Archives mensuelles : février 2013

R.A.S Infirimière-Chef (une comédie gériartrique), Bryan Stanley JOHNSON

Vous aimez l’humour anglais ? Vous allez être servi !

 

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Une fois de plus, les éditions Quidam m’ont enchanté.

L’auteur vous fait entrer dans ce roman dans la tête de 8 personnes agées qui se trouvent dans un centre gériartrique. Evidement, chacune d’entre elles a des problèmes différents allant des hémoroïdes à l’Alzheimer. Ils vivent tous la même scène mais d’une façon différente avec deux personnes qui reviennent à tous les coups : Ivy la léche cul et l’infirmière-chef à laquelle nous avons aussi à faire, en tant que neuvième personnage qui décide de se rebeller contre l’autorit de l’auteur.

 

Avec un humour sans égal, mais aussi une cruauté acerbe, l’auteur nous offre ici un roman incomparable.

Il joue avec la mise en page, il joue avec le lecteur, il joue avec ses personnages. L’auteur est ce dieu tout puissant que nous nous contentons de suivre où il désir nous emmener. Et ici, on se laisse porter avec délice, un sourire sur les lèvres, parrfois une grimace de dégoût, parfois de la compassion.

Comment traite-t-on nos vieux ? Il ne fait pas bon vieillir entend-t-on régulièrement. JOHNSON vous prouve que cette phrase n’est pas anodine.

Préférez-vous vieillir ou mourir immédiatement ?

La vieillesse, c’est comme une seconde jeunesse entend-t-on aussi. Avec quelques scènes interdites aux mineurs, vous verrez que les personnes d’un certain âge ne se refusent rien.

 

Laissez-vous porter, même Samuel BECKETT conseil fortement cet auteur. Vous hésitez encore, vraiment ?

Alors chantons une petite chanson !

 

Oh ! Les plaisirs de la vie sont grands

A quatre-vingt comme à cent ans

Avec entrain restons toujours

Et acclamons ce nouveau jour

Abandonnons avenir, passé

L’important c’est notre liberté

Oh ! Les plaisirs de la vie sont grands

A quatre-vingt comme à cent ans

Mais oui, mais oui, c’est important

Jusqu’à la fin restons vivants

Laissons nuages à l’horizon,

Espoir et foi en Lui gardons

Car Il est source de sagesse et joie

Oh, quelle chance d’être encore là !

Mais oui, mais oui, c’est important

Jusqu’à la fin restons vivants.

Maintenant, imaginez comment cette chanson peut être transformée selon les maux de chacun… Et découvrez l’originale sans plus attendre !!!

 

Ouvrage disponible aux éditions Quidam depuis Janvier 2003.

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Emergency 911, Ryan David JAHN

« La prochaine fois qu’on lui demandera s’il souhaite un oeuf à cheval sur son cheesburger, il dira oui. La vie est courte. Il ne faut dire non que quand on n’a vraiment pas le choix. »

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Comment écrire quelque chose d’assez bien pour vous donner vraiment envie de lire ce polars qui flirt avec l’iréel ?

Alors que Ian est derrière le téléphone des urgences, il ne s’attend pas au coup de fil qu’il va recevoir.

Sa fille a été enterrée quelques semaines avant le début du roman. Et pourtant, c’est elle qui l’appelle.

Disparue depuis maintenant sept ans, elle refait surface à presque quinze ans.

Une enquête pleine de rebondissements, pleine de sensations, pleine d’amour va alors commencer. Les personnages seront mal traités par l’auteur, à tel point qu’on en a envie d’aimer même les plus mauvais.

« Jamais il n’osera faire ça », « comment peut-il aller si loin ? », « comment est-il  possible que personne ne l’arrête ? »… Et pourtant si, Ryan David JAHN va pousser le vice de l’être humain au plus profond, tel un Régis JAUFFRET qui écrit un Claustria et a du mal à en parler.

Une enquête bravement menée, et dirigée sous la plume experte de l’auteur de « De bons voisins » que vous retrouverez sur ce blog va vous mener dans les caves les plus obscures, dans les esprits les plus dérangés du polars étranger. Et vous en redemanderez. On aimerait que jamais ça ne cesse.

Vous serez mené d’une petite bourgade Américaine aux grands déserts sans fin, d’une ambiance tranquille dans un petit restaurant à des coups de feu qui résonneront longtemps dans votre esprit.

