Archives mensuelles : mars 2013

Les enfants du roi, Sonya HARTNETT

Êtes vous prêt à affronter le sifflement des bombes qui tombent des avions et le bruit des armes à feu ?

 

 

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Cecily, Jeremy et Héloïse sont tous trois envoyé en rase campagne à cause de la guerre qui a lieu à Londres. Hitler a déjà main mise sur la France et il souhaite continuer son carnage.

C’est donc tout naturellement que cette petite famille s’en va. Seulement voilà, Jem a quatorze ans. Et c’est un âge critique. Lui veut se battre. Il veut sauver son honneur et arrêter de sentir inutile.

En arrivant dans la petite bourgade, ils passent par l’hotel de ville afin de prendre sous leurs ailes un enfant dans le même cas qu’eux. C’est alors que May entre en jeu.

 

Mais tout ne fait que commencer. Parce qu’au delà de cette histoire triste de seconde guerre, il y a une autre histoire qui glace le sang. Celle du château des Neige, des ruines tout prêt de la maison d’oncle Pérégrine où il ont trouvé refuge.

Et oncle Pérégrine, la force tranquille de ce roman, va nous conter cette histoire. Celle d’un roi, d’un duc et de deux princes.

Tout se met alors doucement en ordre.

 

C’est un roman intéressant mais pas fascinant. L’écriture bien maîtrisée est parfois un peu longue. Quelques descriptions mériteraient d’être raccourcies malgré l’effet de lenteur qu’elles donnent au roman.

Bref, vous l’aurez compris. J’ai été trompé par la quatrième de couverture.

Ceci est un roman à lire, parce qu’il est écrit avec tact, qu’il est récité avec passion et que chaque personnage a un caractére tellement différent qu’on pourrait en faire une étude longue. Mais il n’est cependant pas dans mes priorité de conseils…

Il est vrai que le thème n’est pas celui qui me passionne le plus, qui plus est. A part s’il est écrit par Jean ECHENOZ ou Hubert MINGARELLI !

 

Ouvrage disponible aux éditions Les grandes personnes à partir du 5 Avril 2013.


Zoom sur Simon ROUSSIN

Simon ROUSSIN est à ce jour l’auteur de quatre ouvrages dont je vais vous parler ici.

Entre albums et B.D., le tout avec des textes déjantés et des illustrations « flash », l’auteur nous porte dans son monde et ne nous perd pas en route.

 

Il est également illustrateur pour des couvertures de roman, notamment le dernier ouvrage des éditions de Monsieur Toussaint Louverture : Le linguiste était presque parfait. C’est un début de week end prometteur.

 

Commençons par un petit album qui pourrait s’adresser aux enfants comme aux adultes…

 

Les aventuriers.

 

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Les aventuriers sont quatre. Alors qu’ils se promènent dans la nuit noire au milieu d’une ville, ils se voient pénétrer dans une cabane qui comporte une machine à remonter le temps. La grande aventure commence alors !

Les voilà transportés au temps des dinosaures. Bravant tous les dangers ils finissent malheureusement par perdre l’un d’eux.

Le pauvre jeune homme se voit capturer par un ptérodactyle et disparaît subitement. C’est alors qu’on peut voir qui sont les courageux. Et il n’y en a qu’un.

Alors que les deux autres repartent dans le présent, le petit dernier part à la recherche de son pote perdu dans ces montagnes folles.

 

C’est un album très court qui se lit avec autant d’étonnement qu’il semble vouloir en procurer. On le referme en se demandant si on ne s’est pas fait avoir, puis on se rend finalement compte, après plus mûre refléxion, que l’auteur manipule extrêmement bien le non dit et les métaphores.

Des couleurs criardes, des illustrations vintage et un texte incisif. Voilà qui fait du bien !

 

Allez, on continue avec une histoire que vous connaissez tous !

 

Robin Hood.

 

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Le jeune âge est-il celui de la raison ? L’amour doit-il dicter la vie ?

Retrouvez ici un robin des bois bien, bien, bien loin du traditionnel Disney. Et c’est tant mieux !

Ici Marianne est une cruelle jeune femme, Robin Hood couche pour de l’argent, le roi n’est plus bête mais bel et bien méchant, et le grand Petit Jean est une espèce d’hippie qui vit nue et a pour passion d’arroser Robin des bois dans la rivière.

Vous voyez, je vous ai pas menti. On est vraiment très loin de l’univers Disney.

Il y a du combat, il y a du sang, il y a du cul et de l’amour. Robin HOOD quitte Petit Jean pour retrouver sa belle Marianne avec qui il se voyait vivre alors qu’il était jeune.

Bien au delà du simple récit, l’auteur nous transporte dans un univers absurde qui se rapproche d’une certaine réalité contemporaine.

D’où naissent les mythes ? Les héros sont-ils vraiment des héros ?

Entre deux rires jaunes et gênants, vous aurez la lucidité de la profondeur de cette B.D.

Ce texte est d’abord paru sur internet en 2009 avant d’être publié à L’employé du Moi.

On a en prime une petite postface qui explique très bien le contexte de Robin HOOD, qui le décortique rapidement et propose une vision nouvelle de ce héros malin qui ressemble étrangement à un renard.

