Archives mensuelles : mai 2013

Aventures d’un romancier atonal, Alberto LAISECA

Entre autofiction et pur délire les auteurs s’amusent beaucoup. Alberto LAISECA nous propose ici une aventure qu’il faut suivre sans chercher à croire. A moins que…

 

atonal

 

Ce roman relate des faits simples : un romancier est maltraité, humilié à la façon de notre cher marquis par sa maîtresse de maison qui lui a dégoté comme chambre des anciennes toilettes. Il est en pleine inspiration et écrit un roman long de prés de 1500 pages. Seulement voilà, ce roman est expérimental, voir surréaliste. Et il n’est promis à absolument aucun succés.

Par chance pourtant, notre romancier arrive à se faire publier par un éditeur sado-maso à la recherche de faillite. Les critiques sont unanimes : ce livre est un torchon. Il n’aurait jamais dû sortir. Certains refusent même d’écrire une ligne dessus par peur de ne pas trouver les mots.

Mais un événement, une femme, va changer le cours des choses. Elle va provoquer l’effet inverse. Elle va faire en sorte que chacun ne soit pas satisfait de leur sort en les mettant sur la route de la gloire. Et ça va marcher. Voilà le roman traduit dans le monde entier et suscitant en France plus particulièrement un enthousiasme hors-pair. Le romancier est obligé de se cacher pour ne pas se faire tuer par l’éditeur, plus personne ne maîtrise la situation jusqu’à un tremblement de terre la veille de la remise du prix Nobel.

Par une pirouette fantastique tous les ouvrages imprimés se retrouvent au centre, à la base du séisme et disparaissent. Seules quelques pages vivent, et on nous les propose. Pour les lire, il suffit de tourner le livre et on entre alors dans un monde préhistorique en période de guerre ou les dinosaures côtoient les hommes. Je vous laisse le plaisir de la découverte de L’épopée du Roi Thibaut illustrée par Helkarava avec beaucoup de poésie, de provocation, et de représentation théologiques.

 

 

C’est une grande première pour cet auteur Argentin en France. Ceci est son second roman, son premier faisait environ 2 000 pages et il a mit près de 20 ans à le faire publier. Son histoire semble avoir quelques concordances  avec celle du romancier. L’écriture est inhabituelle, elle met le lecteur à mal, elle joue avec lui.

Des thèmes très importants sont présents dans cet ouvrage très court, à savoir l’humiliation, l’estime de soi, le retranchement des personnages poussés à bout. Jusqu’où pourrait aller un homme humilié ? Jusqu’où pourrait aller quelqu’un à la recherche d’une excitation douloureuse ? Ce n’est pas du livre érotique, et pourtant l’ouvrage transpire Sade.

Au delà de ces questionnements, et pour parler de choses plus terre à terre, l’auteur semble aussi nous parler des problèmes de l’édition. La difficulté de se faire éditer et de faire croire à la transmission d’un ouvrage. Qu’est-ce qu’un chef d’oeuvre ? Parlera t-on encore des Aventures d’un romancier atonal dans 50 ans ?

Difficile de se prononcer, mais nous pouvons au moins tirer notre chapeau aux éditions Attila toujours présentes dans les meilleurs coups.

Vous pouvez également retrouver toutes les infos sur l’auteur sur ce blog wordpress très bien construit :  http://leromancieratonal.wordpress.com/

 

 

Ouvrage disponible aux éditions Attila à partir du 6 Juin 2013.

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Thierry DEDIEU, l’humour est dans la beauté

A l’occasion de la sortie de deux nouveaux albums dans une paire de jours, je vais vous parler aujourd’hui de Thierry DEDIEU.

Après s’être illustré dans le conte traditionnel, le conte cruel, ou même le code de la route, il s’en revient avec son indémodable Magnus Philodolphe Pépin et ses curiosités.

Et la curiosité n’est pas un vilain défaut chez DEDIEU.

