupé beaucoup de choses et ne sent pas de mourir sans les connaître.
On rencontre tout l’étage de soins palliatifs dans ce roman. De la femme dans le comas depuis des siècles à la harpie qui joue à l’entrée. On rencontre deux drôle de types qui gardent le sourire et qui séjournent dans la chambre en face de celle de Richard. On rencontre aussi Sylvia qui est un peu plus jeune que Richard et n’a plus un cheveu sur le caillou, cause de la chimio.
Evidemment nous avons aussi un panorama du personnel de l’hôpital, avec chacun son caractère et ses réactions face à un enfant malade. Puis les prêtres présents, appelés communément Frangin et qui prennent beaucoup de place…
Nous rencontrons la famille de Richard. Sa mère, absente malgré elle à cause d’une vilaine grippe, sa grand-mère, et surtout son oncle Phil qui est resté un enfant et est le reclus de la famille. En parlant de famille, on a aussi un panorama de celle de Sylvia avec qui Richard passe la plupart de son temps, et quelques visiteurs de chambres annexes.
Tant de portraits qui se dressent, fiers et humbles, face à ce phénomène qu’est l’attente de la mort.  Chacun a son rôle à jouer. Tous sont différents, attachants, ou repoussants.
Et nous suivons Richard. Nous sommes dans sa tête, dans son corps meurtri.

Mais attention ! Richard n’est pas du genre à se laisser faire, et il creuse un décalage énorme entre le lieu dans lequel il est et sa personnalité. Il vacille entre cynisme et humour noir. Il décape. Il transgresse. Il provoque.
Et c’est parti pour une ballade de huit jours dans l’hôpital en fauteuil roulant.

« – Alors, qu’est-ce que tu fais de tes journées, ici ? Je veux dire, où sont ton ordinateur, ta musique, ta console ? OK, je vois la télé, mais à part ça ?
Je ne veux pas le lui raconte, mais je ne fais plus d’e-mails ni de textos, pour une raison toute simple, c’est que je n’y vois plus très clair. Mais c’est un des trucs qu’il n’a pas besoin de savoir, que quand on arrive à ce stade, on n’a plus franchement la vision laser. »

 

Un roman fort, puissant, dont le personnage vous habitera des nuits, des jours durant. Richard nous colle à la peau et nous offre un véritable florilège de bonne humeur et d’optimisme dans un monde où tout semble le confronter à l’horreur. Entre Halloween et son anniversaire il y a peu de temps, mais il compte bien en profiter. La censure est interdite.
C’est un roman dont il est très difficile de parler tant son expérience est unique, mais j’espère vous donner l’envie de le lire.
« Peut-on rire de tout ? » demande Cabu. Et si nous avions un début de réponse dans ces quelques pages fortes et émouvantes ?
Si vous avez ce roman entre les mains, alors vous tenez une perle. Ouvrez-le, lisez la première page, et je vous mets au défi de vous arrêter avant la fin.

On passe volontiers du rire aux larmes, sans même en comprendre la raison. Des mots choisis, puissants, qui nous font l’effet de grosses claques dans la gueule. Du cynisme tendre, des personnages singuliers. On se retrouve dans un monde nouveau. Et nous pourrions être ce passager, dans le train, qui regarde par la fenêtre et pense à tous ces gens couchés dans leur lit d’hôpital à rêver de liberté. Parce que oui, c’est de liberté dont a envie Richard. Il a envie de pouvoir être seul pendant plus de cinq minutes. Il a envie qu’on frappe à sa porte avant d’entrer, il a envie de pouvoir fumer, picoler, s’il le décide. Il a envie de pouvoir aimer Sylvia comme elle est. Et l’amour peut blesser. Profondément.
Vous retrouverez de la violence, de l’aventure, du défi, de la sociologie, même, et de la philosophie… Vous retrouverez une leçon de vie dans ce livre. Ne la laissez pas filer.

Bienvenu dans un livre optimiste… à l’étage des soins palliatifs.

 

Pour finir de vous convaincre, je vous informe que la maison d’édition est créée et dirigée par Stephen CARRIERE (ed. Anne CARRIERE) et Dominique BORDES (ed. Toussaint Louverture). Avec ça, si vous hésitez encore, je ne peux rien pour vous.

 

Roman disponible dés demain en librairie aux éditions La belle colère. Traduit de l’anglais par Marie de PREMONVILLE.

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À propos de Antoine

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