 

Allez, on continue l’aventure avec un autre album,

 

Le bandit au colt d’or.

 

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« Ne laissez pas son histoire (celle du bandit au colt d’or) vous émouvoir, l’homme dont ces pages racontent la vie fut en son temps un brigand redoutable et cruel. »

La première phrase résume plutôt bien le ton et l’atmosphère du livre.

Deux jeunes garçons se retrouvent orphelins suite à l’assassinat de leurs parents. Ils vont alors apprendre à vivre seuls. A s’éduquer. Jusqu’au jour où l’un d’eux va fricoter avec des malfrats et braquer des banques.

L’autre est alors recueilli par un vieil homme bourru, et leurs vies s’éloignent. Mais ils ne cessent de penser l’un à l’autre.

 

Cet album est évidement sur le rapport entre deux frères que tout semble séparer. Mais il va bien plus loin sur la nature humaine. Il prend le fond du fond des méfaits de certains choix. Et à partir de là il dépeint une histoire simple et efficace.

C’est avant tout un album sur l’identité et la pensée collective. Suffit-il de dire que quelqu’un est mort pour qu’il le soit ?

Avec des illustrations pleines pages, même double pages, Simon ROUSSIN fait vibrer le lecteur.

Le concept est simple : une illustration et un narrateur.

Seulement voilà, l’auteur met toute sa plume dans ce texte. On a l’impression qu’il se l’est répété souvent. Qu’il l’a même écrit plusieurs fois, n versions beaucoup plus longue. Puis qu’il a tout perdu et a tout abrégé.

Rien n’est en trop. Et il n’en manque pas non plus. La justesse du texte et de l’illustration montre le professionnalisme de l’auteur.

 

Allez, ne faisons pas dans le sentimentalisme et continuons plutôt avec une BD ! C’est parti pour…

 

 

Lemon JEFFERSON et la grande aventure.

 

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Voilà un titre qui semble regrouper un peu tous les albums précédents. Et pourtant…

C’est avec une fois encore une maturité différente que l’auteur nous surprend.

Dans un mélange subtile de tragédie et de personnages semblable à ceux de Charlie SCHLINGO (tant par le texte que par la contenance), soit plutôt frôlant l’absurde et la naïveté compléte, l’auteur propose un livre une fois de plus profond.

C’est un monde où les maîtres dirigent tout. Ils sont cruels et ont pas mal de gens à sous leur joug. Ils sont immortels et ont de réelles têtes à claques.

Mais voilà, Lemon JEFFERSON, ce héros qui ne comprend pas la moitié des choses qui lui arrivent, cet être tout à fait normal qui n’a d’ailleurs pas du tout les talents d’un héros, va se retrouver confronter à des choix cruciaux. Il va devoir tuer pour vivre, il va perdre un amour et en trouver un autre, il va être tiraillé entre les sentiments et la justice.

Qu’est réellement un héros, finalement ?

 

 

 

Découvrez avec ces quatre albums un univers merveilleux et loin d’être dénué d’intérêt. Même si les illustrations (qui semblent être faites à la peinture ?!) peuvent sembler lourdes, ne prenez pas garde. Une fois plonger dans cet océan de couleurs, vous en ressortirez différemment.

C’est d’ailleurs là que se trouve le réel problème.

Il va falloir que je revoie toutes mes idéologies sur l’héroïsme.

 

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Et merde.

 

 

Bibliographie : 

Les aventuriers (éditions Magnani, Mars 2012)

Robin HOOD (éditions Employé du Moi, Mars 2010)

Le bandit au colt d’or (éditions Magnani, Mars 2013)

Lemon JEFFERSON et la grande aventure (2024 Eds, Novembre 2011)

 


Le linguiste était presque parfait, David CARKEET

« Du David LODGE avec des cadavres ».

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Paula (la bombe atomique) vient d’arriver à Wabash, centre où la linguistique des enfants est étudié, notamment par Cook (le grand héros), Orffmann (le souffrant), Woeps (le grand pote), Aaskhugh (la langue de pute),  parmi tant d’autres et quelques auxiliaires et puéricultrices. Le directeur du centre se nomme Wach (c’est le grincheux, celui-la).

Lors de son arrivée à l’institut, Jérémy (Cook) entend qu’on le traite de trou du cul devant Paula. Enfin de parfait trou du cul. A moins que ce ne soit un vrai trou du cul ? une espèce de trou du cul ? ou même un peu trou du cul sur les bords ? A moins que ce ne soit « pas trop trou du cul » ou carrément « pas un trou du cul, contrairement aux autres » ? Bref, il n’a pas bien entendu. Mais il est sûr qu’on parle de lui.

Jérémy va alors voir rouge. Il va rechercher le coupable qui a dit ça à la belle Paula pendant qu’il s’emmerdait à faire visiter les lieux à Philpot, un journaliste un peu trop omniprésent.

Évidement que Wabash a des choses à cacher. Comme tout institut qui fait des études sur les gosses.

Que veut dire « beu » ou « areuh », ou même « m’boui » ? Ca parait simple, et pourtant… Si l’intonation change, l’enfant doit vouloir dire autre chose, non ? Ce serait quand même plus simple s’ils pouvaient parler !

