Archives mensuelles : janvier 2013

Le roi des mouches, Mezzo, Pirus (3 tomes)

Dans cette trilogie, Mezzo (illustrations) et Pirus (scènario) nous mènent à la frontière du supportable face à notre misére quotidienne en nous enfermant derrière un masque de mouche.

 

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Sexe, drogue et rock’n’roll. Ce sont les trois mots qui arrivent dans notre esprit dés les premières pages du premier tome de cette BD. Entre la musique à fond dans les raves, les cachetons avalés entre deux pétards et la joie du cul ouvert à tous, les auteurs nous proposent un voyage stupéfiant dans l’esprit du « crou stupéflip ».

Eric, le jeune branleur de la BD, mais aussi le camé de base qui a toutes les nanas à ses pieds se retrouvera confronté à plusieurs personnages plus âgés et flippant. Notamment le grand Ringo. Le grand Ringo lui confie un sac qui contient étrangement une quille de bowling, une arme et beaucoup beaucoup de pognon. C’est pourtant la quille qui intriguera le plus ceux qui auront le sac entre leur mains. Etrange.

Etrange, c’est le maître mot de cette trilogie qui à la fois fascine et fait flipper.

 

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En tant que lecteur ou lectrice, tu rentreras dans la tête des différents personnages, morts ou vifs, tu vivras avec eux. Tu te confronteras à leurs décisions parfois difficiles, tu ressentiras la haine et l’amour mais aussi l’excitation.

Le changement de narration à chaque personnage est parfaitement traité par les auteurs, que ce soit dans le scénario ou dans le dessin. Que ce soit avec la puissance des mots ou la précision des traits et des couleurs.

 

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Vous vous apprêtez à entrer dans la décadence quotidienne de l’être humain. A aller fouiller au plus profond de vos tripes pour en sortir le meilleur, et parfois le pire. Êtes-vous vraiment prêt(e) pour l’expérience ?

Mon seul petit bémol est le second tome, que je trouve moins puissant, moins provocateur. Un changement de rythme qui m’a paru dommage.

 

Le premier tome du Roi des mouches (Hallorave) est paru aux éditions Albin Michel en Janvier 2005, le second tome (L’origine du monde) est paru aux éditions Drugstore en Septembre 2008, et le troisième tome (Sourire suivant) est paru aux éditions Glénat en Janvier 2013.

 


06H41, Jean-Philippe BLONDEL

06h41, c’est l’heure du départ du train de Troyes pour Paris. Mais ce train réserve bien des surprises…

 

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Ce jour là, Cécile rentre de chez ses parents qu’elle voit plutôt rarement. Son mari et sa fille sont restés à la maison, pour causes diverses.

Le train est bondé comme jamais. Personne ne s’assoit à côté d’elle. Elle ne comprend pas. Elle a peur d’impressionner. Pourtant, aprés un court arrêt dans une gare, Philippe vient s’assoir à ses côtés.

C’est là que tout commence. Philippe reconnait Cécile et est venu s’assoir pour ne pas se retrouver le cul par terre. Cécile reconnait Philippe mais préfère taire ses souvenirs. Ils sont anciens amants.

Des amants qui respiraient le bonheur vingt sept ans avant. Et qui du jour au lendemain, après une nuit bien mystérieuse, se sont lâchement séparés. Les rancoeurs et les tensions sont toujours là.

 

Ce petit livre très court nous fait voyager dans les deux esprits bien différents des personnages. Tout ne se passe que dans la tête, dans les pensées, les petites réflexions qu’on a tous déjà eu en croisant quelqu’un avec qui on aurait vécu quelque chose.

C’est un petit livre qui part d’une succulente idée, écrit avec malice et sincérité. Les rares dialogues sont très courts, tranchants, et clairs.

La tension est palpable entre les deux personnages, seulement voilà… J’ai trouvé la fin un peu torp simple… Et surtout décevante.

Je ne vous en dirai pas plus sur ce petit livre qui se lit tranquillement dans la soirée et dont on risque de ne pas garder beaucoup de souvenirs, si ce n’est celui d’un bon moment passé.

 

Ouvrage parut aux éditions Buchet Chastel en Janvier 2013.


Johnny Jungle, Jean-Christophe DEVENEY, Jérôme JOUVRAY et Anne-Claire JOUVRAY

Les auteurs de Lincoln (voir mes critiques précédentes dans la rubrique BD) nous propose ici encore une bande dessinée pleine d’humour et de références.

