Archives mensuelles : avril 2013

La scierie, récit Anonyme

Voici un livre qui a failli passer aux oubliettes. Et ç’aurait été bien dommage !

Remercions Pierre GRIPARI pour cette collaboration magnifique qui promet de belles réflexions, et qui lui a permis de terminer son premier livre, Pierrot la lune.

scierie

Pierre GRIPARI, bien connu pour ses contes de la rue Broca (sorcière de la rue Mouftard et compagnie), a ici donner de sa plume dans la préface de cet ouvrage qui lui a été confié.

On ne connait pas l’auteur de ces quelques lignes. On sait juste qu’il pense avoir quelque chose à nous raconter. C’est, hélas, le seul et unique ouvrage qui sort de ses mains.

François est un jeune de dix-huit ans qui sort d’une famille plutôt aisée. Et il va devoir faire ses preuves. Il va devoir travailler, parce que son frère… C’est pas ça.

Après avoir prospecter, il va finir par trouver un job dans une scierie. Mais pas n’importe laquelle, c’est la scierie de Pressurot. Et autant vous dire qu’on n’y va pas pour rigoler.

Tout le monde le voit arriver sur ses grands chevaux. Il se sent mit à l’écart et va redoubler d’effort pour faire sa place. Ilchangera ainsi trois fois de scierie, et ce sera toujours plus difficile.

Ce récit est annoncé comme une histoire vraie. Sinon ce serait tout bonnement un roman.

On va vivre l’enfer avec notre personnage. Il va se mesurer à des hommes, des vrais. Qui triment depuis plusieurs paires d’années, qui ont les pectoraux qui suent, qui ne craignent pas la fatigue, même après douze heures intenses à porter des troncs de bois ou à se méfier des pires engins qui existent.

Car oui, travailler dans une scierie est quelque chose de dangereux. Beaucoup se sont couper les doigts, voir les mains. Et François sait que ce jour arrivera pour lui. Mais il redouble d’effort, jusqu’à épuisement, jusqu’à ne plus être un homme mais une machine. Jusqu’à perdre toute possibilité de réflexion. Tout ça pour impressionner le patron et être le meilleur.

C’est un récit douloureux et pourtant bourré d’optimisme. C’est un grand bol d’air à l’odeur forestière qui s’offre à nous. Essayez de lire ce livre dans le silence et tout le fracas qu’il fait vous percutera. Vous dormirez avec le son des machines qui sifflent, qui tapotent, qui blessent. Vous entendrez les pires horreurs dont un patron est capable pour avoir du rendement.

Celui qui se blesse n’a qu’à savoir travailler. Et pourtant, il faut gagner sa croûte. Il faut aller chercher son bifteck bien loin dans ses tripes. Il ne faut pas compter avoir quelques jours de repos ou ne serait-ce qu’une minute de répit au travail. Tombez, mais ne vous arrêtez pas.

Face à ces hommes tous différents qui semblent atteint d’une pathologie interdisant toute émotion l’auteur nous transporte dans une époque ou le social n’avait pas sa place, dans une époque ou il faut trimer dur pour une petite poignée de pognon, dans une époque ou il est impensable de se plaindre.

Et quand un homme décide de devenir son propre patron et que les femmes s’en mêlent, alors là, tout est possible.

Jusqu’où repousser ces limites ?

C’est ici un récit plein d’humanité qui nous est offert, alors prenez cinq minutes pour revoir les valeurs d’un homme qui souhaite juste nourrir sa femme.

Qui osera encore se plaindre de son travail ?

Ouvrage disponible aux éditions Héros-Limite depuis Avril 2013.

C’est un ouvrage qui ne paye pas de mine sur une table de librairie. Et pourtant, je l’ai plusieurs fois reniflé pour sentir l’odeur du copeaux de bois.


Les exploits d’Engelbrecht, Maurice RICHARDSON

Quand je pense que la France a failli passer à côté de ce texte merveilleux…

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Alors, par où commencer ?

Allez, je vous présente dés maintenant Engelbrecht. C’est un nain qui vit dans un monde surréaliste et participes aux jeux sportifs surréalistes.

Ces quelques textes sont d’abord parut dans le journal Liliput à Londres. A quoi peut-on comparer ce journal ? C’est triste, mais à aucun. C’est un magazine mensuel qui est sur le ton de l’humour, pour faire simple.

