Archives mensuelles : juillet 2013

L’Ambition, Iegor GRAN

« Quand, dans une course où se joue notre vie, on prend la décision de tourner à gauche plutôt qu’à droite, peut-on avoir la prétention de penser que c’est notre libre arbitre , et lui seul, qui nous mène ? Non, bien sûr. »

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Pour faire simple, il existe deux formes d’ambition : la Lego et la Playmobil. La Lego représente les gens très ordonnés, prêt à monter des châteaux, alors que la Playmobil s’apparente plus à ceux qui son qualifiés de grands rêveurs, qui aiment se laisser surprendre par la vie et ses aléas.

C’est typiquement la vie de Cécile, d’un côté et José de l’autre. José se laisse porter par ses désirs. Sa nouvelle lubie ? Vendre des petites fèves à des collectionneur et ainsi toucher le pactole !

Cécile, elle, ne le comprend pas. Elle souhaite plutôt monter son entreprise et s’imagine très bien dans la peau d’une femme d’affaire. Elle décide de le quitter.

On va alors suivre les deux errances, ponctuées de leur dose d’humour, de fatalité, d’émotion et de choix différents.

Parallèlement à ces deux personnages, nous avons un homme du temps néolithique qui n’a pour seul but que de retrouver la Pierre percée originelle. Il se battra pour son ambition et mélangera habilement les deux sortes contemporaines que représentent nos deux héros.

Il sera malmené par sa femme et sa troupe, il sera face à des choix coriaces ainsi qu’à des énigmes lui mettant des bâtons dans les roues, et surtout, un élevage de chèvres va bouleverser son destin.

Et évidement, il est toujours présent même quand on ne parle pas de lui, nous retrouverons un narrateur exceptionnel qui a une place importante dans ce roman. Une mise en abîme rondement menée nous fera comprendre les clés de l’ambition. Et si nous n’étions que des marionnettes ?

C’est avec une écriture très littéraire et un exercice de style sans faille que l’auteur de L’écologie en bas de chez vous nous emporte dans cette aventure contemplative et pourtant non dénuée d’actions. On s’y laisse mener avec un plaisir qu’on a du mal à qualifier tant il est agréable et surprenant.

Avec des réflexions sociologiques loin d’être dénuées de sens l’auteur fait passer des messages que le lecteur peut saisir à loisir. C’est une lecture à différents degrés qui est ici proposée, un essai sur l’ambition et l’envie de réussir. Oui, un essai. Pourquoi pas après tout ?

A la manière de John PERRY, l’auteur nous parle de procrastination, à la manière de Etienne KLEIN il sait nous parler du temps qui passe, à la manière de Platon il nous propose une allégorie revisitée, à la manière de Jean-Paul SARTRE il nous suggère une théorie existentialiste…. Et la liste est longue, et non exhaustive.

Quand il parle des générations passées et présentes, et qu’il nous laisse imaginer la future :

« Pourtant, à observer nos jeunes monstres se trémousser sur de la musique standard, échanger des platitudes en roucoulant comme des robots, fumer avec de grands gestes d’autruches, à les voir gober dans leurs gorges roses des alcools en prenant des airs de maîtres du monde, je supputai que les Y étaient d’une banalité comparable à celle de leurs ancêtres, les hommes des générations précédentes, les X, les W, les T, les R… »

De plus, qui n’a jamais pris quelques cours de rattrapages ? Certaines scènes deviendront peut-être cultes, alors jetez-vous sur ce bijou de littérature qui s’offre à vous.

Lisez Iegor GRAN, et philosophez sur l’ambition, qu’elle soit Lego ou Playmobil.

Ouvrage disponible aux éditions P.O.L à partir du 22 Août 2013.

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Jason Murphy, Paul FOURNEL

Comme chaque année, le nouveau Paul FOURNEL est attendu avec impatience dans les librairies ! Et cette année encore, après La Liseuse (P.O.L 2012), l’auteur nous propose un tour dans la littérature. Mais attention, pas n’importe laquelle. La littérature beatnik Américaine.