Bref, au milieu de toutes ces réflexions pataphysiques des choses étranges apparaissent. D’abord Arthur, retrouvé mort dans le bureau de Cook, affalé sur le fauteuil. Et ce n’est que le début. Mais qui a bien pu faire ça ?

C’est forcément quelqu’un de Wabash. Il fallait bien avoir les clés pour pénétrer dans le bureau de Jérémy. Nous avons donc six suspects. Ils se regardent tous avec accusation et vivent pourtant tous ensemble. Ils sont tous pris par leurs dossiers et travaux mais n’oublient pas que parmi eux se cache un homme capable des pires cruautés.

Un commissaire entre alors évidement en jeu. Et il va alléger ce roman avec son rire gras et ses blagues douteuses. C’est certainement le personnage le plus mystérieux de tous.

Chacun apprend à connaître son collègue malgré les années qui les lient. Mais qui sont vraiment les gens qui nous entoure ?

Paru dans les années 1980 aux Etats Unis, ce roman semble intemporel. Avec des personnages grossiers, caricaturés parfois, ou alors absent malgré leur importance, on entre dans un univers où la langue est ce qu’il y a de plus important.

Notre ami Cook va étudier tous ses collègues, les mots qu’ils emploient, leurs intonations, la durée de leurs silences, et leurs faits et gestes. Il va entrer au plus profond de l’esprit linguistique en nous prenant à témoin pour cette enquête, mais aussi pour enfin découvrir qui l’a traité de trou-du-cul. Parce que quand même, c’est le fil conducteur du roman.

C’est, si je ne m’abuse, un premier roman à tendance policière chez Monsieur Toussaint Louverture. Comme les romans publiés précédemment, celui-ci vaut le détour. Il est fluide, il est haletant, il est dérangeant et il trouble. Bref, il possède tout ce qu’on aime, non ?!

« Qui a dit que la vie d’un linguiste était un long fleuve tranquille ? »

Attention, « la couverture a été recouverte d’un pelliculage Soft Touch (Peau de pêche) afin que personne ne puisse relever vos empreintes empreintes ». Vous pouvez donc profiter en toute tranquillité.

Pour ceux qui le connaissent, la couverture a été illustrée très justement par Simon ROUSSIN.

( http://simon-roussin.com/ )

Roman disponible aux toujours excellentes éditions Monsieur Toussaint Louverture à partir du 18 Avril 2013.


La reine des grenouilles ne peut pas se mouiller les pieds, Davide CALI et Marco SOMA

Voilà un bien bel album pour les petits jeunes qui entourent vos vies. A offrir sans modération et à lire avec le plaisir qu’il distribue.

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Dans un étang où il ne se passe grand chose, où les grenouilles coassent après manger et qu’elles s’amusent un peu à chanter, le calme va être mis à rude épreuve.

Comme on dit, il faut se méfier de l’eau qui dort. Surtout quand celle-ci éclabousse soudainement sans raison particulière.

Qu’est-ce qui a bien pu tomber au fond de l’étang ? Voilà nos petites grenouilles qui se font enquêtrices et remontent toutes bredouilles. Toutes sauf une qui a sur la tête une petite couronne pile à sa taille.

Ses amies vont alors l’acclamer et lui apprendre à devenir une bonne reine. Elle aura sa petite armée qui la suit partout, jusqu’au jour où, évidement, un groupe va se rebeller. Pourquoi la reine n’attrape plus ses mouches toute seule ? Et pourquoi ne met elle plus les pieds dans l’eau ?

Oulala, autant vous avouer que l’étang a perdu son calme !

Mais au fait, qu’était cette petite couronne avant d’atterrir sur la tête de notre petite reinette ? Une belle surprise vous attend !

Ce petit album propose tout ce que j’aime. C’est à dire une belle illustration dessinée et non pas informatisée. Des couleurs sombres qui représentent un temps passé et parsemé de gaieté, un texte qui fait réfléchir et des thèmes porteurs.

Le thème principal étant évidement celui de la justice, mais aussi ceux de la vie en communauté, ou bien même de l’amitié.

C’est une poésie qui rafraichie et qui nous embarque dans un petit étang dans lequel nous n’aurions jamais pu penser aller. C’est une petite scène de théâtre, aussi. Ou alors un petit conte. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit ici d’un très bon album.

Album disponible depuis ce jour (29 Mars 2013) aux éditions Rue du monde.


Susan Hopper – le parfum perdu, Anne PLICHOTA et Cendrine WOLF

Et c’est une nouvelle série pour ados qui débute pour les auteurs d’Oksa Pollock ! Et attention, ce premier volume risque de faire parler de lui !

 

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Susan est une jeune ressuscitée d’un incendie dans lequel ses parents ont péri. Elle avait alors trois ans. Autant vous dire qu’elle n’en a évidement aucun souvenir !

Nous allons donc passer directement à sa vie onze après. Alors qu’elle navigue de familles d’accueil en familles d’accueil, qu’elle retourne toujours au point de départ à cause de son caractère  elle va enfin rencontrer cette femme au parfum si particulier. Ce parfum qu’elle a sur elle depuis toujours et qui lui donne une identité.