Engelbrecht, accompagné de son acolyte  va combattre sur un ring une horloge. Ils vont aussi croiser les mondes hippiques, une chasse aux sorcières, une chasse à l’homme, des représentations théâtrales farfelues…

Personne ne croit jamais en sa réussite. Les paris vont bon train, mais jamais personne ne mise sur lui. Il est manipulé par l’auteur, il est traité comme un pourri, comme une bête de foire, et finalement de façons toujours rocambolesques il va réussir ses missions et frôlera la mort sans y accéder.

Je pourrais vous parler de ce livre pendant des heures. J’aimerais vous en parler pendant des heures. Mais je ne sais pa quoi en dire pour ne pas le trahir, pour ne pas le rendre moins bon qu’il n’est.

Pour faire simple et vous donner l’eau à la bouche, imaginez un nain boxeur qui combat des horloges, qui participe à des jeux de golf très peu ordinaires, qui participe aussi à des concours de criquet pas moins bizarres… Si ça ça ne vous met pas l’eau à la bouche !

Pour couronner le tout notre héros va rencontrer de grandes personnalités dans ses jeux surréalistes, comme par exemple Marx, Engels, ou même et surtout Salvador Dali. Tous vont jouer ensemble au rugby, et devinez qui fera office de ballon ?

Allez, régalez-vous bien !

« En dépit de notre apparent détachement du monde du quotidien, il est des signes avant-coureurs par lesquels nous autres, membres du Club des Sportsmen surréalistes, manquons rarement d’identifier l’arrivée du printemps.

Parmi ces présages, on recense des phénomènes naturels tel que le bourgeonnement de l’upas à la boutonnière de notre secrétaire, la prolifération de doigt du diable dans le bocal d’anguilles électriques de notre maître-queux, ainsi que l’apparition d’épines de cactus à la frange de ce vaste désert d’éternité que l’on appelle, avec un certain optimisme, le tapis du fumoir. Ces épines sont semées avec régularité par le doyen du Club, un incorrigible sentimental, l’un des plus ardents masochistes de toute l’histoire de l’hyménée. »

 

Retrouvez une superbe introduction de James Cawthorn et une excellente postface de Michael Moorcock !

Ouvrage disponible aux éditions passage du Nord-Ouest depuis Mars 2013.


Orgasme à Moscou, Edgar HILSENRATH

On ne choisit pas sa famille, dit-on. Anna Maria, elle, est née avec un père richissime. L’homme le plus riche des états unis. Et parrain de la mafia. Il est connu partout et décide de prendre sa retraite dés la première page. Pourtant…

 

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Un étrange événement va bouleverser les projets de Nino Pepperoni. Sa fille, celle pour qui il vit, celle pour qui il est prêt à tout, est partie en voyage en Russie et ne donne plus beaucoup de nouvelles. Quand elle rentre, elle apprend à Pepperoni qu’elle est enceinte. Elle est devenue une femme. Elle a eu un orgasme.

Le coupable ? Un jeune juif moscovite du nom de Sergueï Mandelbaum qui va alors être obligé de se marier avec elle. Pepperoni va alors s’armer de son avocat, le meilleur du pays, Archibald Seymour Slivovitz, afin de contacter S.K. Lopp pour faire passer la frontière au juif qui a le plus gros pénis de Moscou.

Oui, parce que je ne vous l’ai pas dit, mais Mandelbaum a un gros pénis. Il lui sert beaucoup pour procurer de nombreux orgasmes. Même plusieurs fois par nuits. Il ne sait pas vraiment comment il fait. Il est fauché, et pourtant, elle le veulent toutes.

Quant à S.K. Lopp il est plein de pulsions sexuelles. Il est aussi homo. Et souvent il découpe les pénis pour les mettre dans son frigo. Surtout les jeunes, qui sont juteux et gros.

 

Evidement, Pepperoni va devoir trouver un stratagème pour empêcher que Lopp viole son futur gendre dans un champ alors qu’ils sont prêt à passer les frontières hongroise ou roumaine.

 

Vous vous doutez bien que c’est un roman plein de rebondissements, aussi drôle que farfelus voir absurdes.

