Un arrêt sur la collection « Les petites conférences » chez Bayard

Voici une collection toute particulière en philosophie. La maison Bayard n’a plus rien à prouver. Avec un catalogue très riche en jeunesse, sciences humaines et religion, la maison a déjà su nous séduire et ne s’arrête pas en si bon chemin !

 

Cette petite collection est née et prend son nom dans une émission radio qui s’appelait à l’époque Lumières pour enfants. Quand je dis « à l’époque », je parle du début du XXe siècle.

L’emission radio a été lancée par Walter Benjamin en Allemagne et avait pour but d’apporter une culture de la philosophie, des métiers et de la vie à la jeunesse.

Depuis, donc, comme vous le constatez, ce même concept a changé de nom. Et c’est Gilberte Tsaï, multi-linguiste, qui a donner le nom de « petites conférences ».

Ces conférences ont lieu chaque saisons et s’adressent aux enfants à partir de dix ans !

Et si les thèmes n’ont aucune limite, la règle de base est de ne pas oublier qu’on s’adresse à des enfants. Ils ne sont pas bêtes, ils comprennent, mais il faut créer une sympathie naturelle pour les séduire davantage.

 

Vous retrouverez à la fin de chaque ouvrage ce qu’on retrouve à la fin de chaque conférence, à savoir un temps de parole qu’on appelle communément « Questions/réponses » et qui permettent à l’orateur d’approfondir le sujet avec un public réceptif et des demandes toutes particulières.

 

On commence cette petite présentation avec…

 

Le temps (qui passe ?) d’Etienne KLEIN

 

Un petit essai sur le temps pour s’emmêler les pinceaux et se poser des questions existentielles. Et pourquoi pas après tout ?

temps qui passe

Etienne KLEIN pose des questions simples mais fondamentales quand on souhaite s’intéresser au terme du temps.Qu’est-ce que le temps ? Le temps a t-il un début, une fin ? Comment le définir ?

Pour répondre à ces questions, Etienne KLEIN passe par plusieurs métaphores à l’intérieur même d’interrogations simples telles que : « Quel âge a le temps ? », « que montrent les montres ? », « d’où vient que le temps <<passe>> ? Et d’ailleurs passe t’il vraiment ? » et bien d’autres.

On va alors se frotter aux esprit de Bergson, Kant ou même Einstein. C’est dire jusqu’où le vice peut être pousser. Entre science et philosophie on se promènera sur les fleuves et on comprendra alors pourquoi « le temps est un fleuve » est fausse. On comprendra pourquoi l’expression de « passer le temps » peut irriter certaines personnes, même s’ils ne savent pas pourquoi, on se penchera aussi sur cette révolution qu’est la montre, qu’elle soit à gousset ou à poignet, et on nous démontre avec des pincettes que tout ne semble être qu’illusion. A moins que ?

L’écriture est simple, mais on ne peut pas dire vulgarisée. L’auteur ne nous prend pas pour des cons mais nous explique simplement son point de vue au milieu des autres d’une façon très accessible.

Retrouvez un essai qui est en fait une retransmission de conférence qui vous enchantera et vous fera réfléchir.

Vous serez immergé pleinement. Et ca durera le temps qu’il faudra.

De toutes façons, quand on lit le temps s’arrête, non ?!

 

 

 

 

 

Continuons notre voyage au coeur de la philosophie avec une petite conférence sur…

 

Plus d’une langue de Barbara CASSIN

cassin

Barbara CASSIN fait partie de ces oratrices qui séduisent par leur simplicité. Elle a une fluidité dans la parole, où en tout cas dans l’écriture qu’on ne peut pas lui enlever. Elle va au principal sans prendre plusieurs chemins, quitte à rester un peu trop sur le sentier de base et ne pas assez digresser. Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce qui est chouette dans la philosophie, c’est de pouvoir s’égarer un instant du sujet pour une discussion tout autant en rapport mais qui pourrait être un peu plus amusante.