Un toit pour moi.

toit pour moi

Aujourd’hui notre botaniste nain âgé de maintenant 329 ans et pote avec un grillon a pour ambition de construire sa maison !

Et quelle aventure.

Construire une maison, c’est pas si simple qu’il n’y paraît. Surtout quand on ne sait pas vraiment ce qu’on veut. Il faut élaborer des plans, être malin et s’informer correctement. Puis pas question de mettre des briques les unes sur les autres, pas de béton. Magnus Philodolphe Pépin préfère la nature et la chaleur naturelle.

Le voilà alors parti à la rencontre de plusieurs animaux et de leurs habitats afin de les étudier. On passe sans transition de l’écureuil au coquillage. On se perd aussi dans un nid, ou même dans un terrier. Ça dépayse !

Comment va faire notre petit nain pour arriver à ses fins ? Quelle maison construira t-il ? Laquelle lui paraîtra la plus plausible ?

Après avoir étudier les coquillages de très prés, les chenilles et papillons ainsi que les animaux plus traditionnels, va t-il les inviter à sa crémaillère ? Bien des surprises vous attendent. Toujours complétées de petites documentations pour vous pousser à en savoir plus.

Dans ce nouveau carnet de curiosité Thierry DEDIEU reste dans l’illustration très contemporaine malgré les couleurs nostalgiques. Quelques photographies se cachent dans les pages, toujours très discrètes et loin d’être choquantes.

On nous propose une fois de plus un ouvrage qui plaira sans aucun doute, et qui plait déjà.

Mais ce n’est pas le seul ouvrage que sort DEDIEU en ce 24 Mai. Le second est complétement différent, opposé, mais pas dénué de taquinerie.

Poisson chat.

dedieu

Poisson chat est un album dans texte. Les illustrations sont très carrées, presque sous forme cubiste et proposent une scène traditionnelle.

Dans un appartement de quartier un chat dort d’une oreille pendant qu’un poisson s’agite dans son bocal.

Le poisson saute, joue, jusqu’à ce qu’il tombe hors du bocal et se retrouve sans défense. Le chat est alerté, il descend les quelques marches, se retrouve nez à nez avec le poisson, commence à ouvrir la gueule et là… Il se passe l’inimaginable.

Il se passe ce qu’il peut ne se passer que dans les livres.

A vous de le découvrir.

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Après un petit tour rapide des deux nouveaux albums, je vous propose un retour dans le passé, quand Magnus Philodolophe Pépin n’avait que 327 et 328 ans et qu’il était un jeune homme fringant.

 

Comme une soudaine envie de voler.

 

 

envie de voler

Magnus Philodolphe Pépin est toujours très observateur. Ses aventures débutent avec cet ouvrage dans lequel il a déjà 327 ans et est un grand sage. Il observe déjà les coccinelles depuis longtemps. Pourtant ce jour là les choses changent. Un déclic se fait et il décide que lui aussi, il peut voler.

Voler d’accord, mais il faut avoir des ailes ? Ou construire un engin…

C’est alors que notre professeur philosophe nain préféré va réfléchir et qu’une samare d’érable va lui tomber sur le coin du nez.

Cette chose ressemble fort à une libellule. Il va s’en inspirer pour monter son premier engin qui, évidement, sera un échec total. Il va alors s’intéresser aux insectes qui arrivent à voler, malgré leur masse et aller petit à petit vers l’oiseau. Mais avant il veut s’assurer de ce qu’il trouvera dans le ciel. De ce qu’il y a au-delà des nuages.

Avec des planches magnifiques et une ambiance digne de celle de Davide CALI, l’auteur nous offre une perspective différente du vol et des engins qui nous surplombent.

Il nous propose également quelques valeurs scientifiques sur les papillons ou la flore. Et évidement, comme toujours, avec un texte non dénué d’imagination pittoresque et une illustration semblable, il va mettre en scène notre héros avec son petit ami le grillon toujours là pour soigner ses plaies et dessiner sur ses plâtres.

