Goodbye Berlin, Wolfgang HERRNDORF

« Je relève le bas de mon pantalon et je regarde en dessous. Et là, j’ai exactement une seconde pour m’étonner. Si je voyais ça dans un film, j’aurais sûrement la nausée, je me dis. Et le fait est que je me mets à avoir la nausée, là, dans cette station de police d’autoroute. Et c’est rassurant, aussi, quelque part. L’espace d’un court instant, je vois encore mon reflet dans le lino venir à ma rencontre. Et puis ça fait boum, et je suis parti. »

 

goodbye berlin

 

C’est ainsi que commence l’histoire de Maik. On le retrouve dans un commissariat de police, au bord d’une autoroute, et on n’en sait pas plus. Le roman se poursuit dans un hôpital. Maik va alors nous raconter son aventure qui ne manque pas de piquant.

C’est un jeune adolescent qui n’a pas l’habitude d’être invité aux fêtes d’anniversaires, à qui on ne propose pas d’aller taper dans un ballon le week-end; il est de ceux qui sont qualifiés de bizarre et de solitaire. Secrètement amoureux de la bombe du lycée, Tatiana, il n’ose pas l’aborder et ne manque pas de se ridiculiser dés qu’il la croise.

Vous l’aurez compris, Maik n’a rien d’un héros ordinaire, mais plutôt d’un jeune en pleine crise que personne ne comprend. Seulement l’arrivée de Tschick, un jeune Russe juif, va bouleverser son quotidien. Tschick se voit attribué quasiment les mêmes adjectifs que le jeune Maik. Maik lui-même a du mal à l’accepter, jusqu’à ce qu’il s’impose.

Ensemble, ils vont alors partir dans une Lada volée au gré du vent. Tout droit jusqu’en Valachie. Et la route ne sera pas sans embûche, rencontres, et révélations… Mais que cachent réellement ces jeunes adolescents ? Les blessures peuvent remonter loin. Très loin.

 

Wolfgang HERRNDORF propose une lecture plaisir dans une ambiance qui noircie tout au long du roman. Une écriture qui reflète un langage parlé, qui pourrait être un journal, met le lecteur à une certaine distance… Ou au contraire le rapproche des personnages. Des petites rencontres tout au long du parcours permettent au lecteur de souffler un peu dans cette trépidante aventure.

Au delà du simple road-trip on trouve une critique sociale du point de vue de deux gosses allemands, ce qui est très intéressant tant pour les jeunes lecteurs que pour les adultes, car on y trouve un humour assez grinçant dans des sujets sensibles comme le nazisme. Derrière une certaine légèreté, on y trouve évidement une grande souffrance.

 

C’est parti, on allume ses feux, on brave les dangers et l’autorité, on roule à 150 à l’heure, on en rajoute un peu pour frimer, et l’aventure peu commencer !

 

Ouvrage disponible aux éditions Thierry Magnier depuis Mai 2012. Traduit de l’allemand par Isabelle ENDERLEIN.

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