 

« On devrait tous vivre en maillot. Ca ramènerait la confiance entre les gens. On est forcément plus près de vérité en maillot. Plus entier… En tout cas, on ne peut rien cacher… Rien dissimuler… Pas comme les espions et les chacals… »

 

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Vous avez aimé Mowgli, Tarzan, Georges de la jungle, et quelques films de GODARD ? Alors vous aimerez ce court ouvrage qui regroupe tout ça de façon… Décapante.

Johnny est un jeune enfant élevé par des gorilles, un enfant sauvage quoi. Il vit sa petite vie tranquille en pleine jungle, il bastonne les rhinocéros et sa mère n’est pas très contente quand il rentre avec un oeil au beurre noir. Il a ses potes gorilles avec qui il fait les 400 coups et n’a pas peur du danger.

Jane est une jeune actrice sous la direction de Mister GRIFFIN. Un jeune réalisateur coléreux qui veut changer le monde du cinéma en faisant des documentaires au plus proche de la réalité et du danger. Il utilise pour cela des décors, des costumes et des figurants.

Seulement voilà. Ce qui devait arriver, arriva incontestablement ! Mister GRIFFIN a des envies très masculines et n’hésite pas à en faire part à Jane en étant un peu trop proche d’elle.

Au même moment, Johnny, le beau blond musclé qui vit dans la jungle et ne connait l’humanité que par un curé qui vit dans une case, aperçoit la scène et tombe éperdument amoureux de Jane. Il va donc l’enlevé aux vilains bras de Mister Griffin.

Commence alors une comédie un peu déjantée qui ne manquera pas de vous plaire. Johnny va toucher au show-bizz, à la gloire, et au pognon. Bienvenue aux Etats Unis, la jungle civilisée, en France, le pays des poivrots poilus qui puent et dans le monde pailleté du cinéma.

 

Avec des illustrations à la fois simples et précises, les trois auteurs nous offrent une bande dessinée pleine de sens qui résonne dans les esprits après la lecture. Elle n’est pas seulement drôle, elle fait aussi réfléchir un minimum.

Sous ses traits très populaires, le monde de la famille JOUVRAY nous transporte dans l’absurde de notre quotidien, et on les remercie pour cela.

 

Cette B.D. est disponible aux éditions Glénat depuis début Janvier 2013, et vous la trouverez dans vos librairies indépendantes préférées !


Tchao Papy, Laeticia BRAUGE-BARON

Vous aimez les grands pères un peu farfelues ? Les petits-enfants plein d’imagination ? Les parents acerbes ? Alors découvrez ci livre !

 

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Si un jour votre père perd un peu la boule à cause d’une maladie bien connue, que vous allez le chercher régulièrement au commissariat, que vous ne supportez plus ses trous de mémoires, surtout faites bien attention à ce que vous pouvez dire, et aux témoins présents.

C’est l’histoire de Léo, un pré-ado parait-il un peu difficile, comme beaucoup d’enfants de cet âge là. Il est très attaché à Hippolyte, son grand-père d’un certain âge qui perd la mémoire. Ensemble ils vont braver l’autorité des parents de Léo et de la fille du vieil homme.

Un jour une décision va changer leur vie. Ils ne pourront presque plus se voir pensent-ils. Où Léo ira prendre son goûter à la sortie du collége ? Qui écoutera t’il raconter ses histoires pleines d’émotions ?

Une idée va alors atteindre le jeune homme. Ils vont partir ensemble en montant un stratagème aux parents toujours trop stressés de Léo. Mais où aller ? Hippolyte a son idée, ses secrets et ses mystères. Arrivé à leur point échappatoire, ils vont rencontrer des voisins très sympathique av i ils partagrt des ballades et des apéros. Seulement voilà, Hippolyte semble être de plus en plus absent. Il attend des journées entières, en regardant dans le jardin, et en disant au petit qu’il verra. Ca arrivera forcément.

Autour de ce mystère va naître des incertitudes mais aussi un amour de plus en plus fort de l’un envers l’autre. Ils se sauvent mutuellement d’une routine trop redondante.

Commencer le livre de Laeticia BRAUGE-BARON revient à attaquer une aventure introspective importante.

 

Pour parler de choses un peu plus terre à terre, l’écriture de l’auteure est chouette. Elle sait mettre de l’humour et du sentimentalisme intelligent dans ses lignes. A travers ses personnages presque tous de sexe masculin, on en oublie presque que c’est une femme qui écrit, et on finit par se demander comment elle a pu entrer dans la peau de ces personnalités si interessantes et nous transmettre tant d’optimisme en si peu de pages.