Oui, mais là on s’adresse à des enfants.

Il n’empêche qu’on s’aperçoit bien, au niveau des questions / réponses de la fin, que certains thèmes auraient mérités d’être traités, ou en tout cas ont été traités trop rapidement.

Plus d’une langue. Voilà un titre qui laisse songeur. On se doute un peu de ce qu’on pourra trouver à l’intérieur du discours de l’oratrice mais notre imagination n’en reste pas moins titillée.

Alors de quoi parlons-nous ?

La langue. La langue c’est important. Et il existe plusieurs langues. C’est toujours bon de le rappeler.

Une langue peut être transmise par les parents ou apprise lors de son apprentissage personnel.

Il existe la langue maternelle, ou alors paternelle. Il existe aussi des familles qui parlent et apprennent deux langues à leurs enfants dés leur plus jeune âge.

Mais alors, qu’est-ce qui est bien finalement ? Et à quoi ça sert, de parler une langue ?

Et bien l’auteure va nous répondre avec plusieurs parties distinctes. Elle partira de l’apprentissage basique de la langue et finira au niveau de la traduction. Mais le cheminement entre les deux est long.

Et la principale importance de la langue, comme je le disais précédemment, c’est qu’il en existe plusieurs. Et chaque langue représente un pays, une nation, une culture.

Barbara CASSIN va alors partir de l’étymologie de certains mots pour nous les faire comprendre. On se retrouvera alors en Grèce antique, en Angleterre, ou bien même en France.

Tout le monde connait la célébre histoire de la tour de Babel. Cette tour construite pour atteindre Dieu. Mais Dieu, lorsqu’il s’en aperçoit décide de punir les hommes en leur faisant parler des dialectes tous différents. Et bien pour Barbara CASSIN, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Car avoir plusieurs langues, parler et comprendre le fonctionnement de plusieurs langues, c’est avant tout s’ouvrir au monde.

Elle ne manque pas de nous rappeler que certains mots sont intraduisibles dans d’autres langues. Un dictionnaire de philosophie des mots intraduisibles existe, soit dit en passant, et c’est manifestement plutôt chouette.

Alors, parler une langue, O.K. En parler deux c’est mieux. Mais comment motiver les jeunes à trimer dur pour ça ? Envoyez les à une « petite conférence » !

Allez, on va continuer notre route avec un autre petit essai d’un bonhomme très connu pour sa vulgarisation des sciences. Vous êtes prêt ? Roulement de tambours pour…

L’avenir de la vie sur Terre de Hubert REEVES

reeves ok

Attention, on sent ici l’orateur formé et habitué qui nos accroche dés les premières lignes avec un humour sans faille en reprenant une réplique de Woody ALLEN.

Et c’est avec cette réplique qui se moque plus ou moins de la philosophie qu’Hubert REEVES décide de faire son plan. Si ça c’est pa culotté… !

Connu pour sa connaissance en sciences, l’auteur ne manquera pas de nous en parler encore un peu dans cet ouvrage qui réunit astronomie et philosophie.

On part de la base. La toute base. D’où venons nous et où allons nous ? Evidement les notions de Big bang, de galaxie et d’univers sont prises en compte, on a aussi la vitesse de la lumière t tout ce qui peut remplir un petit cours sympathique de physique. Sauf que ce n’est pas un petit cours ennuyeux puisque ça devient une étude intéressante.

L’homme est une poussière d’étoile. Il est né de l’explosion des étoiles qui ont crées l’hydrogéne, l’azote et autres gaz. Et depuis son arrivée sur notre belle planète, l’Homme ne cesse d’évoluer. Mais vers quoi évolue-t-il ?

C’est la le vice du sujet. Le pétrole se fait de plus en plus rare, la planète se pollue, et cette pollution réchauffe l’atmosphère qui n’est qu’à une centaine de kilomètres au dessus de notre tête.

