La servante du Seigneur, Jean-Louis FOURNIER

« Tu te souviens ?

Un jour, tu m’as demandé ce que je penserais si tu étais religieuse.

C’était il y a plus de dix ans, on venait d’emménager dans notre maison de Paris. Je t’ai répondu tout de suite que je serais flatté. J’ai même ajouté : <<Dieu est très fair play avec moi. Après tout ce que j’ai écrit sur lui, il me donne une fille religieuse. Il n’est pas rancunier.>> »

fournel

Comme toutes les années, ceux qui le connaissent attendent avec impatience le nouveau Jean-Louis FOURNIER.

Après s’être confié sur ses fils handicapés, sa femme décédée et d’autres thèmes lourds, il s’attaque cette année à sa fille.

Je ne fais pas parti des fervents défenseurs de l’auteur. Je le lis toutes les années, comme un goût nostalgique et lointain, puis quand je termine ses livres je me dis « aller, cette fois c’était le dernier ».

Une fois de plus cette année, il ravira ses lecteurs. Jean-Louis FOURNIER nous fait entrer dans l’intimité de sa relation avec sa fille partie de la maison pour devenir sainte. Il ne la voit plus, il n’a plus de contact, si ce n’est une lettre de temps en temps pour lui rappeler qu’elle prie pour lui et qu’il serait bien qu’il lui donne un peu d’argent pour ne plus être avare et aller au ciel.

Avec le trait d’écriture qu’on connait bien à l’auteur, il va nous tracer avec sarcasme et humour ses regrets, ses pensées et son acerbe point de vue sur la religion. Sa fille rencontre un homme, Monseigneur, qui va lui inculquer la Vérité et lui ouvrir les voies vers le Seigneur en fermant la joie que l’auteur connaissait sur son visage.

Avec des phrases courtes, ciselées, fermes et précises l’auteur dit ce qu’il a sur le cœur face à la perte de sa fille. Secte, bonheur, simple idéologie, ou crise de la quarantaine ? Toutes les probabilités passent par là, mais ne saurons-nous jamais laquelle est la bonne ?

C’est un hymne à l’amour paternel, à la pensée constante du créateur qui a permis notre passage sur terre. C’est un livre qui vous crie de ne pas oublier vos racines, qui vous chante les louanges du bonheur familiale et de l’amour simple et pur qui existe parfois dans les familles.

 

« <<Qu’est-ce qu’elle fait, ta fille, dans la vie ?>>

Difficile à dire.

Pour les garçons, la réponse était simple, c’était rien. Pour elle, maintenant, c’est plus difficile. Je ne sais plus ce qu’elle fait, je sais ce qu’elle ne fait pas.

Elle ne travaille plus, elle ne vient plus nous voir, elle ne gagne plus sa vie. »

Il n’y a pas de suspens. Il n’y a pas vraiment d’histoire, sinon celle que la fille de Jean-Louis FOURNIER peut lire. Il ne restera sûrement pas grand chose dans mon esprit de ce bouquin. Mais j’ai pris plaisir à le lire, vite fait, entre deux autres, juste pour le plaisir de quelques phrases vraiment bien tournées.

Alors après tout, pourquoi pas ? Il y en a bien qui attendent Amélie NOTHOMB tous les ans et qui sont déçu tous les ans. A chacun sa madeleine de Proust.

Mais l’année prochaine, quand même… Je pense que je vais passer à côté !

 

« Quand va-t-il sortir, le livre de Monseigneur ?

– Bientôt.

– Ça fait dix ans qu’il l’écrit.

– Oui, mais c’est un vrai livre, c’est pas comme les tiens.

– Ne vaut-il pas mieux des petits bouquins qui existent qu’un gros qui n’existe pas ?

– C’est un livre destiné au pape, aux évêques, pour réformer l’Eglise catholique.

– C’est une bonne idée ça. Ça devrait marcher. »

Ouvrage disponible aux éditions Stock depuis aujourd’hui !

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À propos de Antoine

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