Elle va donc tout faire pour aller dans cette famille ou un jeune homme en combinaison d’astronaute et lunettes de ski vit. C’est un enfant-lune et ils vont créer une amitié particulière.

La voilà alors dans l’habitat. Un manoir écossais qui, comme tout bon manoir écossais, est habité par des forces surnaturelles.

Va alors commencer une aventure entre le rêve et la réalité ou la recherche de soi, de son passé et de son identité sont de mise. Une aventure haletante avec un grand père, un chien et les deux enfants, sans oublier l’autorité maternelle, et tous les mystères qui planent sur cette « enfant du diable ».

 

Les auteurs d’Oksa Pollock nous offrent ici une nouvelle série pleine de bonnes intentions, pleine de pep’s, avec beaucoup d’action et un récit digne des auteurs de fantaisie français comme Erik L’HOMME.

Au delà du simple récit on nous propose une vraie interrogation personnelle avec les éternelles questions du « d’ou viens-je, ou suis-je dans quel état j’ére ? »

Mon seul point noir, c’est l’effet de série. On n’en peut plus de ces séries qui commencent, qu’on suit, et qu’on ne finit jamais. Ces séries dont on ne connait jamais vraiment la fin et qui peuvent s’étendre sur des décennies. Il faut que les auteurs pensent à leurs premiers lecteurs, qui grandissent avec eux, comme a pu le faire J.K ROWLING. C’est aussi pour ça qu’Harry Potter a marché !

Puis honnêtement, entre le moment où on lit le premier volume et la sortie du deuxième… La production ne s’arrête pas, et on ne peut pas se souvenir de tout.

Puis merde, ce putain de suspens à la fin est toujours un supplice. Y’en a marre ! On n’est pas dans une série télé !!! Je veux la suite !!!!

 

Ouvrage disponible chez XO éditions depuis Mars 2013.


Le bon Antoine, Marie DESPLECHIN

Bon, on va se le dire tout de suite, quand un Marie DESPLECHIN sort ça se sait ! Les piles se forment dans les rayons des librairies, les gens le demandent et se l’arrachent comme un premier jour de soldes.

L’auteure fait beaucoup pour la culture, jusqu’à dernièrement arriver à la présidence d’un comité permettant aux jeunes de s’ouvrir à la celle-ci ainsi qu’à l’art. Elle travail également pour la presse.

Bref, on n’est pas ici pour faire une biographie. Mais au moins vous cernez un peu le personnage.

 

Pour ceux qui ne l’ont jamais lu, vous avez sûrement déjà entendu quelques titres, comme La belle Adéle ou Le journal d’Aurore.

C’est d’ailleurs ce premier ouvrage qui va nous intéresser ici puisque Le bon Antoine est dans la même lignée des histoires de collégiens.

 

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Antoine, donc, est un jeune collégien qui n’arrive plus à suivre un cours depuis la quatrième. Il s’ennuie, il ne pense qu’à sortir des salles et rêve d’aventures.

Il est très amoureux d’une jeune fille qui s’appelle Lison, qui est son total opposé et l’a largué depuis peu.

Le pote d’Antoine, Thomas, a des parents plutôt stricts et il s’épanoui dans l’art graphique. Enfin, dans le tagg surtout. Il a recouvert le collége de sa belle signature, mais aussi plusieurs bâtiments de sa ville…

Une petite vie bien tranquille pour ces jeunes collégiens quoi. Tant qu’ils ne se font pas attraper par la CPE, tout roule dans le meilleur des mondes.

Mais Antoine n’a pas de chance. Il est poursuivi par une sorte de karma qui ne le lâche pas. Et « quand tout va mal, il n’y a pas de raison pour que ça s’arrange ».

Vous l’aurez compris. tout va basculer. On va alors se retrouver avec des ados qui feront tout pour ne pas aller en cours et s’entraider face à cette terrible petite chose qui arrive dans leur vie : un bébé.

A vous de découvrir toutes ces aventures merveilleuses.

 

Marie DESPLECHIN propose un texte enjoué, lumineux et optimiste d’une adolescence un peu perdue face aux problèmes de la vie. Une intrigue menée avec brio permet de ne pas s’ennuyer, et une écriture fluide vous accompagnera tout au long du roman.

Aurez-vous les nerfs pour suivre la tragédie qu’est la vie d’Antoine ?

 

Texte disponible à partir du 28 Mars aux éditions Gallimard jeunesse.


Cambourakis, une maison qui ne finit pas de nous impressionner

Petit billet un peu particulier aujourd’hui pour cette maison d’édition que j’ai découvert avec des livres comme Fan Man (William KOTZWINKLE), Not fade away (Jim DODGE), ou même Les boites, Floralies, Le chat et la souris (Istvan ORKENY) qui valent le détour.

Tous ces ouvrages sont des romans adultes en littérature étrangère, et si leur ligne éditoriale est partie dans cet esprit d base, ils se lancent aujourd’hui dans des domaines plus larges, comme notamment les albums jeunesse dont je vais vous parler ici !

