La chèvre de M. Seguin, récité par Jacques BONNAFFE

« Il y a quelques années, jeune compositeur et tout nouvel enseignant auprès des enfants, j’ai redécouvert l’un des plus beaux contes d’Alphonse Daudet : La chèvre de M. Seguin. »

chevre

Aujourd’hui, ce fut à mon tour de le redécouvrir avec Jacques BONNAFFE. Fidèle au texte qui l’a tant touché, il nous propose une lecture donnant vie aux personnages. Sa voix chaude et envoûtante transporte celui qui l’écoute dans le conte d’Alphonse DAUDET. Une large place est laissée à la musique, qui est la plus grande des voix et meilleure illustratrice du conte. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser entraîner dans les flots de violons, de flûtes ou de basses. Un tourbillon qui envoûte littéralement jusqu’au frisson sur la peau.

Tout est réfléchis, le ton y est. Chaque personnage se voit attribué une famille d’instrument suivant son caractère. C’est ainsi qu’on en vient à donner à Blanquette, la chèvre, les bois pour sa bravoure. Le bon M. Seguin qui fait de son mieux pour satisfaire Blanquette se voit attribué les cordes qui oscillent entre mélancolie et tendresse et le loup aux crocs aiguisés a droit aux cuivres, féroces et froids.

Plus loin que de simples symboles, les instruments ont aussi et surtout pour but de rendre ces personnages attachants, de les reconnaître dans un souffle, de les différencier. Le tout est fait d’un pèle-mêle musical allant de la symphonie à la musique de chambre avec quelques influences jazz.

Le conte d’Alphonse DAUDET évolue en des parties si distinctes que Jacques BONNAFFE nous confie l’avoir tranché en quatre parties pour ses musiciens et auditeurs. Quatre parties distinctes qui permettent de découper et étudier le texte à travers une écoute ludique et agréable, et des illustrations d’Eric BATTUT tout aussi significatives. Le code couleur ayant son importance tant dans la musicalité écrite qu’orale ou instrumentale, l’illustrateur a su s’emparer de la compréhension collective pour créer, suivant la musique et le texte, des nuances de rouges, oranges pour des moments haletants, ou bleus et verts pour des moments plus calme.

Un petit rappel de l’histoire d’Alphonse DAUDET :

M. Seguin voit ses six chèvres s’enfuir de leur enclos les unes après les autres. Elles semblent s’ennuyer terriblement. Il décide cependant d’en acheter une septième, plus jeune, pour l’habituer à la vie à la maison. Mais lorsqu’elle grandira, celle-ci aussi rêvera de dévaler les montagnes en courant, de brouter l’herbe sauvage et de sentir la liberté l’envahir. Seulement elle sait que le loup n’est jamais bien loin…

Quittera-t-elle son nid douillet pour la liberté ? Elle qui n’en peut plus d’être attaché à un poteau toute la journée et rêve d’évasion, sera-t-elle capable d’affronter le loup ? Se verra-t-elle subir le même sort que ses cousines éloignées ?

« – Comme on doit être bien là-haut !

Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !… 

C’est bon pour l’âne ou le bœuf de brouter dans un clos !… »

Si vous ne lisez pas le texte, au moins écoutez et faites écouter ce bel hommage de la part du conteur compositeur Jacques BONNAFFE.

Livre-CD disponible aux éditions Didier jeunesse depuis Mars 2008.

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