La procrastination – L’art de reporter au lendemain, John PERRY

« Pourquoi traverse-t-on en dehors des passages piétons ? Pourquoi aucun des invités n’arrive avant 20h alors qu’ils étaient convoqués à 19h ? Pourquoi la plupart des automobilistes ne respectent-ils pas les limitations de vitesse ? Comment expliquer que les filles disent préférer les gentils garçons mais ne sortent jamais avec eux ? Pourquoi les gens disent-ils une chose et en font-ils une autre ? Pourquoi est-on incapable de s’en tenir aux règles ordinaires ?

Laisse tomber. Tout ça sera bientôt fini. Explosion du système solaire. »

 

 

procrastination_livre_john_perry

 

Cette citation n’est pas directement celle de l’auteur, mais il l’emploie. C’est un mail qui lui a été envoyé suite à un commentaire sur ses écrits.

Et cette phrase résume plutôt bien le sens du livre.

 

Qu’est-ce que la procrastination ? L’art de reporter au lendemain ce qu’on aurait pu faire aujourd’hui me direz vous à juste titre. Mais qui est le procrastinateur ? C’est la question à laquelle semble chercher l’auteur, lui-même membre de cette association hors norme.

Enfin, hors-norme… Pas plus qu’un gaucher. Les procrastinateur sont simplement mit de côté, comme les « enfants du diable » qui ne peuvent pas écrire correctement sur les bancs de la faculté à cause des tables qui proposent une plus grande aisance aux droitiers.

Mais alors, qu’est-ce qui qualifie un procrastinateur ? Qu’il ne fait rien ?

Non, détrompez vous. Il y a plusieurs formes de procrastination et on s’intéresse ici à une en particulier : la procrastination structurée.

C’est tout un programme que de nombreux philosophes ont essayé de résoudre. Mais comme tout bon sujet de philosophie, on peut aller encore plus loin. Toujours plus loin.

Le prcrastinateur structuré ne fait pas rien. Au contraire. Il en fait énormément. Il ne fait pas juste les choses importantes. La solution est alors de faire une liste hiérarchique en mettant en haut de celle-ci les choses les plus importantes. Il s’agit ensuite de rayer les faits. Et ce serait super chouette si le clairon sonnait à chaque rayure. Parce que oui, le procrastinateur a besoin d’être reconnu par lui-même. Il a besoin de s’auto congratuler et de jouir de ses performances.

 

John PERRY prend ici des exemples qui nous parlent à tous. Je vais vous donner le plus récurrent qui est celui d’aller naviguer sur le web. Lire un article, puis en lire un autre, et encore un autre… On a l’impression de travailler même si ça reste en surface. Mais alors le sentiment de culpabilité de reporter les choses importantes s’évapore.

Parce que oui, le procrastinateur structuré culpabilise de retarder son travail. Il culpabilise aussi de faire souffrir ses proches à cause de cette philosophie. Mais il n’y peut pas grand chose finalement, c’est une sorte de névrose qui l’accapare et ne le quitte pas.

 

Son problème majeur, finalement, est qu’il est perfectionniste. Remettre les choses importantes à faire au dernier moment force à presser le travail. Le procrastinateur peut alors se soulager l’esprit, souffler un coup. Parce qu’un travail rapide ne peut pas être parfait, quoi qu’on y fasse. Se rassurer est donc l’activité première de notre névrosé. L’auto congratulation est la seconde, lorsqu’il accomplit un travail, comme répondr eà un mail assez rapidement. Il peut cependant être très rapidement ramené à la réalité. Pour cela, il suffit qu’un non-procrastinateur, à savoir ici celui a qui est adressé le mail, réponde rapidement à son tour. Face à ces réalités, le procrastinateur structuré préfére souvent remettre au lendemain la réponse.

 

Est-ce finalement un esprit rebel ? Loin des conformités et de l’ordre bien connu de tous ? Il semblerait que non, que ce soit un mal bien plus profond.

 

Revenons à mon introduction qui est celle d’un blogeur en réponse à John PERRY. « L’explosion du système solaire ». Pour donne rune image à cette simple syntaxe, l’auteur propose celle de Melancholia, le film de Lars Von TRIER. Dans celui-ci une jeune femme n’angoisse aucunement face à la fin du monde. John PERRY nous dit sûrement que c’est parce qu’elle est procrastinatrice et donc qu’elle se réjouit de toutes ces choses si futiles qu’elle n’a pas faites pour profiter d’autre chose.

 

Une petite partie sur le temps entre alors en jeu, où John PERRY nous fait rencontrer, ou retrouver, le grand philosophe McTaggart qui pense que le temps n’est qu’une illusion et qu’il est inexistant.

 

Bref, ce livre est plutôt chouette. Il apprend pas mal de choses sur l’art de remettre au lendemain. Il a un beau partage d’idées et malgré un début un peu tumultueux ou je pensais que l’auteur voulait nous faire suivre son idée coûte que coûte j’ai fini par être séduit.

Des débats et des rebondissements ont sans cesse lieu. Parce qu’un sujet en appelle un autre, puis un autre encore, ce livre aurait pu faire le double, le triple, voir le quadruple du nombre de pages qu’il fait. Mais il semble pourtant tout nous dire sans pour autant se prêter à ce jeu du pavé.

C’est une lecture simple et pleine de reflexions qui vous attend si vous ouvrez ce petit livre. Vous irez en Angleterre, en Allemagne et resterez même en France rencontrer plusieurs courants de pensées qui ont tous raison dans leurs torts.Mais lequel suivre ? C’est justement ce libre arbitre que laisse finalement en suspend John PERRY malgré son point de vue très clair. Et ce n’est pas pour déplaire.

 

« Ne jamais remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le surlendemain ». Mark TWAIN

 

 

Ouvrage disponible aux éditions Autrement depuis Septembre 2012

 

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À propos de Antoine

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