Alors, comment sont construits les avions ? J’espère qu’ils ne se sont pas trop inspiré de Magnus…

 

Comme un poisson dans l’eau.

 

poisson dans l'eau

Dés la première planche on a le sourire aux lèvres. En ces temps pluvieux et froids l’auteur nous propose une réelle vision du printemps.

C’est le début des beaux jours, et notre petit philosophe curieux et naïf va s’exercer à son sport préféré : le plongeon artistique.

Evidemment, ce n’est qu’un prétexte pour nous parler de la faune et de la flore sous les eaux. Et oui, Magnus Pépin aime connaître ce qui l’entoure, et il vient souvent observer ce qu’il y a sous l’eau avec son aquascope. On a alors en taille grossie une planche munie de quelques insectes qui parcourent les courants. La Gerris, le Notonecte ou bien même le Dytique nous côtoient tout l’été.

Mais comment faire pour les observer de plus prêt encore ? C’est très simple, il suffit de construire un sous-marin. Avec des plans vieux comme Mathusalem le voilà parti à la recherche de son oeuvre. S’apercevant que c’est pas si simple, il va devenir roi de l’apnée malgré ses toujours 327 ans et va finalement opter pour un déguisement de grenouille qui lui permettra de passer incognito et ne faire fuir personne. Tout ça, c’était sans compter sur les hérons qui traînent non loin… Mais n’oublions pas son rêve. Magnus Pépin voudrait être un poisson. Le voilà alors parti pour un rodéo sur dos de brochet.

Vous vous doutez que toutes ces aventures sont accompagnées du bon grillon toujours là pour soigner ses plaies… Malgré les moqueries de l’étang.

De concert avec la nature.

 

concert avec la nature

J’ai une mauvaise nouvelle. Magnus Pépin a déjà pris un an. Nous sommes en Octobre 2012 et il a 328 ans.

Mais ne vous inquiétez pas, il est toujours aussi fou. Toujours aussi créatif et amical. Toujours aussi maladroit et drôle. Pépin reste notre compagnon préféré pour notre plus grand plaisir.

Et cette année, il s’attaque à la musique.

Quel programme ! me direz-vous. S’attaquer à la musique en plein automne, ça promet de longs spleens mélancoliques. Mais non, évidement. Magnus a juste pour but de concurrencé le plus beau chant d’oiseau.

Mais c’est pas mince affaire. Les oiseaux sont très forts et aucun de ses instruments n’a la côte. Après un concert complètement loupé avec son ami le grillon et des formules mathématiques complètement folles  il lui vient une idée formidable : être chef d’orchestre et prendre comme instruments les animaux eux-même. Ainsi les cigales, sauterelles, criquets et grillons seraient les violons. Le percussionniste sera évidement le pivert. Le crapaud fera un très bon tubiste et le lapin le tambour-major.

Avec une composition pareille et des répétitions intensives impossible de se louper ! Le concert va être une réussite totale. Oui, mais voilà. Il s’agit de Magnus Pépin et de Thierry DEDIEU qui aime beaucoup le maltraité. Tout ne se passera pas comme prévu et évidement, son ami le grillon est toujours dans les meilleurs coups !

 

 

 

Préparez-vous à vivre des aventures magnifiques, pleines de tendresses, de poésie, d’artifices pour les yeux, de science et surtout de bonne humeur.

Avec des planches toujours saupoudrées d’une dose de fantaisie combinée a une réalité frappante vous serez sans nul doute séduit par cet auteur productif dans le monde de l’enfance. Et vous y reviendrez.

 

Bibliographie :

– Un toit pour moi (carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin), éditions Petite plume de carotte, à paraître le 24 Mai 2013.

– Poisson chat, éditions du  Seuil à paraître le 24 Mai 2013.

Comme une soudaine envie de voler (carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin), éditions Petite plume de carotte est paru en Avril 2011.

– Comme un poisson dans l’eau (carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin), éditions Petite plume de carotte est paru en Novembre 2011.