Êtes-vous prêt à revoir vos classiques de littérature ?

Je commence tout bonnement cette présentation par leur dernier album paru hier…

Papa Tatoué, Daniel NESQUENS et Sergio MORA

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Maintenant que vous avez le contexte de départ de la maison, plus rien ne peut vous impressionner. Et cet album est un album pour adultes. Mais aussi pour les enfants, hein.

C’est juste un très bel album qui berce une histoire rocambolesque et décalée qui demande un esprit un minimum ouvert.

Cette histoire est celle d’un jeune garçon qui ne voit pas beaucoup son papa, souvent en déplacement. Et pour cause ! Il brave les dangers les plus terribles et raconte ses histoires quand il rentre. c’est d’ailleurs ce que le garçon retient. Il a l’image de son père tatoué de la tête aux pieds, avec peut-être une impasse sur les fesses.

Et tous ces tatouages retracent évidement la vie fantastique de cet homme. Tigres, éléphants, gorilles, serpents, oiseaux, araignées… Tant de choses qui font frissonner et sont ici transformées en poésie.

Saviez-vous d’ailleurs que selon les aborigènes australiens ce sont les serpents qui ont été chargé de construire les fleuves lors de la création du monde ? Et c’est pour cela qu’ils sont si courbés ! Tout s’explique.

Bref, vous l’aurez compris, notre homme vit des histoires fabuleuses. Il nous parle même de sa visite dans le ventre d’un anaconda appelé Princesse, c’est vous dire.

Découvrez à travers onze petits chapitres la relation entre un père absent et un fils bien seul. Découvrez comment la mutilation du corps peut avoir un sens. Et pour vous aider, vous avez de magnifiques pages illustrées, pleines de symboles, qui n’hésiteront pas à vous envoyé dans un monde où le cirque est présent. Dans un monde où la magie est réelle. Dans un monde où tout est contrôlé par les médisances d’une voyante et d’une boule de cristal.

Redécouvrez avec ce bel objet qu’est un livre au papier si doux que les mots qui le composent la magie de l’illustration, de la fascination et du conte. Tout est possible, à partir du moment où quelqu’un y croit.

Continuons notre périple avec un album un peu plus gai, bien que le précédent ne soit pas si triste, j’ai nommé

Se laver, quelle aventure ! Manuela MONARI et Benjamin CHAUD

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Matteo n’aime pas l’eau. Ah, ça non !

Faites lui toutes les misères du monde, ligotez-le, mais ne l’emmenez jamais sous la douche ! Ca bouche les oreilles, ça rempli les trous de nez, c’est soit trop chaud soit trop froid, ça fouette la peau… Vraiment, non, ce n’est pas agréable !

Puis franchement, à quoi bon se laver si c’est pour être de nouveau tout sale dans l’heure qui suit ? Ils ont de ces idées, parfois, les adultes…

Tous les moyens sont bons pour échapper à cette douche. Les questions sérieuses, un petit tour aux toilettes, traîner pour se déshabiller…

Puis non, là en plus sa mère abuse vraiment. Un canard en plastique à son âge. C’est démodé !

Et pourtant, aujourd’hui, suite à une rencontre plus qu’inattendue sous sa douche, Matteo va être content au point de vouloir y rester plus longtemps. Et pourquoi pas même y retourner dans la soirée ?

Avec un texte qui prête évidement à sourire et un thème récurrent chez les enfants, les auteurs nous proposent un petit album délicieux à lire au chaud, au froid, sec ou mouillé, avec ou sans indiens et cow-boy, mais à lire absolument.

Les illustrations sont fraiches et colorées, l’enfant a une bouille magique et des pieds qui puent tellement que vous en aurez l’odeur dans le nez.

Non, pour être honnête avec vous, le risque avec cet album, c’est de retarder l’heure de la douche pour le lire. Juste encore un fois. S’il te plait.

Allez, trêve de plaisanterie, nous retournons dans un monde plus poètique. Ca tombe plutôt bien, non ? Avec le printemps de poètes qui approche à grands pas… Cet album pourrait être posé sur toutes les tables !

Attention les yeux, où les oreilles pour ceux qui ont la chance de se le faire lire… Voici le grand, l’inattendu, le terrifiant…

Le lion mangeur de dessins, Beniamino SIDOTI et Gianluca FOLI

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D’après vous, quelles sont les couleurs les plus difficiles à digérer ?

Et bien il s’agit du jaune et du rouge. Soit vous goûtez vous-même, soit vous décidez de croire le félin.

Et oui, parce que vous l’aurez compris, ce félin est différent des autres. Il n’a pas été éduqué à manger de la bonne chaire humaine.

Non, non, non, pensez-vous ! Il vient d’une famille bien plus noble. Il se nourrit des dessins !

Mais attention ! Pas n’importe lesquels, ce serait trop simple !

Il faut que ces dessins soient – fait par des enfants,

                                                       – qu’il n’y ait pas trop de couleurs difficiles à la digestion,

                                                       – qu’ils soient du jour (qui mangerait des dessins passés de date ?)

                                                       – qu’il y ait de grands et beaux ciels…

Et je vous laisse quelques surprises.