Vous l’aurez compris, c’est ici un petit conte philosophique sur le thème de la biodiversité et de la biologie que nous propose l’auteur. A-t-on réellement déjà tout dit sur ce sujet ?

C’est à travers ces quelques lignes qu’Hubert REEVES présente à un public d’enfants les enjeux de la planète et la survie de l’espèce. Tout ce qui naît est destiné à mourir nous dit-on. Mais il est possible de décélérer ce destin fatal. Des petites pensées sur la biologie, l’agriculture, la consommation excessive sont de mise.

Avec un vocabulaire simple, une étude vulgarisée mais pa dénué de son intérêt, Hubert REEVES nous transporte bien au delà de petit bout de jardin qu’on peut apercevoir devant sa fenêtre. Un texte agréable à lire, des questions pas dénuées d’intérêt et des réponses qui valent le coup d’oeil. C’est une bonne recette pour tenter une réponse à Woody ALLEN.

Alors on a vu le temps, on a vu la langue, on a vu l’univers. Vers quel autre sujet pourrions nous nous diriger ?

Allez, au hasard celui-ci m’est tombé dans les mains.

Je vais maintenant vous parler, tenez-vous bien, couchez les enfants, d’un thème qui fait tourner le monde et poser de grandes questions…

Vous désirez ? de Jean-Luc NANCY

nancy

Non, je déconne. Réveillez les gosses.

C’est justement ce que nous montre ici l’auteur. Dés qu’on parle de désir on pense à l’amour, à l’amour charnel même.

Mais le mot désir est bien plus profond. Tout comme les mots vouloir, envie, besoin ou souhait. Et c’est avec toutes ces nuances que l’auteur va jouer et embrouiller vos esprits.

Les nuances sont parfois complexes parfois simples. Parfois simples mais dites avec complexité ou égarement. Parfois compliquées mais vulgarisées.

Avec des petites histoires, formes de petits contes, l’auteur va nous faire de bien belles définitions de ces mots plus ou moins intenses. Allez, pour vous mettre l’eau à la bouche je vous propose le verbe vouloir.

Quand on dit « je veux ceci ou cela », c’est très fort. Ca sous-entend que je l’aurais puisque j’ai ce que je désir. Enfin pas ce que je désir, ce que je veux. Parce que désirer est encore un cran au dessus au niveau de la puissance et de la réception de celui qui l’entend.

Vous doutez encore ? Alors si votre enfant vous dit « j’ai envie d’un coca », aurez-vous plus de facilité à lui donner que s’il dit « je veux un coca » ? Le mot magique n’ayant rien à voir dans cet exemple !

C’est à méditer, et les pensées très terre à terre de Jean-Luc NANCY peuvent vous donner quelques directions. Si vous souhaitez cependant lire un essai complet et approfondis, je vous conseil de trouver un autre philosophe auquel vous raccrocher… !

Bon, voilà la petite présentation terminée. C’est l’heure de la bibliographie pour que vous puissiez arriver chez votre libraire avec toutes les informations pour acheter ces petits livres sans qu’il passe trois plombe à les chercher !

Le temps (qui passe ?), un ouvrage de Etienne KLEIN paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Plus d’une langue, un ouvrage de Barbara CASSIN paru aux éditions Bayard en Mars 2012.

L’avenir de la vie sur terre, un ouvrage de Hubert REEVES paru aux éditions Bayard en Septembre 2012.

Vous désirez ? un ouvrage de Jean-Luc NANCY paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Le tout dans la collection des petites conférences !

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À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

2 responses to “Un arrêt sur la collection « Les petites conférences » chez Bayard

  • temps

    Beaucoup de questions, quand l’esprit oubli la différence entre matière et phénomènes, une des bases du siècle des lumières.
    Cordialement

    • Tonio07

      Justement, Monsieur KLEIN essaie de répondre à la question du temps en le dématérialisant. Il va au delà des simples questionnements malgré la surface plutôt simple. C’est un petit ouvrage agréable à lire !
      Cordialement !

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