– De concert avec la nature (carnet de curiosités de Magnus Philodolphe Pépin), éditions Petite plume de carotte est paru en Avril 2011.


Parce que, Agnés LAROCHE et Stéphanie AUGUSSEAU

Pourquoi encore faire un article?

Parce que.

 

parce que

 

Parce que. C’est l’arme infaillible des enfants. La réponse qui mouche tous les parents. C’est une période rebelle qu’on ne peut pas éviter.

Pourquoi crier si fort ? Parce que.

Pourquoi faire tomber la confiture par terre ? Parce que.

Pourquoi y a t-il de l’eau partout ? Parce que.

 

Parce que, parce que, parce que. Et bien, chers amis parents, aujourd’hui vous pouvez avoir vos gosses !

En leur offrant un super cadeau qui leur fera plaisir, vous aurez une réponse à la question « comment faire pour qu’ils arrêtent de dire parce que ? »

Soyez fourbe, faites vous plaisir.

 

Les illustrations sont très représentatives des émotions. Le noir et blanc est précis, parfois avec des influences pointillistes, et toujours un trait rouge pour faire ressortir la timidité, l’énervement, la gêne, …

Le texte très drôle, très simple et très clair vous fera sourire. Le petit Nicoméde vous adoptera, et vous l’adopterez malgré ses petits caprices et ses petites bêtises.

 

Album disponible aux éditions Alice Jeunesse depuis Aout 2012.


En Amazonie, infiltré dans le « meilleur des mondes », Jean-Baptiste MALET

« En choisissant d’acheter ses livres chez Amazon, le lecteur fait le choix, conscient ou inconscient, de tirer un trait sur le rôle précieux que joue la librairie (indépendante) comme lieu de convivialité, de partage, de découverte, de mixité et de rencontre. Mais aussi sur les emplois de libraires qualifiés que généré cette activité commerciale de proximité. »

Un livre qui créé bien des débats, un journaliste qui ne va pas assez loin pour certains, trop pour d’autres. Un sujet très actuel qui fâche beaucoup, des thèmes récurrents et dévastateurs. C’est ce qui est ici proposé.

Une immersion totale dans le monde de l’usine et de l’Amérique. Après Florence AUBENAS, Jean-Baptise MALET va aussi faire parler de lui. Il n’y a pas de raisons.

amazonie

Vous l’aurez compris, Jean-Baptise MALET et les éditions Fayard ont frappé un gros coup !

L’auteur journaliste a réussi à s’infiltrer dans les locaux d’Amazon à Montélimar (26) en tant qu’intérimaire et ne se prive pas de nous raconter les dessous du « have fun », et ce malgré l’épée de Damoclès qui lui pend sur la tête.

Tout le monde connait Amazon comme site numéro un des ventes en ligne. Amazon, cette entreprise bien américaine qui a fait ses preuves dans différents pays. Qui a fait disparaître la culture ouverte, large et pleine de bon sens dans certaines régions. Qui lobotomise un esprit en lui proposant des ventes en masse.

Et bien oubliez tout. Et apprêtez-vous à avoir bien plus peur encore.

Amazon a une devise. Et pas des moindres. « WORK HARD, HAVE FUN, MAKE HISTORY ». C’est avec ces trois vers très poétiques que l’auteur journaliste va monter son récit.

Work hard

Il commence, comme le veut la devise, par le dur travail réalisé par les employés. Avec des locaux atteignant facilement 40 000 m², certains employés font plus de vingt kilomètres à pieds (en courant, donc) en sept heures de travail (et 20 minutes de pause); ce sont les pickeurs.

Pendant ce temps, les autres réceptionnent les articles et les emballent dans des cartons afin de les expédiés. Le rendement se doit d’être large et respecté. On les appelles les packeurs.

Les deux groupes ont pour devoir de se surpasser tout le temps. On n’atteint jamais ses limites. On peut toujours aller plus loin. Même si on doit souffrir pour cela.

