Ecoute la pluie, Michèle LESBRE

Albert CAMUS disait dans Le Mythe de Sisyphe que la seule réelle question philosophique est celle du suicide. Michèle LESBRE décide cette année de nous en parler.

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Dans Ecoute la pluie, la narratrice s’adresse directement à son ami qu’elle devait rejoindre à Nantes en train. Seulement voilà, comme d’habitude, elle sera en retard. Et pour cause.

Alors qu’elle partait à la gare, elle a vécu une étrange sensation dans le métro. Alors que les murs vibraient, que les gens commençaient à s’exciter, à se regrouper sur le quai, à se replonger dans leur voyage, un homme se tourne vers elle. Un léger sourire lui parcourt le visage et il saute. Il passe sous les roues.

Le conducteur du métro descend alors qu’on entend encore le bruit des freins et court haleter contre le mur.

Après cette première partie qui constitue le premier chapitre du livre, plutôt prometteur, la narratrice décide d’aller se promener dans les rues de Paris. Une lente course vers le passé la rattrape, les souvenirs remontent à la surface et tous les signes sont bons pour se rappeler cet homme au sourire envoûtant qui ne la quitte plus.

Une errance poétique et lente à la deuxième personne du singulier nous immisce dans la vie de ces deux personnages que tout relie mais qui sont pourtant si loin l’un de l’autre. L’avis masculin ne surgit jamais, seule la pensée froide et sans grande émotion de la narratrice nous guide dans le dédale de ce qu’Albert CAMUS appelait la grande interrogation philosophique.

La philosophie, c’est peut-être justement ce qui manque à ce roman pour le rendre un tantinet intéressant et agréable à la lecture.

L’écriture à la seconde personne est ici un peu casse gueule, le lecteur se sent exclu de l’ouvrage qui relie la vie de ces deux personnes qui n’arrivent pas à nous intéresser outre mesure. Le fond est plutôt prometteur, comme je le disais au début, et la déception est d’autant plus grande. Beaucoup de livres ont été écrit sur le thème du suicide, et je n’en ai encore jamais lu de si bon que celui d’Edouard LEVE. Peut-être parce qu’il était un peu moins pudique qu’ici.

A ne pas vouloir heurté les âmes pour plaire au plus grand monde ne finit-on pas par se retrouver seul avec son écriture ?

Dommage pour cette fois, je ne suis pas emballé.

Ouvrage disponible aux néanmoins très bonnes éditions Sabine WESPIESER depuis Février 2013.

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À propos de Antoine

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