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« Tu ne sens rien parce que tu es une gourde française. Pose tes pieds bien à plat par terre. Tu sens ? C’est ici exactement que l’Amérique prend son élan. Elle va bondir d’un coup. Elle va sauter, elle va lever les Rocheuses sous elle. Elle va fabriquer un nouveau monde. Un Ouest. Si tes pieds ne tremblent pas d’impatience c’est que tu es une petite pute européenne sans âme et sans muscle. Je te laisse ici; juste à l’extrémité de nulle part, pour que tu chies d’ennui et que tu fondes quand viendra la nuit. »

Madeleine, jeune étudiante en pleine écriture de mémoire, se retrouve à examiner de prés les œuvres de Jason MURPHY. Seulement voilà, elle n’est pas seule dans ce cas là. Une bande d’éditeurs décide aussi de s’y intéresser de prés parce qu’une rumeur dirait qu’il aurait devancé Karouac. Imaginez un peu le retournement de l’histoire littéraire américaine si tel est bien le cas ! La chasse au manuscrit sur parchemin est ouverte., et toutes les stratégies sont bonnes pour arriver à sa fin.

Madeleine, qui ne demande rien à personne, si ce n’est à son enseignant original qui semble la titiller, se voit alors intégrer malgré elle des mondes éditoriaux qui la dépassent.

Il y a beaucoup de mystères sur cet auteur des belles années. Et il n’y a pas meilleur solution qu’un petit voyage initiatique.

Retrouvez sous la plume de Paul FOURNEL, lui-même ancien éditeur, président de l’Oulipo et régent du Collège de ‘Pataphysique, une précision du vocabulaire, de la phrase et de la syntaxe employée. Il sait mener son lecteur dans ses mondes fantaisistes et si proches de la réalité. Il se fait même des clins d’œil à ses ouvrages précédents pour ceux qui ont l’habitude de le lire. La liseuse, notamment, est toujours dans sa ligne de mire même s’il semble se réconcilier avec.

C’est ici un roman qui n’est pas sans rappeler celui de Tanguy VIEL, La disparition de Jim Sullivan, par son thème et sa façon d’être exploité. On sent une ironie et un point de vue tranché et tranchant sur la littérature américaine. Rappelons que Tanguy VIEL, quant à lui, dénonce le système d’écriture et les clichés de la littérature outre atlantique, alors que Paul FOURNEL semble plus dénoncer le mythe des personnages qui ont écrit ou fait vivre un ouvrage.

C’est, en outre, un très bon roman une fois encore que nous propose Paul FOURNEL. Il s’agit non seulement d’une aventure littéraire par la forme, mais aussi par le fond. On va déterrer de vieux fantômes afin de les examiner avant d’en tirer certaines conclusions.

On n’a pas besoin d’avoir toutes les références pour lire l’ouvrage de Paul FOURNEL en se régalant. Ce peut au contraire être une porte ouverte à la découverte de grands classiques perdus, oubliés, ou mis sur grand écran.

Et parce que c’est le gros fardeau de ce siècle… Un petit bonus !

« Le vieux a du mal à trouver la porte. Il ne comprend toujours pas pourquoi cette putain de librairie de North Beach est devenue si grande avec toutes ces vitres interminables qui donnent sur Colombus. Il préférait la vieille avec ses vitrines minuscules et son intérieur étroit et encombré, les piles de livres et la poussière, la poussière. Il s’épuise à vérifier dans le rayon des poèmes qu’ils ont mis juste au fond, comme par hasard, ces jeunes cons. Ils ne savent plus rien de la liberté libre. Ils sont des veaux de librairie qui broutent n’importe quelle merde pourvu qu’elle soit imprimée <<Read the merde and read it again / ans don’t be surprised by the stain.>> »

Ouvrage disponible aux éditions P.O.L à partir du 22 Août 2013.


