Zénith-hôtel, Oscar COOP-PHANE

« Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pite de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. »

 

9782363390080

 

Voilà un livre qui décoiffe. On démarre sur les chapeaux de roue. Attachez vos ceintures, c’est parti !

Les dents grasses, un goût d’animal, un corps gênant. Pas de doute, nous sommes dans la peau d’une prostituée qui gagne bien sa vie.

Et elle a décidé de nous prendre à témoins pour quelques pages. Elle a décidé de nous écrire son histoire. Enfin pas tout à fait son histoire, mais le conte d’une journée passée.

On e va pourtant pas seulement la suivre elle, mais nous allons partir à la conquête des hommes qui viendront la voir. Ils sont plusieurs, alcoolique, avec des chiens, ou simplement trop seuls.

Chacun a son histoire mais tous ont un point commun : leur âme leur fait mal. Ils ont besoin de se défouler, de changer leur quotidien. Parce que la solitude ça fait peur. Ca fait mal.

Alors les voilà, le suns après les autres, prés de notre pute qui écrit son journal. Elle ne parle jamais des rapports sexuels. Une honte la submerge. elle se sent dégueulasse. Elle a beau frotter jusqu’au sang, sa peau garde l’odeur âcre des hommes qui lui rendent visite. Et si elle assouvi leurs désirs, elle a choisi de ne pas leur mentir : l’existence n’est qu’un long chemin de solitude. Il faut vous le mettre dans le crâne. Vous êtes seul, et vous le resterez.

Face à vous même,

Quoi que vous fassiez,

Ou que vous alliez…

Vous êtes

 

 

 

 

Seuls.

 

 

 

Au delà de ces propos repoussant, dérangeant voir complètement ahurissant (ah bon?), l’auteur nous propose un petit moment complice avec la prostitution.

C’est une espèce de petit bonus.

On est seul… Avec elle. Elle, qui travail quand elle nous écrit. Qui peut nous exciter. Qui s’amuse avec des non-dits et attend de nous croiser, tous, au détour d’une rue.

Avec une écriture archaïque et assez inégale, l’auteur tend vers le mouvement glauque, si on part du principe qu’il existe, pour nous faie ressentir les émotions qui sont bien loins de nous.

On se lève à cinq heures du matin. On prend vite un café pour pas louper le train ou le métro, on court sans cesse. Et elle nous regarde passer.

 

De l’homme seul qui n’a comme unique ami qu’un chien en train de mourir à l’homme qui vit avec sa femme qu’il aime mais qu’il trouve vraiment trop grosse, on a des personnalités bien différentes et travaillées en quelques pages.

Avec une entrée en fanfare et un engouement rapide pour cette histoire, on fini quand même par se lasser quelque peu de certains personnages. Peut-être parce que leur vie est justement bien trop plate…

On reste cependant concentré dans le texte, et rien ne nous ferait tourner la tête quand on est plongé dans cette écriture atypique.

 

Roman paru aux éditions Finitude en Mars 2012. Il a obtenu le prix de Flore 2012.

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À propos de Antoine

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