Il se compose comme une pièce de théâtre dont les parties seraient des actes, ce serait un mélange d’absurde, d’horreur, le tout saupoudré de politique. Les politiques Russe sont d’ailleurs souvent pris à partie.

Sur un ton toujours léger, Edgar H. traite des sujets graves, des sujets sensibles et parfois même dangereux. Avec un style très incisif il promet à son lecteur de passer d’agréables moments, que ce soit dans des partouzes, entre des cuisses féminines ou dans des anus. On a divers paysages, qui vont d’une scène de viol à une scène dans le noir complet dans des champs.

 

La question est juste de savoir si vous êtes prêt pour ce voyage graphique et textuel peu ordinaire ?

 

 

Ouvrage disponible aux éditions Attila depuis Avril 2013.


Black Out, Brian SELZNICK

Comme toutes les années, le prix Sorcière a été remis. Le lauréat du roman junior cette année est cet ouvrage.

Qu’est-ce que le prix Sorcière ? Et bien c’est un prix littéraire qui décerne depuis 1986, et ce chaque année, une distinction a un ouvrage documentaire jeunesse, une première lecture, un roman jeune, un roman ado, un album et un livre pour les « tout petits ».

Ces prix sont décernés par l’Association des Librairies Spécialisées Jeunesse lors du salon du livre jeunesse de Villeurbanne.

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Enfin bref, revenons à notre phénomène, au livre qu’il faut avoir lu, regardé, goûté et dévoré.

Black Out. C’est une histoire croisée. Celle de Ben, sourd d’une oreille, et celle de Rose. Tous deux vivent avec cinquante ans d’écarts et pourtant ils se retrouvent dans les mêmes lieux, sur les mêmes traces. On attend impatiemment qu’ils finissent par se rencontrer.

Ben a perdu sa mère lors d’un accident de voiture. Il vit depuis chez sa tante, avec son cousin.

Il n’a jamais connu son père, mais commence a creuser les recherches lorsqu’il tombe soudainement sur des papiers qui pourraient le mettre sur sa voie après la mort de sa mère. C’est en voulant lui téléphoner lors d’un terrible orage que Ben perdra l’ouïe de sa seconde oreille.

Complétement sourd, le voilà parti dans les rues de New York, dans les pièces secrètes d’un musée qui cache bien plus de mystères qu’on ne le pense…

Parallèlement, Rose n’apparait qu’en image. Elle est partie intégrante du roman graphique et aucune parole ne lui est donnée. Elle ressemble a un vieux film en noir et blanc. Un film muet. Un film muet parce que l’auteur nous apprend à la fin que l’idée d’un tel livre lui est venue suite à un reportage sur la surdité qui parlait de la transition du film muet au film parolier dans les cinémas.

Ce roman graphique a double héros est donc un très beau texte, écrit avec beaucoup de poésie, de tendresse et de réalités.

Les illustrations partent souvent d’un point macroscopique pour aller vers un point microscopique, un peu à l’idée de Marc Antoine MATTHIEU dans 3″.  Parfois c’est cependant l’inverse qui est observé.

C’est un roman à lire, pas seulement pour le côté très philanthrope qui en ressort, mais aussi pour le plaisir de goûter à une belle langue dans de beaux dessins. Un mariage explosif et doux à la fois !

 

Retrouvez cet ouvrage aux éditions Bayard depuis Mars 2012.


La procrastination – L’art de reporter au lendemain, John PERRY

« Pourquoi traverse-t-on en dehors des passages piétons ? Pourquoi aucun des invités n’arrive avant 20h alors qu’ils étaient convoqués à 19h ? Pourquoi la plupart des automobilistes ne respectent-ils pas les limitations de vitesse ? Comment expliquer que les filles disent préférer les gentils garçons mais ne sortent jamais avec eux ? Pourquoi les gens disent-ils une chose et en font-ils une autre ? Pourquoi est-on incapable de s’en tenir aux règles ordinaires ?

Laisse tomber. Tout ça sera bientôt fini. Explosion du système solaire. »

 

 

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Cette citation n’est pas directement celle de l’auteur, mais il l’emploie. C’est un mail qui lui a été envoyé suite à un commentaire sur ses écrits.

Et cette phrase résume plutôt bien le sens du livre.