Vous vous doutez donc que pour nourrir ce gros animal les enfants devaient se mettre à la tâche dés le matin et jusque tard le soir. Les parents avaient la boule au ventre, ils avaient toujours peur que le lion ne soit pas rassasié et s’attaque directement aux enfants suite à un retour à ses instincts primaires.

On arrive alors dans une espèce de société dirigée par une dictature elle-même tolérée et encouragée par les parents. Mais les enfants n’en peuvent plus. Ils sont crevés, ils n’ont plus le temps d’aller à l’école, ils ne peuvent garder aucun de leurs dessins… Bref, la « zére-mi » comme on dit aujourd’hui (oh, je me sens vieux).

Pour contrer ce monde qui devient suffocant, un petit génie va faire son apparition. Il a l’idée du siècle !

« Et si, monsieur le lion, pour arrêter de nous fatiguer tu… » Non, ne comptez pas sur moi pour finir cette phrase. Ce serait trop douloureux de ne pas vous laisser vous rendre compte tout seul de l’innocence que vous avez perdu.

Au-delà du texte travaillé avec brio, tant dans le fond que sur la forme, cet album pose de réelles questions sur la jeunesse, sur le monde dans lequel nous nous trouvons, et sur la place de l’enfant dans la société actuelle.

Avec un lion à qui tout est permis, jusqu’à la déformation d’une phrase pour le fun, parce que ça colle mieux au texte, on se rend compte que le roi de la jungle est bien seul. Le pouvoir permet il toutes les libertés ?

Et si on commençait à y réfléchir dès notre plus jeune âge, tiens, juste pour voir ?!

Bref, c’est un texte fabuleux accompagné d’illustrations très colorées et pleines de pep’s. C’est un véritable régal et une explosion oculaire. Même si cette image vous dégoûte, je décide de la garder.

Allez, un petit (avant) dernier pour le plaisir ! Ça vous fera un bel échantillon de différents auteurs et vous cernerez mieux les directions de cette maison qui mérite à être connue !

Et pour ce dernier, on va aller se balader un peu. Mais où ? Me direz-vous.

Pas bien loin. On va aller dans les champs avec le…

Mouton, Zeina ABIRACHED

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Avant même d’être un album, Mouton était un court-métrage et il a voyagé de festivals en festivals. Vous pourrez retrouver l’adresse pour le visionner à la fin de cet article.

Enfin bref, assez tergiverser ! Je vous ai mis l’eau à la bouche, hein, avec mes prés, mes champs, ma nature ? Avouez, vous souriiez à l’idée de prendre le bon air ! Et bien c’est que mon accroche à marcher.

Mais ce n’est qu’une accroche. Parce que ce livre ne vous fera voyager nulle part.

Il nous présente simplement une jeune fille pleine de tristesse. Ça commence bien…

Mais non, restez ! Elle est triste mais ça peut s’arranger ! Son problème est qu’elle est terriblement frisée et qu’elle n’aime vraiment pas ça ! Sa mère n’arrive plus à la coiffer, ça devient une vraie catastrophe. Elle va alors aller chez le coiffeur, et en deux trois tours de magie avec ses ciseaux, il va transformer sa belle chevelure en véritable mouton.

Et croyez-le ou non, mais c’est pas évidement de porter un mouton sur la tête ! Et ce n’est pas évident non plus pour un mouton d’avoir une jeune fille dans les pattes.

Ben on n’est pas sorti de l’auberge !

Bref, la jeune fille va tout faire pour le cacher. Chapeaux de toutes sortes, turbans, les jupes de sa mère… Mais décidément rien n’y fait. Il y a toujours un côté trop négatif à ses supers idées !

Vous vous doutez bien qu’il y aura cependant un dénouement, non ? On vous l’a bien appris n’est-ce pas ?! Et bien je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même !

Zeina ABIRACHED signe ici un bel album sur la différence et l’acceptation de soi. C’est un sujet difficile et il fallait respecter le court-métrage . Tout est dans les règles. Le texte est clair, concis. Il va à l’essentiel et ne manque pas de nous faire rire. Les illustrations sont simples et le leitmotiv du mouton très bien mené. Toutes les possibilités sont passées au peigne fin pour se débarrasser de ces cheveux bouclés.

Et petit plus qu’il n’y a pas dans le film, nous trouvons dans le livre un super cherche et trouve en double page dans lequel il faut compter le plus de moutons possible ! Attention, ce n’est pas si simple que ça n’y parait !

Alors, amis chercheurs, amis conteurs, amis des lettres et des dessins, êtes vous prêt à relever le défi ?

Adresse pour le court métrage : http://www.cambourakis.com/spip.php?article278

Je rallonge un poil cet article pour vous parler du tout nouveau Cambourakis. Attention, vous allez découvrir que l’Histoire n’est pas telle qu’on l’imagine. Oui oui, Noé est en fait plutôt sadique et on doit beaucoup au meilleur ami de l’Homme communément appelé le chien !

Aujourd’hui vous allez apprendre…

Pourquoi les chiens ont la truffe humide, Kenneth STEVEN et Oyvind TORSETER

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Avant d’ouvrir la première page, munissez-vous d’une dose d’humour, injectez vous du second degré, gobez une pilule de remise en question.