Le bleu des abeilles, Laura ALCOBA

Un magnifique livre qui prend le point de vue d’une jeune fille pour nous raconter tout le questionnement sur les racines et l’adaptation dans un nouveau pays.

 

bleu abeilles

 

La jeune fille en question a une dizaine d’années. Elle est rapatriée en France après de longs mois d’attente, à rendre visite un jeudi sur deux à son père en prison.

Sa mère l’attend dans le pays qui se trouve de l’autre côté de l’océan. La jeune fille apprend doucement le Français avant de quitter l’Argentine, elle répète des phrases bateaux afin de se familiariser, se créé des personnages pour leur parler sans qu’ils se moquent d’elle.

Une fois en France tout bascule. La jeune fille écrit à son père prisonnier politique tous les Lundis. Le Français s’améliore petit à petit, elle y met beaucoup du sien. Elle commence à avoir honte de son accent espagnol qui ne part pas, honte de parler en public, honte de ses racines. Sa mère circule de pages en pages tel un spectre dont on ne sait rien.

Réussira-t-elle a s’intégrer correctement dans ce pays si différent du sien, elle qui pensait découvrir Paris et ses monuments et se retrouve finalement en banlieue… ?

 

C’est avec une assurance certaine que l’auteur nous déballe ce texte qui semble prendre forme sous un récit autobiographique.

L’écriture est tranchante mais ne perd aucunement la beauté dont elle a besoin pour toucher sur des sujets pareils. On a de l’émotion, on a un charisme, on a des idéaux. Tout ça en une centaine de pages, condensées et efficaces.

L’auteur nous propose un voyage entre Argentine des années 1970 et France des années 1980. Une décennie où beaucoup de choses ont changé pour elle.

Loin du nombrilisme dont on a l’habitude, elle nous tire un portrait optimiste d’un passé qui parait pourtant difficile.

La relation entre la jeune fille et son père construit les bases du roman, les bases de la pensée. L’auteure ne manque pas de nous faire aller plus loin.

 

La couleur bleue est-elle la préférée des abeilles ?

 

Livre disponible chez Gallimard dans la collection blanche à partir du 28 Août 2013.


Là-bas, les truites… John GIERACH

« Thoreau sera bientôt incompréhensible. », « L’amour de la nature est un sentiment sans avenir. », disait McKibben. John GIERACH nous offre ici un panorama d’une nature exigeante et admirée.

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Là-bas, les truites… C’est l’histoire de toutes les parties de pêche de John. C’est plusieurs récits tendant à montrer l’amour d’une passion.

Dans le premier récit, John a cinq ans. Il brave les interdits afin de trouver les meilleurs coins pour pêcher. Ce sont les grands qui lui en ont parlé. Evidemment sa famille l’apprendra et il se prendra une raclée mémorable, surtout de la part de sa grand-mère qui communique directement avec le Seigneur qui dit que s’amuser est un péché.

On se retrouve ensuite avec John à l’âge adulte et ses amis tous plus ou moins riches. Il a ses coins bien à lui, qu’il ne dénonce évidement pas, tel un magicien qui gardera ses tours secrets, mais il a aussi la chance d’avoir de très bonnes connaissances qui lui permettent des lieux d’exception très peu connu, dans l’Ouest des Etats-Unis, où « Là-bas, les truites… Sont toutes grandes comme ta jambe ».

Avec malice et humour, l’auteur nous propose un voyage au cœur de la pêche à la mouche sur une barque, au bord d’un étang ou au milieu d’une nuée de serpents. Toujours accompagné de personnages improbables qu’il accepte comme ami le voyage se veut calme et reposant mais garde un esprit un peu fou qui accentue davantage la transmission d’une passion toute personnelle.

A chacun sa pêche, à chacun sa façon de faire. Tous ont leur coin, leur technique. Et tous ont la meilleure.

