L’océan au bout du chemin, Neil GAIMAN

« Personne n’est venu à la fête de mon septième anniversaire.
Il y avait une table garnie de gelées et de petits gâteaux, un chapeau de cotillon auprès de chaque place et un gâteau d’anniversaire avec sept bougies, au centre de la table. Le gâteau était décoré d’un dessin de livre, avec du glaçage. Ma mère, qui avait organisé la fête, m’a raconté qu’aux dires de la dame de la pâtisserie, ils n’avaient encore jamais dessiné de livre sur un gâteau et qu’en général, pour les garçons, c’étaient des ballons de football ou des engins spatiaux. J’étais leur premier livre. »

ocean

Le héros de cette nouvelle histoire de Neil Gaiman mène une petite vie sans soucis majeur. De tempérament plutôt calme et solitaire, il n’a pas beaucoup d’amis et ça lui pèse un peu parfois. Seulement ça, c’est le personnage à l’âge de sept ans. C’est l’histoire qu’il nous raconte quand il en a quarante de plus et que tout peut paraître incertain.

Le regard des souvenirs d’un enfant sur le monde peut être merveilleux ou désagréable. Mais l’enfant se réfère t-il réellement au souvenir, ou plutôt à la sensation qu’il a eu à un instant T ?

Nous sommes donc dans notre petit monde bien contemporain, le héros revient sur les traces de son passé, à la maison qui a bouleversé sa vie et ses théories du monde. Il retrouve la vieille Mme Hempstock qui se souvient avoir vu et vécu le Big Bang. A moins que ce ne soit Lettie, sa petite fille qui a des souvenirs si lointains qu’elle finie par les confondre ? Selon elles, la vrai vieux pays avait explosé.

Voilà notre héros au bord de l’océan, ou de la mare. Lettie a toujours dit venir d’ici, venir de l’océan, d’au-delà l’océan. Pourtant il ne mesure pas bien long et les adultes l’appellent « la mare ». Les souvenirs remontent à la surface, et nous voilà plongés, pour notre plus grand bonheur, dans l’incroyable histoire d’un enfant de sept ans qui, comme tous les enfants curieux, décide d’aller là ou c’est interdit… Et il n’en reviendra pas indemne.

Ses parents n’ont plus les moyens de garder la maison, et à la place de la revendre, ils décident de louer le premier étage. Dans le même temps, un homme se présente, bien habillé. Il finira mort suicidé dans la voiture des parents du gamin.
Enfin, Ursula Monkton se présente. Elle semble ravissante au premier abord et son but est de rendre tout le monde heureux pour être bien dans son monde. Elle finira par avoir des relations privilégiées avec certains membres de la famille… Et notre petit bout d’homme ne la supportera pas. Et pour cause, elle cache des secrets qu’on ne peut imaginer, ni même concevoir. Pas en tant qu’adultes, en tous cas…

« Ursula Monkton, assise à côté de mon père, me fixait, avec un infime sourire au coin des lèvres. 
Je savais que je ferais mieux de me taire, de garder le silence, de bouder. Mais je n’ai pas pu me retenir. Il fallait que j’explique à mon père pourquoi je ne voulais rien manger.
<<Je veux rien manger qu’elle a préparé, lui ai-je déclaré. Je l’aime pas.>> »

Avec L’Océan au bout du chemin, Neil GAIMAN signe un ouvrage spectaculaire qui nous embarque de la première à la dernière page. Comment se sortir simplement d’une lecture si puissante et si tendre à la fois ?
Il arrive de se demander objectivement s’il s’agit d’un roman pour la jeunesse ou pour adultes, et aujourd’hui encore je ne saurais y répondre. Il est évidement que ça plaira aux ados, mais aussi aux accrocs de fantasy. L’emploi de la première personne permet une identification momentanée, et surtout une impression de complicité avec un passé qui ne reviendra plus, avec l’enfant que nous ne sommes plus et avec la nostalgie qui peut parfois envahir lorsque nous y pensons.

Des personnages attachants et très mystérieux, un petit héros qui ressemble très franchement aux petits détectives courageux que nous avons été étant jeunes, des parents qui sont dans un troisième monde ou tout semble aller pour le mieux… Et tous les ingrédients y sont pour passer un très agréable moment.

Agréable moment que manifestement nous pourrons aussi passer au cinéma d’ici quelques années puisqu’il semblerait que le réalisateur Joe Wright ait décidé de l’adapter… !

Ouvrage disponible aux éditions Au diable Vauvert aux alentours du mois de Juin 2014 et traduit par Patrick MARCEL.

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À propos de Antoine

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