Zoom sur… La collection Pépix aux éditions Sarbacane !

L’ogre au pull vert moutarde, Marion BRUNET

« – L’AVENIR !
– Hein ? a fait Yoan.
– C’est l’avenir qui donne un si joli goût à la chair des enfants. Ça pétille sur la langue, vous voyez ? Comme une glace à la fraise pour vous. »

9782848656830FS

Nous voilà immergé dans une nouvelle collection qui apparaît aux éditions Sarbacane. Et quelle collection ! Nous nous retrouvons face à des textes qui pourraient être publiés dans la collection Witty d’Albin Michel (avec des auteurs comme David WALLIAMS, par exemple). Le seul vrai problème, c’est qu’ils ont des auteurs Français. En soi, je n’ai rien contre. J’aime la littérature de mon pays. Mais pour ce qui est de l’humour, parfois… Ça passe ou ça casse… Et là, j’ai le regret de dire que je n’ai pas été si emballé que je l’aurais voulu.

Certes, ce roman s’adresse à des enfants d’école élémentaire. Certes, j’ai toujours eu un humour plus que douteux pour ne pas dire ringard… Et je dois l’avouer, j’ai ris aux éclats lors d’une réplique de ce livre. Mais ça ne fait pas tout.

La force d’auteurs comme David WALLIAMS est leur manque considérable de sérieux. Un humour bien british qui n’est pas sans rappeler les Monty Python, qui frôle l’absurde et qui propose des réflexions si on creuse un peu. Ici le texte est relativement plat, l’humour forcé, et il y en a parfois une couche de trop…

Je me suis lancé corps et âme dans ce roman, déjà convaincu par la veine Sarbacane, et je suis tombé de haut. Au bout de quelques pages j’ai failli le retourner. Mais quelle erreur c’aurait été ! Il faut savoir patienter, car comme on dit, « tout arrive à point à qui sait attendre », et un peu avant la moitié du livre on se retrouve pris dans l’élan de l’histoire qui peine à démarrer.

Oui, me direz-vous, mais ce livre alors, de quoi traite-t-il ?
Je vous propose un petit topo rapide :

Abdou (le narrateur) et Yoan (son pote, son frère comme il l’appelle), sont placé en foyer d’accueil. Non pas qu’ils l’aient mérité, on ne mérite jamais ce genre de chose, comme le rappelle l’auteur, mais parce que leurs parents ne savaient plus s’occuper d’eux correctement.
Ils rêvent ensemble d’un avenir meilleur. D’un avenir où l’un serait boxeur, l’autre réalisateur.
Mais pour le moment, ils sont plutôt adeptes des petites conneries comme savent les faire les enfants. Et la première, évidement, est de défier l’autorité qui les enferme. Oui, parce qu’autant qu’on se le dise tout de suite, le dirlo, dans cet établissement, est un brave con.
Surgit alors le nouveau veilleur de nuit. Un grand bonhomme, très fort, qui ressemble à une armoire. Il est laid, a des pustules plein la tronche, un tout petit nez, et il n’a pas mangé depuis trois mois. Vous l’aurez compris, ce veilleur de nuit n’est pas comme les autres.
Alors que nos deux complices quittent leur chambrée dans le but d’aller tester les limites du p’tit nouveau, ils se retrouvent confronté à un problème de taille : le veilleur se fait menaçant et idiot. Il leur apprend qu’il est un ogre…
La fuite paraît alors impossible. Courir, c’est même pas la peine d’y penser. Ils vont alors monter un stratagème pour gagner du temps jusqu’au petit matin : ils vont faire parler le vieux monstre. Et nous ne tardons pas à nous rendre compte que sous la plus vilaine carapace peut se cacher quelqu’un de doux.
Mais attention, un ventre qui crie famine, chez un ogre, ça relève de l’impossible… Jusqu’où ira la maîtrise de l’ogre, et le plan de nos deux amis ?
Nos inséparables se verront alors affublé d’un super pouvoir, appelé « La Boule ». Mais qui est-elle vraiment ?