 

Qu’est-ce que la procrastination ? L’art de reporter au lendemain ce qu’on aurait pu faire aujourd’hui me direz vous à juste titre. Mais qui est le procrastinateur ? C’est la question à laquelle semble chercher l’auteur, lui-même membre de cette association hors norme.

Enfin, hors-norme… Pas plus qu’un gaucher. Les procrastinateur sont simplement mit de côté, comme les « enfants du diable » qui ne peuvent pas écrire correctement sur les bancs de la faculté à cause des tables qui proposent une plus grande aisance aux droitiers.

Mais alors, qu’est-ce qui qualifie un procrastinateur ? Qu’il ne fait rien ?

Non, détrompez vous. Il y a plusieurs formes de procrastination et on s’intéresse ici à une en particulier : la procrastination structurée.

C’est tout un programme que de nombreux philosophes ont essayé de résoudre. Mais comme tout bon sujet de philosophie, on peut aller encore plus loin. Toujours plus loin.

Le prcrastinateur structuré ne fait pas rien. Au contraire. Il en fait énormément. Il ne fait pas juste les choses importantes. La solution est alors de faire une liste hiérarchique en mettant en haut de celle-ci les choses les plus importantes. Il s’agit ensuite de rayer les faits. Et ce serait super chouette si le clairon sonnait à chaque rayure. Parce que oui, le procrastinateur a besoin d’être reconnu par lui-même. Il a besoin de s’auto congratuler et de jouir de ses performances.

 

John PERRY prend ici des exemples qui nous parlent à tous. Je vais vous donner le plus récurrent qui est celui d’aller naviguer sur le web. Lire un article, puis en lire un autre, et encore un autre… On a l’impression de travailler même si ça reste en surface. Mais alors le sentiment de culpabilité de reporter les choses importantes s’évapore.

Parce que oui, le procrastinateur structuré culpabilise de retarder son travail. Il culpabilise aussi de faire souffrir ses proches à cause de cette philosophie. Mais il n’y peut pas grand chose finalement, c’est une sorte de névrose qui l’accapare et ne le quitte pas.

 

Son problème majeur, finalement, est qu’il est perfectionniste. Remettre les choses importantes à faire au dernier moment force à presser le travail. Le procrastinateur peut alors se soulager l’esprit, souffler un coup. Parce qu’un travail rapide ne peut pas être parfait, quoi qu’on y fasse. Se rassurer est donc l’activité première de notre névrosé. L’auto congratulation est la seconde, lorsqu’il accomplit un travail, comme répondr eà un mail assez rapidement. Il peut cependant être très rapidement ramené à la réalité. Pour cela, il suffit qu’un non-procrastinateur, à savoir ici celui a qui est adressé le mail, réponde rapidement à son tour. Face à ces réalités, le procrastinateur structuré préfére souvent remettre au lendemain la réponse.

 

Est-ce finalement un esprit rebel ? Loin des conformités et de l’ordre bien connu de tous ? Il semblerait que non, que ce soit un mal bien plus profond.

 

Revenons à mon introduction qui est celle d’un blogeur en réponse à John PERRY. « L’explosion du système solaire ». Pour donne rune image à cette simple syntaxe, l’auteur propose celle de Melancholia, le film de Lars Von TRIER. Dans celui-ci une jeune femme n’angoisse aucunement face à la fin du monde. John PERRY nous dit sûrement que c’est parce qu’elle est procrastinatrice et donc qu’elle se réjouit de toutes ces choses si futiles qu’elle n’a pas faites pour profiter d’autre chose.

 

Une petite partie sur le temps entre alors en jeu, où John PERRY nous fait rencontrer, ou retrouver, le grand philosophe McTaggart qui pense que le temps n’est qu’une illusion et qu’il est inexistant.

 

Bref, ce livre est plutôt chouette. Il apprend pas mal de choses sur l’art de remettre au lendemain. Il a un beau partage d’idées et malgré un début un peu tumultueux ou je pensais que l’auteur voulait nous faire suivre son idée coûte que coûte j’ai fini par être séduit.

Des débats et des rebondissements ont sans cesse lieu. Parce qu’un sujet en appelle un autre, puis un autre encore, ce livre aurait pu faire le double, le triple, voir le quadruple du nombre de pages qu’il fait. Mais il semble pourtant tout nous dire sans pour autant se prêter à ce jeu du pavé.