Avec un texte simple auquel on s’attache facilement, John GIERACH nous confie une parcelle de sa vie, entre pêche addictive et écriture spontanée. Et il ne manque pas de faire sourire en donnant les définitions d’un romancier et d’un poète, ce qui laisse pantois quant à la catégorie qu’on pourrait lui attribuer.

Roman disponible aux éditions Gallmeister dans la collection Nature Writing depuis Juin 2012.


Dérive sanglante, William G. TAPPLY

Attention, un polar qui ne vous quittera plus ! Du pur roman noir de Gallmeister, accrochez-vous, il va y avoir quelques secousses.

 

9782351780114FS

 

Stoney Calhoun mène une vie tranquille dans le Maine. Depuis cinq ans, après un accident incroyable qui lui a fait perdre pas mal de mémoire, il a décidé de vivre selon les théories de Thaureau dans une cabane au fond des bois avec son chien Ralph. Pour subvenir à ses besoins il travail comme vendeur et guide dans un magasin de pêche avec la belle Kate et son meilleur ami.

Tout bascule le jour où son meilleur ami disparaît. Calhoun se sent coupable, et il a ses raisons. Entre questionnements personnels, doutes, et enquête rudement bien menée qui le conduira sur les traces de son passé, Stoney va nous offrir des moments de délices qui mêlent horreur, colère, trahisons et beauté des grandes étendues américaines.

 

Quand un lac calme se transforme en scène de crime les cadavres remontent à la surface.

C’est avec une écriture qui tient en haleine que TAPPLY nous emporte dans cette aventure où un guide touristique de pêcheurs mène l’enquête à la place du sheriff. Rien n’est caricaturé, rien n’est en trop, rien n’est à jeté. Les personnages ont chacun leurs caractéristiques, ils sont tous différents et le lecteur est rudement mené d’une hypothèse à l’autre sans même qu’il s’en rende compte…

Ruez-vous simplement sur ce roman d’apparence serein qui vous fera frémir et vous donnera envie d’ouvrir les autres… Parce que toutes les réponses ne sont pas là à la fin, et qu’il est simplement le premier d’une trilogie qui mélange les collections Noire et Nature Writing de l’éditeur.

 

Ouvrage disponible depuis Mai 2007 aux éditions Gallmeister dans la collection Noire et en poche toujours chez le même éditeur depuis Juin 2012.


L’apprenti pilleur de tombes, Allan STRATTON

On pense côtoyer les morts et on se retrouve dans une course contre la montre… L’un comme l’autre n’étant pas pour me déplaire, je vous avoue dés à présent que j’ai trouvé ce livre superbe !

 

9782747045025FS

 

Hans est un jeune orphelin d’une dizaine d’années. Enfin, orphelin… Pas tout à fait. Il a été retrouvé alors qu’il n’avait pas encore l’âge de marcher par Gaspard, le pilleur de tombes.

Hans était enfermé dans un coffre aux insignes mystérieuses qui laissaient pensées à un trésor. Gaspard n’en revenait pas : il n’y avait même plus besoin de creuser pour tomber sur un peu d’or ou quelques bijoux ! Et quand il vit ce que contenait le coffre… Il pensa immédiatement après sa déception à sa succession. C’est ainsi qu’Hans, au nom aussi insignifiant que le personnage qu’il est, devint l’apprenti pilleur de tombes.

Seulement voilà, ce jeune garçon agile n’aime pas trop mettre la main à la pâte. Dépouiller des cadavres qui sentent l’odeur d’un vieux frigo rempli de fromages ne l’intéresse pas des masses. La préadolescence pointe son nez, et Gaspard n’y pensait pas… Mais la crise d’ado arrive à grand pas ! Voilà Hans qui décide de s’enfuir et qui découvre le château dans lequel vit la petite comtesse, reine des marionnettes, qui met en scène ce jeune garçon lugubre aux allures d’un Johnny DEPP vivant dans un grenier avec des mains aux allures de ciseaux qu’elle a aperçut à plusieurs reprises rôder dans le bois.

