Une terre d’ombre, Ron RASH

« Boyce a raison, y a des choses que les gens ne devraient pas se faire, même à la guerre. Quand j’étais là-bas, j’ai entendu des histoires horribles, de bébés tués à coups de baïonnette, d’un général boche qui avait une baignoire pleine d’yeux. J’ai jamais rien vu de pareil et je pensais que c’était des histoires à dormir debout.Même ce qui m’est arrivé, je me disais que c’était l’affaire d’un petit salaud. Mais maintenant… »

ron rash

 

Hank et Laurel vivent dans une petite ferme décrépite, héritée de leurs parents, dans un vallon qui est dit maudit. Laurel a une tâche de naissance qui la fait passer pour pas moins qu’une sorcière, alors que Hank revient de la guerre privé d’une main.
Ensemble, ils vivent la solitude et les propos malsains des habitants autour. Ils s’isolent de plus en plus, jusqu’à ne plus aller dans la ville. Laurel passe son temps à laver du ligne et l’emmener sécher prés de la rivière où elle trouve un peu de repos alors que Hank travail dur à la ferme dans l’espoir de quelques récoltes.
Le temps semble long et interminable. Pourtant, les jours paraissent beaucoup plus courts lorsqu’entre deux bouts de tissus séchés Laurel entend une douce musique qui la sort de sa torpeur.
Walter. Walter, le musicien prodige de New York est perdu dans ce trou. Il vit de l’eau de la rivière, de quelques pommes et de sa musique depuis que son retour à New York a été compromis à cause de la guerre.

Après cette rencontre forte et pleine de douceur, Laurel va vite se rendre compte que cet inconnu qui ne parle pas mais peut simplement hocher de la tête lui plait. Ensemble, ils vont vivre l’idylle amoureux. Mais tout ne fait que commencer. La guerre n’a pas dit son dernier mot, et leur relation pure se transforme bientôt en un enfer pour le monde qui les entoure.

 

Ron RASH nous expose ici une vision nouvelle de la guerre. Parfois au bord du conte à la Mingarelli, il nous offre un texte plein de tendresse dans un monde noir et épouvantable. Il nous dresse le portrait d’un espoir à travers un homme qui ne sait ni parler ni écrire, ni même lire.

La musique a une place importante. Elle suit le roman tant dans les fêtes alcoolisées que dans les moments intimes.

C’est une écriture agréable qui prend le lecteur et ne le lâche plus, malgré quelques petites longueurs. Le suspens est parfois à son comble, la contemplation prend parfois le dessus, et Ron RASH nous propose un roman pas bien loin du Nature Writing. Un vrai petit plaisir à partager.

Préparez-vous à entrer dans une petite bourgade où le préjugé domine et où la liberté n’est qu’un leurre.

 

Roman disponible aux éditions du Seuil depuis Janvier 2014. Traduit de l’anglais par Isabelle REINHAREZ.

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À propos de Antoine

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