C’est une lecture simple et pleine de reflexions qui vous attend si vous ouvrez ce petit livre. Vous irez en Angleterre, en Allemagne et resterez même en France rencontrer plusieurs courants de pensées qui ont tous raison dans leurs torts.Mais lequel suivre ? C’est justement ce libre arbitre que laisse finalement en suspend John PERRY malgré son point de vue très clair. Et ce n’est pas pour déplaire.

 

« Ne jamais remettre au lendemain ce que l’on pourrait faire le surlendemain ». Mark TWAIN

 

 

Ouvrage disponible aux éditions Autrement depuis Septembre 2012

 


Un arrêt sur la collection « Les petites conférences » chez Bayard

Voici une collection toute particulière en philosophie. La maison Bayard n’a plus rien à prouver. Avec un catalogue très riche en jeunesse, sciences humaines et religion, la maison a déjà su nous séduire et ne s’arrête pas en si bon chemin !

 

Cette petite collection est née et prend son nom dans une émission radio qui s’appelait à l’époque Lumières pour enfants. Quand je dis « à l’époque », je parle du début du XXe siècle.

L’emission radio a été lancée par Walter Benjamin en Allemagne et avait pour but d’apporter une culture de la philosophie, des métiers et de la vie à la jeunesse.

Depuis, donc, comme vous le constatez, ce même concept a changé de nom. Et c’est Gilberte Tsaï, multi-linguiste, qui a donner le nom de « petites conférences ».

Ces conférences ont lieu chaque saisons et s’adressent aux enfants à partir de dix ans !

Et si les thèmes n’ont aucune limite, la règle de base est de ne pas oublier qu’on s’adresse à des enfants. Ils ne sont pas bêtes, ils comprennent, mais il faut créer une sympathie naturelle pour les séduire davantage.

 

Vous retrouverez à la fin de chaque ouvrage ce qu’on retrouve à la fin de chaque conférence, à savoir un temps de parole qu’on appelle communément « Questions/réponses » et qui permettent à l’orateur d’approfondir le sujet avec un public réceptif et des demandes toutes particulières.

 

On commence cette petite présentation avec…

 

Le temps (qui passe ?) d’Etienne KLEIN

 

Un petit essai sur le temps pour s’emmêler les pinceaux et se poser des questions existentielles. Et pourquoi pas après tout ?

temps qui passe

Etienne KLEIN pose des questions simples mais fondamentales quand on souhaite s’intéresser au terme du temps.Qu’est-ce que le temps ? Le temps a t-il un début, une fin ? Comment le définir ?

Pour répondre à ces questions, Etienne KLEIN passe par plusieurs métaphores à l’intérieur même d’interrogations simples telles que : « Quel âge a le temps ? », « que montrent les montres ? », « d’où vient que le temps <<passe>> ? Et d’ailleurs passe t’il vraiment ? » et bien d’autres.

On va alors se frotter aux esprit de Bergson, Kant ou même Einstein. C’est dire jusqu’où le vice peut être pousser. Entre science et philosophie on se promènera sur les fleuves et on comprendra alors pourquoi « le temps est un fleuve » est fausse. On comprendra pourquoi l’expression de « passer le temps » peut irriter certaines personnes, même s’ils ne savent pas pourquoi, on se penchera aussi sur cette révolution qu’est la montre, qu’elle soit à gousset ou à poignet, et on nous démontre avec des pincettes que tout ne semble être qu’illusion. A moins que ?

L’écriture est simple, mais on ne peut pas dire vulgarisée. L’auteur ne nous prend pas pour des cons mais nous explique simplement son point de vue au milieu des autres d’une façon très accessible.

Retrouvez un essai qui est en fait une retransmission de conférence qui vous enchantera et vous fera réfléchir.

Vous serez immergé pleinement. Et ca durera le temps qu’il faudra.

De toutes façons, quand on lit le temps s’arrête, non ?!

 

 

 

 

 

Continuons notre voyage au coeur de la philosophie avec une petite conférence sur…

 

Plus d’une langue de Barbara CASSIN

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Barbara CASSIN fait partie de ces oratrices qui séduisent par leur simplicité. Elle a une fluidité dans la parole, où en tout cas dans l’écriture qu’on ne peut pas lui enlever. Elle va au principal sans prendre plusieurs chemins, quitte à rester un peu trop sur le sentier de base et ne pas assez digresser. Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce qui est chouette dans la philosophie, c’est de pouvoir s’égarer un instant du sujet pour une discussion tout autant en rapport mais qui pourrait être un peu plus amusante.

