La scierie, récit Anonyme

Voici un livre qui a failli passer aux oubliettes. Et ç’aurait été bien dommage !

Remercions Pierre GRIPARI pour cette collaboration magnifique qui promet de belles réflexions, et qui lui a permis de terminer son premier livre, Pierrot la lune.

scierie

Pierre GRIPARI, bien connu pour ses contes de la rue Broca (sorcière de la rue Mouftard et compagnie), a ici donner de sa plume dans la préface de cet ouvrage qui lui a été confié.

On ne connait pas l’auteur de ces quelques lignes. On sait juste qu’il pense avoir quelque chose à nous raconter. C’est, hélas, le seul et unique ouvrage qui sort de ses mains.

François est un jeune de dix-huit ans qui sort d’une famille plutôt aisée. Et il va devoir faire ses preuves. Il va devoir travailler, parce que son frère… C’est pas ça.

Après avoir prospecter, il va finir par trouver un job dans une scierie. Mais pas n’importe laquelle, c’est la scierie de Pressurot. Et autant vous dire qu’on n’y va pas pour rigoler.

Tout le monde le voit arriver sur ses grands chevaux. Il se sent mit à l’écart et va redoubler d’effort pour faire sa place. Ilchangera ainsi trois fois de scierie, et ce sera toujours plus difficile.

Ce récit est annoncé comme une histoire vraie. Sinon ce serait tout bonnement un roman.

On va vivre l’enfer avec notre personnage. Il va se mesurer à des hommes, des vrais. Qui triment depuis plusieurs paires d’années, qui ont les pectoraux qui suent, qui ne craignent pas la fatigue, même après douze heures intenses à porter des troncs de bois ou à se méfier des pires engins qui existent.

Car oui, travailler dans une scierie est quelque chose de dangereux. Beaucoup se sont couper les doigts, voir les mains. Et François sait que ce jour arrivera pour lui. Mais il redouble d’effort, jusqu’à épuisement, jusqu’à ne plus être un homme mais une machine. Jusqu’à perdre toute possibilité de réflexion. Tout ça pour impressionner le patron et être le meilleur.

C’est un récit douloureux et pourtant bourré d’optimisme. C’est un grand bol d’air à l’odeur forestière qui s’offre à nous. Essayez de lire ce livre dans le silence et tout le fracas qu’il fait vous percutera. Vous dormirez avec le son des machines qui sifflent, qui tapotent, qui blessent. Vous entendrez les pires horreurs dont un patron est capable pour avoir du rendement.

Celui qui se blesse n’a qu’à savoir travailler. Et pourtant, il faut gagner sa croûte. Il faut aller chercher son bifteck bien loin dans ses tripes. Il ne faut pas compter avoir quelques jours de repos ou ne serait-ce qu’une minute de répit au travail. Tombez, mais ne vous arrêtez pas.

Face à ces hommes tous différents qui semblent atteint d’une pathologie interdisant toute émotion l’auteur nous transporte dans une époque ou le social n’avait pas sa place, dans une époque ou il faut trimer dur pour une petite poignée de pognon, dans une époque ou il est impensable de se plaindre.

Et quand un homme décide de devenir son propre patron et que les femmes s’en mêlent, alors là, tout est possible.

Jusqu’où repousser ces limites ?

C’est ici un récit plein d’humanité qui nous est offert, alors prenez cinq minutes pour revoir les valeurs d’un homme qui souhaite juste nourrir sa femme.

Qui osera encore se plaindre de son travail ?

Ouvrage disponible aux éditions Héros-Limite depuis Avril 2013.

C’est un ouvrage qui ne paye pas de mine sur une table de librairie. Et pourtant, je l’ai plusieurs fois reniflé pour sentir l’odeur du copeaux de bois.

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À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

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