Sans nouvelles de Gurb, Eduardo MENDOZA

« 17h23 – Je me rends en ville par un transport public appelé Chemins de Fer de la Generalitat. A la différence des autres êtres vivants (par exemple le scarabée du chou » qui se déplacent toujours de la même manière, les êtres humains utilisent une grande variété de modes de locomotion, lesquels rivalisent de lenteur, d’absence de confort et de puanteur, encore que sur ce dernier point les taxis et les pieds semblent battre tous les records. Le métro est le moyen préféré des fumeurs, l’autobus celui des personnes, en général d’un âge avancé, qui aiment faire des exercices d’équilibre. Pour les distances plus grandes, il existe ce qu’on appelle des avions. »

 

gurb

 

Ce petit livre est écrit sous forme de journal. A la place des jours, c’est le système de l’heure qui est mis en place. Le narrateur cherche Gurb, son fidèle compagnon depuis plusieurs centaines d’années, avec qui il s’est rendu sur Terre. Ça vous paraît étrange ? Ce n’est que le début.
Nos deux extra-terrestres (et surtout pas Martiens), sont venus dans le but de comprendre l’Homme et la Terre. Pour se fondre dans la masse, Gurb a pris l’apparence d’une jeune femme plutôt joli qui répond au nom de Madonna. Evidemment, avec cette allure il ne tarde pas a tomber dans un traquenard et à disparaître.
Nous voilà alors dans l’affolement de son compagnon qui va a son tour prendre plusieurs apparences selon les circonstances et qui va vivre l’aventure de l’être humain pendant tout un livre. Et quelle aventure ! Entre les canons à boire, les moyens de transport, le langage, l’esprit et les bonnes manières… C’est pas simple d’être un Homme !
Encore moins d’être un Homme espagnol, si on en croit Eduardo MENDOZA qui nous peint une société pourrie par le gouvernement.

Au delà du simple récit d’aventure burlesque et touchant, nous retrouvons une critique sociale sans égale !

Un roman jubilatoire où on passe du stress au rire en un claquement de doigt. Une minute passe, et les aventures s’enchaînent… et ne se ressemblent pas.

 

Un roman écrit à la première personne qui transporte immédiatement le lecteur dans une position de parti pris. Nous ne pouvons absolument pas nous détacher de ce personnage si singulier qui nous procure tant d’émotions différentes. Le système de journal de bord apporte un effet supplémentaire avec un notamment un comique de répétition hilarant a plusieurs reprises.
Un roman très bien dirigé par son auteur qui en tire toutes les ficelles. Construit pour divertir et faire réfléchir, il vaut le détour et le coup d’œil !
Une seule question nous turlupine. Où est donc passé ce Gurb et surtout… Que lui arrive t-il ?

 

Il n’y a rien de plus dangereux que de goûter à la liberté de l’être humain. Aussi factice soit-elle.

 

Ouvrage disponible en poche aux éditions Points depuis Mai 2013 et en grand format depuis 1994.
Traduit de l’espagnol par François MASPERO.

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À propos de Antoine

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