Archives mensuelles : novembre 2011

Les ignorants, Etienne DAVODEAU.

Quelle belle rencontre que ce vigneron et cet auteur de B.D. !

C’est à travers cette centaine de pages qu’ Etienne DAVODEAU nous fait découvrir deux mondes différents et qui pourtant se rejoignent : Le monde viticole avec le personnage de Richard et le monde de la BD avec lui-même. Ils apprennent rapidement à se connaître et à travailler ensemble.

L’expérience dure toute une année et offre donc au lecteur la chance de découvrir les différentes étapes de la vigne qui ne dort pas l’hiver, qui pousse au Printemps et se récolte que plus tard, des festivals de BD (Bruxelles et Bastia), et donc des paysages à couper le souffle reproduit en noir et blanc par la main du scénariste.

Nous découvrirons au fur et à mesure des auteurs de BD, des débats sur le livre et également sur le vin avec des rencontres  de viticulteurs de toutes régions. Nous verrons le cheminement du livre avant l’impression et la mise en magasin et auront les avis des personnages : DAVODEAU nous parlera brillamment de sa conception de l’écriture, de l’image et de l’objet livre alors que Richard nous contera judicieusement sa perception du bon vin et du travail difficile qu’est celui de viticulteur.

Le seul petit reproche que je ferais à Etienne DAVODEAU, en tant que libraire, est de ne pas avoir fait découvrir au grand public ainsi qu’au personnage de Richard toute la chaine du livre (diffusion, distribution, libraire, lecteur).

Son dessin est très agréable à l’œil, le noir et blanc est bien travaillé et le scènario ne permet aucun répit.

Je le conseil à tout lecteur, amateur de BD ou non, qui apprécie un bon verre de vin de temps en temps !

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Dans les forêts de Sibérie, Sylvain TESSON

Prix Médicis de l’essai 2011

L’année dernière, le prix Médicis étranger était remis à David VANN pour « Sukkwan Island ». Les deux œuvres se rejoignent mais ne se ressemblent pas.

« L’enfer, c’est les autres ». C’est cette phrase de J.P. SARTRE qui résonne dans notre esprit à la lecture de cette œuvre.

Sylvain TESSON, auteur et acteur de son ouvrage, va passer six mois dans une cabane au bord du lac Baïkal en Sibérie. Scenario visité et revisité, dernièrement avec le film Into The Wild auquel nous sommes obligés de faire référence. Il n’a cependant pas tout à fait les mêmes objectifs de voyage.

Sylvain, 38 ans, a décidé un beau jour de quitter la civilisation avant l’âge de 40 ans pour quelques temps. C’est grâce à cette lubie qu’il nous révèle un si bon roman. Quitter la civilisation d’accord, mais pourquoi ? Ne dit-on pas que l’homme a besoin de compagnie pour vivre heureux? Ne dit-on pas que le bonheur se partage? Ne dit-on pas que la solitude rend fou?

Pendant le voyage entre les lignes, Sylvain TESSON répond à ces interrogations. Il n’est cependant pas tout à fait seul pendant son excursion car il rencontre des personnages, après des jours ou des heures de marche. La relation entre tous est assez particulière par la différence de culture, le besoin / l’envie de solitude, et la peur, au contraire, d’être seul et oublié.

Nous visitons avec lui le lac Baïkal et les alentours. Nous marchons longtemps dans la neige,  en raquette, accompagné de deux chiens fidèles, nous faisons du feu, coupons du bois, pêchons pour manger… Malgré les provisions qu’il aura fait avant de partir. Nous avons des frissons lorsqu’un ours s’approche trop prêt de l’habitat, lorsque le lac dégèle et fait place à des crevasses mortelles en cas de chute…

Que penser finalement de ce livre? Selon moi c’est une expérience très personnelle à chacun. Qui n’a jamais eu envie de faire une pause dans sa vie? Qui n’a jamais eu de doutes quant à son existence? Qui ne s’est jamais interrogé sur sa propre personne?

Ce livre nous livre quelques réponses. Serions-nous capable de partir nous aussi à l’aventure? Chacun peut trouver dans cet ouvrage ce qui lui plaira. La critique de la société par une culture différente, le choix d’une vie érémitique, des références littéraires (qui sont présente tout le long), …

Cependant, Sylvain TESSON nous livre son expérience à lui. Vue de l’intérieur. Est-ce cela qui lui vaut un égo démesuré? L’impression que parfois il s’emballe est présente. Est-il vraiment un ermite, comme il se le titre lui même, étant donné qu’il ne reste que six mois dans sa cabane? J’aurais pour ma part apprécié qu’il se pose la question suivante avant la dernière ligne : Et si je ne rentrais jamais?