Oui, mais là on s’adresse à des enfants.

Il n’empêche qu’on s’aperçoit bien, au niveau des questions / réponses de la fin, que certains thèmes auraient mérités d’être traités, ou en tout cas ont été traités trop rapidement.

Plus d’une langue. Voilà un titre qui laisse songeur. On se doute un peu de ce qu’on pourra trouver à l’intérieur du discours de l’oratrice mais notre imagination n’en reste pas moins titillée.

Alors de quoi parlons-nous ?

La langue. La langue c’est important. Et il existe plusieurs langues. C’est toujours bon de le rappeler.

Une langue peut être transmise par les parents ou apprise lors de son apprentissage personnel.

Il existe la langue maternelle, ou alors paternelle. Il existe aussi des familles qui parlent et apprennent deux langues à leurs enfants dés leur plus jeune âge.

Mais alors, qu’est-ce qui est bien finalement ? Et à quoi ça sert, de parler une langue ?

Et bien l’auteure va nous répondre avec plusieurs parties distinctes. Elle partira de l’apprentissage basique de la langue et finira au niveau de la traduction. Mais le cheminement entre les deux est long.

Et la principale importance de la langue, comme je le disais précédemment, c’est qu’il en existe plusieurs. Et chaque langue représente un pays, une nation, une culture.

Barbara CASSIN va alors partir de l’étymologie de certains mots pour nous les faire comprendre. On se retrouvera alors en Grèce antique, en Angleterre, ou bien même en France.

Tout le monde connait la célébre histoire de la tour de Babel. Cette tour construite pour atteindre Dieu. Mais Dieu, lorsqu’il s’en aperçoit décide de punir les hommes en leur faisant parler des dialectes tous différents. Et bien pour Barbara CASSIN, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Car avoir plusieurs langues, parler et comprendre le fonctionnement de plusieurs langues, c’est avant tout s’ouvrir au monde.

Elle ne manque pas de nous rappeler que certains mots sont intraduisibles dans d’autres langues. Un dictionnaire de philosophie des mots intraduisibles existe, soit dit en passant, et c’est manifestement plutôt chouette.

Alors, parler une langue, O.K. En parler deux c’est mieux. Mais comment motiver les jeunes à trimer dur pour ça ? Envoyez les à une « petite conférence » !

Allez, on va continuer notre route avec un autre petit essai d’un bonhomme très connu pour sa vulgarisation des sciences. Vous êtes prêt ? Roulement de tambours pour…

L’avenir de la vie sur Terre de Hubert REEVES

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Attention, on sent ici l’orateur formé et habitué qui nos accroche dés les premières lignes avec un humour sans faille en reprenant une réplique de Woody ALLEN.

Et c’est avec cette réplique qui se moque plus ou moins de la philosophie qu’Hubert REEVES décide de faire son plan. Si ça c’est pa culotté… !

Connu pour sa connaissance en sciences, l’auteur ne manquera pas de nous en parler encore un peu dans cet ouvrage qui réunit astronomie et philosophie.

On part de la base. La toute base. D’où venons nous et où allons nous ? Evidement les notions de Big bang, de galaxie et d’univers sont prises en compte, on a aussi la vitesse de la lumière t tout ce qui peut remplir un petit cours sympathique de physique. Sauf que ce n’est pas un petit cours ennuyeux puisque ça devient une étude intéressante.

L’homme est une poussière d’étoile. Il est né de l’explosion des étoiles qui ont crées l’hydrogéne, l’azote et autres gaz. Et depuis son arrivée sur notre belle planète, l’Homme ne cesse d’évoluer. Mais vers quoi évolue-t-il ?

C’est la le vice du sujet. Le pétrole se fait de plus en plus rare, la planète se pollue, et cette pollution réchauffe l’atmosphère qui n’est qu’à une centaine de kilomètres au dessus de notre tête.

Vous l’aurez compris, c’est ici un petit conte philosophique sur le thème de la biodiversité et de la biologie que nous propose l’auteur. A-t-on réellement déjà tout dit sur ce sujet ?

