Dans ma tête je m’appelle Alice, Julien DUFRESNE-LAMY

J’ai acheté ce livre un peu au hasard de mes pulsions, en flânant dans une librairie, un peu éberlué.
J’ai vu que c’était un premier roman, un jeune de 25 ans. Je me suis dis « Et pourquoi pas ? » Le titre était déjà en soi une référence, minime, à Alice au Pays des Merveilles. a moins que… Non ? Rien à voir ?

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Stock a créé cette collection, « La Forêt », en 2010. Elle est dirigée par Brigitte GIRAUD, elle-même auteure. Elle « publie des textes de littérature sans a priori sur la forme, romans, récits, nouvelles…,
dont la démarche d’écriture, la voix et le travail sur la langue font preuve d’un engagement fort et singulier.  »

Et c’est effectivement le cas ici. Un gros travail d’écriture se fait sentir, un gros exercice de style.

On suit l’histoire d’une jeune femme de 30 ans, bientôt docteur en mathématique, qui va nous conter sa vie au fil d’un album photo. On va passer de ses 10 ans, à ses 18 ans, et revenir sur ses 5 ans… Le tout avec pour premier personnage sa mère : La Reine. Alcoolique notoire, dépressive et parfois violente. Mais il y a aussi son père, éternel absent. que peut-il bien cacher ? Et son frère, Germain, qui pour sa part prend distance avec les siens.

Pour se sortir de son cauchemar, notre narratrice se voit obligée de se plonger dans la littérature. C’est comme cela que nous avons droit à des paragraphes d’environ une page sans aucune ponctuation et bourrés de références; allant d’Alice au pays des Merveilles à American Psycho en passant par La Princesse de Clèves et une bonne cinquantaine encore.
Ces paragraphes semblent nous happer. Le manque de ponctuation ponctue justement le roman de façon assez originale et pesante.

Bref, voici un livre de la rentrée littéraire à découvrir de toute urgence.
Si j’avais cependant une critique négative à faire, ou plutôt une interrogation c’est la suivante : pourquoi avoir fait du personnage principale, de la narratrice, une femme ? J’ai tout le long été troublé, parce que je pensais que c’était un homme, et à chaque fois j’ai été repris par les pronoms. C’est un exercice difficile que d’être un auteur homme qui se met dans une peau féminine, alors pourquoi ? Si ce n’est pour que le lecteur ne pense pas à une « autofiction »…

 

Disponible aux éditions Stock en livre papier.

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À propos de Antoine

Libraire dans l’Isère. Voir tous les articles par Antoine

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