Toutes les histoires finissent-elles bien ? Tout dépend du point de vue que le lecteur voudra bien s’avouer, s’il se laisse aller.

Pouvez-vous avoir confiance en un livre qui débute avec deux citations : Beckett et Nietzsche ? Ça annonce au moins la couleur.

Êtes-vous prêt à vivre cette expérience spectaculaire ?

Pour les fidèles qui auraient déjà lu le premier ouvrage de l’auteur, vous serez heureux d’y retrouver quelques thèmes récurrents… Traités d’une façon différente. Pour les autres, en refermant celui-ci, votre seule envie sera d’ouvrir l’autre. Et vous aurez bien raison !

Ouvrage disponible aux éditions Actes Sud depuis Février 2013.


Un drôle d’ami, Elise BROACH et Kelly MURPHY

Vous connaissez Dürer ?! Mais si, vous savez, ce peintre. Enfin dessinateur. Enfin le mec qu’on expose au musée et que tout le monde regarde pendant des heures ! Non ? Ca ne vous dit rien ?

 

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James est un jeune garçon qui vit avec sa mère (odieuse et attirée seulement par l’argent), son beau-père (froid, distant et toujours énervé), et son petit frère William qui touche à tout et arrache les cheveux  dans une petite maison de quartier.

Marvin est un petit cafard qui vit avec maman, papa, Elaine, son oncle et sa grand-mère… Dans les murs de la cuisine de James et sa famille.

Evidement, les humains n’aiment pas tro ples cafards. Ces bêtes crasseuses qui représentent la saleté et le manque d’hygiéne. Et pourtant, ce sera ici une histoire d’amitié peu ordinaire à laquelle vous aurez à faire.

Le jour de son anniversaire, James reçoit de son père (qui lui est artiste peintre) un stylo avec une plume, et un encrier pour dessiner à l’encre de chine.

Autant vous dire que ça n’enchante pas des masses notre jeune héros qui ne se sent pas l’âme artistique !

Marvin, en voyant ça, va décider de faire un cadeau d’exception à son colocataire ! Il va finalement lui faire un joli dessin. Si joli qu’on dirait un Dürer !

Va alors s’enclancher une histoire avec des vols, de l’argent, une petite enquête, et un cafard couvé par sa mère qui va s’émanciper !

Comment tout cela arrive ? Oulà, je vous laisse le soin de le découvrir par vous même !

 

Le texte de l’auteur est accompagné des très mignonnes illustrations de Kelly MURPHY à la plume délicate et hachurée.

L’histoire un peu bancale trouve finalement un angle qui vous séduira. L’art est mis en lumiére par l’auteur, avec une part de réalité dans la fiction (très bien expliqué dans la derniére page du livre). L’histoire est hélas un peu longue à démarrer, j’ai failli tout lâcher et finalement un espoir est né à partir du premier quart du livre. Et dieu merci, j’ai continué. Je me suis retrouvé dans la peau du jeune James, j’ai haï certains personnages, adorés d’autres. Il y en a même un pour lequel je ne sais toujours pas quel émotion abordé.

Une petite enquête pour les enfants à partir de 9 ans, avec une belle approche de l’art et du milieu artistique.

C’est un livre à découvrir, vous pourriez être surpris !

 

Livre paru aux éditions Pocket Jeunesse en Février 2013.


Trans Alaska — Trans Sibérie, Tom KACZYNSKI

Si vous allez chercher ce livre chez votre libraire, vous n’êtes pas obligé de lui donner le nom de l’auteur !

 

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Trans Alaska est le premier volume de ce dyptique très court. Il présente un jeune personnage, qu’on imagine être l’auteur et le met en scène aux états unis où il est arrivé en tant qu’immigré.

Il a cependant un gros problème : tout change trop vite. La technologie n’a de cesse d’accélerer et de le perdre.

 

C’est pourquoi le second volume inclus dans le même livre, Trans Sibérie, est présent. Ce sera une espéce de flash back pour nous faire comprendre comment il en est arrivé là.

Vivant dans une Pologne communiste, le personnage est fortement attiré par les Etats Unis, avec ses séries novatrices et libres. Il pisse sur Lénine et ne rêve que d’évasion. Seulement voilà, la nostalgie va le gagner dés son arrivée sur le continent américain.

 

A travers ces deux courtes bandes dessinées l’auteur nous met face à une société capitaliste moderne qu’il n’acepte pas. Il parle de la PS2, du MP3, de la télévision et des séries américaines ou Polonaises.

Nous avons droit à un court sur la nostalgie. Qu’est-ce que la nostalgie, au fond ? Etymologiquement Kundera nous la présente très bien. Et Tom KACZYNSKI choisi la même voie, à savoir le mal du pays. L’envie de retour. Seulement la nostalgie a évoluée avec la société.

Des bulles très courtes et concises qui disent l’essentiel dans un temps réduit. Une introspection personnelle qui est obligatoire à la fin de la lecture, et en bonus une explication de texte par l’auteur lui-même qui nous présente ses influences, leurs ouvrages, et une analyse courte de ses dessins.

Comme vous pouvez le voir, le mot « court » vient souvent. Et pour cause, les BD font environ 18 pages et l’explication 3 pages. Alors posez votre ordi, oubliez votre téléphone, éteignez votre télé, et prenez un quart d’heure pour vous remettre à jour avec vos origines.

Vous retrouverez dans ces quelques pages des influences comme Karl MARX, Georges ORWELL, André BRETON, William GIBSON et bien d’autres.

Vous aurez aussi droit à des conseils de visionnage de DVD d’Europe de l’Est. Pour les découvrir, je vous laisse ouvrir le livre.

Vous pourrez en plus vous la péter en repas de famille en parlant sociologie, capitalisme et actualité technologique ! Si c’est pas gnial tout ça !

 

Ce livre est disponible aux éditions Alter comics depuis Mars 2012.


Les oiseaux, peut-être, Manuel DAULL

Un livre écrit par un libraire. Et cerise sur le gâteau, c’est chez Cambourakis ! Alors, qui a dit que la perfection n’existait pas ?

 

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La forêt, c’est bien connu, est un lieu agréable ou se promener. Mais on peut aussi s’adosser contre un arbre, réfléchir, et ainsi attiser la curiosité d’un lecteur quelconque.

L’amour, c’est bien connu, est quelque chose de difficile à comprendre et encore plus à écrire. Mais on peut aussi l’utiliser pour faire passer un message sur les plus grands secrets de l’humanité, et ainsi faire palpiter le coeur d’un quelconque lecteur !

Mais comme l’amour se joue rarement à deux, on n’a qu’a inclure une tierce personne qui fera office d’arbitre. A moins qu’elle ne fasse office de transition ? Ou que l’auteur ait juste trouvé plus simple de faire exploser notre excitation…

C’est donc, en plus du livre du mariage (Eugenides), une histoire encore de trio amoureux. Enfin, pas tout à fait. Mais un peu quand même.

Le plus simple, c’est que vous le découvriez par vous-même, non ?

 

Laissez trainer votre esprit au milieu du bruit des feuilles, du chant des oiseaux. Partez dans un univers semblable à celui d’Henry David THOREAU, un univers où la marche repose, où tout est contemplation et rien n’est jamais acquis.

Partez à la découverte de ces trois personnages qui se cherchent, qui s’aident sans vraiment le savoir, et qui cachent quelques secrets. Et surtout, arrêtez de croire que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. C’est un peu plus complexe que ça, et tellement mieux écrit sous la plume de Manuel DAULL.

 

Vous serez séduit par la capacité d’un rythme tout à fait agréable malgré un manque de point dans la ponctuation de ce roman. Vous serez séduit par la contemplation qu’offre l’autteur avec seulement quelques phrases.

Une narration omniprésente mais qui ne dit pourtant pas tout n’aura de cesse de vous troubler.

Vous pouvez foncer, les yeux fermés. Même un narcoleptique ne s’endormirait pas !

 

Ouvrage disponible aux excellentes éditions Cambourakis depuis Aout 2010 !


Aller – Retour, Frédéric BEZIAN

« Encore une BD », je vous entend penser. « Si ça continue, je ne viendrai plus lire ce blog ! ». Et vous auriez tort, parce que même si les articles ne vous plaisent pas, les livres devraient vous ravir.

 

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Aller – retour. Voilà une BD qui porte plutôt bien son nom.

On a tous nos petits secrets. Mais celui de Monsieur FAR, Basile FAR, semble être plus gros que les autres. Il dit être enquêteur et chercher une personne disparu. Une personne dont on ne connaitra jamais l’identité et dont personne n’a jamais entendu parler. Ou presque jamais. Il cherche à travers tout un village, mais sans réellement chercher. Il se référe au comissaire Maigret, comme s’il voulait se donner une consistance et ne plus être un homme parmi tant d’autres.