Les pickeurs ont pour objectif en arrivant dans l’entreprise de récupérer entre 50 et 60 articles en une heures dans la superficie complète de l’entrepôt.  Inutile de dire que la maniaquerie n’est pas au rendez-vous. Amazon est américain même en France. C’est pourquoi le système américain est mis en oeuvre, à savoir : on range là ou il y a de la place. Et c’est pas grave si la pléiade de Verlaine se retrouve à côté d’une boite de slip.

Avec des petites machines électroniques qui permettent de zipper les codes barres, les employés se promènent et reçoivent dans le plus grand silence leurs ordres. C’est donc plus un grand parcours de santé embûché de manager et de leaders qu’une petite promenade du dimanche. Ces machines ne servent pas qu’a reconnaître les articles, mais aussi à fliquer les employés. Grâce à celle-ci les hauts placés savent où l’employé se trouve, quel article il cherche, ce qu’il fait et le temps d’arrêt effectué. Quand c’est trop long, le pickeur reçoit un petit rappel écrit sur sa machine.

Alors, toujours pas convaincu par le boulot à fournir ? Et bien regardez un peu ce qu’on retrouve dans certaines archives américaines : « Pendant les vagues de chaleur de l’été, Amazon s’arrange pour avoir des ambulanciers garés à proximité, prêt à prendre en charge un employé déshydraté ou souffrant de la chaleur ».

On pousse les employés au bout de leurs limites. Des gréves sont obligatoires afin d’avoir ne serait-ce qu’un peu de chauffage l’hiver. Et ils sont obligés de rester. On leur fait miroité des CDI, des promesses d’embauches, un avenir tout tracé avec possibilité d’achat de maison et crédits sur 20 ans. On donne la carotte à notre petit ouvrier qui se prend au jeu et se fait plaisir à rêvé. Puis y a pas à dire, Amazon, même si c’est complètement dégueulasse comme usine et comme boulot, c’est plutôt fun. Et nous voilà rendu au second point.

Have fun

Le have fun, chez Amazon, c’est une institution. C’est proposer à l’employé des petits déjeuners, des chasses aux œufs sur le parking le jour de Pâques avant de prendre son poste, ou même des boissons chaudes gratuites à la sortie du boulot.

C’est concurrencer directement le comité d’entreprise pour montrer que votre patron est bien plus génial que votre collègue qu’on vous oblige à tutoyer pour créé des liens agréables et se sentir à son aise.

C’est finalement le vice poussé à son extrême. C’est proposer à son employé la douceur de celui qui ne réfléchis plus et est prêt à trouver du bonheur dans une chasse à l’œuf.

Amazon c’est trois équipes par jours qui se relaient, en comptant l’équipe de nuit. L’équipe de nuit travail de 21h30 à 4h50 le matin. L’employé se lève bien souvent vers 16h après une pareille nuit. Il faut qu’il soit prêt à reprendre son poste à 21h30 et n’a donc aucune envie de réflexion.  Amazon lobotomise finalement ses employés avec une certaines douceur et une certaine courtoisie, mais pas seulement ! Aussi par des petits cadeaux à gagner après des quizz divertissants. Selon l’auteur les cadeaux ne sont pas seulement des présents mais aussi et surtout une simplicité d’esprit. On leur offre des films qui ne font pas réfléchir  ils ne voient que les block buster, ils ne travaillent que pour gagner une place convenable dans la société.

Quand on lit ce livre, on a l’impression de vivre dans un monde complètement irréel où tout le monde est sous prozac pour tenir moralement et sous cocaïne pour tenir physiquement. Et autant vous dire que le mélange n’est pas des meilleurs.

Alors, le have fun vous enchante ? C’est que vous n’avez pas encore goûté à l’avenir.

Make history

Faire l’histoire. C’est si simple. Et pourtant si compliqué. On a le droit dans cette grande firme de faire l’histoire mais l’interdiction absolue d’en parler. Pas même à sa famille. Encore moins aux journalistes.