Oui, on remet le monde en question. Pas le déluge, non, lui a bien existé. Noé a bien construit son arche. Mais elle était lourde avec toutes ces bestioles… Un trou s’est alors formé, et devinez le rôle du chien dans cette histoire ? Si vous trouvez la réponse, ce dont je doute quant même pas mal, vous comprendrez le plus grand secret universel de la truffe humide.

Avec des illustrations très pastelles et un coup de crayon noir imprécis, les auteurs nous embarque sur les océans en compagnie d’un homme seul avec des tonnes d’animaux. Et ça nous parait normal.

On est tous fous.

Surtout eux.

Voici donc un échantillon de ce qu’il est possible de trouver dans un rayon jeunesse qui propose des éditions Cambourakis. Sinon, vous pouvez toujours les commander chez votre libraire indépendant préféré !

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Il existe également d’autres albums dans cette édition tout aussi bien travaillés et réfléchis, qui demande au lecteur de se prêter à un jeu auquel il est rarement confronté (au voleur) et le conte des Trois petits cochons revisité ! Je vous en parlerai une prochaine fois, quand vous aurez déjà digéré tout ça !

Bibliographie :

Papa tatoué, Mars 2013

Se laver, quelle aventure !, Octobre 2012

Le lion mangeur de dessins, Février 2013

Mouton, Novembre 2012


Zénith-hôtel, Oscar COOP-PHANE

« Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pite de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. »

 

9782363390080

 

Voilà un livre qui décoiffe. On démarre sur les chapeaux de roue. Attachez vos ceintures, c’est parti !

Les dents grasses, un goût d’animal, un corps gênant. Pas de doute, nous sommes dans la peau d’une prostituée qui gagne bien sa vie.

Et elle a décidé de nous prendre à témoins pour quelques pages. Elle a décidé de nous écrire son histoire. Enfin pas tout à fait son histoire, mais le conte d’une journée passée.

On e va pourtant pas seulement la suivre elle, mais nous allons partir à la conquête des hommes qui viendront la voir. Ils sont plusieurs, alcoolique, avec des chiens, ou simplement trop seuls.

Chacun a son histoire mais tous ont un point commun : leur âme leur fait mal. Ils ont besoin de se défouler, de changer leur quotidien. Parce que la solitude ça fait peur. Ca fait mal.

Alors les voilà, le suns après les autres, prés de notre pute qui écrit son journal. Elle ne parle jamais des rapports sexuels. Une honte la submerge. elle se sent dégueulasse. Elle a beau frotter jusqu’au sang, sa peau garde l’odeur âcre des hommes qui lui rendent visite. Et si elle assouvi leurs désirs, elle a choisi de ne pas leur mentir : l’existence n’est qu’un long chemin de solitude. Il faut vous le mettre dans le crâne. Vous êtes seul, et vous le resterez.

Face à vous même,

Quoi que vous fassiez,

Ou que vous alliez…

Vous êtes

 

 

 

 

Seuls.

 

 

 

Au delà de ces propos repoussant, dérangeant voir complètement ahurissant (ah bon?), l’auteur nous propose un petit moment complice avec la prostitution.

C’est une espèce de petit bonus.

On est seul… Avec elle. Elle, qui travail quand elle nous écrit. Qui peut nous exciter. Qui s’amuse avec des non-dits et attend de nous croiser, tous, au détour d’une rue.

Avec une écriture archaïque et assez inégale, l’auteur tend vers le mouvement glauque, si on part du principe qu’il existe, pour nous faie ressentir les émotions qui sont bien loins de nous.

On se lève à cinq heures du matin. On prend vite un café pour pas louper le train ou le métro, on court sans cesse. Et elle nous regarde passer.

 

De l’homme seul qui n’a comme unique ami qu’un chien en train de mourir à l’homme qui vit avec sa femme qu’il aime mais qu’il trouve vraiment trop grosse, on a des personnalités bien différentes et travaillées en quelques pages.

Avec une entrée en fanfare et un engouement rapide pour cette histoire, on fini quand même par se lasser quelque peu de certains personnages. Peut-être parce que leur vie est justement bien trop plate…

On reste cependant concentré dans le texte, et rien ne nous ferait tourner la tête quand on est plongé dans cette écriture atypique.

 

Roman paru aux éditions Finitude en Mars 2012. Il a obtenu le prix de Flore 2012.


Plus tard je serai moi, Martin PAGE

La société nous dicte-t-elle notre façon d’être et de penser ?

Grande question, à laquelle Martin PAGE répond en parti.

 

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Séléna est une jeune ado qui se cherche encore. Ses journées au collége sont interminables, toujours les mêmes visages, toujours les mêmes reflexions. Mais qui est-elle vraiment ? Elle ne trouve pas la coupe de cheveux qui la caractérise, ni même les fringues à mettre pour imposer son état d’esprit sans pour autant se faire remarquer.

Vous l’aurez compris, Séléna est une solitaire. Elle a cependant une amie, Vérane, qui est en fauteuil roulant et a des parents très stricts.

