Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susin NIELSEN

« C’est à cause de cette voix de robot que je me suis retrouvé ici. Après toute l’histoire avec maman, à Noël, mes « furies » sont revenues et je me suis mis à parler comme un robot vingt-quatre heures sur vingt-quatre […] L’intérêt de parler robot, c’est que cela permet de tout dire sans exprimer la moindre émotion. »

 

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Henry K. Larsen cache un lourd secret. Une terrible tragédie. Il n’arrive pas à en parler, il n’arrive pas à l’exprimer. Même sa voix de robot semble ne pas suffire à cacher sa douleur, son impuissance face à l’absurdité naquit suite à un acte atroce.

Il vit dans un monde de pensée, un  monde nostalgique, mais aussi un monde nouveau.

Suite à son déménagement récent, il se retrouve dans une nouvelle école, vierge de toute histoire, de toute suspicion et de tout jugement. Mais tout nouveau a droit à sa dose de bizutage. Et Henry K. Larsen va le vivre de prés, avec la brute du lycée qui le prend dans son collimateur. Heureusement, il rencontre aussi Farley et Alberta, tous deux membres d’un groupe qui joue à mesurer sa culture. Un groupe qui joue dans une petite salle de cours à Question pour un champion de manière détournée. Un petit groupe de geeks qui n’a de cesse de se faire réprimander par les gros costauds du collège.

Pourtant, ensemble ils vont devenir inséparables.

C’est dans un journal intime que Henry nous dévoile son histoire, page après page, ligne après ligne, en réconfortant et en émoustillant en même temps notre curiosité sur son passé si lourd, sur son drame si perturbant.

Ce journal lui vient tout droit de son psy, Cecil, qu’il trouve complètement has been et très mauvais thérapeute. Mais il va suivre son conseil… Malgré lui.

Quelques personnages important e sont glissés dans le roman. Comme les nouveaux voisins du jeune Henry, une nymphomane et un pot-de-colle. Mais tout n’est pas perdu, ils font revenir un côté pinçant-rire au personnage qui ne manque pas de cynisme.

« Papa et moi venions à peine de commencer à décharger nos affaires du camion de déménagement, il y a trois semaines, que Karen sortait déjà de l’immeuble et fondait droit sur nous, en minijupe et débardeur qui montrait bien trop de chair dans la région nichonnesque. Ses chaussures n’étaient, comme aurait dit ma mère, « absolument pas faites pour marcher ». Je suppose qu’elle pensait ainsi se donner l’air jeune, mais elle se trompait. Elle devait être aussi vieille que maman. »

Ceci est un roman de société. Il concerne chacun de nous de près ou de loin. Ecrit avec une précision à couper le souffle, l’auteur a su s’immiscer dans la peau d’un enfant de douze ans qui a grandit trop vite.

Il sait aussi garder une part de mystère à son personnage. Part de mystère qu’il semble découvrir au fur et à mesure qu’il l’écrit. Au fur et à mesure qu’il l’apprivoise. On évolue avec le personnage, mais aussi avec l’auteur. Avec un style à la fois tranchant, clair et parsemé de rêveries et de fantaisie l’auteur sait nous toucher au plus profond de nous.

Et vous, qu’auriez-vous fait ?

Posez-vous la question, et quand vous vous apercevrez que vous ne pouvez pas y répondre, ouvrez ce livre et chercher des pistes.

On finit en poésie :

« J’aime ton rire de cheval

Ton odeur de naphtaline

Ton œil gauche qui traîne »

Ouvrage disponible aux éditions Hélium depuis Août 2013.

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À propos de Antoine

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