L’histoire c’est les attachés de presse qui l’écrivent. Et ce avec l’accord du grand patron s’il daigne vouloir le donner. Tout est contrôlé, jusqu’à ce que vous direz à votre famille. Et s’il y a une bavure, vous vous risquez à une plainte contre vous avec licenciement à la clé. Alors, qui voudrait s’y risquer ?

Pour conclure, je dirai qu’Amazon est vraiment comparé à un lieu sectaire et militarisé dans lequel on va pour pouvoir manger à la fin du mois. Tout le monde sait que c’est un boulot pourri. Mais personne n’a le droit de se plaindre. Sinon il va falloir retourner chercher du travail, et inutile de dire qu’aujourd’hui c’est pas simple.

Amazon a su surfé sur la vague du chômage en proposant énormément d’emplois. Mais des emplois factices. Ils emploient sur deux structures seulement 1 100 personnes en CDI à temps complet contre 250 000 et quelques intérimaires. La librairie indépendante continue d’embaucher et est aujourd’hui à plus de 10 000 emplois en CDI en France.

Amazon vend de l’illusion à ses employés, à ses clients et à un avenir qu’ils voudraient à leur image : réglé comme une marche militaire.

Maintenant vous avez les cartes entre les mains. A vous de choisir entre une vie simple dans un village ou une ville qui propose un commerce de proximité où une commande sur internet qui coupe à la fois du lien social et du lien direct avec sa ville et la diversité culturelle.

Amazon mérite t’il réellement l’argent que vous vous cassez le cul à gagner tous les jours ? Ce n’est pas parce que certains politique « comme Arnaud de Montebourg » (dont on parle beaucoup dans le livre) en font l’apologie que c’est bien. Le système capitaliste américain (et pas seulement) a pour seul but de faire du profit en prenant non pas une partie, mais tout votre argent. Vous n’avez pas de conseil et aucune ligne directrice. Vous vous retrouvez seul face à votre écran, froid et inanimé. Vous vous coupez de tout lien social dans le seul but d’être rentable à une entreprise et à des politiques. Et vous vous laissez faire.

Dernière petite anecdote…

« Le camp de Dachau est l’un des quatre-vingts camps construits par le régime hitlérien après l’incendie du Reichstag en 1933. Opposants politiques, Juifs, Roms, homosexuels, handicapés, prisonnier de guerre… Plus de 200 000 personnes y ont été emprisonnées et 43 000 y sont mortes. Amazon a eu le bon goût de commercialiser un puzzle de 252 pièces qui le figure. Ce produit, qui était référencé comme un « jouet à partir de 8 ans » et vendu 24.99 dollars, a défrayé la chronique en Allemagne et fait l’objet de nombreux articles de presse ».

Ça fait réfléchir…

Certes, le monde du travail n’est pas le pays des bisounours. Certes, d’autres enseignes telle qu’Amazon propose la même difficulté de travail… Mais le problème amazonien est bien au-delà. Le problème amazonien est la création d’une communauté avec des croyances, des illusions, semblable à une secte militarisée. Amazon créé une idéologie envers employés et clients.

Ouvrage disponible aux éditions Fayard et dans toutes les librairies depuis Mai 2013.

 

Quand le livre n’est plus qu’un produit.

 

amazon


Quelle épique époque opaque, Anne POUGET

Attention, vous êtes sur le point d’entrer dans un monde féerique au beau milieu de la forêt de Brocéliande !

 

epique epoque opaque

 

Preux chevaliers, armez-vous de votre fidèle écuyer et partez à l’aventure sur proposition de Merlin !

Vous êtes prêt ? Alors bouchez vous le nez, fermez les yeux et plongez dans un humour anglais à la française. Attention, ça pique les yeux !

L’histoire ? Elle est simple. Vous connaissez tous Titivilus ?! C’est cet espèce de démon posé sur l’épaule des moines copistes. Il relève toutes leurs fautes d’inattention, les met dans son sac et va les présenter au diable en personne pour le jugement dernier.