Le seul petit hic est que le livre étant à la première personne, le lecteur étant donc dans la peau de Léo, l’écriture est peut-être juste un petit peu trop élaborée pour qu’on y croit à 100%. Ecrire comme un enfant, ou se muer en enfant n’est pas chose simple, et je me demande si elle a fait le bon choix. En tant qu’adulte j’ai beaucoup apprécier ce livre, mais je me demande si un jeune l’apprécierait autant. On peut le lire à partir de 9 ans sans problèmes, mais il n’est pas dit qu’il soit alors apprécié a sa juste valeur.

 

Ce livre est parût aux éditions Alice depuis Octobre 2012, et vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies INDEPENDANTES.

 


La mystérieuse histoire de Tom Coeurvaillant, Ian BECK

Les contes fées, on les connait tous. Mais comment sont-ils nés ?

 

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La petite famille Coeurvaillant comprend six aventuriers. Tous s’appellent Jacques : Jack, Jacquot, Jacques, Jacky, Jackson et Jake.

Le petit dernier de la famille ressemble étrangement au vilain petit canard; il s’appelle Tom. Et il ne va cesser de vous surprendre, lecteurs !

Autrefois, la famille avait un père, un courageux et brave aventurier disparu un jour sans donner de nouvelles après être parti au pays des contes.

Mais qu’est-ce que le pays des contes ? C’est un pays où les contes sont écrits, évidement. Omerstone les commences, et nos braves aventuriers les continue, seuls face à leur libre arbitre. Omerstone se comparerait volontier au Gargamelle. Il souhaite écrire les contes de A à Z et va manipuler la petite famille pour capturer tous les Coeurvaillant.

Les frères Jacques sont alors capturés, et Tom atteint doucement ses 12 ans, âge légal pour devenir apprentis aventurier. Il sera appelé par le mMaître du pays des contes lui-même pour partir à la recherche de ses frères disparus.

Nous allons alors apprendre ce qu’il se passait pendant que Blanche-Neige attendait son prince avec patience dans son cercueil en verre que les sept nains ont construits, pendant que Cendrillon attendait le sien, perdue dans ses balais et toujours plus menacée par sa belle mère. Mais nous aurons aussi l’histoire de Raiponce accompagnée de la vilaine fermière qui ne manque pas d’humour malgré elle, et de bien d’autres encore.

Et au milieu de ce brouhaha délicat, vous aurez l’angoisse d’une mère qui attend ses sept fils et ne peut rien faire pour les aider.

Tous les contes sont revisités par Ian BECK pour notre plus grand plaisir. En ouvrant ce livre vous entrez dans un monde féérique construit par des aventures qui pourraient paraitre ordinaires mais sont loin l’être. Vous croiserez un géant, un corbeau qui parle, des farfadets, de l’or et des oies magiques. Vous serez transporter dans un monde merveilleux que même les plus grands conteurs n’ont pas inventés, et vous créerez avec Ian BECK, Tom et Jollity un tout nouveau conte à raconter à vos enfants ou pendant un repas familial. Ca fait toujours bien, et ça fait manger les libraires !

Petit plus de ce livre, les contes repris ne le sont pas selon la version de Disney, mais bien selon les versions originales. Notons aussi la délicatesse et l’effort fait sur la couverture du livre. Nous retrouvons à l’intérieur de l’ouvrage ces illustrations sous forme d’ombres chinoises poétiques.

Vivement le Printemps, Tom semble partir pour de nouvelles aventures…

Si vous ne vous régalez pas avec ça, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, alors je ne vous comprend plus !

 

Cet ouvrage est disponible depuis Juin 2012 aux éditions Mijade. Et dire qu’il sort tout juste de l’anonymat !


Les aventures rocambolesques, Manu LARCENET

Découvrez ici deux des ouvrages de la série Les aventures rocambolesque par Manu LARCENET.

 

Commençons par le commencement avec le premier tome, Une aventure rocambolesque de Sigmund FREUD : un temps de chien.

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Freud n’en peut plus de son Autriche dont il a fait le tour. Il est reconnu maintenant dans son pays, et il psychanalyse toujours les mêmes cas. La routine s’installe mais il ne la laissera pas le bouffer. Il décide de partir pour les Etats-Unis à la rencontre des cow boys, ou comme les appellent son acolyte, les Garçons vachers.

