Zoom sur… L’auteur Eduardo BERTI

« Eduardo Berti est né à Buenos Aires en 1964 et vit à Madrid. Traducteur, critique littéraire et éditeur, il est l’auteur, chez Actes Sud, de Madame Wakefield (Babel n° 789), La Vie impossible (2003), Tous les Funes (2005),Rétrospective de Bernabé Lofeudo (2007), L’Ombre du boxeur (2009),L’Inoubliable (2011) et Le Pays imaginé (2013).  » nous dit le site des éditions Actes Sud.

eduardo-berti

A l’occasion de la semaine Argentine à Vienne et de la venue de l’auteur, j’ai pris soin de m’intéresser d’un peu plus prés à son oeuvre… Et il est difficile de passer à autre chose !

Plus que de simples lectures, les trois ouvrages que je vais vous présenter ont été pour moi une espèce de révélation. Pour tout vous dire, à part Leandro AVALOS BLACHA (Berazachussetts, Côté cour, éditions Asphalte), je ne connaissais pas d’auteurs argentins… Ou en tout cas n’en avais pas lu !

Je partais donc plutôt vierge, quand on connais les penchants littéraires de AVALOS BLACHA et qu’on sait à quel point il est unique, et je me suis laissé porter par la lecture…

Retrospective de Bernabé LOFEUDO (éditions Actes Sud, 2007)…

bernabé

Bernabé LOFEUDO est un cinéaste. Et pas n’importe lequel ! Ce réalisateur a beaucoup fait parler de lui au début du XXe siècle pour ses films érotiques… Il partait du principe qu’un homme peut bander si le réalisateur se donne les moyens de le faire.
Il rencontre alors sa muse lors d’un tournage. La belle, fine, discrète Nelly MARCHI. Ils vont vivre l’idylle amoureux. Ils vont tourner ensemble, et ils vont exciter le public. Jusqu’au jour où, évidement… Tout bascule.
Le fils de Bernabé, fils d’un premier amour, raconte tout ça dans ses mémoires. Il nous parle de son père sans aucune gêne et donne même quelques informations qu’il aurait voulu garder secrètes…
Evidement, quand le cinéma au milieu des années 1920 prend un virage important, celui de la parole, Bernabé doit revoir sa façon de travailler.

Alors, vous connaissez Bernabé LOFEUDO ? Non ?
C’est normal, il est inventé, tout comme ses scénarios, de toute pièce par notre cher Eduardo BERTI…

Un roman absolument fascinant où se mêle fiction et réalité historique. Nous nous retrouvons plongé dans un début de siècle qui paraît déjà bien loin. Un début de siècle où les mœurs n’étaient évidement pas les mêmes qu’aujourd’hui…
Plongez dans ce roman qui ne manquera pas de vous donner des frissons, tant par son érotisme que par son ingéniosité.

L’Inoubliable (éditions Actes Sud, 2011)…

inoubliable

 L’inoubliable, c’est le titre de cette petit nouvelle de Rémy de Gourmont (auteur français du XIXe). Et c’est cette petite nouvelle, ou plutôt des bribes de cette nouvelle, que déclame le dentier de Mme Elvira RIAL lorsqu’elle éteint la lumière pour aller se coucher… Elle a un problème avec les dents. Sa bibliothèque regorge de récit sur les dents, et après L’Inoubliable, le dentier passe volontiers au reste. Mais quand il aura tout lu sur les dents, qu’arrivera-t-il à Mme RIAL ?

L’inoubliable est aussi le nom du livre de Eduardo BERTI. Ce livre regorge de nouvelles, douze au total, toutes plus extravagantes les unes que les autres. Je viens de vous parler de celle qui a donner son nom au livre, mais vous avez aussi la femme lectrice compulsive de journaux qui les reçois tous quotidiennement, vous avez un homme qui porte en lui une guerre passée qui n’a pas cicatriser. Des éclats d’obus sont disséminés dans son corps. Vous avez aussi le petit jeune qui pense que la malformation de son nez dont tout le monde se moque est en fait quelque chose de génétique. Il semblerait même que ses parents aient eu un conflit par rapport à ça… Et l’ultime, dont je suis obligé de vous parler, sur une tradition japonaise qui revient à se raconter entre amis des histoires de fantômes. Chaque fois que quelqu’un a raconté son histoire, il éteint une bougie. Le frisson monte en cadence, mais jusqu’où ira-t-il ?

Un livre de nouvelles absolument fabuleuses. La nouvelle n’étant pas mes lectures de prédilection, je me suis immergé de courage avant d’attaquer, pour finalement, après la première, dévorer le livre. Pour ce qui se posent la question, oui, les nouvelles ont des chutes, et elles ne vous laisseront aucun répit ! Moment agréable assuré, bien que trop court !

La vie impossible (Actes Sud, 2003)…

vie impossible

La vie impossible est un petit ouvrage très particulier puisqu’il recèle non pas d’un roman, ni même d’un récit, pas non plus de nouvelles, mais de très courts paragraphes qui n’ont pas de rapport les uns avec les autres. Ça vous paraît étrange ? Et bien sachez qu’on s’y retrouve parfaitement ! Chaque page pourrait être un début de roman oublié qui passe sous la plume de Eduardo BERTI. La générosité d’un artiste prêt à délaisser ses plus grandes idées au profit de… Rien du tout. Il balance ainsi plusieurs pistes, souvent assez caustiques, voir cyniques.
Il fait même des petits clins d’oeil à d’autres livres, comme par exemple à cette jeune femme, vu ci-dessus, qui lit compulsivement ses journaux. Il en écrit ici l’article.
En une phrase tout commence et tout se termine, la puissance des mots, des idées, et des phrases est spectaculaire.

Un exemple ? « Un autre dinosaure : Quand le dinosaure se réveilla, les dieux étaient encore là, en train d’inventer à toute vitesse le reste du monde. », « Paternité : Tout homme veut redonner naissance à ses parents. C’est de cette initiative manquée que naissent les enfants. ».

Pas encore convaincus ? Lisez donc la petite page appelée « Eduardo BERTI ». Ça finira à vous faire céder !

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Voilà le petit échantillon que je souhaitais vous faire partager pour avoir encore de bonnes lectures ! Quelques liens sont à faire entre les différents bouquins, et des thèmes y sont récurrents. Notamment le thème du cinéma, qui, nous le sentons, fascine l’auteur.

Bonnes lectures !

Tous ces ouvrages sont traduits de l’espagnole (Argentine) par Jean-Marie SAINT-LU.

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À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

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