Pourquoi parler des parents de Vérane ? Parce que c’est un livre sur la parentalité, et que l’auteur a choisi de confronter deux familles opposées. Ou presque.

Séléna est donc encore jeune, et elle ne sait pas ce qu’elle compte faire de sa vie. elle y a déjà réfléchi hein, ça parait évident. Mais de là à être catégorique sur son avenir, c’en est trop ! Jusqu’au jour ou…

Ses parents ont a lui parler.

Ca ne les dérange pas si elle devient artiste. Ils veulent même qu’elle soit la plus grande artiste. Ils lui promettent un avenir rempli de poésie, peinture et musique. Ils sentent qu’elle a cette fibre. et ils sont bien les seuls à le sentir.

Elle, ce qu’elle sent, c’est cette odeur de viande pourrie qu’il y a dans sa maison qui s’avère être une ancienne boucherie, et autant vous dire que ça ne la ravie pas.

Voyant que leur fille reste de marbre face à leurs cadeaux en tous genre, ils décident de lui mener la vie dure. Parce qu’après tout, tous les artistes étaient pauvres et vivaient dans le froid.

Jusqu’où iront-ils ? Dépasseront-ils cette limite invisible qu’il ne faudrait surtout pas franchir ? Et quelles en seront les conséquences si ça arrive ?

 

Avec une écriture tout à fait contemporaine et jeune, l’auteur de (notamment) « L’apiculture selon Samuel BECKETT », ou bien « La bataille contre mon lit » nous offre une fresque d’une société qui dégueule de paraitre et de superficialité.

A travers la vie de deux jeunes adolescentes il arrive à peindre certains problèmes familiaux fondamentaux dans un cadre qui se veut absurde mais se rapproche beaucoup d’une réalité certaine.

Les questions de l’éducation, de la liberté et du libre arbitre sont posées. Mais pas seulement. On y parle aussi de l’influence parental sur la vie d’un jeune. Comment agir avec des adolescents pour ne pas paraitre trop hors jeu ?

 

Un roman à lire rapidement, que vous soyez ado ou parent, que vous soyez laxiste ou sévère, que vous soyez triste ou heureux.

Devient-on artiste ou est-ce inné ? Est-ce réellement un choix que de choisir une voie plutôt qu’une autre ? Arrêtez de vous poser les questions, et filez lire ce livre qui ne répond à rien mais donne un point de vue.

 

Martin PAGE a écrit pour la jeunesse, mais aussi pour les adultes. Des romans et des essais. Et on souhaite de tout coeur le voir continuer comme ça !

 

Cette ouvrage est paru aux éditions du Rouergue dans la collection DoAdo en Mars 2013.


Western girl, Anne PERCIN

Qui aurait cru que j’aime un jour un livre sur les chevaux, la country et la vie dans les ranch américains ? Anne PERCIN a réussi !

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Elise est une jeune adolescente de seize ans qui vit en province avec ses parents et fait un peu de cheval en club. Elle est même pas trop mauvaise. Outre sa passion pour le cheval, elle passe ses journées à écouter de la country, à danser le madison, à rêver des contrées américaines et des rodéos… Et tout ça lui ait venu naturellement, alors qu’elle était bien plus jeune et que ses parents l’avaient emmené chez Buffalo Grill…

Vous avez maintenant le ton du roman. Ajoutez une intrigue efficace et partez avec notre jeune « frenchie » dans un ranch du Middle-West avec de vrais cow-boys, mais pas seulement. Elle part de Roissy avec une bande de jeune français qu’elle ne connait pas… Et qui la pousse à ne pas mettre ses chemises à carreaux, son stetson et ses jean’s de peur d’être raillée.

Au delà d’une histoire qui pourrait paraître un peu facile, Anne PERCIN nous propose un vrai jeu de langage et d’écriture. Le lecteur est pris à parti pendant tout le roman étant donné qu’il tient entre ses mains le journal de bord de la jeune Elise. Tout y est dit crument, sans retenu, et avec un humour qu’on ne peut pas lui ôter.

Cette jeune fille qui paraît vouloir simplement vivre son rêve en paix va se transformer sous nos yeux et devenir une jeune femme qu’on est ravi de rencontrer.

Les musiques de Johnny CASH et ses collègues rythment les pages du roman, un peu à la manière de Mad, Jo et Ciao de Fanny LALANDE, et taper du pied en lisant un livre, même si ça parait compliqué, ça peut s’avérer être d’un naturel sans égal. Une petite discographie est d’ailleurs disponible en fin de roman.

C’est finalement un nouvel aspect du road trip que nous propose Anne PERCIN, même si le mot est sûrement un peu gros.

C’est un film de cow boy, mais sans le grand John WAYNE, qui se déroule devant nos yeux. Et l’adaptation qu’on peut imaginer ne peut que faire rêver.

Maintenant, c’est à vous de jouer. Prenez votre courage à deux mains, montez en selle, partez au galop et ne regardez plus derrière vous. Seul le soleil des déserts américain sur votre visage doit vous obnubiler. Voyagez, soyez libre.

 

Roman paru aux éditions du Rouergue dans la collection DoAdo en Mars 2013. A lire à partir de 12 ans !