Aller – Retour, Frédéric BEZIAN

« Encore une BD », je vous entend penser. « Si ça continue, je ne viendrai plus lire ce blog ! ». Et vous auriez tort, parce que même si les articles ne vous plaisent pas, les livres devraient vous ravir.

 

bezian10

 

Aller – retour. Voilà une BD qui porte plutôt bien son nom.

On a tous nos petits secrets. Mais celui de Monsieur FAR, Basile FAR, semble être plus gros que les autres. Il dit être enquêteur et chercher une personne disparu. Une personne dont on ne connaitra jamais l’identité et dont personne n’a jamais entendu parler. Ou presque jamais. Il cherche à travers tout un village, mais sans réellement chercher. Il se référe au comissaire Maigret, comme s’il voulait se donner une consistance et ne plus être un homme parmi tant d’autres.

Il est spectateur de sa vie « comme un poisson dans un bocal ». Sauf que lui semble être « hors du bocal, si le bocal est le monde ».

Sa vie tourne autour de la musique et de la beauté qui l’entoure. Tout son provoque en lui un étrange sentiment. Toute couleur, brise du vent, ou même odeur le raméne à des rêveries toujours plus nostalgique.

Et les habitants du village semblent le reconnaitre. Ils l’ont déjà vu. Dans les journaux ? A la télé ? Avec des réponses qui sément le doute, Basile FAR garde un certaine distance avec le lecteur de son histoire.

Il garde d’ailleurs une certaine distance avec le monde extérieur et passe inaperçu dans la plupart des lieux.

On se sent à la fois imprégné à fond du personnage et pourtant tellement loigné tant que ce mystére qui plane sur lui n’est pas élucidé…

 

Des illustrations une fois encore en noir et blanc, hormis les premières et derniéres pages. Lorsque Basile prend le train, et qu’il continue d’écouter le monde autour de lui.

Des traits grossiers, qui ne semblent pas finis mais qui collent tellement au personnage que c’en est touchant. Une écriture qui force le respect, avec une idéologie qui se rapprocherait des bouddhistes occidentaux. Une prose à faire pâlir les plus grands romanciers.

Malgré une police d’écriture un peu indigeste, ou en tous cas inhabituelle, on se fond rapidement dans la masse et on se laisse prendre au jeu de ce personnage qui a des fantasmes qui le rendent humain.

C’est ici un bel ouvrage sur la place de l’être humain dans la société et sur le regard d’autrui. Une idée originale et simple. Mais c’est dans la simplicité que les meilleurs mets s’offrent à nous. C’est bien connu !

 

BD disponible aux éditions Delcourt depuis Janvier 2012.

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À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

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