Attention, gros choc de culture. Freud et son acolyte recherchent déséspérement des gens à psychanalyser. Mais les cas sont tellement lourd qu’il paraît impossible de faire un travail rapide pour se la péter lors du retour à Vienne. Ils vont alors tomber sur un chien… qui parle. Et l’auteur le sait évidement que les animaux ne parlent normalement pas. Mais alors… Freud aurait-il besoin de se faire soigner à son tour ? Le chien, sorti récemment de prison, va les accompagner à travers le Texas et leur racontera ses problèmes en échange d’un coup de pouce face aux forces de l’ordre qui le recherchent sans trêve.

Freud va alors se retrouver face à sa propre existence à la compagnie de ce chien, et d’un mystérieux chaman qui connait pas très bien son taff et va les faire planer.

Continuons avec le second tome, avant d’avoir mon bref avis sur ce début de série.

Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh : La ligne de front.

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Vincent Van Gogh, c’est bien connu, met un peu trop de jaune dans ses toiles. Mais ce n’est qu’un très léger détail dans cette aventure qui porte bien son nom.

Pendant la guerre, les militaires sont décontenancés, démotivés, ils veulent juste rentrer chez eux… Et les dirigeants, dans leur bureaux, bah ils comprennent pas vraiment pourquoi. Après s’être posé plusieurs questions, ils en viennent à la conclusion rapide qu’il ne sont pas assez proche de front pour ressentir ce que ressentent les guerriers.

Une ide leur passe alors par la tête. L’art est merveilleux. A travers celui-ci on peut ressentir des émotions qu’on ne soupçonnait même pas. Alors pourquoi ne pas envoyer Van Gogh lui-même sur le front peindre l’horreur ? Il n’aura évidement pas le choix, sinon c’est la mise à mort.

Voici alors notre joli petit peintre grincheux partir pour la guerre avec ce qu’on peut nommer une couille molle. Un mou de genoux. Van Gogh est habitué, lui, à la pression du front et aux bruits divers des obus ou grenades. Mais son compère chargé de le surveiller, habituellement dans les bureaux, ne fait pas tant le malin face à  l’ennemi.

Lorsque le supérieur est remplacé par le larbin, les scènes ont leur petit piment comique assuré. Et ce n’est pas peu dire.

Cette série composée de déjà cinq tomes s’inscrit dans l’oeuvre de Manu LARCENET avec un plaisir que le lecteur ne pourra pas cacher.

A travers son illustrations sombre et pourtant optimiste, et son texte tout à la fois comique et tragique, l’auteur sait mener son lecteur du point A au point B sans le quitter. Les BD sont courtes mais tiennent en haleine. Les scènes absurdes sont toujours de bon goût et sauront faire sourire les personnes dotées de second degrés. Mais si vous lisez ça, j’imagine que c’est votre cas, alors éclatez-vous !

Ces BD sont disponibles aux éditions Dargaud depuis 2002 et 2004. 


Boris le Babylonien contre l’aligot littéraire, Julien CAMPREDON

Voici une nouvelle courte et tranchante qui ne manquera pas de vous faire sourire, ou de vous démoraliser quant à notre actualité littéraire.

 

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Boris le Babylonien contre l’aligot littéraire, ou le livre passé un peu à la trape lors de cette rentrée littéraire de Septembre…

Il n’est pas trop tard !

Cette courte nouvelle d’une vingtaine de page nous met dans la peau d’un jeune auteur provincial qui monte à Paris, au salon du livre, afin de présenter un nouveau concept. Il retrouvera là bas Boris qui lui est entouré de filles, célebre, passe à la télé et doit veiller sur notre provincial plein de pêche et de réalités.

Avec un leitmotiv drôle qui remet Boris à sa place, Julien CAMPREDON anime cette nouvelle de petites pulsions de haine, de mauvaise foi, et de réalités.

Au milieu de signatures, de personnalités qui pètent plus haut que leur cul, des cadavres et des coups de feu nous nous promenons avec une petite appréhension constante de se demander jusqu’où ira l’auteur.

Alors d’après vous, à qui s’attaque t’il comme ça en particulier ?

« A l’entrée, côté lettres, on trouvait plutôt des tentes et des petits jardins installés à la gloire de journaux ou de revues dont on ne comprenait pas, à premiére vue, le lien direct avec l’évenement littéraire.

Ca ressemblait de loin à une très grande librairie mais dans laquelle il n’y aurait aucun bibliophile, ni même des gens qui aient les gens. »

Que vous soyez déjà aller ou non au salon du livre de Paris, vous ne manquerez pas de reconnaître certaines scènes que vous avez pu voir, imaginer ou fantasmer à l’intérieur de ce petit livre. Et ce jusqu’à la dernière page, après avoir lu le glossaire.

Ouvrage disponible aux éditions Atelier du Gué depuis Septembre 2012.