C’est à travers ces quelques lignes qu’Hubert REEVES présente à un public d’enfants les enjeux de la planète et la survie de l’espèce. Tout ce qui naît est destiné à mourir nous dit-on. Mais il est possible de décélérer ce destin fatal. Des petites pensées sur la biologie, l’agriculture, la consommation excessive sont de mise.

Avec un vocabulaire simple, une étude vulgarisée mais pa dénué de son intérêt, Hubert REEVES nous transporte bien au delà de petit bout de jardin qu’on peut apercevoir devant sa fenêtre. Un texte agréable à lire, des questions pas dénuées d’intérêt et des réponses qui valent le coup d’oeil. C’est une bonne recette pour tenter une réponse à Woody ALLEN.

Alors on a vu le temps, on a vu la langue, on a vu l’univers. Vers quel autre sujet pourrions nous nous diriger ?

Allez, au hasard celui-ci m’est tombé dans les mains.

Je vais maintenant vous parler, tenez-vous bien, couchez les enfants, d’un thème qui fait tourner le monde et poser de grandes questions…

Vous désirez ? de Jean-Luc NANCY

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Non, je déconne. Réveillez les gosses.

C’est justement ce que nous montre ici l’auteur. Dés qu’on parle de désir on pense à l’amour, à l’amour charnel même.

Mais le mot désir est bien plus profond. Tout comme les mots vouloir, envie, besoin ou souhait. Et c’est avec toutes ces nuances que l’auteur va jouer et embrouiller vos esprits.

Les nuances sont parfois complexes parfois simples. Parfois simples mais dites avec complexité ou égarement. Parfois compliquées mais vulgarisées.

Avec des petites histoires, formes de petits contes, l’auteur va nous faire de bien belles définitions de ces mots plus ou moins intenses. Allez, pour vous mettre l’eau à la bouche je vous propose le verbe vouloir.

Quand on dit « je veux ceci ou cela », c’est très fort. Ca sous-entend que je l’aurais puisque j’ai ce que je désir. Enfin pas ce que je désir, ce que je veux. Parce que désirer est encore un cran au dessus au niveau de la puissance et de la réception de celui qui l’entend.

Vous doutez encore ? Alors si votre enfant vous dit « j’ai envie d’un coca », aurez-vous plus de facilité à lui donner que s’il dit « je veux un coca » ? Le mot magique n’ayant rien à voir dans cet exemple !

C’est à méditer, et les pensées très terre à terre de Jean-Luc NANCY peuvent vous donner quelques directions. Si vous souhaitez cependant lire un essai complet et approfondis, je vous conseil de trouver un autre philosophe auquel vous raccrocher… !

Bon, voilà la petite présentation terminée. C’est l’heure de la bibliographie pour que vous puissiez arriver chez votre libraire avec toutes les informations pour acheter ces petits livres sans qu’il passe trois plombe à les chercher !

Le temps (qui passe ?), un ouvrage de Etienne KLEIN paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Plus d’une langue, un ouvrage de Barbara CASSIN paru aux éditions Bayard en Mars 2012.

L’avenir de la vie sur terre, un ouvrage de Hubert REEVES paru aux éditions Bayard en Septembre 2012.

Vous désirez ? un ouvrage de Jean-Luc NANCY paru aux éditions Bayard en Janvier 2013.

Le tout dans la collection des petites conférences !


Leandro Avalos BLACHA dans la ligne de mire

Leandro Avalos BLACHA est un auteur Argentin. Avec des influences diverses il retranscrit des ambiances à la Pulp Fiction à merveille !

La présentation commence avec son dernier ouvrage …

 

Côté cour

 

Un subtil mélange de science-fiction, d’anticipation et de réalité. L’Argentine nous propose ici un roman qui fait peur, qui fait mal et qui fait réfléchir.

cote cour

Côté cour c’est quelques petites nouvelles, si on pet appeler cela ainsi, qui se coupent les unes les autres et se complétent.

Imaginez un monde dirigé par un opérateur téléphonique. On l’appelle ici Phonemark. Mais attention, ils ne sont pas commode.