« D’abord, un ogre est affreux. Il a la figure cramoisie, parsemée de petites pustules (à l’adolescence, c’est pire). Et il en est FIER. »

Le roman est entrecoupé de séquences apprentissage. Tel un aparté au théâtre, l’un des personnages prend un rôle tout à fait didactique. Évidement, on reste dans l’humour et la dérision. Nous avons par exemple Abdou qui nous apprend à traduire le langage des adultes, ou bien même la recette de l’ogre pour rendre un vieux (entendons ici personne âgée) mangeable.
Ces apartés sont construits de façons simple : plusieurs paragraphe avec un point soulevé à chaque fois.

Et je crois que je viens de mettre le doigt sur le problème principal du livre. Parce que ça pourrait être drôle et perspicace, mais le format qui est choisi, est, à mon avis, à revoir. C’est à travers ces apartés que l’humour s’alourdit pour devenir à la limite du pathétique.

Allez, je m’arrête là avant qu’on appelle ça de l’acharnement. Surtout que, très honnêtement, je suis allé au bout sans réelle difficulté et je suis persuadé que c’est le genre d’ouvrages qui marchera avec les p’tits jeunes qui entrent dans la lecture plaisir après avoir fait quelques années d’apprentissage. Le thème choisi est délicat mais bien traité. On y retrouve des éléments clés et surtout des stéréotypes dénoncés. L’auteur dit ce qu’il y a à dire. Le seul hic, finalement, c’est que nous n’avons pas le même humour. Mais je reste persuadé qu’on peut rire de tout, ne vous inquiétez pas.

PS : un deuxième ouvrage dans la collection Pépix est paru en même temps… Je le lirai tout de même très bientôt !

Ouvrage disponible aux éditions Sarbacane dans la collection Pépix depuis Mars 2014.

 

Sacrée souris, Raphaële MOUSSAFIR

« Quitte à être trop petite, autant ne jamais grandir. »

sacree souris

Comme promis je me suis lancé dans le second ouvrage publié dans la collection Pépix ! Je partais, vous l’imaginez, plutôt négatif même si je sais que l’habit ne fait pas le moine (dites ça à François PERRIN tiens !).
Et bien figurez-vous que j’ai été plus emballé. L’histoire est plus fluide. On sent un peu moins que l’auteur veut en rajouter des caisses, et malgré un côté un peu plus moralisateur (bien manger, bien se laver les dents…) on arrive à sourire. Tout est pris au second voir au troisième degrés pour notre plus grande joie.
L’histoire en deux mots ? C’est parti !

Et bien figurez-vous que ce livre va vous apprendre un mystère qui demeure depuis bien trop longtemps. Il s’agit en fait de la vie de la petite souris. Si, si, celle qui vous file de la thune sous le coussin la nuit contre une petite dent ! Elle se livre et nous raconte tout ! Avis aux fanatiques de témoignages, la Petite Souris sort de son trou !!!
Et alors attention, elle n’a pas sa langue dans sa poche ! Elle a plein de choses à nous raconter, et on finit même par se demander si tout ça est bien vrai !
M’enfin, quoi qu’il en soit, elle va vous apprendre en exclusivité chez Sarbacane pourquoi elle a besoin de petites quenottes… Et oui, vous vous figuriez tout de même pas qu’elle vous filer un peu d’argent juste pour le plaisir ?! Elle en fait quelque chose de ces dents… Et même s’il a été difficile de communiquer avec les petits êtres humains comme vous – et comme moi – elle y est parvenue ! Ce n’est pas dénué d’aventures, de suspens, et de moments de doutes. Le tout saupoudré d’une bonne tranche de rigolade !

De plus, on trouve dans ce livre seulement quatre petits chapitres consacré à nous donner de bonnes leçons ! Ils sont ni trop court, ni trop long et fait avec goût, dérision et humour.

Alors, régalez-vous bien. Et pensez à vous laver les dents… Déjà qu’elle vous donne une petite pièce… !

Ouvrage disponible toujours aux éditions Sarbacane et toujours dans la collection Pépix depuis Mars 2014.

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À propos de Antoine

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