Week end avec préméditation, Pierre WAZEM et Tom TIRABOSCO

Voici une BD d’une rare beauté qui mélange parfaitement la poèsie et l’acidité.

 

week end

 

« Je repense à ma grand-mère sur son lit de mort. Elle avait sa montre au poignet qui fonctionnait encore. Elle faisait tic et tac et je trouvais ça vraiment incongru. Tic, tac. J’avais pensé qu’elle s’arrêterait en même temps que ma grand mère. J’avais voulu la lui enlever mais je n’ai pas osé bouger. Je me demandais combien de temps, dans son cercueil sous la terre, la montre ferait encore tic et tac ? Tous ces morts qui font tic, tac sous la terre. Du temps pour rien. »

Voici un court extrait qui vous donne un aperçu de la précieuse écriture et du style parfait de l’auteur. Entre la lecture hâtive, courte, concise et l’envie de lenteur que propose le théme, on se retrouve happé par deux émotions qui complétent un état d’esprit nauséeux.

Retrouvez trois potes, trois collégues. Chacun a ses secrets, chacun a vieillit après six mois sans nouvelles. Ils se retrouvent ensemble dans un chalet, au beau milieu de la montagne, accessible seulement à pied. Le premier village voisin est mort, les hôtels ont désertés, la vie s’est enfuit vers les stations de ski, ou tout est plus vivant et plus sympa.

Nos trois camarades vont alors se chamailler constament. sur le boulot de l’un, la femme de l’autre. Ils se diront les quelques verités qu’ils ont à se dire, et nous serons tmoins de chaque scène. Et pourtant, quelque chose nous échape. Quelque chose d’important. De capital. On le comprend assez vite. Dés la première partie en fait. Les premières pages. Mais on ne veut pas forcèment comprendre. On préfére se laisser porter par la beauté de ce chef d’oeuvre.

 

Basée sur le principe de flash back, les auteurs nous proposent une magnifique histoire amicale. Avec ses qualités et ses défauts.

On a droit à un dessin en noir et blanc aux traits épais qui nous envoient en pleine gueule un travail précis et plein de vécu. On sent l’odeur de la forêt, on sent la pluie battre sur notre front, on entend le bruit de l’orage qui claque à moins de 300 mètres… On vit avec les personnages quelques dizaines de minutes enchanteresse. On oublie ce qui nous entoure, on oublie le tléphone, le web, le boulot, l’école. Et on aime ça.

 

Cette B.D. est disponible aux éditions Les Humanoïdes Associés depuis Octobre 2012.

Publicités

À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :