1280 âmes, Jean-Bernard POUY

« – Suppose que tu t’appelles Goethe, que tu es jeune et que tu travailles comme un forçat sur l’œuvre de ta vie, un texte qui serait le point d’orgue du romantisme, les considérations d’un jeune illuminé sur la nature, la morale et le destin individuel, et que ça fait trois mois que tu écris, assis sur une mauvaise chaise de bois, et que tu commences à avoir un mal de dos incroyable, là, derrière, à la base du cou, une souffrance de jeune vertèbre…
– Le con.
Pas loin de dix dollars pour cette ânerie… »

Voilà le style de l’auteur inventeur du Poulpe, de l’auteur qui parle si bien de la philosophie dans « Spinoza encule Hegel », et de l’auteur de 1280 âmes qui traite plutôt bien l’histoire de la série noire de Gallimard.

1280ames

Pierre de GONDOL travail dans une petite librairie; 12m². Il n’y a dans ce point de vente que des livres rares, des incunables, des signés…
Un jour, un homme qu’il n’a encore jamais vu entre. Il lui avoue ne pas avoir confiance en la série noire de Gallimard : la traduction laisse à désirer. Effectivement, Jim Thompson a écrit « Pop 1280 », traduit en France par Marcel DUHAMEL (directeur de la collection Série noire) par « 1275 âmes ». L’homme se demande donc où ont bien pu passer les 5 disparues dans le roman traduit… Et il est prêt à mettre le prix pour se réconcilier avec Gallimard.
Pierre de GONDOL va alors entamer un périple à travers les États-Unis et les références culturelles cinématographiques, théâtrales et littéraires pour découvrir qui se cache derrière ces 5 âmes. Et pourquoi.

Le livre se compose de deux parties, à savoir la première qui se passe dans la librairie et la seconde au Texas. La première est pleine de références culturelles alors que la seconde se veut un peu plus douce, en mode « road trip ».
Le roman est tout le long agrémenter de calembours, pour le plaisir de tous, en voici un second :

« Mère Nature nous aime, elle ne nous dévore pas, elle nous déguste. On va y passer à petit feu, en attendant le grand embrasement final du système en supernova. Merci qui, merci Mamie Nova. »

Sans oublier le plus fort du tous, son petit surnom donné par un client envahissant et connaisseur : Épictète. A vous de découvrir pourquoi. Vous ne prendrez pas un gros risque.

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À propos de Antoine

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