Évidement, leur rencontre est inévitable. Le roman commence. La poursuite est haletante. Dans cette population qui base sa culture sur les mythes les plus terrifiants on retrouve les loups, le nécromancien, le méchant roi qui veut épouser la comtesse pour son argent…

 

C’est un roman drôlement bien mené que nous propose ici l’auteur Québécois. A chaque fin de chapitre un nouveau rebondissement, à chaque nouvelle page un nouveau personnage à faire frémir la mort elle-même. Une mise en scène exceptionnelle avec un des personnages principaux privé de la vue.

Une ambiance noire pour un roman destiné aux jeunes qui se posent des questions existentielles. Un roman qui vise directement les ados qui ne comprennent plus leur corps, qui cherchent leurs racines, pour les jeunes filles qu’on force encore à marier (dans quel monde vit-on ?), pour les parents qui ne savent pas toujours comment réagir face à un monde qui évolue toujours plus vite.

Que faire ? Que dire ?

Entrez dans les catacombes, c’est à vos risques et périls. Dormez contre la pourriture, sentez votre pouls battre plus vite. Toujours plus vite. Et retrouvez les hauts ermitages pour un moment de calme, le livre à la main, et le soleil dans les yeux.

Régalez-vous.

 

Roman parut aux éditions Bayard jeunesse dans la collection Estampille en Juin 2013.


Sweet sixteen, Annelise HEURTIER

En Amérique du Sud, dans les années 1950, alors que la ségrégation raciale est très présente et que le Ku Klux Klan fait régner la loi, il y a des jeunes filles qui n’attendent qu’une chose : leur seize ans. La majorité, la liberté.

 

sweet sixteen

 

Nous voilà dans une Amérique violente ou les droits et l’égalité ne sont que des concept. Les établissements scolaires ne mélangent pas les noirs et les blancs. Les bus non plus. Quelques grandes têtes Afro-américaine nous viennent immédiatement à l’esprit. Mais dans ce livre on ne parlera pas forcément d’eux. On parlera plutôt de neuf jeunes afro-américain qui rêvent de faire basculer le monde.

Nous sommes en 1957. Le mois de Septembre approche à grand pas, et la rentrée occupe tous les esprits.

Cette année, neuf Afro-américains iront dans un lycée pour blanc très réputé. C’est une expérience, un test. LA loi a tranché, impartiale, les noirs ont les mêmes droits que les blancs.

Seulement voilà, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. C’est dans une violence extrême qu’on va évoluer dans ce texte. Les neuf étudiants risquent leurs vies, jours après jours, pendant un an.

 

Le roman a l’intelligence de proposer une double lecture. On alterne les points de vue suivant les chapitres. On passe ainsi de l’esprit d’une des neuf jeunes courageuses, Molly, à celui d’une jeune blanche, Grace.

On va voir avec précision dans les yeux de la blanche pour ensuite vivre la scène dans la peau de l’Afro-américaine. Evidemment, toutes les scènes ne sont pas vécues, ni même perçues de la même façon.

Il y a pourtant un espoir que le monde change. Mais combien d’année cela peut prendre ?

Avec une écriture tranchante, incisive, directe et sincère, Annelise HEURTIER nous fait remonter dans le temps. Si Toni MORRISON avait écrit pour la jeunesse, c’aurait été sans doute cet ouvrage.

On retourne dans une époque qui n’est pas si loin et qui pourtant parait à des années lumières. On remue les tripes, on montre la terreur, on fascine avec la violence pour raconter l’histoire. Et quelle histoire. Celle qui s’est réellement passée, avec ses espoirs et ses déceptions.

 

Ouvrage disponible aux éditions Casterman depuis Avril 2013.