Et bien on va lui courir après tout le long. Titivilus est malin. Il est aussi invisible et il se cache et s’enfuit dès qu’on approche un peu trop.

Le narrateur est un chevalier qui a tout à apprendre de la vie. Couvé un peu tard par sa mère il ne sortait pas beaucoup. Alors partir à l’aventure… Vous vous doutez bien que c’est fabuleux ! Il sera évidement accompagné de son écuyer un peu simplet et plein de calembours. Il n’est pourtant pas tout à fait si bête que ça.

 

Bref, dans un roman plein d’humour décapant, d’histoire mythologiques relatifs à la forêt de Brocéliande ainsi qu’aux créatures qui l’habitent vous vous régalerez à faire un petit tour au moyen âge avec nos deux personnages trop naïfs pour être dépassés par les évènements. Même aux portes de l’enfer !

 

Ouvrage disponible à partir du15 Mai 2013 aux éditions Casterman.


La fille seule dans le vestiaire des garçons, Hubert BEN KEMOUN

Connaissez-vous les risques du harcèlement à l’école et des réseaux sociaux ?

ben kemoun

 

C’est dans une société bien contemporaine que l’auteur peint son nouveau roman.

Une jeune fille est harcelée à l’école par un garçon à qui tout semble permis et qui a ses amis derrière lui. Jamais seul il sème la terreur dans la cour de récrée.

Un jour, suite à la disparition de son carnet noir, sorte de journal intime, Marion décide d’agir. De réagir. Commencent alors des aventures noires dans lesquelles la narratrice semble s’enfoncer sans possibilité de retour.

Jusqu’où ira cette histoire ?

 

C’est un roman haletant, écrit avec esprit qui ne manque pas de faire réfléchir sur la condition des jeunes et leur rapport à l’amitié depuis la création des réseaux sociaux. Un thème très actuel traité avec beaucoup de complicité entre narrateur et lecteur.

A lire rapidement !

 

Ouvrage disponible aux éditions Flammarion depuis Avril 2013.


L’amour ? C’est mathèmatique !, Davide CALI

L’auteur de l’excellent album La reine des grenouilles ne peut pas se mouiller les pieds revient avec un roman drôle, touchant et très humain.

 

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Voici un roman pour les collégien. Enfin quelque chose qui allie la littérature, les maths, l’humour et l’amour ! C’est pas fantastique ?

Notre jeune narrateur part d’un constat tout simple : un joueur de foot a 50% de chance de marquer un but quand il fait un tire. J’ai donc 50% de chance qu’une fille me dise oui si je lui demande de sortir avec moi.

Mais si je demande à trois filles de sortir avec moi, combien ais-je de pourcentage de chance qu’il y en ait au moins une qui dise oui ?

 

Bon ok, comparer le foot à une femme est peut-être un peu gros. Peut-être même mal vu, mais c’est fait ici avec beaucoup de tact. La fille ne représente pas le ballon, mais la chance.

 

Bref, voilà notre narrateur qui décide d’en parler avec ses potes. Et chacun a son idée, chacun sa technique, chacun son vécu !

C’est un roman d’une fraicheur nouvelle, d’une nostalgie passée peut-être aussi. Ce temps ou on a des frissons dans le ventre et qu’on devient tout rouge pour un premier baiser.

C’est écrit à la première personne, par un jeune homme qui a ses problèmes de jeunes et auquel on s’identifie facilement.

Les maths ne nous perdent pas, mais au contraire permettent une meilleure compréhension du message que veut passer l’auteur.

Bon, en bref, c’est un roman à lire pour son écriture, son style. ‘est un bonbon acidulé qu’on se régale à garder sur le bout de la langue.

 

Roman publié chez Sarbacane depuis le mois d’Avril 2013. Il s’adresse à tous les jeunes, surtout les collégiens.