Quelle aurait été son expérience? Comment l’aurait-il vécu? Il reste encore beaucoup d’interrogations. Nous pouvons nous les poser à nous-même, peut-être est-ce une invitation.

« J’ai découvert qu’habiter le silence était une jouvence. […] La virginité du temps est un trésor. Le défilé des heures est plus trépidant que l’abattage des kilomètres. L’œil ne se lasse jamais d’un spectacle de splendeur. »

Notre esprit ne se lasse pas non plus de l’imagination de cette splendeur, pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’accéder à la Sibérie autrement que par ce roman que je conseille à tous.


Le journal intime d’un arbre, Didier Van CAUWELAERT

Allez, je me lance !

Commençons donc par le journal intime d’un arbre. Il est paru dans vos librairies le 2 Octobre 2011. Autant dire qu’il est encore tout récent !

Tristan. C’est le nom de l’arbre que nous allons suivre (et il y aurait une bonne psychanalyse à faire par ailleurs!) pendant les 250 pages de cet ouvrages. Le suivrons-nous à travers les bûches qui serviront à enflammer les cheminées ou à travers une statuette sculptée par une jeune fille en manque d’amour?

250 pages? Quel pavé ! Mais non, c’est écrit en gros caractères et l’écriture est tellement agréable que nous ne voyons ni le temps, ni les pages passer !

Tristan, donc, poirier à temps plein, se déracine après 300 ans de vie. 300 ans, vous imaginez ?! Il a vécu les guerres, les amours des uns, la haine des autres. Il a connu Dreyfus, des suicides, un poète maudit… Autant vous dire qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer !

Nous allons parcourir les mots, les lignes, les pages à travers l’esprit de Tristan qui reste parmi nous afin de nous narrer son incroyable histoire.

Cet être a, comme toute la nature selon l’auteur, les capacités de sentir les émotions humaines, de compatir à celles-ci et ainsi de les partager. A deux reprises, l’arbre influera fortement dans le destin des personnages.

Mais qui sont les personnages me direz-vous? Ils sont le vieil homme a qui « appartenait » l’arbre avant de tomber, l’enfant qui fut fusillé contre son tronc qui contient toujours la balle dans sa plaie, deux amants que tout oppose, jusqu’à l’âge, et à qui la vie n’est pas rendue toute simple, et Isolde, un deuxième poirier très lié à Tristan. Et pas seulement par le nom…

Nous avons finalement 300 ans de vie narrées en 250 pages… Didier Van CAUWELAERT, à travers son écriture très fluide, nous propose un panorama historique avec des références culturelles, des références littéraires, des émotions fortes et quelques rires.

Y a t-il un côté écologique redondant ? C’est la question que nous pourrions nous poser en voyant le titre. La réponse est non. Il y a évidemment une dimension écologique visant à sensibiliser les lecteurs sur l’avenir de l’humanité, mais ce sont de petites phrases assez subtiles qui ne dérangent aucunement la lecture de l’ouvrage.

Didier Van CAUWELAERT nous propose finalement un panorama historique, scientifique (beaucoup de choses à apprendre sur les arbres et leur façon d’agir face à l’agression), émotionnel et sarcastique, car il y a bien sur une critique de l’homme faite par l’arbre. C’est certainement ce qui rend cet ouvrage si particulier et intéressant.


Présentation (Préstation)

Faire une présentation n’étant pas une chose simple, je me contenterai de parler de littérature, pourquoi pas faire des essais de « critiques », accompagné d’une sorte de résumé?

Quand je saurai ce que je veux, je vous en ferai part. Pour le moment, il faut savoir se contenter de ce qu’on vous donne et de ce qu’on vous prend. Vous serez peut-être déçus, ou bien révoltés, semblerez perdu face à l’Intelligent.

En tout cas je l’espère, même si ça me fait passer pour un con.

Je vous propose une double lecture. A vous de choisir laquelle vous préférez !

(Pour les petits malins, je sais que quelques verbes sont mal accordés à la seconde lecture !)