Il est spectateur de sa vie « comme un poisson dans un bocal ». Sauf que lui semble être « hors du bocal, si le bocal est le monde ».

Sa vie tourne autour de la musique et de la beauté qui l’entoure. Tout son provoque en lui un étrange sentiment. Toute couleur, brise du vent, ou même odeur le raméne à des rêveries toujours plus nostalgique.

Et les habitants du village semblent le reconnaitre. Ils l’ont déjà vu. Dans les journaux ? A la télé ? Avec des réponses qui sément le doute, Basile FAR garde un certaine distance avec le lecteur de son histoire.

Il garde d’ailleurs une certaine distance avec le monde extérieur et passe inaperçu dans la plupart des lieux.

On se sent à la fois imprégné à fond du personnage et pourtant tellement loigné tant que ce mystére qui plane sur lui n’est pas élucidé…

 

Des illustrations une fois encore en noir et blanc, hormis les premières et derniéres pages. Lorsque Basile prend le train, et qu’il continue d’écouter le monde autour de lui.

Des traits grossiers, qui ne semblent pas finis mais qui collent tellement au personnage que c’en est touchant. Une écriture qui force le respect, avec une idéologie qui se rapprocherait des bouddhistes occidentaux. Une prose à faire pâlir les plus grands romanciers.

Malgré une police d’écriture un peu indigeste, ou en tous cas inhabituelle, on se fond rapidement dans la masse et on se laisse prendre au jeu de ce personnage qui a des fantasmes qui le rendent humain.

C’est ici un bel ouvrage sur la place de l’être humain dans la société et sur le regard d’autrui. Une idée originale et simple. Mais c’est dans la simplicité que les meilleurs mets s’offrent à nous. C’est bien connu !

 

BD disponible aux éditions Delcourt depuis Janvier 2012.


Week end avec préméditation, Pierre WAZEM et Tom TIRABOSCO

Voici une BD d’une rare beauté qui mélange parfaitement la poèsie et l’acidité.

 

week end

 

« Je repense à ma grand-mère sur son lit de mort. Elle avait sa montre au poignet qui fonctionnait encore. Elle faisait tic et tac et je trouvais ça vraiment incongru. Tic, tac. J’avais pensé qu’elle s’arrêterait en même temps que ma grand mère. J’avais voulu la lui enlever mais je n’ai pas osé bouger. Je me demandais combien de temps, dans son cercueil sous la terre, la montre ferait encore tic et tac ? Tous ces morts qui font tic, tac sous la terre. Du temps pour rien. »

Voici un court extrait qui vous donne un aperçu de la précieuse écriture et du style parfait de l’auteur. Entre la lecture hâtive, courte, concise et l’envie de lenteur que propose le théme, on se retrouve happé par deux émotions qui complétent un état d’esprit nauséeux.

Retrouvez trois potes, trois collégues. Chacun a ses secrets, chacun a vieillit après six mois sans nouvelles. Ils se retrouvent ensemble dans un chalet, au beau milieu de la montagne, accessible seulement à pied. Le premier village voisin est mort, les hôtels ont désertés, la vie s’est enfuit vers les stations de ski, ou tout est plus vivant et plus sympa.

Nos trois camarades vont alors se chamailler constament. sur le boulot de l’un, la femme de l’autre. Ils se diront les quelques verités qu’ils ont à se dire, et nous serons tmoins de chaque scène. Et pourtant, quelque chose nous échape. Quelque chose d’important. De capital. On le comprend assez vite. Dés la première partie en fait. Les premières pages. Mais on ne veut pas forcèment comprendre. On préfére se laisser porter par la beauté de ce chef d’oeuvre.

 

Basée sur le principe de flash back, les auteurs nous proposent une magnifique histoire amicale. Avec ses qualités et ses défauts.

On a droit à un dessin en noir et blanc aux traits épais qui nous envoient en pleine gueule un travail précis et plein de vécu. On sent l’odeur de la forêt, on sent la pluie battre sur notre front, on entend le bruit de l’orage qui claque à moins de 300 mètres… On vit avec les personnages quelques dizaines de minutes enchanteresse. On oublie ce qui nous entoure, on oublie le tléphone, le web, le boulot, l’école. Et on aime ça.

 

Cette B.D. est disponible aux éditions Les Humanoïdes Associés depuis Octobre 2012.