Dans les forêts de Sibérie, Sylvain TESSON

Prix Médicis de l’essai 2011

L’année dernière, le prix Médicis étranger était remis à David VANN pour « Sukkwan Island ». Les deux œuvres se rejoignent mais ne se ressemblent pas.

« L’enfer, c’est les autres ». C’est cette phrase de J.P. SARTRE qui résonne dans notre esprit à la lecture de cette œuvre.

Sylvain TESSON, auteur et acteur de son ouvrage, va passer six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Scenario visité et revisité, dernièrement avec le film Into The Wild auquel nous sommes obligés de faire référence. Il n’a cependant pas tout à fait les mêmes objectifs de voyage.

Sylvain, 38 ans, a décidé un beau jour de quitter la civilisation avant l’âge de 40 ans pour quelques temps. C’est grâce à cette lubie qu’il nous révèle un si bon roman. Quitter la civilisation d’accord, mais pourquoi ? Ne dit-on pas que l’homme a besoin de compagnie pour vivre heureux? Ne dit-on pas que le bonheur se partage? Ne dit-on pas que la solitude rend fou?

Pendant le voyage entre les lignes, Sylvain TESSON répond à ces interrogations. Il n’est cependant pas tout à fait seul pendant son excursion car il rencontre des personnages, après des jours ou des heures de marche. La relation entre tous est assez particulière par la différence de culture, le besoin / l’envie de solitude, et la peur, au contraire, d’être seul et oublié.

Nous visitons avec lui le lac Baïkal et les alentours. Nous marchons longtemps dans la neige,  en raquette, accompagné de deux chiens fidèles, nous faisons du feu, coupons du bois, pêchons pour manger… Malgré les provisions qu’il aura fait avant de partir. Nous avons des frissons lorsqu’un ours s’approche trop prêt de l’habitat, lorsque le lac dégèle et fait place à des crevasses mortelles en cas de chute…

Que penser finalement de ce livre? Selon moi c’est une expérience très personnelle à chacun. Qui n’a jamais eu envie de faire une pause dans sa vie? Qui n’a jamais eu de doutes quant à son existence? Qui ne s’est jamais interrogé sur sa propre personne?

Ce livre nous livre quelques réponses. Serions-nous capable de partir nous aussi à l’aventure? Chacun peut trouver dans cet ouvrage ce qui lui plaira. La critique de la société par une culture différente, le choix d’une vie érémitique, des références littéraires (qui sont présente tout le long), …

Cependant, Sylvain TESSON nous livre son expérience à lui. Vue de l’intérieur. Est-ce cela qui lui vaut un égo démesuré? L’impression que parfois il s’emballe est présente. Est-il vraiment un ermite, comme il se le titre lui même, étant donné qu’il ne reste que six mois dans sa cabane? J’aurais pour ma part apprécié qu’il se pose la question suivante avant la dernière ligne : Et si je ne rentrais jamais?

Quelle aurait été son expérience? Comment l’aurait-il vécu? Il reste encore beaucoup d’interrogations. Nous pouvons nous les poser à nous-même, peut-être est-ce une invitation.

« J’ai découvert qu’habiter le silence était une jouvence. […] La virginité du temps est un trésor. Le défilé des heures est plus trépidant que l’abattage des kilomètres. L’œil ne se lasse jamais d’un spectacle de splendeur. »

Notre esprit ne se lasse pas non plus de l’imagination de cette splendeur, pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’accéder à la Sibérie autrement que par ce roman que je conseille à tous.

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À propos de Antoine

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