On propose aux habitants d’une petite bourgade de garder chez eux quelques prisonniers contre une somme alléchante. Evidement, nous allons en suivre quelques uns. Mais les habitants sont pleins d’amertumes et de sadisme  On retrouve ainsi un prisonnier qui arrivera a devenir l’amant de notre héroïne, une famille qui organise des combats clandestins entre les prisonniers et des animaux sauvages ou dressés pour tuer, un savant un peu fou qui réduit des têtes pour les offrir à des enragées qui s’accumulent dans sa cage… Et une poupée perdue sur un toit qui fait office de déchéterie va prendre vie miraculeusement grâce à un faisceau lumineux envoyé par Phonemark.

Terrible entreprise que celle-ci, comme vous l’aurez compris. Et tout le monde la craint. On organise des assemblées discrète pour gagner un peu plus d’argent face à des spectacles cruels, ou, à l’inverse, magnifiques.

Le roman s’articule autour d’un axe monétaire qui fait tourner le monde. Le petit quartier est chamboulé par des grands-mères qui tirent à la carabine, et le lecteur est à moitié perplexe et à moitié perdu dans cet univers plus qu’inhabituel.

C’est une découverte pour moi que cette poésie argentine, une belle découverte. L’auteur a déjà écrit un roman qui met en scène un zombie punk qui cherche à bouffer des gens et boire de la bière. Ca fera sûrement parti de mes prochaines lectures.

L’auteur nous propose en fin de livre une bande son pour accompagner la lecture avec des artistes comme Portishead, Patti Smith, Queen, ou encore Paul Mc Cartney. Ca vous donne une idée de l’univers dans lequel vous vous apprêtez à pénétrer.

En attendant, j’espère avoir alléché votre curiosité. Quelques passages sont un peu trash et dérangent réellement le lecteur. Mais c’est ce qui fait la loi de la nature humaine. Allons au bout de l’horreur pour bander.

 

 

Allez, on continue maintenant avec son premier roman. Pourquoi ne pas prendre les ouvrages dans l’ordre ? Parce que je ne les ais pas lu dans l’ordre !

 

Donc son premier ouvrage s’appelle…

 

Berazachussetts

Le roman commence avec quatre femmes qui se promènent tranquillement dans la nature jusqu’à ce qu’elles aperçoivent sur le bas côté une autre femme, nue, endormie et sale. C’est alors qu’on comprend qu’on arrive dans un roman pas comme les autres…

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Nos héroïnes commencent par se demander si ce ne serait pas « encore » un viol ? Ou alors encore une femme de la rue qui n’a pas un rond ?

Elles sont bien loin de la réalité puisqu’il s’agit en réalité d’une zombie…

Et alors c’est parti, sans le savoir, les femmes vont accueillir chez elles la zombie avec qui elles vont apprendre à partager leur vies. Mais tout n’est pas simple quand on cohabite entre femmes. Surtout quand on a toutes tué nos maris pour toucher de l’argent et que ce qu’on pense être des fantômes sont des revenants.

Puis pour couronner le tout, Trash, notre zombie, est affamée de chaire fraiche, écoute du punk à tue-tête et cherche de la bière à longueur de journée.

En parallèle  la ville est gouvernée par une jeune paralysée. Elle a entendu les secrets de toutes les familles et est prête à les répétés pour son bien personnel.

Et n’oublions pas aussi la critique sociale des riches. Le but de certains habitants étant de reproduire la révolution Française. Ils veulent piller les riches qui ne savent plus quoi faire de leur argent et dont les enfants se font un malin plaisir à faire violer les femmes par des pauvres bougres qui n’ont pas vraiment le choix… Et ils filment le tout.

Non mais sérieux. Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de notre auteur ?

J’ai trouvé ce roman un peu plus long, je m’attendais à ce qu’il y ait plus de scène trash je pense. Cependant le bouquet final est absolument sublime et vaut le coup d’être lu.

L’écriture est toujours aussi incisive et on n’en décroche pas malgré tout. C’est un roman puissant tant dans la parole que dans la symbolique, surtout quand on sait que l’auteur se serait inspiré librement d’une ville Argentine dans laquelle la drogue tourne à foison…

Un soupçon de réalité qui fait peur pour pimenter votre lecture !

Retrouvez encore et toujours une playlist à la fin de l’ouvrage ! Merci Asphalte !

Bonne découverte !

Bibliographie :

Côté cour (Asphalte, Mai 2013)

Berazachussetts (Asphalte, Novembre 2011)